Chapitre 4 :
-Alors, qui c’est ? demanda Flipmode.
-Et bien je vois qui c’est, fit S_Leonhart. Mais je ne connais pas son nom ! …
Ils restèrent silencieux pendant quelques instants.
Linoa s’y était préparée. Elle sentit les larmes monter, mais les repoussa en pensant qu’elle ne voulait plus pleurer. De toute façon, rien n’était encore sûr. Elle avait vu le Dragon, le Griffon, puis ensuite de la fumée. Tout juste avant, Aura avait projeté une aura blanche, tandis que Vincent en avait projeté une noire. Le blanc représente à coup sûr le bien dans les légendes ! Pourvu qu’elle ait raison…
Il se mit à rire et ne put s’arrêter. Il se releva, les larmes aux yeux, avec un sourire en coin, puis articula :
-Mon oisillon, tu as toujours été chanceuse ! Le destin s’abat sur toi de manière monstrueuse ! Elle est trop forte celle-là ! Peut-être seras-tu toujours aussi chanceuse !
Il avait vu la scène grâce à une vision amplifiée, une espèce d’ouverture d’esprit inconcevable. Puis, il ramassa une femme qui était à ses pieds. Par le cou, il la tenait fermement comme on tient un jouet dont on ne veut pas se séparer. Ses yeux reflétaient la démence, ceux de la femme étaient inexpressifs.
-Laisse-moi t’honorer et je te laisserai la vie sauve !
Il n’y eut pas de réponse, puis il s’exclama…
-Bah, tu es déjà morte, suis-je bête ! Et puis, tu n’es pas aussi belle que maman !
Il la lança au-dessus de lui, sortit un katana, sauta et la transperça à un endroit particulier chez la femme, entre les jambes.
-Voilà, je t’ai honoré, dommage que tu n’aies pas été vivante pour le ressentir !
Quelques gouttes de sang lui tombèrent sur les doigts. Il lécha la substance vitale.
-Quel goût agréable !
Il disparut. Toute la ville s’effondra. Lyon était détruite.
-Bon, maintenant, fit Indis, vous allez invoquer vos chimères et on sera enfin fixé… Il suffit de penser à votre chimère, donc si vous pensez à une et qu’elle ne sort pas, c’est que c’est l’autre qu’il faut invoquer…
Ils fermèrent tous les deux les yeux. Puis , il ne se passa rien. Au bout de cinq minutes, un Dragon sortit de la matéria de Vincent tandis qu’un Griffon sortait de la matéria d’Aura.
Leur destin semblait maintenant défini.
Une journée entière passa entre le départ d’Aurasmash des Invalides. Il ne savait certainement pas où aller, lorsque soudain un kanji s’illumina sous ses pieds, en plein milieu d’une ruelle de Paris. Rapidement, une étoile à six branches se développa et sortirent les Anges. Aura les défigura tous. Le premier possédait des cheveux d’un noir de jais, et son regard était profond mais rêveur, une adolescente d’une beauté flagrante avec des cheveux noirs longs et des yeux verts, une personne imposante, cheveux châtains et des yeux d’une noirceur impossible, un jeune adolescent avec des cheveux gris, un regard inexpressif voire indifférent, un type qui avait une musculature travaillée et un sourire tout à fait débile, et enfin un homme habillé tout en noir qui affichait un sourire et un regard mauvais.
-Vous êtes les Anges, je suppose ? fit Aurasmash.
-Précisément, répondit l’un en s’avançant, c’était celui qui avait les cheveux les plus noirs de tous, avec son sourire rêveur. Je me nomme Locarme, et voici mes acolytes, la fille s’appelle Axelle ( elle croisait les bras), le grand un peu sec c’est Khlaine ( il ne bougea pas), le plus jeune de tous, celui-ci, se prénomme Zell-2 ( il ne cilla pas), ensuite il y a Final_Zack ( il fit un signe du pouce en gardant son sourire)qui se prend pour une star, et enfin Nanaki40 ( il garda son sourire provoquant et mauvais), l’homme entièrement noir.
-Très bien… Je m’appelle Aurasmash comme vous devez sûrement le savoir… Est-ce que je pourrais vous poser une question ?
-Si tu veux, fit Final_Zack.
-J’ai été désigné pour être un Ange… Pourquoi ?
-Car ça veut dire que tu as en toi une essence meurtrière, issue des ténèbres, fit Nanaki40.
-Mouais, peu probable…
-Tu la fermes, poursuivit l’homme en noir. Si tu as été choisi pour détruire les humains, tu les détruiras un point c’est tout, le destin ne fait pas de cadeau…
Aurasmash ne répondit pas.
Ils activèrent chacun une particule de leur pouvoir magique et disparurent tous les sept.
-Pourquoi il a fallu que ce soit lui qui parte ? hurla Linoa76.
-Car c’est le destin, fit Acro, impassible.
-Le destin ? Mais qu’est-ce que le destin ? Une saloperie qui nous dicte tous nos gestes, qui nous empêche de faire ce que l’on veut ? « Quelque chose » ? Une entité au-dessus de nous qui nous régit ?
-En gros, c’est ça, intervint Hellmaster. Si l’on prend la traduction latine, le destin, se dit « fatum », ce qui a donné fatalité, vous me suivez ? Le destin et la fatalité sont des choses semblables pour ainsi dire. Or, fatalité, au sein de notre langue désigne le fait d’une destinée inévitable ou justement d’un hasard fâcheux. D’un coup, hasard, fatalité, destin, tout se rejoint et tout se complète : notre destin est le fruit du hasard, et forcément, le hasard est fâcheux. En gros, nous ne pouvons pas connaître le bonheur en théorie !
Ils le regardèrent un instant, frappés de stupeur. Il venait de débiter une philosophie plausible, cohérente, voire même logique. De plus, il avait assimilé à sa « dissertation » la définition du mot fatalité plus une approche étymologique du latin.
-Beuh ? demanda Perfect, qui fronçait les sourcils, visiblement n’ayant pas tout compris.
-Connais-tu la différence entre toi et moi, Perfect ? poursuivit Hellmaster. C’est que moi, je fais exprès d’être débile, fit-il sur un air angélique.
-Mouarf, tu paieras pour cet affront, fit l’autre en serrant son poing, l’air très détaché.
-N’empêche, si ça vous emmerde que ce soit moi qui soit resté, continua Vincent, dites-le, je pourrais peut-être y faire quelque chose.
-Bah, elle est encore sous le choc, déclara Acro. Elle n’a pas toute sa tête pour l’instant.
-Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, fit Parkko en toussotant, mais il est normal qu’elle soit sous cet état. Mais de là à dire qu’elle n’a pas toute sa tête… Je ne veux pas prendre sa défense, mais je dois bien avouer, que c’est réellement méchant.
-S’il vous plaît, restez calme, dit Pow. Nous ne devons pas nous dissoudre, en restant unis, nous serons les plus puissants…
-De toute façon, maintenant que j’ai les renseignements nécessaires, je peux partir, siffla Acro. On se reverra tôt ou tard…
Il prit appui sur ses jambes, quittant ainsi le pilier sur lequel il était adossé, et sortit de la pièce. Il revint tout de suite en disant :
-J’ai oublié de vous avertir… Avant que j’arrive à Marseille, qui d’ailleurs a été détruite peu après, j’avais reçu un courrier d’un type étrange. Voilà ce qu’il disait : « Rendez-vous à tous les Sceaux à la Place de l’Etoile une semaine après l’éveil. ». Je suppose donc, que dans six jours on se reverra là-bas.
Il partit pour de bon.
-Nous récapitulons, fit Flipmode avec le sourire. Strasbourg, Marseille, Lille, Bordeaux, Lyon ont été détruites.
-Lyon a été détruite ? demanda Zell-2. Par qui ?
-Aucune idée, j’ai vu aux informations qu’elle avait été détruite, rien de plus. Nantes, le Havre et Paris, voilà tout ce qu’il reste, et le Kekkaï français sera détruit !
-Que se passera-t-il ensuite ? interrogea Aurasmash.
-Ensuite, il y aura encore d’autres Kekkaï à détruire, mais ils sont regroupés en un seul endroit ! Enfin, avant d’y penser, pensons d’abord à notre mission primaire. Qui veut aller à Nantes ?
Nanaki leva son pouce, signe qu’il irait.
-Bien, qui veut aller au Havre ?
Khlaine se leva, signe qu’il irait aussi.
-Très bien, les autres, on n’a plus qu’à attendre ici.
Les deux qui s’étaient désigné sortirent de la salle, arrivés dehors, ils entamèrent une discussion.
-Khlaine, c’est ça ? fit l’un sur un air narquois. Le premier revenu ici gagne le défi.
-Ca me va.
Et ils partirent.
-Bien, écoutez-moi, dit Indis.
Les six Sceaux l’écoutèrent attentivement.
-Le Havre, Nantes et Paris… Ce sont les trois derniers Kekkaïs de la France. Lorsque les Anges les auront détruit –s’ils les détruisent- alors ce pays sera entièrement ravagé. Nous devons déployé nos forces. J’avais prévenu Acro auparavant, il ira protéger le Havre. Il ne reste plus que Nantes…
-Je veux y aller, dit Pow.
-Es-tu conscient du risque ? demanda Perfect.
-Peut-être plus que toi, lui rétorqua-t-il en fronçant les sourcils.
-C’est très bien, bonne chance Pow.
Et il partit.
Khlaine arriva au Havre. Il ne chercha pas à contempler la ville, et descendit en son sein. Il vit une personne près de lui. Il l’attrapa par le cou, et soudain, une énorme guêpe, d’environ cinq mètres, sortit de derrière elle. Elle la piqua dans le dos avec son dard. La personne était morte. Il se concentra. La guêpe qui commençait à disparaître en même temps que l’individu tué, brilla encore plus. Il s’installa sur son dos, et commença à se promener dans la ville, en détruisant les immeubles en tuant les gens qu’il rencontrait. Lui, il gardait son regard indifférent. Il tuait, il en avait conscience, mais n’éprouvait aucun remord.
Soudain, un aigle, bien plus grand que la guêpe, vint la broyer de ses serres.
-Alors, on fait mumuse avec des bestioles plus grosses que soi ?
Il tourna la tête. Sur un immeuble, se tenait une personne qui commençait à créer un Kekkaï. Un Sceau…
Nanaki avait commencé à envoyer ses rayons d’énergie noire brute. Soudain, il ressentit une violente tristesse dans sa tête et s’arrêta d’un seul coup. Il laissa échapper quelques larmes. Il ne pouvait plus s’arrêtait. Il se donna un coup de point dans l’estomac pour se ressaisir.
-Pourquoi ai-je lâché des larmes ? ! hurla-t-il.
-C’est parce que je t’ai transmis les sentiments des personnes que tu tuais, ou dont tu tuais les proches.
-Où es-tu ? Sale type, viens voir que je te fasse goûter de ma lame.
-Tu me cherches ? Je suis ici.
Pow se trouvait dans la même rue que celle de Nanaki, quelques mètres plus loin. Il commençait à créer un Kekkaï entre ses mains…
-Un Sceau !
-Comment l’as-tu deviné ?