Chapitre XVIII
Sugy, Final Zack, Acro et Hellmaster se retournèrent.
-Ah bon ? Et pourquoi ? demanda ce dernier.
La personne qui les avait menacés était une femme entre deux âges, ses cheveux commençaient à grisonner.
-C´est évident non ?
-Pas vraiment...
-Mais enfin, je vais vous tuer, répondit la femme.
Final Zack se détacha du groupe.
-Nous sommes quatre, et vous êtes seule, vous n´avez aucune chance.
Alors que le disciple se sentait en confiance, Sugy, elle, semblait plutôt avoir peur.
-Si on l´a envoyée ici toute seule, c´est qu´elle est au moins dix fois plus forte que nous tous réunis. Je pense que c´est quelqu´un du palais... murmura-t-elle à Acro et Hellmaster.
-Tu as tout à fait raison, répondit la femme qui avait entendu Sugy.
Cette dernière sortit alors deux longs sabres.
-Adieu.
Elle se jeta sur Final Zack, quand une détonation retentit soudain. La femme retomba lourdement au sol, du sang coulant le long son dos. Au loin, dans l´encadrement de la porte on pouvait voir une silhouette, la personne se retourna et commença à s´éloigner à vive allure.
-Attendez ! hurla Sugy.
Cette dernière essaya de rattraper leur " sauveur " , mais elle trébucha sur le cadavre de la femme qui comptait les attaquer.
-C´est... c´est la seconde fois, murmura la jeune femme.
-Qu´il y a-t-il ? demanda Final Zack.
-Rappelle toi ! Quand nous nous étions rencontrés, deux gardes t´avaient repéré puis poursuivi dans le château. Si tu te souviens, un bruit de détonation nous avait surpris puis ils étaient tombés, morts. Il s´agissait de ce même homme, il doit utiliser un pistolet.
-Ah oui, c´est vrai, je me souviens... avoua Final Zack.
-J´avais complètement oublié, mais en trébuchant sur cette femme, tout m´est revenu en mémoire. J´étais également tombé sur le corps d´un des deux gardes en essayant de poursuivre cet homme.
-C´est peut-être une femme, proposa Acro, penseur.
-Possible. Cette silhouette ne te dit rien, Hellmaster ?
-Pourquoi, elle devrait ? demanda ce dernier, étonné.
-Possible, après tout, cette personne nous a sauvés deux fois la vie, c´est peut-être la même personne qui t´a payé pour sauver Acro de sa mise à mort.
-Je ne pourrais pas te dire, son visage ne m´est pas bien apparu, et je n´ai pas vraiment fait attention à lui. A la voix cependant, je pense qu´il s´agissait d´un homme.
Les quatre amis sortirent de la maison, et traversèrent le jardin, pour aller retrouver Zell qui faisait le guet à l´entrée.
-Alors, tu as laissé deux personnes entrer ici ? demanda Hellmaster.
-Comment ça ? rétorqua ce dernier, étonné. Je n´ai vu personne passer par ici.
-Bizarre, nous avons eu deux visiteurs, et il est impossible de sortir ou d´entrer par un autre endroit que celui-ci... pensa Acro.
-De ce fait, il parait évident qu´ils se trouvaient là avant nous, et que... la silhouette est toujours là, devina Sugy.
-Je ne comprends rien à ce que vous dites, avoua Zell.
Final Zack lui expliqua alors brièvement ce qu´il s´était passé.
-Je vois, mais personnellement je pense qu´on ne devrait pas s´éterniser ici, proposa Zell.
-Aurais-tu peur ? Moi je veux retrouver la personne ! se vanta Final Zack.
-Ne restons pas ici, nous n´avons plus rien à faire, ne tentons pas le diable ! répliqua Sugy.
-Mais enfin, l´homme nous a sauvés la vie, il ne va pas maintenant nous abattre !
-Tu ne réfléchis donc jamais, trancha Acro. Peut-être que la femme qui nous a attaqués n´était pas la seule à nous chercher des problèmes... Même si à mon avis, cela m´étonnerait, on ne peut pas prendre ce risque, déguerpissons au plus vite.
Le disciple s´avoua vaincu, et les cinq amis regagnèrent la maison d´Hellmaster.
La nuit était déjà bien avancée, Aurasmash se baladait dans le palais, il ne trouvait pas le sommeil. Quelqu´un vint troubler sa promenade.
-Bonjour, ou plutôt devrais-je dire bonsoir.
-Monarch... Que fais-tu là ?
L´homme était appuyé contre un arbre, ils se trouvaient dans le parc du palais.
-Je te repose la question, je viens ici chaque nuit, enfin sauf quand je suis en mission, mais c´est la première fois que je te vois. Quelque chose te préoccupe.
Monarch avait dit cela d´un air supérieur, comme s´il savait déjà la chose qui empêchait le général de dormir.
-Pas du tout.
-Mensonge, minauda-t-il.
L´autre ne répondait pas.
-Tu es l´homme le plus faible que je n´ai jamais connu, chantonna Monarch
Mais Aurasmash ne semblait pas pour le moins affecté par cette déclaration, il écoutait son collègue d´une oreille lasse, lourde.
-Cela fait combien de temps qu´on travaille ensemble ? demanda le général, dans un demi murmure.
-J´ai été engagé il y a 30 ans, lorsque le pays commençait vraiment à se construire, répondit Monarch. Le " Grand Pays " était déjà le plus puissant, mais le régime politique demeurait instable, finalement après plusieurs coups d´état, le gouverneur a réussi à prendre le pouvoir, mais en s´entourant de cinq généraux...
-Je connais l´histoire, le coupa Aurasmash. Je la connais parfaitement. Il s´est entouré de cinq soldats qui lui volèrent rapidement le pouvoir, surtout le chef...
-N´est-ce pas ironique? demanda Monarch. Kev0 et moi, nous sommes là depuis le début, et nous sommes les deux seuls à être encore en vie. S´il était mort, il ne fait aucun doute que j´aurais sa place.
-C´est le pouvoir qui t´intéresse ?
L´homme réfléchit.
-Pas spécialement, sinon, je n´aurais pas entendu aussi longtemps...
-Alors, qu´est-ce ?
-Trente années à exécuter les ordres de quelqu´un, à force c´est long. Mais j´aime les missions, j´aime le danger, le risque... tout ça. La place de Kev0 m´intéresse, mais pas ce qu´il fait exactement. Il ne se contente que de donner des ordres en restant dans le palais. Moi, mon rêve serait de donner des ordres tout en prenant des risques. C´est le rêve de tout homme finalement, je pense. Mais très peu ont eu l´occasion de faire ce que je fais. Certains préfèrent oublier leur rêve de gosse, pour devenir des pauvres gens. Certains préfèrent crever de faim plutôt que d´avoir une vie décente, et pourtant, je suis sûr qu´ils rêvent tous d´être à ma place.
Aurasmash ne répondait rien, c´était la première fois qu´il avait une discussion si longue avec l´autre général.
Soudain, le ton de Monarch changea, il se montra beaucoup plus agressif.
-Quant à moi, je ne suis pas un homme patient. Je te conseille d´arrêter ton petit jeu tout de suite, car même si je n´ai pas de preuve, je sais tout sur toi.
Le visage d´Aurasmash changea de couleur.
-Que veux-tu dire ?
-Arrête... Tu connais ma devise n´est-ce pas ?
-Quel est le rapport ?
-Seul un général, est capable de tuer un général, récita Monarch.
-C´est une menace ? demanda Aurasmash en sortant ses armes.
-Non, tu sais très bien ce que j´ai voulu dire, répondit-il en quittant le parc.