Chapitre XIV
Monarch ne perdit pas un instant, il traversa la foule rapidement, personne n’essaya de l’en empêcher, en quelques foulées il avait parcouru toute la place, et il était déjà arrivé près de la maison où s’était réfugié Final Zack. Pendant ce temps, Linoa ne cessait pas de pleurer, et ne cessait de dire.
-Fuis Zell, sinon il te tuera.
Mais le jeune homme ne l’écoutait pas.
-Contrairement à toi, je ne laisse pas tomber un ami.
La jeune femme essaya de le retenir mais il se dégagea de son emprise.
-Tu vas te faire tuer ! S’exclama la jeune fille.
Des dizaines d’hommes du village agrippèrent Zell, qui était en train de se diriger vers sa demeure. Il avait beau se débattre, il était totalement immobilisé, incapable de faire un geste.
Final Zack était caché dans sa chambre, à l’étage, il avait assisté à la scène de la fenêtre, il avait vu Linoa éclater en sanglots, et Monarch se diriger jusqu’à la maison, il était resté là, incapable de faire un geste, dans quelques secondes le général entrerait dans la chambre. Il l’entendait, en bas, qui inspectait toutes les pièces. Il se demandait s’il était arrivé quelque chose au père de Zell. Peut être que Monarch, dans un excès de rage l’avait tué, de toute façon ce n’était pas son problème.
Le jeune disciple, n’osait pas bouger, il entendait Monarch qui grimpait les escaliers. Soudain, la porte s’ouvrit à la volée, un sourire de soulagement apparut sur le visage du général.
-Ne me tuez pas, supplia Final Zack.
-Personne ne peut arriver à m’échapper.
Monarch leva son épée au ciel.
-Inutile de me tuer, vous perdez votre temps, j’ai prévenu des dizaines de gens que si je devais mourir, ils devraient tout raconter, tout ce que j’ai entendu, tout ce que je sais sur le Royaume, c’est ça que vous voulez ? S’écria Final Zack.
Il ferma les yeux, il ne savait absolument pas mentir, mais c’était sa seule et unique chance, car il ne faisait pas le poids face à Monarch.
-Tu mens ! Hurla celui-ci.
-Prends en le risque, et dans deux jours il y’a une Révolution, je ne suis pas aussi bête que tu le crois.
Pour la première fois depuis le début de l’aventure, Monarch parût déstabilisé.
-Comment… personne ne peut te croire !
-Bien sûr que si.
-Et les mondes… commença Monarch.
Final Zack eu un temps d’arrêt, il ne voyait absolument pas ce dont voulait parler son ennemi, mais il devez jouer le jeu à fond.
-J’ai tout raconté.
-Impossible, je vais te ramener à Kersya, à la prison et tu y seras torturé jusqu’à ce que tu donnes les noms des personnes.
-Jamais je ne le ferai.
Le général ne sembla pas attendre la remarque de sa proie, il leva son épée et lui dit.
-Mais avant toute chose, tu t’es bien foutu de moi, et prends bien un avant-goût de ta torture.
Il enfonça violemment son épée dans un œil du jeune homme qui hurla de douleur, le sang gicla, le jeune disciple appuya violemment ses mains contre l’œil, mais il était trop tard, il venait d’être borgne, sous le rire insupportable de Monarch, le sang coulait, il lui sembla que jamais il ne s’arrêterait.
Tous les habitants avaient fui, Zell avait été attaché solidement mais il ne cessait de crier
-Vous me le paierez, vous me le paierez.
Pendant que Monarch était entré dans la maison, ils avaient décidés qu’en restant une seconde de plus à Dolmen, ils allaient mourir, pour leurs mensonges. Quelqu’un avait proposé qu’ils pouvaient tout aussi bien fuir jusqu’au prochain village, et l’idée avait été acceptée de tous, sauf de Zell, ils n’avaient pas eu le temps de prendre leur affaire, mais comme l’avait rappelé si justement Linoa « Mieux vaut perdre des affaires, que sa vie. »
Ils arrivèrent, finalement après quelques temps de marches à un minuscule village, encore plus petit que celui de Dolmen. Il ne devait même pas y avoir 100 habitants. Un homme du village de Dolmen alla se présenter face aux deux gardes et exposa leur problème.
-Nous ne pouvons pas retourner chez nous, sinon nous nous ferons tués.
En Hylvanie, la solidarité était très forte, et ce fût sans hésiter que les gardes laissèrent entrer les habitants de Dolmen. Zell, bizarrement semblait calmé, mais il ne parlait presque plus, et surtout il n’avait pas dit un mot à propos de Linoa. Il avait dit qu’il voulait oublier tout, mais qu’il refusait catégoriquement de parler à son ancienne amie. Celle-ci était dans un état lamentable, elle essaya toute la soirée de venir vers lui, mais celui-ci faisait semblant de ne pas la voir, comme si elle était transparente.
La nuit se leva enfin, il était deux heures du matin passées, et tout le village dormait, sauf Zell, qui semblait réfléchir près d’un arbre au bout du village. Il n’y avait plus un bruit, on n’entendait plus rien. Rien ne venait troubler le silence. Après quelques temps, le jeune homme se leva et entra dans la cabane où il devait passer la nuit. Il y avait quelques habitants de Dolmen qui avaient été installés un peu à la hâte, il prit la clef et ferma la porte, il fit la même opération pour toutes les autres maisons. Minutieusement, il jeta la clef dans le puit du village, jamais elles ne seraient retrouvées.
Une flamme avait été allumée au centre du village, c’était la tradition en Hylvanie, elle était symbole de « bienveillance » et servait surtout à éloigner les loups et autres animaux sauvages. Zell prit deux morceaux de bois enflammés, et les jeta sur les cabanes en bois, il répéta ses gestes pour toutes les autres demeures.
-Place au spectacle.
Il rigola, les maisons brûlaient totalement, les flammes se propageaient très vite, encore plus que ce qu’il imaginait, jamais il n’avait pu penser que ça irait si vite. Il se força à s’en aller, sinon il serait lui aussi prisonnier des flammes, mais il regretta de ne pas pouvoir entendre davantage les cris de ses anciens compagnons, qui brûlaient vifs. Leur douleur lui procurait du bien, et c’est dans un état d’esprit joyeux et satisfait, qu’il se dirigea vers son ancien village.