Chapitre VIII
Oclos était une ville somptueuse. La ville semblait venir d’une autre époque, les bâtiments étaient dans une architecture datant d’une autre époque.
-C’est magnifique, murmura Sugy.
-Nous y voilà.
Le visage de Final Zack avait repris des couleurs, comme si sa petite course lui avait redonnée la forme.
-Nous devrions aller directement prendre les billets de train, proposa Sugy.
-Quelle sera la ville où nous nous arrêterons ? Demanda le jeune homme.
-Aursellan. Tu aurais pu t’en rappeler tout de même.
Le jeune homme semblait avoir rajeuni de dix ans, il avait un large sourire.
-Ils ne nous retrouveront jamais ici, jamais ! Sugy ! On pourrait même rester ici à tout jamais.
-Je ne compte pas passer ma vie avec toi.
-Dans ce cas là je resterai ici, cette ville est tellement belle que je voudrais y vivre jusqu’à mourir.
-Ta naïveté m’effraie, ils te retrouveront un jour. Peut-être même qu’ils sont justes derrière nous.
Par mesure de précaution, la jeune fille se retourna, mais il n’y avait que des simples passants, évoluant comme eux deux dans la rue commerçante.
-Eh ! S’exclama soudain le jeune homme.
Il empoigna violemment la jeune fille et lui montra un bureau de tabac, il y entra et sortit deux minutes après.
-Regarde !
« Nouveau rebondissement dans l’affaire du meurtre du jeune général Shyzo. Son homme de main, nommé Acro l’aurait froidement assassiné, son exécution est prévue dans trois jours… »
-Et alors ?
-Je n’y crois pas… ils parlent de la mort d’un général et pas celle de Maître Kyo.
-La mort d’un vieil Orateur intéresse moins que celle d’un général.
-C’est ça ! Le palais essaie de faire oublier la mort de Kyo tout en tuant un général.
-Tu divagues, petit, rétorqua Sugy.
Et soudain, c’était comme si elle avait senti leur présence. La jeune fille se retourna. Derrière eux à même pas dix mètres se trouvaient deux généraux. Monarch avait sa coiffure hideuse, il était rasé sur tout le crâne mais il s’était laissé poussé une queue de chevale brune. Il avait des yeux très bruns et sur son visage on aurait dit que quelqu’un s’était amusé à lui mettre du stylo noir à certains endroits. Il se tenait fièrement, son épée à côté de lui, un grand sourire en direction de ses deux proies. Axelle était en retrait, la tête baissée, on ne voyait que sa longue chevelure brune, elle tenait son légendaire nunchaku d’une façon maladroite.
-Viens ! Hurla Sugy en tirant violemment Final Zack.
L’allée était pleine de monde, les deux jeunes gens, suivis des deux généraux remontaient la rue, tout en bousculant violemment les villageois. Constamment, Final Zack perdait l’équilibre et Sugy le tirait violemment, il n’avançait pas très vite, les deux généraux gagnaient du terrain.
Ils tournèrent à un angle de rue, suivis une trentaine de secondes plus tard par Monarch et Axelle.
-Où sont-ils ? Demanda fou de rage Monarch.
Ils avaient totalement disparu. La rue, qui était plutôt une impasse était composée de plusieurs immeubles et se terminait par une grande église.
-A mon avis ils sont entrés dans l’église, murmura Axelle.
-Dans ce cas là, on va les chercher.
-Hors de question, dit timidement la jeune femme. C’est un lieu sacré.
-Tu sais ce qui est sacré, ce sont mes…
-C’est bon, on va y aller, accepta à contre cœur la générale.
Ils entrèrent alors dans l’église, elle était petite et déserte.
-On a de la chance, ce n’est pas un jour de messe, ironisa Monarch.
Ils commencèrent alors d’avancer à l’aveuglette dans l’église, où régnait le noir.
Final Zack fermait les yeux, tellement il avait peur. Il regarda Sugy, elle tenait dans sa main son javelot, prête à se défendre s’il fallait. Il se retourna discrètement. Ses yeux s’étaient habitués au noir. Monarch et Axelle se dirigeaient vers les bancs de la messe, endroit de leur cachette.
Il se retourna à nouveau, et cette fois ci le banc au-dessus de lui craqua. Il se trouvait dessous.
-Aie, murmura-t-il alors.
Un large sourire apparut sur les lèvres de Monarch. Il sortit son épée et se dirigea en courant vers les bancs, il leva son épée et fracassa le premier.
-Que fais-tu ? Demanda alors Axelle.
Il continuait dans son excès de folie à fracasser tous les bancs se trouvant sur son chemin. Pendant ce temps, Sugy et Final Zack, essayaient d’avancer en rampant en direction des escaliers.
-Là bas ! Ils sont là bas ! S’exclama Axelle qui venait de les apercevoir grimpant des escaliers.
Ils étaient maintenant à découvert. Sans aucune discrétion ils commèrent à grimper les marches. Final Zack était, on ne sait comment, le premier. Sugy le suivait de près, sa longue chevelure rousse flottait. Elle fut retenue soudainement dans son ascension par le bras de Monarch qui s’était emparé de ses cheveux. Elle se dégagea violemment tandis que celui-ci donnait un coup d’épée, qui ne la toucha pas, cela n’eut des conséquences que sur certains de ses cheveux qui virent s’étaler sur les escaliers. La jeune fille ne se soucia pas de ce problème, elle continua de grimper les escaliers, une dizaine de secondes plus tard, ils arrivaient dans une petite salle, dès que Sugy fut entrée, elle se précipita et ferma la porte à clef.
-J’ai l’impression d’avoir déjà vécu cette scène, murmura Final Zack pour lui-même.
Il regarda la pièce, c’était tout simplement le refuge de Quasimodo. Enfin… en tout cas on pouvait voir plusieurs cloches. Ils étaient dans une espèce de charpente, par une échelle on pouvait grimper sur le haut de l’église qui donnait sur le ciel. Les deux jeunes gens grimpèrent, refermèrent la trappe en ayant au préalable déchirer grâce à la lance de Sugy l’échelle de corde.
Ils étaient maintenant sur le haut de l’Eglise, une espèce de sol en pierre entourait de petites barricades pour éviter une chute.
-Dis, à ton avis, on ferait mieux d’attendre qu’ils viennent nous découper en petits morceaux ou alors on se jette directement des cinquante mètres de hauteur ? Demanda Sugy.