Chapitre VII
Aurasmash n’avait pas souvent l’attitude d’un homme fier. Ceux qui le connaissaient le trouvaient fuyant, lâche mais pas méchant. Cette fois-ci, il avait un large sourire, comme si tous ses ennuis étaient finis.
-C’est bon.
Kev0 regarda l’homme dédaigneusement.
-Tu aurais pu frapper, avant d’entrer. Qu’est ce qui est bon ?
-J’ai trouvé l’assassin de Shyzo. Demain, toute le peuple verra son visage, il a été pris en photo par des dizaines de magasines, il deviendra l’homme le plus haï de tout le pays.
Kev0 se leva et arbora un vif sourire.
-Bravo ! Je savais que je pouvais avoir confiance en toi.
Aurasmash baissa alors les yeux.
-J’espère ne pas m’être trompé, murmura l’homme.
-Déjà, nous avons un coupable, pour rassurer le peuple c’était très important. Comment as-tu découvert que c’était lui ?
-C’était le seul qui pouvait avoir tué Shyzo, son homme de main.
Kev0 regarda Aurasmash avec attention.
-Comment ça ?
-Oui, je pense que c’est Acro, le sous fifre de Shyzo qui l’a assassiné, j’ai quelques preuves, je l’ai jeté en prison.
-Bonne idée, un procès ne sera pas la peine. Nous n’aurons qu’à l’exécuter dans trois ou quatre jours sur la place centrale.
Aurasmash se retourna.
-Je n’ai pas fait ça pour ça…
-Comment ? Hurla Kev0.
-Tu le sais très bien…
-Je me fiche de ton avis. Que tu sois pour ou contre la peine de mort m’est parfaitement égal.
-C’est pour ça que je ne voulais pas de ce travail, murmura Aurasmash à lui-même.
-Que dis-tu ?
-Désolé, je n’ai rien dit.
Et l’homme quitta le bureau de son supérieur.
L’homme était jeune, mais il avait déjà un visage de mort. Tout en lui indiquait qu’il venait de subir un choc important. Il ne ressemblait plus à rien, ce n’était plus qu’un jeune homme au visage tiré, aux cheveux fuyant et au regard vide, un regard d’homme fou. Il n’était pas très grand et sa maigreur faisait peur à voir. Ce n’était plus qu’un squelette, entrent la vie et la mort. Il tenait de ses mains, qui n’étaient plus que des os, les barreaux de sa prison.
-Laissez-moi. Laissez-moi, répétait-t-il sans cesse.
-Ca fait quoi de savoir qu’on va mourir dans quelques jours ? Demanda Kev0.
-Laissez-moi. Laissez-moi. Ce n’est pas moi. Ce n’est pas moi.
-Tu devras payer de ton crime.
-Laissez-moi. Laissez-moi.
-Quel est ton nom ?
-Laissez-moi.
-Je t’ai demandé quel était ton nom ? Redemanda le général en hurlant.
-Je me nomme Acro, dit-t-il dans un soupir.
-150 000 pièces d’or.
L’homme eut un hoquet de surprise. Il regarda son interlocuteur. Il portait une cagoule, tout comme lui, pour qu’on ne puisse les remarquer, les reconnaître. Ils se trouvaient dans une auberge très mal famée où toutes sortes de marchés illégaux se déroulaient.
-Tu tiens à la vie de cet homme oui, ou non ? Demanda l’homme.
-Bien sûr… mais 150 000 pièces d’or, c’est énorme.
-Tu as de l’argent, non ?
-Bien sûr.
-Et je suis la seule personne qui peut t’aider, non ?
-Oui… oui. Ca ira pour 150 000. De toute façon je n’ai pas vraiment le choix.
Les deux hommes se serrèrent la main.
-Je t’apporterais l’argent quand tout sera finit.
-Non. La moitié avant, la moitié après.
L’homme hésita quelques secondes.
-Ok. Tu es sûr que tu peux le faire ?
-Bien sûr, il n’y a pas grand-chose à faire. Une fausse exécution est une des choses les plus faciles à faire.
-Des années d’entraînement je suppose, ironisa un des deux hommes.
-En tant que bourreau, tu n’es pas le premier qui vient me demander ça, répondit-t-il alors.
-Je m’en doutais. Bon alors tu te souviens bien, n’est-ce pas de ce que tu vas devoir faire ?
-Oui, l’homme se nomme Acro, il est accusé de quelque chose qu’il n’a pas fait. Il faut le sortir de là au plus vite.
-Tu es un homme au grand cœur, plaisanta le bourreau.
-Tu fais des réductions ? Demanda l’homme.
-Continue.
-Il se nomme donc Acro, il se fera exécuter dans quelques jours sur la place publique, comme d’habitude une fusillade.
-C’est la chose la plus simple à camoufler, quoiqu’une pendaison c’est atrocement simple.
-Très bien, je peux donc te faire confiance ?
-Oui.
L’homme commença à s’en aller.
-Je te contacterai à nouveau bientôt, je sais où te trouver.
-Trop aimable.
Il allait sortir de l’auberge quand le bourreau l’interpella.
-Attends ! Quel est ton nom ?
L’homme se retourna et continua son chemin