Chapitre 8 : Combat royal (2/2)
Les trois rescapés – Zell, Sugy et Ryle – étaient bloqués dans les escaliers du château. Juste à côté d’eux, se trouvait une large porte en bois massif, qui donnait accès à la salle principale, où un triple combat se disputait. L’escalier, continuait également vers les étages supérieurs.
-Si on monte un peu plus, on est mort ? Demanda Zell.
-Si on monte un peu plus, on ne pourra jamais sortir de là, rappela Ryle. Où tout du moins on ne s’en sortira pas tout les trois vivants !
-Peut être que c’est notre seule chance, suggéra le jeune homme. D’ici quelques instants, un des trois sortira ici pour nous trancher la tête, si on reste ici on va se faire tuer en deux secondes. Si on tente de monter un peu plus haut, on a une chance que l’autre se dirige vers le bas.
Ryle, semblait vouloir répliquer, mais Sugy le coupa net.
-C’est notre seule chance, il a raison. Rester ici c’est signer notre arrêt de mort.
-Si c’est notre Prince Capelle qui s’en sort, alors il ne nous tuera pas, croyez-moi.
Zell et Sugy se regardèrent, sans rien dire. Les deux, savaient très bien, que Capelle n’avait aucune chance va à Monarch et Ashe.
En effet, des trois combattants, le prince était sans aucun doute le plus mal parti. Il gisait sur le sol, le sang coulait à flot, et le jeune homme gémissait de douleur, suppliant presque, qu’on l’achève. Mais pour l’instant, la fin du combat devait avoir lieu.
-J’avoue que j’aurais presque était déçu si tu étais morte ainsi, plaisanta Monarch.
L’homme tenait fermement de sa main droite son sabre, étant donné que la gauche avait été lourdement endommagée lors de son combat contre Khlaine.
-Je ne peux pas mourir, je suis le « Tout-Puissant », cingla Ashe.
-Pourtant tout à l’heure, quand ton frère essayait de t’étrangler, tu étais toute bleue, affirma avec un grand sourire le général.
Soudainement, la femme se rua vers son ennemi, tentant de lui planter violemment son arme dans le crâne. Ce dernier, eut le temps de donner un grand coup de sabre dans l’air, pour éviter la progression de Yorda.
-Attention, dix centimètres de lame pour ton arme, au moins cinq fois plus pour la mienne, susurra Monarch.
Sans bouger, l’homme donna un nouveau coup de sabre, qui frôla la femme. Sans prévenir, l’homme s’avanca rapidement vers la femme, et tenta de planter l’arme dans le ventre de la femme. Cette dernière, anticipant l’attaque, eut le temps de faire un bond en arrière. La femme continuait à reculer, pour mettre le plus d’espace entre elle et son agresseur, quand soudain, elle sentit quelqu’un lui tirer violemment les chevilles, ce qui l’a fit tomber net sur le sol.
-Chacun son tour, murmura Capelle, qui s’était traîné sur le sol, pour faire chuter sa sœur.
Monarch, s’était dirigé, et se trouvait maintenant au dessus de la femme. Il tenait son arme dirigeait vers le bas, prêt à embrocher son adversaire. Il s’apprêtait à le faire, quand soudain il s’arrêta, se rendant compte que pour la première fois depuis qu’il la connaissait, la femme pleurait. Des larmes, en effet, coulaient sur son visage, comme si toute trace de démence et de folie s’était évaporée, et que ce n’était plus Ashe, qui était là, mais Yorda.
Pour la première fois, il la trouva belle, son maquillage coulait à cause des larmes, et on pouvait voir que seul le « signe de la honte » était bien profondément incrusté dans son visage.
-Je sais bien que maintenant je vais mourir, murmura la femme, et il vaut mieux ainsi. Je n’ai jamais pu éteindre cette haine en moi, depuis le jour où toute ma famille m’a lâchement abandonnée. Quand j’étais encore cette princesse, je n’ai cessée de vous défendre, toi et ton peuple. Si j’avais voulu, vous seriez tous morts aujourd’hui. Mais je me rends compte que plus le temps passait, plus mon désir de vengeance se transformait en folie meurtrière.
Plus la femme parlait, plus sa voix diminuait, l’homme s’était un peu baissé, pour mieux entendre le son de sa voix.
-Il faut que je te dise Monarch, Linoa m’a demandé de te dire, avant de partir, que si elle ne te revoyait jamais, alors, elle voulait que tu saches que…
Le cœur du général fit un bond dans sa poitrine, il savait que cela pouvait être une feinte et une ruse, mais il s’agenouilla, pour mieux entendre la fin de la phrase de Yorda.
-Elle voulait que tu saches, que je suis désolé, murmura t-elle
Le général avait compris qu’il était trop tard pour tenter de s’échapper, et qu’il avait commis une erreur fatale. Mais il s’était également rendu compte, que malgré l’astuce de la princesse, la femme avait fait preuve de sincérité en prononçant les derniers mots, et c’est presque dans un soulagement, que l’homme sentit la pointe d’une hachette s’enfoncer dans le cœur, par le passé, cette femme l’avait sauvée, et avait sauvée tout son peuple. Maintenant, elle prenait sa revanche sur une famille des plus monstrueuses.
Le général, ferma les yeux, et sentant la mort le gagner, il sourit.
La femme se releva, toujours en pleurs. Capelle était là, étendu sur le sol, immobilisé, sans défense. Il savait pertinemment que son heure était proche.
-Yorda, sil te plaît, en souvenirs du bon vieux temps, supplia le prince, entre deux sanglots.
Sa sœur, essuya ses larmes.
-Pourquoi ? Pourquoi tu ne m’as pas sauvée, moi ?
Le souvenir de la mise à mort de sa sœur revint une fois de plus dans l’esprit du jeune homme. Cela avait été jusqu’à présent le pire moment de sa vie, sa chère sœur allait être tuée, et lui était là, sans rien faire, terrorisé, et incapable de dire un mot.
-J’ai eu peur de ce qui allait se passer, prononça t-il difficilement.
La femme ferma les yeux, et murmura.
-Moi aussi, j’ai peur de ce qui se passerait, si je te laissais en vie.
La femme rouvrit les yeux brusquement, et jeta violemment son arme dans le crâne de l’homme. Tandis que le sang se répendait sur le visage de son frère, Yorda s’accroupit, assistant au dernier souffle de Capelle, et juste avant que ce dernier ne meurt, elle l’embrassa sur la joue, et lui murmura à l’oreille.
-Pardonne moi, car moi, je viens de le faire.
Et l’homme ferma les yeux, la mort venant de le gagner.