Chapitre 7 : Combat royal (1/2)
Le jeune homme entrouvrit les yeux, et aperçu son amie, Sugy, faisant les cent pas.
-Où est-on ? Murmura t-il, toujours couché sur le sol, à moitié endormi.
-En prison, mais j’avoue que je ne peux pas te donner plus de détails. Allez, lève toi, Zell.
Le jeune homme bailla bruyamment, et décida à se mettre debout, péniblement.
-J’ai un mal de crâne impossible. Tu te souviens de quelque chose ?
-Je me souviens de l’incendie… et d’Acro.
La femme avala difficilement sa salive avant de continuer
-Et je crois que nous nous sommes évanouis, tellement la chaleur était insoutenable.
Zell, sentant que Sugy pensait toujours à Acro, qu’elle avait du abandonner dans la forêt, changea de sujet.
-Comment est-on arrivé ici ? Demanda t-il.
-Aucune idée, en tout on ne va pas pouvoir s’échapper facilement.
La jeune fille regarda la cellule. Il s’agissait d’un espace exigu, plongé dans une obscurité presque totale. Des solides barreaux en fer les retenaient détenus.
-Nous sommes toujours dans l’autre monde ? Questionna à nouveau Zell.
-Je pense, oui.
Soudain, des bruits de pas se firent entendre. Une ombre se faufila, et la porte en fer grinça, avant de s’ouvrir. Un jeune homme aux aspects bourrus se dirigea sans hésiter vers les deux jeunes gens.
-Venez, vite !
Les deux se regardèrent, et d’un commun accord décidèrent de le suivre.
-Je vais vous guider, allez-y, on y va.
Ryle, car il s’agissait bien de lui, ne connaissait que très peu le palais, où il était rarement venu, mais il avait compris qu’il fallait quitter l’endroit au plus vite.
-Comment avez-vous fait pour ouvrir la porte ? Chuchota Sugy, tout en marchant sur les pas de l’homme.
-J’avais les clefs, c’est moi qui vous ait enfermé.
Il entre dans une salle, et alluma la lumière. Les deux jeunes gens entrèrent également. Il s’agissait des escaliers.
-Où sommes nous ?
- Dans les sous-sols du palais, il faut qu’on se débrouille pour sortir de cet endroit, le seul moyen c’est de remonter, malheureusement ils sont là.
-Qui ça, ils ? Je ne comprends rien, pourquoi tu viens nous sauver si tu nous as emprisonné ? Demanda Zell.
-C’est long à vous expliquer, mais notre princesse Yorda, trahie par sa famille, a décidé de réduire à néant notre monde. Du coup elle s’est maquillée de toutes les couleurs et…
-Ashe ?
-Oui, apparemment vous la connaissez sous ce nom. Elle a l’intention de tuer notre Prince, et un de vos capitaines je crois bien.
-Un général tu veux dire ?
-Oui, voilà. Monarch, je l’ai rencontré dans la forêt. Il a également tué un de vos amis je crois, du nom d’Hanjy.
Sugy et Zell se regardèrent, un sentiment de malêtre venait de s’installer. De leur petit groupe, ils étaient les deux seuls survivants.
Le jeune homme commençait à s’affoler :
-Notre seul moyen de sortir c’est de passé par cette salle, où ils se trouvent ?
-Oui.
-Nous sommes morts, au mon dieu nous sommes morts !
Ryle fit un signe, pour demander à Zell de se taire.
-Chut, écoutez, on peut les entendre.
Dans la salle, les trois personnes s’étaient espacées pour former un triangle de quelques mètres de côté. Aucun ne pouvait compter sur personne, chacun avait deux adversaires à tuer. Mais un seul ressortirait vivant.
-Tu viens de commettre ta première erreur, Monarch. Celle qui te sera fatale ! Hurla Ashe.
-C´est-à-dire ?
-D’avoir tué Khlaine.
-Je te rappelle que c’est toi qui nous a provoqué en duel.
-Mensonge ! Hurla la femme, à nouveau prise dans la folie. Tu es aussi un envoyé du Diable, et ça fait longtemps que je le sais. Je le sais depuis que tu as tué cette pauvre Axelle.
Le visage de Monarch devint livide pour la première fois depuis des années.
-Comment sais-tu ?
La femme regarda son frère, Capelle, qui se tenait prêt à attaquer.
-Il n’a toujours pas compris ! Tu entends ça grand frère ? Il n’a toujours pas compris que j’étais le « Tout-Puissant », et que je savais tout !
La femme semblait plus folle que jamais, ses révélations sur son passé douloureux n’avait fait qu’accentuer sa démence.
-C’est ma mission, de purifier la Terre. Il faut recommencer à zéro, il faut châtier cette espèce minable qu’est l’Homme, pour que nos belles planètes puissent revenir au néant, et puisse à nouveau tout recommencer.
-Tu divagues de plus en plus, cingla Monarch.
Il prit son épée dans ses deux mains, prêt à attaquer.
-Désolé, mais je dois te tuer, dit-il en regardant Yorda.
Soudain, il se jeta sans préavis sur son frère, qui eu le temps de mettre sa massue pour barrer l’attaque, mais celle-ci devant la force de l’attaque du général, se fendit en deux. Il se trouvait désarmé, devant un homme sanguinaire.
Monarch leva son sabre, prêt à fendre le crâne de Capelle, quand soudain il entendit les pas précipités d’Ashe derrière lui. Il fit un petit écart vers la gauche au bon moment, car la femme venait de rabattre violemment la hachette à l’endroit où il était.
-Laisse moi tuer mon frère, susurra t-elle, en se retournant vers Monarch.
La femme venait de faire une erreur grossière, elle avait oubliée son frère qui se trouvait dans son dos. Ce dernier, n’ayant plus aucune arme, s’approcha doucement et saisit sa sœur au niveau du coup, pour tenter de l’étrangler. Il se colla contre elle, et pendant qu’elle agonisait, il lui murmura à l’oreille.
-J’ai pleuré des nuits entières parce que je t’avais cru morte. Et aujourd’hui, je n’ai qu’une envie, c’est que tu crèves.
La femme n’arrivait plus à respirer, elle demanda à Monarch de l’aide, mais celui-ci resta sans bouger.
-Après tout, je préfère affronter le plus fort de vous deux.
Yorda essayait de donner des coups avec son arme, mais elle n’y arrivait pas. Dans une dernière tentative, elle donna un violent coup, réunissant ses dernières forces, en faisant passer la hachette entre ses jambes. L’arme se planta violemment sous les parties génitales de son frère, étant donné qu’il s’était collé contre elle.
Un cri de souffrance retentit dans toute la salle, et l’homme lâcha sa prise, ne pouvant plus supporter la douleur. La femme, quant à elle, reprenait tant bien que mal son souffle.
-Je suis désolé, mais je n’avais pas tellement envie d’avoir de neveux, plaisanta Ashe.
Capelle tomba sur le sol, gémissant toujours. Il pensait que sa soeur allait l’achever, mais cette dernière le laissant souffrir, se dirigea vers le général.
-Tu vas regretter ce que tu m’as fais.