Chapitre 2 : L’incendie ( 1/2)
Un silence pesant s’était installé entre Ryle et Hanjy. Les deux hommes se regardaient sans se parler.
-Je… je crois que je ferais mieux d’aller faire un petit tour, rester ici me stresse, risqua le soldat.
Hanjy ne répondit rien, tout d’un coup, il se leva en sursaut, apeuré.
-Qu’est ce qu’il y’a ? Demande Ryle.
Son compagnon lui fit signe de se taire.
-Quelqu’un… approche, murmura t’il.
Il fit quelques pas en arrière, et regarda tout autour de lui, Ryle observait, complètement affolé, la scène.
Soudain, à la vitesse d’un éclair, un homme se projeta sur Hanjy, et sans qu’il comprenne quelque chose, une énorme épée était venue sous sa gorge.
-Un seul mouvement pour se défendre, et tu es mort. Ça vaut pour ton copain là bas, murmura l’agresseur.
Hanjy baissa les yeux pour observer la lame, elle lui frôlait et lui râpait la gorge.
-Ryle, surtout ne bouge pas, murmura t’il.
Le jeune soldat avait bien trop peur pour faire un seul mouvement.
-Au cas où tu ne m’aurais pas reconnu, je suis Monarch.
Hanjy essaya de tourner la tête pour vérifier, mais le général l’en empêcha en commençant à rentrer la lame dans sa gorge qui commençait à saigner.
-Attention… attention !
-Qu’est ce que vous voulez ? Demanda Hanjy.
- Quelques renseignements, et c’est tout.
-Que voulez vous savoir ? Demanda Hanjy.
-Je veux savoir ce qui s’est passé avec le général qui devait vous surveiller, et ne t’avises pas à me mentir, ou je te tue.
Hanjy avala difficilement sa salive.
-Je ne sais pas, elle est restée avec cet espèce d’ours.
-Explique moi mieux, et je veux tout savoir.
-Zell et moi avons essayé une première fois de nous enfuir, mais cela n’a pas marché, le type nous a complètement grillé.
-Le type, était une fille, mais passons.
Hanjy respirait difficilement, et regardait des perles de sang lui coulaient de la gorge. La lame de Monarch commençait à rosir.
-Ensuite, nous avons continué notre chemin, et c’est là qu’un ours nous a attaqué. Enfin, il a attaqué Hellmaster plus exactement.
-Qui est mort d’ailleurs, j’ai retrouvé son cadavre.
Hanjy se moquait complètement de ce qui était arrivé au bourreau.
-Et ensuite le type…
-J’ai dit que c’était une femme.
-Oui, et bien elle a attaqué l’ours, mais elle avait du mal… et c’est là que je suis parti, j’ai entendu Zell me suivre, je ne sais pas ce qu’ont fait les autres, je le jure c’est tout ce que je sais.
Un sourire sadique apparût sur le visage de Monarch, c’était ce qu’il avait commencé à deviner quand il avait vu le cadavre d’Hellmaster. Il savait qu’Hanjy lui avait dit la vérité.
-J’ai une dernière question à te poser, mais celle-ci te concerne toi. Parle moi un peu de Final Zack.
-Eh bien… je dirais que j’ai toujours détesté mon frère. C’est dur de détester quelqu’un de parfait, mais quand on ne regarde que lui, et qu’on est sans cesse relégué au second plan, c’est impossible à vivre. J’avais toujours l’impression d’être de trop dans cette maison. J’ai choqué tout le monde quand j’ai dit que je ne l’aimais pas. J’étais certes le plus individualiste du groupe, mais c’est une sorte d’instinct de survie qui se développe chez moi, je suis prêt à tout pour essayer de vivre, je n’ai pas abandonné Hellmaster de gaieté de cœur, mais je savais que c’était ma seule chance, et que je finirais par m’en remettre. Les autres me voient comme un homme sans cœur, alors qu’en fait, je ne fais que répondre au destin de survie que possèdent tous les autres humains. Mais… là je m’éloigne du sujet.
-Final Zack et Hanjy, les deux frères ennemis, murmura Monarch.
-Sauf que lui, m’aimait bien, et c’était ça le plus dur à vivre.
-Je te remercie bien, murmura le général.
Et d’un coup avisé, il trancha la gorge de l’homme. Le sang coula à flot, sous l’œil terrorisé de Ryle.
-Inutile d’essayer de t’échapper, je ne te veux aucun mal à toi. Je l’ai tué, car je crois que sa fuite à causé des problèmes à Linoa.
Ryle se saisit de sa massue, et se rua vers le général en hurlant.
-Kowaaaaaaaaaaa !
Le jeune soldat leva la massue et allait l’abattre sur le général, quand ce dernier attrapa l’arme de Ryle, pour la jeter au loin.
-Allons, allons. Qui es-tu pour te battre encore avec ce genre d’armes ?
-Vous avez tué mon ami… murmura Ryle.
-Je crois t’avoir posé une question, et si tu ne veux pas finir comme lui…
Ryle hésita, c’était peut être son unique occasion de se prouver à lui-même qu’il n’était pas qu’un lâche, qu’un peureux.
-Ecoute, ton ami a mis en danger la mienne.
Le soldat baissa les yeux.
-Je m’appelle Ryle, je viens de cette planète mais j’ai fuis le combat.
-Tu veux dire… que tu es né ici.
-Oui…
-Je crois que tu peux m’être utile toi.
-Comment ça ?
Soudain Monarch leva les yeux au loin, le soldat se retourna pour voir ce que son interlocuteur regardait avec tant d’intérêt.
-Oh, ce n’est que du feu… sans importance.
-Sans… importance ? Murmura Monarch. Mais on va brûler !
-Mais non…
-Oh que si, je ne sais pas toi, mais si je reste là c’est la mort assurée.
Le général agrippa Ryle et coura vers la direction opposée de l’incendie qui se propageait d’arbres en arbres, à toute allure.
-Puisque je te dis qu’on ne risque rien.
-Ta gueule, je sais encore ce que je risque moi.
Monarch courait, traînant toujours le soldat d’un bras, ils essayaient de se frayer un passage tant bien que mal à travers les arbres, en évitant les branches, les crevasses, et toutes autres sortes d’obstacles.
-Si on reste dans cette forêt, j’suis foutu ! !! Par où est le sentier, je me souviens plus ! !!
-Je crois que par là on s’enfonce plutôt.
Les deux hommes s’arrêtèrent à bout de souffle, la chaleur était insupportable. Le feu ne se trouvait plus qu’à quelques dizaines de mètres d’eux.
-T’arrête pas de courir où je te tue, menaça Monarch.
Ryle avait beau être épuisé, il recommença sa course, mais cette fois-ci ce fut lui qui agrippa le bras du général.
-C’est par là.
Il força le général à faire demi tour.
-Qu’est ce que tu fais, je vais cramer par là.
-Fais moi confiance.
Alors qu’ils n’étaient plus qu’à quelques mètres du feu, Ryle obligea le général à le suivre vers la gauche. Le feu commençait à se rapprocher des deux hommes.
-Nous allons bientôt arriver sur le sentier, hurla le soldat.
Les arbres commençaient à se faire plus espacés, mais le feu était trop près d’eux. Alors que le sentier se faisait voir et n’était plus qu’à quelques mètres, Monarch trébucha et s’étala. Le temps qu’il se relève, tout ses vêtements avaient pris feu, ainsi que sa chevelure, qui n’était en fait qu’une longue queue de cheval car son crâne était complètement rasé. L’homme ferma les yeux, persuadé de sa mort, il se sentit tiré et éloigner de la source de chaleur, mais son corps ne cessait de brûler, il sentait les flammes danser sur ses vêtements quand soudain, il sentit son corps tombait, avant d’atterrir dans de l’eau. L’homme ouvrit les yeux, reprenant peu à peu conscience qu’il n’était pas mort. Il fit quelques mouvements pour remonter à la surface.
Il se trouvait dans un espèce de lac, avec à côté Ryle qui le regardait, en baissant les yeux.
-Où sommes nous ?
-Juste à côté de la forêt, tu t’es effondré et je t’ai traîné jusqu’ici. Je savais qu’il y’avait un lac, c’est pour ça que je t’avais guidé de ce côté.
Monarch rejoignit le bord, et arriva au niveau de l’homme.
-Lève la tête un peu. Tu viens de me sauver la vie… pourquoi ?
Ryle resta muet.
-J’ai tué ton ami, je t’ai menacé de mort, et tu pouvais me laisser mourir, et tu ne l’a pas fait… pourquoi ?
-Je… n’en sais rien. Peut être parce que je n’aurais pu continuer de survivre, si je t’avais laissé mourir.
Le général observa son sauveur, avec attention.
-Jamais à présent je n’avais rencontré quelqu’un comme toi. En tout cas… merci.