Chapitre XIV – Ultime rencontre
-Regardez là-bas, c’est le général Khlaine, ce brave homme nous attends ! S’exclama Kev0, fier de ses troupes.
-Je doute que ce soit vraiment quelqu’un de brave, mais peu importe, cingla Monarch.
-Général, nous désirons traverser cette faille, ordonna le général supérieur, à l’intention de Khlaine.
Ce dernier ne laissa paraître aucune émotion sur son visage.
-Très bien, et les affaires du Grand Pays ?
-Cela ne vous regarde pas, trancha Kev0.
-Vous avez raison. Vous êtes fin prêt à franchir cette faille alors ?
Monarch ne répondit pas, il dévisagea simplement l’homme.
-Très bien.
Khlaine s’éloigna quelque peu, et soudain, de sa main il sembla trancher l’air, un espèce de cercle venait de s’ouvrir, donnant accès à l’autre monde.
-Si vous voulez bien vous donner la peine.
Kev0 semblait tout d’un coup craintif, finalement il prit sa respiration, avança et franchit la faille, quelques secondes plus tard, Monarch et Khlaine en faisaient autant.
Ils étaient maintenant dans le camp où Ashe avait installé sa base, celle-ci s’exclama et sauta un peu partout quand elle vit qui venaient d’arriver.
-Vouuuuuuuuuuuuuuuuuus ? S’exclama t’elle. C’est une joie immense que de vous voir à nouveau.
Kev0 était en train d’analyser le terrain.
-Quand pourrons-nous profiter de ce monde ?
-Il faut encore éliminer le noyau central qui pourri cet endroit, mais ne vous inquiétez pas.
-Cela fait je ne sais combien de temps que vous nous promettez des choses, et au final, il n’y a rien ?
Monarch coupa froidement la conversation.
-Où est-t’elle ?
-Qui ça ?
-Linoa…
-Elle est partie en mission, avec nos prisonniers. C’est assez compliqué à expliquer, mais ils doivent se rendre dans l’ultime palais, où s’est réfugiée la lâche famille royale, et …
-Et ?
-Et je crois que tout devrait exploser.
Monarch dévisagea la femme.
-Je sens que rien ne va, cela fait-il longtemps qu’ils sont partis ?
-Non, ils doivent être à une journée de marche, peut être moins, car à six on avance lentement, surtout quand il faut surveiller les prisonniers.
-Qui a-t-il ?
-Hanjy, le frère de Final Zack, Sugy et Zell, les deux amis, Acro le sous fifre de Shizo et Hellmaster le bourreau.
-Je pars les retrouver, je sens que ça ne va pas aller, elle vient d’être nommée générale… vous n’auriez jamais du lui demander ça.
-Vous allez les retrouver ? Attendez, vous allez tout faire foirer…
-Au contraire, je serais là pour surveiller tout ça, donnez moi un putain de plan.
Ashe regarda fixement Monarch, elle n’avait pas d’autre possibilité que de lui obéir. Il était le seul qui lui faisait peur à ce jour.
-Zell, tu es fou, complètement fou ! S’exclama Sugy, alors qu’elle venait de rejoindre son ami.
-De quoi ?
-Mais d’avoir crié, l’autre là bas… oh… je n’ose pas penser à ce qu’il va se passer.
-Mais c’est Hanjy, il m’a abandonné, c’est lâche d’abandonner les gens comme ça.
Acro, se jeta violemment sur le jeune homme pour le frapper.
-Et toi t’as fait quoi à Hellmaster ?
Un sourire sadique apparût sur le visage de Zell, et il répondit :
-La même chose que toi.
-Salaud, comment oses tu dire ça.
Sugy regardait la scène, hébétée, elle n’arrivait plus à faire face. Il s’était passé trop de choses depuis quelques jours, et voir ses deux amis se disputer comme des enfants était trop pour elle, surtout qu’ils étaient tous trois en dangers de mort.
-Peut être qu’Hanjy s’en sort mieux que nous en ce moment… balbutia t’elle.
Un homme était appuyé contre un arbre, en train de récupérer de sa course. C’était un homme d’un jeune âge, qui portait un espèce de costume ridicule, dans les gris pâles. Il tenait à sa main une espèce de massue, rappelant les temps éloignés. Il était recroquevillé tellement sur lui-même, qu’il était presque impossible de le voir. Il regardait derrière lui, quelqu’un était en train d’arriver. Ses deux bras tremblaient, il était près à se jeter sur l’assaillant. Un homme arriva soudainement, essoufflé. Le soldat se leva, et se rua vers l’intrus en hurlant avant de s’arrêter nettement. Devant lui se tenait quelqu’un qui n’était pas de son monde, il semblait complètement perdu, c’était un envahisseur.
-Qui êtes vous, demanda l’intrus.
-Vous… vous parlez… notre langue ?
L’homme effectua un mouvement de recul.
-Moi : Hanjy.
-Je crois, qu’on parle la même langue, inutile de me prendre pour un idiot, trancha le soldat.
-Peut importe, de toute façon j’ai pas de temps à perdre.
Hanjy continua sa route.
-Si tu vas par là t’es mort.
-Monsieur est devin ? Ironisa t’il.
-Je suis un soldat, je devrais être en train de me battre, mais…
-Mais tu n’es qu’un lâche.
L’homme ne répondit pas.
-Et toi, qu’est ce que tu fais là ?
-Je viens de m’échapper d’une mission, c’est vraiment des fous… y’a une femme qui vous en veut, elle est prête à tout pour tous vous faire disparaître.
-Oh, ça vous finirez bien par y arriver. Et toi, tu n’essayes pas de me tuer ?
-Je m’en fou, je suis là pour sauver ma peau… Comme toi quoi.
-Je reste ici, je ne peux rien faire d’autre… si je vais de l’avant je vais tomber sur vos troupes, et en arrière sur les miennes. Ca fait déjà un jour que je suis ici… on se fait tous tuer là bas, il faut arrêter le massacre, mais vous êtes trop forts. Nous sommes foutus.
Hanjy resta dubitatif.
-Au fait, quel est ton nom ?
-Moi : Ryle, dit t’il de la même façon.
-Arrêtez, murmura Sugy dans un espoir désespéré.
Zell avait sorti ses longues griffes qui recouvraient complètement ses doigts, il venait de frapper violemment Acro au visage, son visage ruisselait de sang, et ce dernier se tenait sa tête entre ses deux mains. Soudain, il s’étala et éclata en sanglot.
-On va tous crever de toute façon, j’aurais mieux fait de crever en prison.
-Relève toi, minable, cracha Zell.
-Dire qu’Hellmaster m’avait sauvé de la mort… et que moi je l’ai abandonné.
-C’est chacun pour sa peau, parfois, cingla le jeune homme.
-Ça, c’est bien les paroles d’un meurtrier, si toi ca ne te dérange pas de bruler tout un village, de tuer des innocents, moi je n’y arrive pas, excuse-moi d’être plus faible que toi, excuse-moi d’avoir des remords, excuse moi!!!
Mais Zell n’écoutait plus rien, il détourna sa tête pour dévisager.
-Sale pute, tu étais censée tenir un secret, tu sais ce que ça veut dire, un secret ?
Sugy ne répondit pas, elle regardait le jeune homme. Elle n’avait qu’une envie, lui sauter à la gorge, mais son sang froid naturel lui forçait à garder le calme.
Soudain, une voix brisa l’ambiance.
-Comme on se retrouve !
Ils se retournèrent tous les trois.
-Linoa… murmura Sugy.