Chapitre XIII – Chasse à l’homme
-Je n’y crois pas, on l’a abandonné ! Ne cessait de répéter Sugy, entre deux enjambées.
Acro ne répondait rien, trop occupé à mettre le plus de distance possible entre lui et Linoa.
A bout de souffle les deux compagnons s’arrêtèrent.
-Je crois qu’elle n’est pas prête de nous retrouver, constata Acro.
-Et que fait t’on pour Hell ?
L’ex-prisonnier détourna la conversation :
-Je me demande où sont Hanjy et Zell. Ils sont partis bien avant nous.
-Probablement entrain de s’engueuler, ils ne se supportent pas. Zell m’a déçu, tu sais.
-Comment ça ?
-Je ne l’imaginais pas comme ça, mais un meurtrier comme lui, ça ne peut être que mauvais.
Acro dévisagea la jeune fille.
-Qu’est ce que tu dis ?
Sugy, qui avait pourtant assuré qu’elle garderait le secret, raconta tout à son ami.
-C’est une histoire quelque peu compliquée, que j’ai apprise de la bouche de Linoa, à Kersya. Zell a une conception très particulière de l’amitié, je crois qu’à ce niveau là il devait complètement idolâtré Final Zack.
-Qu’est ce qu’il a fait ?
-Quand Linoa a dénoncé au Général Monarch, qu’effectivement Final Zack se cachait bien dans leur village, Zell a tué tous les habitants du village, c’est un peu compliqué à expliquer.
-Et Linoa ?
-Ah oui, tous sauf Linoa, l’ironie du sort, bien évidemment.
Acro n’en revenait pas.
-Mais ce type est carrément cinglé ! Réussit-t-il à articuler enfin. Pourquoi ne nous as-tu rien dit ?
-Il prétendait qu’il regrettait et que c’était du passé.
-Ce type est complètement fou d’avoir tué des innocents, il pourrait recommencer n’importe quand. Et elle, Linoa ?
-Eh bien quoi ? Elle doit errer dans notre monde tu sais… elle n’est pas prête de le retrouver.
Linoa, quant à elle, toujours cachée derrière son déguisement, réussit à tuer l’Ours d’un violent coup de poignard entre les deux yeux. Le sang lui gicla au visage, mais l’énorme monstre s’étala au final de tout son long.
Elle détourna les yeux, pour observer ce qu’elle savait déjà, ils étaient tous partis, et se dirigea vers Hellmaster, complètement évanouie.
-Tout tes amis t’ont abandonnés ? J’en ai marre.
Elle enleva sa cape, pour laisser apparaître son visage brun, très marqué.
-J’en ai marre de ce qu’on m’a dit. Je suis venu ici pour le tuer, et personne ne va m’en empêcher. Mais avant, je vais commencer le massacre.
La jeune fille s’approcha de Hellmaster.
-Je te condamne à mort, sale bourreau.
D’un geste violent, mais cependant très précis et avisé, trancha la gorge du pauvre homme sans défense, ramassa la tête et la piqua à l’aide d’un de ses couteaux.
-A qui le tour ? Demanda-t-elle, en faisant un grand sourire, son visage toujours couvert du sang de l’ours.
Les deux hommes se regardaient, sans avoir rien à se dire, dans le blanc des yeux.
-C’est une mauvaise idée de laisser le Grand Pays sans personne, rappela Monarch.
Kev0 ne répondit pas.
-Ce sera le temps de quelques journées, pas plus. Et puis c’est vous qui avez insisté pour partir dans le monde parallèle. Je vous rappelle qu’il y a encore quelques jours, quand on vous parlait du monde vous répondiez que vous ne vouliez pas dépendre de quelqu’un…
-C’est sûr, je me dis que si ce type moyenâgeux refuse de rouvrir la faille, on sera bien malins.
-Khlaine ! Il s’appelle Khlaine !
Monarch continua, sans l’écouter.
-Cependant, j’ai changé d’avis, j’ai compris qu’il faut savoir prendre des risques, et puis j’ai besoin de revoir Linoa.
Kev0 fut prit d’un fou rire.
-Vous ? Amoureux ?
Pour toute réponse, Monarch toisa complètement son supérieur.
-Bien sûr que non, mais loin de moi, elle pourrait ne pas respecter nos conditions. J’ai peur qu’elle fasse un peu tout et n’importe quoi, et qu’au final elle se fasse… tuer. Mais au fait, comment va-t-on la franchir, nous, cette faille ?
-Vous n’êtes vraiment attentif à rien, ça fait une semaine déjà qu’ils sont partis, or au bout de chaque semaine Khlaine est censé revenir pour nous donner des nouvelles, j’ai envoyé un messager pour lui demander de nous attendre là bas. Nous allons découvrir des nouvelles terres.
Le train s’arrêta soudainement.
-Nous voilà arrivé.
-J’avais remarqué, cingla Monarch.
-Tu veux bien te taire ? S’exclama Hanjy, à bout de nerfs.
Il était accompagné de Zell, les deux hommes s’étaient arrêtées dans une clairière isolée pour discuter de la situation.
-Non mais tu t’imagines bien, nous voilà carrément bloquer, si on va en avant je suis sûr qu’on rencontrera ces types qui habitent ce monde et t’as vu comment la folle, enfin Ashe, les a décris ! Ces types là sont carrément nos inverses, et d’ailleurs c’est plutôt logique si on réfléchit, mais je disais quoi déjà ?
-Mais tu veux bien te taire que je réfléchisse ?
-Ah oui, je disais qu’on était bloqué, car si on va de l’avant on verra les habitants de ce monde, et si on revient en arrière, on va voir l’espèce de général qui est à moitié caché derrière sa cape, tu sais il me fait penser à quelqu’un, pas toi ?
Un long silence s’installa, Zell finit par poursuivre.
-Mais le pire c’est que ça soit avec toi que je sois, c’est même pas Sugy, ni Acro, ni Hell, mais avec toi ! Tu crois qu’ils sont restés là bas Sugy et Acro ? Non je crois pas ils ont du nous suivre, tu en penses quoi, toi ?
Zell se détourna, Hanjy avait disparut.
-Hein ? Où es-tu ? Je n’y crois pas, il m’a abandonné ! Ca ne se fait pas d’abandonner les gens comme ça !
Il n’eut aucune réponse.
-Traître ! !!! Hurla-t-il alors, sans se rendre compte de la bêtise qu’il faisait.
-Tu as entendu ? Sursauta Sugy.
-Bien sûr, c’est la voix de Zell, il est un peu plus loin que nous, mais on devrait pouvoir le retrouver.
Sugy commença à se précipiter, mais Acro l’en empêcha.
-Attends, reste là.
-Qu’est ce qu’il y’a ?
-Le général a forcément entendu sa voix, il va se diriger vers sa direction, et ce sera la fin pour Zell.
-Justement, il faut aller l’aider.
-Je te rappelle que c’est un meurtrier.
Sugy réfléchit.
-Peut être, mais c’est quand même mon ami…
-Alors pourquoi tu m’as racontée tout ça sur lui ?
-Un moment de faiblesse.
-Je croyais qu’il t’avait déçu, dit-t-il en prenant une petite voix pour essayer d’imiter celle de la jeune fille.
-Fais ce que tu veux, trancha-t-elle.
La jeune fille commença à courir, en direction de son ami.
-Eh ! Attends moi !