Deux coqs vivaient en paix, une poule survint.
Et voilà la guerre allumée.
Amour tu perdis Troie et c´est de toi que vint
Cetet queurelle envenimée
Où du sang des dieux même, on vit le Xanthe teint.
Longtemps entre nos coqs, le combat se maintint
Le bruit s´en répandit par tout le voisinnage
La gent qui porte crête au spectacle accourut
Plus d´une Hélène au beau plumage
Fut le prix du vainqueur. Le vaincu disparut
Il alla se cacher au fond de sa retraitePleura sa gloire et ses amours
Ses amours qu´un rival, tout fier de sa victoire
Possédait à ses yeux. Il voyait tous les jours cet objet
Rallumer sa haine et son courage.
Il aiguisait son bec, battant l´air et ses flancs
Et s´exerçant contre les vents
S´armait d´une jalosue rage
Il n´en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits
S´alla percher et chanter sa victoire
Un Vautour entendit sa voix
Adieu les amours et la gloire
Tout cet orgueil périt sous l´ongle du vautour.
Son rival autour de la poule
S´en revint faire le coquet
Je laisse à penser quel caquet
Car il eut des femmes en foule.
La Fortune se plaît à faire de ces coups :
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille
Défions-nous du sort et prenons garde à nousAprès le gain d´une bataille