Mais si les sociétés supérieures ne reposent pas sur un contrat fondamental qui porte sur les principes généraux de la vie politique, elles auraient ou tendraient à avoir pour base unique, suivant M. Spencer, le vaste système de contrats particuliers qui lient entre eux les individus. Ceux-ci ne dépendraient du groupe que dans la mesure où ils dépendraient les uns des autres, et ils ne dépendraient les uns des autres que dans la mesure marquée par les conventions privées et librement conclues. La solidarité sociale ne serait donc autre chose que l'accord spontané des intérêts individuels, accord dont les contrats sont l'expression naturelle. Le type des relations sociales serait la relation économique, débarrassée de toute réglementation et telle qu'elle résulte de l'initiative entièrement libre des parties. En un mot, la société ne serait que la mise en rapport d'individus échangeant les produits de leur travail, et sans qu'aucune action proprement sociale vienne régler cet échange.
Durkheim rappelle ici les théories de Spencer, père du darwinisme social: en gros, c'est la loi du plus fort ^^ dans les sociétés modernes (il les appelle supérieures en oppositions avec les sociétés primitives et traditionnelles), les hommes seraient reliés entre eux uniquement par intérêt personnels, et non pas dans un système d'intérêt général. il ne s'agit donc pas d'un "contrat social" à la Rousseau. les individus se lient et se délient au grès de leurs besoins momentanés. l'état est donc peu important (d'ailleurs un des livres de Spencer s'intitule "Le Droit d'ignorer l'État" ^^), et l'aspect social de la production, quasi inexistant.
Est-ce bien le caractère des sociétés dont l'unité est produite par la division du travail ? S'il en était ainsi, on pourrait avec raison douter de leur stabilité. Car si l'intérêt rapproche les hommes, ce n'est jamais que pour quelques instants ; il ne peut créer entre eux qu'un lien extérieur. Dans le fait de l'échange, les divers agents restent en dehors les uns des autres, et l'opération terminée, chacun se retrouve et se reprend tout entier. Les consciences ne sont que superficiellement en contact ; ni elles ne se pénètrent, ni elles n'adhèrent fortement les unes aux autres. Si même on regarde au fond des choses, on verra que toute harmonie d'intérêts recèle un conflit latent ou simplement ajourné. Car, là où l'intérêt règne seul, comme rien ne vient refréner les égoïsmes en présence, chaque moi se trouve vis-à-vis de l'autre sur le pied de guerre et toute trêve à cet éternel antagonisme ne saurait être de longue durée. L'intérêt est, en effet, ce qu'il y a de moins constant au monde. Aujourd'hui, il m'est utile de m'unir à vous ; demain, la même raison fera de moi votre ennemi. Une telle cause ne peut donc donner naissance qu'à des rapprochements passagers et à des associations d'un jour.
Durkheim critique donc ce point de vue. pour lui, le travail est un acte social, qui permet de lier les individus de la société: c'est la solidarité organique. comme pour les organes d'un corps humain, chacun a sa fonction spécifiques et tous les organes sont nécessaires au bon fonctionnement général de la société. si les sociétés sont stables, c'est que les individus ont besoin les uns des autres.
va voir les articles de wikipédia sur durkheim et spencer ils sont plutot bien faits.
pour le plan je sais pas trop, j'ai jamais été très bon en commentaire de texte ^^ je crois qu'il faut dans un premier temps expliquer, puis ensuite en faire une critique (positive ou négative) en apportant de nouvelles connaissances.
j'sais pas si ça va t'aider, enfin j'espère ^^