Quand les mentalités ne sont pas prêtes pour un véritable travail historique, il vaudrait mieux laisser du temps au temps, comme disait un vieux sage, François Mitterrand, qui lui aussi n’était pas dépourvu de forces comme de faiblesses.
Et le portrait de Salvador Allende ne peut pas se détacher lui aussi de sa part d’ombre. Le livre de Victor Farias, Allende. La face cachée. Antisémitisme et eugénisme (éditions Grancher) en est une preuve. « Avec une hâte compréhensible, beaucoup opteront pour le silence et l’oubli le plus rapide. [...] En ce qui me concerne, je crois que tout ce qui a été jusqu’ici apporté dans ce livre doit être dénoncé, inlassablement », déclare l’auteur, qui aurait commencé son travail en cherchant à comprendre le refus du président socialiste d’expulser et de livrer à la justice le nazi Walther Rauff.
Il a retrouvé en particulier le premier écrit « scientifique » d’Allende dans les archives de l’hôpital psychiatrique de la faculté de médecine du Chili, intitulé Hygiène mentale et délinquance. De sa lecture, dit-il, il est « sans doute possible de déduire qu’à cette époque Salvador Allende non seulement assumait, mais qu’il avait aussi radicalisé de façon extrême les convictions antisémites, qui en 1933, s’étaient déjà articulées de façon programmée dans les partis nazis-fascistes allemands et à l’étranger ».
La thèse de Salvador Allende, souligne l’auteur, avec des références à l’appui, recommande notamment l’emprisonnement définitif des prétendus patients incurables, évoque les races prédéterminées à un certain type de délinquance - les Juifs, les Gitans, les Arabes -, affirmant que « la race influence la délinquance ».
Ces thèses, loin d’être un péché de jeunesse, réapparaîtront en 1939-1941, alors que, ministre de la Santé du gouvernement de Front populaire, S. Allende les intègre dans un « Projet de loi de stérilisation » rédigé avec l’aide d’une commission de scientifiques. Y est préconisée la stérilisation de milliers de personnes considérées comme « aliénés irrécupérables » ou éléments « pathologiquement asociables », ayant contracté une « maladie mentale héréditaire [...] pour obtenir de meilleures générations futures ». Le projet préconisait notamment la création de tribunaux de stérilisation, traitant les demandes pouvant émaner des directeurs des asiles privés ou publics, des directeurs des hôpitaux possédant des sections pour aliénés, des malades mentaux majeurs, des représentants des malades mentaux incapables. Une fois la décision prise par le tribunal, la stérilisation, selon le projet, aurait dû être effectuée même contre la volonté de la personne. "Le projet en question n’atteint pas le stade de la discussion parlementaire, refoulé après sa présentation devant la Société de neurologie, psychiatrie et médecine légale, qui remit en question le caractère scientifique de ses affirmations sur l’hérédité, soulignant notamment qu’il s’appuyait sur des personnalités emblématiques de la médecine allemande servant de légitimation à l’euthanasie nazie."
ALLENDE était un crytpo-nazi !
PINOCHET était un fasciste !
Là est la différence ...