CHAPITRE 16 : Les prémices du fléau
Kalm est à la normale, une jolie petite ville aux maisons couleur pastelles. Sur le chemin du passage des vents du continent des Glaces, le temps y est fort agréable la journée. Dans son enceinte tout le monde se connaît, tous coulent paisiblement leurs jours.
Aujourd’ hui, la ville contraste de son habituelle quiétude, les enfants ne courent pas dans les rues, les enseignes et commerces sont clos et les rayons du soleil ne parviennent pas à réchauffer la ville, obstrués par l’épaisse brume arrivée depuis peu. Quelque chose se tramait, les citoyens avaient été prévenus, il fallait rester chez soi en sécurité. Cet ordre venait directement de M. Ramana. Transmis depuis Junon sur les ondes du réseau télévisuel de Kalm, ce n’était pas un exercice. Les seuls autorisés à rester dehors, étaient ceux qui se trouvaient en ce moment même sur les fortifications de la ville, les soldats d’Avalanche, les employés de M. Ramana.
- Ca avance vite…
- Ouais et ça fait plus de bruit que taleur !...
Deux soldats rompirent le silence et la tension qui régnaient dans les rangs. Postés depuis plus d’un quart d’heure sur les murs sud de la ville, les gardes avaient pu voir la marée noire sortir de Midgar et s’étendre sur les plaines. Maintenant cette dernière était presque aux portes de la cité.
- Taisez vous les gars et restez cool, tout va bien s’passer ! Plus un bruit maintenant, j’passe un coup d’file.
L’officier supérieur à l’origine de ces mots était un homme d’une trentaine d’années, grand et large des épaules, il n’aurait rien eu d’un militaire s’il n’en portait pas les habits. Crane propre et brillant, anneaux aux oreilles et verres de soleil sur le nez, il n’était pas inconnu de Clad et de ses amis.
- Bordel Reno ! Ramène toi le plus vite possible avec tes petits avions, ça a l’air plus sérieux que prévu…
Il raccrocha sèchement son portable en grognant.
- Vous stressez patron ? Ca vous ressemble pas… dit’ l’un des deux soldats bavards.
- Fermez là ! Restez concentré sur la merde qui va nous tomber sur la gueule !... puis je stresse jamais, je veux juste en finir au plus vite… Répondit le supérieur bêtement vexé.
L’invasion s’étalait sur le continent de Midgar, Kalm était la première visée, la Chocobo Farm était encore en sursis…
Il fallut de la force à Billy pour détourner les yeux et reprendre ses esprits.
- Bill ! Cria t-il avec urgence.
Le père accourut.
- Qui y’ a-t-il fiston !?
Sans dire un mot, en pointant son doigt, Billy invita son père à découvrir l’objet de son inquiétude. Le nuage était encore loin mais on le voyait de mieux en mieux et des bruits l’accompagnaient à présent. Son père observa l’horizon un petit moment puis quand l’ assistant vint les rejoindre, il prit la parole :
- Ce monde regorge de mystères, de magies, légendes et bien d’autres secrets… Mais de toute mon existence, je n’ai jamais rien vu de tel… et jamais quelque chose qui vise d’aussi prêt notre ferme. Une seule chose me paraît évidente dans tout ça… Billy on fout’ l’ camp !
- Comment ça on fout’ l’ camp ?... Dit Billy interloqué.
- Eh bien on laisse tout, on enfourche Duke et Kaze et on file. Espérons que notre ferme sera là à notre retour, le jour où l’on y reviendra…
Les mots étaient forts et ils sonnèrent dans la tête de Billy. En ni une ni deux, il saisit la bride de Duke et enfourcha sa selle, Bill fit de même avec Kaze, l’assistant monta derrière lui. Les chocobos ressentaient la tension dans l’air, ils étaient nerveux mais ils écoutaient encore leurs maîtres.
- En route, direction Mideel, les montagnes, les cours d’eaux… rien ne nous bloquera la route ! hurla Bill.
Les cavaliers sur leurs puissantes montures sautèrent les clôtures du champ et détalèrent à travers les plaines à une vitesse ahurissante. La mythique Chocobo Farm était à présent délaissée, toute activité avait soudainement cessé. Les habitants n’étaient plus là, comme si un coup de vent les avait emporté. Le feu brûlait encore dans la cheminée, seule la radio laissée allumée combattait le silence, déversant un flot d’inquiétude :
- La menace est sur nous, restez cloîtrés et que les esprits nous protègent…