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Histoire sur l'arme ultime (la vraie)

rambo-le-vrai
rambo-le-vrai
Niveau 6
06 janvier 2001 à 00:54:11

eh merci koubiak y a personne (en attendant le Quebec) qui lit ces histoires ...
bon demain je vous dirais l´histoire de aeris et le reste (sauf sur FF8 ,m´enfin bon si ca peut faire remonter le forum final fantasy 7 ,c´est toujours ca de pris ...)

rambo-le-vrai
rambo-le-vrai
Niveau 6
07 janvier 2001 à 00:02:18

eh y a personne qui lis mes messages ???

NoMercy_3
NoMercy_3
Niveau 10
07 janvier 2001 à 01:53:57

Moi je les lis, et j´ai u qu´il y avait des histoires ici car un de mes conaissances ici me l´a dit. Et j´ai sur mon sujet dit d´aller voir ce sujet car je trouve les histoires super alors continu d´en mettre svp. Je les ai toutes imprimés et sa fait du papier 55pages. Mais c´est pas grave, c´est pas du papier perdu.

rambo-le-vrai
rambo-le-vrai
Niveau 6
07 janvier 2001 à 11:05:14

eh merci no_mercy_3 !!!
enfin quelqu´un qui a un sens de l´humour developpé .sinon aujourd´hui vous voulez que je mette koi :
_l´histoire apres l´histoire (kan aeris est morte et il essayent de la ramener a la vie)
_un truc de FF8
_l´histoire d´aeris (kan elle est petite)

rambo-le-vrai
rambo-le-vrai
Niveau 6
07 janvier 2001 à 11:59:16

hé la j´en ai une avec aeris et ses compagnons .ca commence avec aeris et apres avec aeris et ses compagnons (je crois).alors :
Prologue :
- Maman, j’ai froid !

Frissonnant, la petite fille se serra nerveusement contre la
jeune femme lourdement appuyée contre la paroi du
wagon. Sous elle, elle sentait les roues métalliques crisser
contre les rails délabrés.

Relevant la tête, Ifalna eut un faible sourire à l’adresse de
l’enfant.

- Ca va aller, Aerith. Ca va aller. On va se cacher
dans un endroit où personne ne nous trouvera. On
ne retournera jamais là-bas, promis.

L’enfant se contenta de poser un regard insondable sur sa
mère. Ifalna se sentit presque honteuse de lui mentir
ainsi. De toutes les façons, c’était inutile. Du haut de ses
quatre ans Aerith semblait plus apte à différencier la
vérité du mensonge que bien des adultes. Près du couple,
quelqu’un trébucha. Il y eut un juron puis plus rien.

De toute sa vie, jamais Aerith n’avait eu aussi peur. Avec
une implacable netteté les événements de la nuit
précédente resurgissait dans sa mémoire : leur fuite de ce
« là-bas » dont Ifalna avait parlé Elle se revoyait, elle et
sa mère, courant le long de couloirs sans fin. Elle
entendait le cri des gardes lancés à leur poursuite, tous
semblables dans leurs uniformes bleus, tels des
automates. Puis, il y avait eu cet horrible personnage
dans sa blouse blanche, celui que Tseng-san appelait
Professeur. Ses cris résonnaient encore aux oreilles de la
petite fille. Ensuite, tout était confus. Il y avait eut un
rugissement sonore, un cri perçant et… plus rien. Elle
avait repris conscience dans ce métro qui l’emmenait elle
ne savait où, blottie dans les bras de sa mère dont elle
percevait la respiration sifflante. Une sourde angoisse
l’avait aussitôt saisie. Ifalna était pâle, très pâle, et
paraissait avoir les pires difficultés à se tenir debout.
Dans l’obscurité du métro, la petite fille devinait une
tâche sombre, au niveau du ventre de la jeune femme. A
cette vision, elle avait détourné le regard. Tout en elle se
refusait à admettre l’horrible évidence. Malgré tout, elle
finit par rassembler son courage et demanda d’une voix
tremblante :

- Tu es malade ?

- Oui… admit Ifalna, comprenant que mentir à
nouveau ne servirait à rien.. Je crois que…
Peut-être qu’on va devoir se séparer, Aerith.

- Non ! l’enfant eut un sanglot étouffé et enfouit
son visage dans la robe de sa mère. Je ne veux pas
que tu t’en aille ! Je ne veux pas être toute seule !

Se redressant péniblement, la jeune femme dégrafa
quelque chose des plis de son vêtement et le tendit à sa
fille.

- Tiens, prends ça.

Avec curiosité, l’enfant s’empara de l’objet et l’examina
attentivement. On eut dit une grosse bille de verre. Chose
étrange, la sphère semblait émettre une douce lueur
blanche.

- C’est un talisman. Il vient de la Terre Promise. Tu
te rappelles ce que je t’ai raconté ? Ainsi nous
serons toujours ensemble… Tu es grande
maintenant, Aerith. Tu vas être sage, d’accord ?

Reniflant, la petite fille hocha doucement la tête. A ce
moment, un choc sourd ébranla le véhicule tandis qu’une
voix grésilla à travers les haut-parleurs disséminés dans le
métro :

- Dernier arrêt : Cimetière des trains. Je répète :
dernier arrêt, cimetière des trains. Il est 6h54, la
température à l’extérieur est de 12 degrés. Nous
espérons que vous avez fait bon voyage sur nos
lignes et souhaitons vous revoir bientôt. Bonne
journée.

Les quelques passagers se hâtèrent vers l’extérieur, sans
un regard pour les deux fugitives. Cela n’étonnait pas
Ifalna. D’après ce que Stewart lui avait raconté sur
Midgar et ses taudis, elle avait peu de chances de trouver
ici quelqu’un prêt à les aider… ou plutôt prêt à aider
Aerith. La Cetra ne se faisait plus d’illusions sur son
compte. Sa route était terminée. Sa fuite avait signé son
arrêt de mort. Elle l’avait toujours su. Mais elle devait le
faire. Pas à cause de la SHINRA, non. Pas à cause des
Turks ni même d’Hojo…

Un matin comme les autres… La même résignation devant
les expériences qu’elle va subir. Tant qu’ils ne touchent
pas à Aerith… Elle sourit, Aerith, tandis que, pendant
qu’Ifalna quitte la pièce, ce jeune Turk, Tseng, ouvre
devant elle un livre d’images. Le même trajet, comme
toujours. Les murs blancs, les quatre gardes qui
l’entourent… Et puis… Oui, c’est là… C’est quand elle est
entrée dans le laboratoire que tout a commencé.

Il discute avec Hojo. Tout d’abord, elle ne lui prête pas
attention. Mais, après un bref échange avec le
scientifique, il se tourne vers elle.

Il est beau, très beau. On dirait l’incarnation même des
canons de la beauté du peuple Cetra. Une silhouette
élancée, mais dont émane une grande impression de
force. De long cheveux d’un gris légèrement argenté. Un
visage mince et lisse, respirant l’intelligence, au milieu
duquel brillent deux iris bleu-vert, fendues en deux par
une longue pupille de félin.

Il pose sur elle un regard dénué de toute expression. Puis,
sans raison apparente, un sourire inhumain déforme ses
lèvres parfaites, révélant des dents blanches et pointues.
Alors, Ifalna comprend. Elle ne voit plus ce visage
splendide. En elle, des milliers de voix hurlent à l’unisson le
nom que les derniers Cetras s’étaient efforcés d’oublier.
Suffoquée, Ifalna tombe à genoux. Elle comprend. Elle doit
fuir, sans attendre, immédiatement. Elle ne peutt pas
rester une seconde de plus près de cet être. En
repensant à lui, ce n’est pas ce visage parfait qu’elle
reverra ni même cet étrange regard. Non. Cette image n’a
rien d’humain ni même d’animal…

- Jenova…

Les taudis de Midgar n’avaient rien d’accueillant, même
pour ses habitants. Alors pour une femme blessée et
étrangère…
Ifalna n’avait pas la moindre idée de l’endroit où elle se
trouvait et, pour tout dire, elle n’en avait cure.

rambo-le-vrai
rambo-le-vrai
Niveau 6
07 janvier 2001 à 12:03:13

Elle s’était
contenté de sauter dans le premier métro qu’elle avait
aperçu, échappant de justesse au contrôleur des billets.
Et maintenant ? Titubant, la Cetra longea le quai. Chaque
pas était une souffrance, à présent. Tout son être lui
suppliait d’arrêter. Mais elle avançait toujours. Il fallait
qu’elle continue. Un pas… l’autre… avance… Brusquement,
elle glissa sur quelque chose et tomba sur le dos. Comme
à un signal, son corps cessa de lutter et la tâche écarlate
qui maculait sa robe s’épanouit en une large fleur de mort.
Aerith, qui précédait sa mère de quelque pas, se retourna
et, comprenant ce qui se passait, poussa un cri de
détresse.

- Aerith… hoqueta Ifalna. On va… se dire… au
revoir, d’accord ?

Levant la main, elle caressa doucement la joue de son
enfant.

- Ma petite… fille, sanglota-t-elle.

Une vive lueur aveugla la jeune femme. Même la douleur
semblait avoir disparu. Quand elle parvint à rouvrir les
yeux, elle distingua une autre silhouette penchée
au-dessus d’elle. Dans un ultime effort, elle articula :

- Emmène… Aerith… en lieu sûr.

La Cetra tourna la tête de côté. Sa respiration se fit plus
légère. Un dernier soupir gonfla sa poitrine… Ifalna Kalean
était morte.

Pendant quelques instants, Elmyra Gainsborough ne
comprit pas très bien ce qui venait de se passer. Une
seconde plus tôt, elle venait à la gare, comme à son
habitude, dans l’espoir de trouver son mari de retour de
Wutai… Non… Pas vraiment dans l’espoir, en fait. Au fond
d’elle-même, elle savait bien que la permission de Han
avait été annulée. Mais mon dieu… Elle en avait pris
l’habitude. C’était si réconfortant, les habitudes. Cela
évitait de penser. Penser en permanence que l’être qu’elle
aimait pouvait être tué par ces barbares de l’ouest ou
mourir de l’une de ces maladies que l’on attrapait si
facilement sur le front. Et voilà que, brusquement la
confortable petite routine qu’elle essayait d’établir pour
lutter contre l’angoisse se trouvait bouleversée par sa
rencontre avec cette jeune femme dont la vie s’écoulait
par l’horrible blessure qu’elle avait au ventre. On lui avait
tiré dessus, cela ne faisait aucun doute. Et à côté de la
mourante, une petite fille totalement terrorisée, trop
terrifiée pour pouvoir ne serait-ce que pleurer ou crier.
Sans trop comprendre ce qu’elle faisait, Elmyra s’accroupit
et lui tendit lentement la main. Hébétée, Aerith fixa
longuement le cadavre de sa mère. Détournant le regard,
elle avança laborieusement vers Elmyra, pour finir par se
jeter dans les bras grands ouverts. S’accrochant à la
femme comme un naufragé à son radeau l’enfant se mit à
gémir sourdement, les yeux baignés de larmes. Tremblante
d’émotion, Elmyra se releva, la petite fille toujours serrée
contre elle. Brusquement, elle eut la désagréable
impression qu’on l’observait.

Se retournant lentement, elle balaya le quai d’un regard,
et trouva ce qu’elle cherchait. Sortant d’un coin d’ombre,
un jeune homme se dirigeait tranquillement vers elle. Sa
démarche, ses vêtements soignés, tout en lui trahissait
un habitant de la ville haute. Adoptant une attitude
dégagée, Elmyra se mit en marche, Aerith dans les bras et
longea le mur de la gare. Soudain, elle s’engouffra dans
une venelle qui le jouxtait. Elle se trouva face à un dédale
de petites rues sombres et délabrées. Sans la moindre
hésitation, elle traversa le sombre labyrinthe. Comme
chaque habitant des taudis, elle en connaissait
parfaitement la géographie. Ce qui n’était sûrement pas le
cas de son poursuivant. La ville basse protégeait ses
enfants plus efficacement que n’importe quelle armée.
Quelques minutes plus tard, Elmyra poussait la porte de
chez elle. La tête de sa protégée reposait lourdement sur
son épaule. Très délicatement, elle déposa son précieux
fardeau sur son canapé, avant de se laisser tomber à
côté d’elle, évanouie.

- Je ne vous félicite pas, Tseng !

- Vous m’en voyez navré, monsieur.

Mal à l’aise, Tseng triturait nerveusement la liasse de
feuilles qui constituaient son rapport. Assis à son bureau,
Jael Weiss, directeur du département de la police spéciale
de la SHINRA, le foudroyait du regard. Le jeune homme ne
put que baisser la tête en se dandinant d’un pied sur
l’autre. Il n’y avait qu’un seul fauteuil dans le bureau du
chef des Turks, celui du maître des lieux, ce qui obligeait
ses subalternes à rester debout. La hiérarchie était ainsi
très clairement marquée. Cela rendait également très
difficile toute tentative de se donner une contenance,
ainsi que Tseng s’en rendait compte. Weiss passa
nerveusement la main dans ses cheveux blonds.

- Je n’ai que faire de vos excuses ! Vous savez
aussi bien que moi à quel point Hojo tenait à cette
femme ! Et maintenant, j’apprends qu’elle et morte
et qu’en plus, vous avez laissé filé sa fille !

Tseng se retint de répliquer que ce n’était pas lui qui
avait fait tirer sur la Cetra et que les choses se seraient
certainement mieux passées si on avait laissé les Turks
agir seuls sans faire appel aux troupes régulières. Mais
même si ses états de services étaient exceptionnellement
brillants après seulement un an passé dans l’agence
secrète de la SHINRA, il ne tenait pas particulièrement à
s’opposer à son supérieur qui pouvait, du jour au
lendemain, l’envoyer enquêter sur des vols de cafetière à
Icicle Village.

- Je vais devoir rapporter tout ceci à Heidegger,
continua Weiss. Je doute qu’il apprécie les
nouvelles. Nous ne pouvons plus nous permettre le
moindre faux pas. Je viens d’apprendre que c’est le
Président lui-même qui supervisait ce projet !

Le jeune homme déglutit péniblement. L’affaire prenait des
proportions inquiétantes. Jael se pencha au dessus de son
bureau.

- Vous comprenez les enjeux, Tseng ? Retrouvez
cette gosse au plus vite ! Tseng hocha la tête.

- A vos ordres, monsieur.

Après un rapide salut, il tourna les talons et sortit de la
pièce.

rambo-le-vrai
rambo-le-vrai
Niveau 6
07 janvier 2001 à 19:45:17

Chapitre 1 : Fille des Taudis

La petite maison était calme. Dans le salon,
impeccablement rangé, la petite horloge égrenait les
secondes avec un léger tic-tac. Assise à une table,
Elmyra Gainsborough goûtait ce moment de repos avec
plaisir. Les deux mois précédents avaient été les plus
heureux qu’elle avait vécu depuis le départ de Han pour
Wutai. La raison en était simple : l’arrivée d’Aerith dans
sa vie.

Les premières semaines avaient été très difficiles. La
petite fille était restée prostrée dans sa chambre, se
nourrissant à peine, refusant obstinément le moindre
contact avec le monde extérieur. Il s’était passé près de
quinze jours avant qu’Elmyra n’entende le son de sa voix.
La jeune femme se rappelait très bien de ce moment.
Alors qu’elle rangeait le petit débarras adjacent à sa
maison, elle avait trouvé dans un carton poussiéreux, un
vieux livre qui lui avait appartenu. Elle l’avait apporté à
Aerith dans l’espoir de lui changer les idées. Comme à son
habitude, l’enfant s’était contenté de regarder la jeune
femme entrer dans sa chambre et déposer l’ouvrage sur
sa table de nuit. Mais, alors que, découragée, celle-ci
s’apprêtait à quitter la pièce…

- Tseng-san m’avait donné le même…

Elmyra avait mis un moment avant de réaliser ce qui
s’était passé. Stupéfaite, elle s’était retournée. Le livre
posé sur les genoux, Aerith dévorait les images des yeux.
Malgré sa peur d’effaroucher à nouveau la petite fille, elle
n’avait pu s’empêcher de demander :

- Qui est Tseng-san ?

Ce fut comme si elle avait appuyé sur un interrupteur. Le
visage de sa protégée s’était détendu et elle s’était mise
à parler, comme si elle racontait le programme de sa
journée.

- C’était mon seul copain. Il s’occupait de moi
quand maman n’était pas là. Elle ne l’aimait pas
mais c’était le seul à être gentil avec moi… Je crois
que c’était interdit d’être gentil avec moi…

- Pourquoi dis-tu ça ?

- Ben… Quand le Professeur arrivait et qu’il nous
voyait jouer, Tseng et moi, il le grondait, en disant
qu’il perdait son temps à discuter avec un… je me
rappelle plus très bien le mot… je crois que c’était
quelque chose comme… spécimen.

Les murs de la chambre avaient commencé à tourner
autour d’Elmyra. Qui était cette enfant ? Elle s’agenouilla
devant Aerith.

- Mon dieu… Mais où étais-tu… avant, ma chérie ?

Elle s’en était aussitôt voulu d’avoir posé cette question.
Elle ne voulait pas risquer de rompre le contact qu’elle
avait enfin réussit à établir avec la petite fille.
Cependant, celle-ci n’avait pas parut choquée de la
question.

- Je sais pas très bien… Depuis que je suis bébé, je
crois que j’habite dans un grand, un très grand
immeuble. Le plus souvent, j’étais avec maman
dans une pièce, mais des fois, on m’emmenait dans
une grande salle et le Professeur me regardait avec
plein d’appareils bizarres. Je n’aimais pas ça du
tout.

Puis, se désintéressant de la conversation, Aerith s’était
replongée dans la contemplation des images du livre. La
jeune femme avait compris qu’il valait mieux en rester là
pour le moment. Ce soir-là, pour la première fois depuis
qu’elle l’avait recueillit, l’enfant était sortit de sa chambre
pour venir prendre son repas avec elle dans la cuisine. Ca
avait été le début d’une période de bonheur pour l’une et
pour l’autre. Lentement, un semblant de vie normale
s’était instaurée dans la demeure. De ce jour, Aerith se
comporta comme une enfant de son âge. Presque. A
chacune de leur conversation, Elmyra restait admirative
devant la maturité incroyable de la petite fille. Elle avait à
peine cinq ans et s’exprimait déjà comme une enfant de
dix.

De temps en temps, sans que rien ne le laisse présager,
sa protégée s’ouvrait à elle, révélant des pans entier de
son enfance. Peu à peu, la jeune femme s’était mise à
reconstituer le puzzle de la vie d’Aerith. L’une de leur
conversation les plus importante était sûrement celle qui
s’était déroulée, trois jour plus tôt. C’était un soir comme
les autres. Elmyra faisait la vaisselle tandis qu’Aerith
l’essuyait. Brusquement, elle s’était figée, une assiette à
la main.

- Tu sais, maman est venue cette nuit.

Saisie, sa mère adoptive s’était tournée vers elle.

- Elle est… venue ?

- Pas ici bien sûr. Je dormais et elle est venue (la
petite hésita)… dans ma tête. C’était comme un
rêve mais… je sais que c’est vrai.

- Et tu lui as parlé ?

- Oui, mais j’avais du mal à l’entendre. Il y a
beaucoup de bruit ici. Beaucoup de gens, de
machines…

- Et… qu’est-ce qu’elle t’a dit ?

- Qu’elle était contente que je sois avec toi et que
je devais être bien sage… qu’elle espérait qu’on se
reverrait un jour. Et aussi qu’elle était retourné sur
la Planète.

Elmyra avait froncé les sourcils.

- La Planète ? De quoi veux-tu parler ?

- Maman m’a toujours dit que quand on… meurt, on
repart sur la Planète.

- Comment ça ? Sur quelle planète ? Tu veux dire
sur l’une de ces étoiles qu’on peut voir dans la ville
haute ?

- Non… (Aerith avait secoué la tête en souriant
comme amusée par la naïveté de la question). Non,
je parle de cette Planète-là, la Terre. Tout les gens
comme maman ou moi, on va dans un endroit qui
s’appelle la Terre Promise. Tiens regarde ça.

Elle avait sortit de sa poche une boule de verre blanc.

- Ca vient de la Terre Promise.

Se penchant pour examiner l’objet, Elmyra avait reconnu,
non sans une certaine appréhension, une materia. Comme
tout le monde, la jeune femme connaissait la plupart de
ces objets magiques. Mais jamais elle n’en avait vu de
semblable. Le plus surprenant était sûrement sa couleur.
Pour autant qu’elle le sache, il existait cinq types de
materias : les vertes, pouvant déchaîner les forces
magiques, les jaunes, qui transmettaient à leur porteur la
capacité d’accomplir certaines prouesses physiques, les
bleues, capables de renforcer le pouvoir de leurs sœurs,
les violettes, sortes de porte-bonheur magiques et les
rouges, dont le pouvoir monstrueux pouvait ouvrir un
portail entre les mondes et invoquer les créatures
auxquelles elles étaient liées. Or, la materia que lui
tendait Aerith était d’une blancheur immaculée. Qui sait
quels pouvoirs elle pouvait renfermer, et de quelle façon il
se déclencheraient ? Malgré tout, la jeune femme se
rassura. Après tout, on ne pouvait utiliser une materia
qu’en l’insérant dans une arme ou une protection
quelconque. De plus, sa fille adoptive y était de toute
évidence très attachée.

- Et tu sais à quoi ça sert ?

- Je crois que tant que je l’aurais, maman veillera
sur moi.

- Mais…

Déjà, Aerith ne l’écoutait plus. Elle avait repris son travail,
laissant Elmyra dans des abîmes de perplexité. Depuis
l’enfant n’avait plus jamais évoqué cette Terre Promise ou
la mystérieuse materia.

S’arrachant à sa rêverie, la jeune femme revint au
présent en entendant la pendule sonna les quatre heures.
Revêtant une pèlerine, elle sortit de la maison et traversa
à petits pas pressés les taudis du secteur cinq.

Même dans la ville haute, le building SHINRA inspirait une
sorte de crainte superstitieuse. Situé au centre exact de
Midgar, le gigantesque immeuble apparaissait à la
population comme le cœur même de la cité. Certains
aurait même dit de la planète. Et pour cause. C’est entre
ses murs que les dirigeants de l’énorme multinationale
décidaient du sort du monde. Officiellement, tout ceci
baignait dans l’illégalité la plus totale. Les principes les
plus élémentaires de la démocratie étaient bafoués. Mais
la SHINRA disposait d’un pouvoir plus puissant que la
meilleure des armées, plus puissant que le plus habile des
orateurs, plus puissant que la plus puissante des armes :
l’énergie Mako. Quel pays pouvait s’en passer à présent ?
La nation de Wutai, peut-être. Mais bientôt, elle
succomberait à l’avance irrésistible du SOLDAT, comme
les autres. La société implanterait alors ses réacteurs,
tout en supprimant progressivement les autres sources
d’énergie, et bientôt, l’occupation armée ne serait plus
nécessaire. Le pays serait totalement dépendant du Mako
et, de ce fait, de son unique fournisseur : la SHINRA. Que
la société coupe la production de ses réacteurs et le
monde entier basculerait dans le chaos. Oui. La SHINRA
était définitivement le pouvoir le plus formidable jamais
érigé dans toute l’histoire de l’humanité. Un pouvoir qui,
se disait Tseng, avait instauré un semblant d’ordre sur
cette Terre sans cesse divisée depuis l’aube des temps.
C’est pour cela qu’il avait rejoint la corporation.. Il avait
confiance en ses employeurs. Depuis son entrée dans le
corps des Turks, sa vie avait enfin pris un sens.

Pourquoi ces pensées lui revenait-elle en mémoire à ce
moment précis ?
Peut-être parce que, pour la première fois de sa vie, il se
trouvait au soixante-dixième étage du building SHINRA, le
saint des saints de la société. Peut-être parce que dans
quelques minutes, il allait rencontrer Heidegger, son chef
suprême..
Jamais le jeune homme ne s’était sentit aussi nerveux. La
bouche sèche, il rectifiait pour la cinquantième fois son
nœud de cravate. Discrètement, il leva les yeux vers ses
deux compagnons. Assis dans un fauteuil, Weiss essayait
d’allumer une cigarette, tentative rendue assez malaisée
par le tremblement de ses mains. Seul Rude semblait
parfaitement calme. Ce qui n’avait rien d’étonnant. Depuis
sa première rencontre avec lui, deux jours après son
entrée chez les Turks, Tseng ne l’avait pas entendu
prononcer plus de quatre mots d’affilée. Quant à ses
émois, il les exprimait tout au plus par un froncement de
sourcils, la plupart du temps dissimulé par ses lunettes
noires.

D’ordinaire, Heidegger ne s’adressait qu’à Weiss. Quelle
était la raison de ce changement ?

Le jeune homme n’eut pas l’occasion de s’interroger plus
longtemps. Silencieusement, la porte devant laquelle les
trois hommes patientaient glissa sur ses gonds, dévoilant
une femme entre deux âges qui, d’un signe du menton,
leur fit signe d’entrer. Après avoir traversé une première
pièce, ils pénétrèrent dans un bureau richement meublé.
Pour la première fois, Tseng vit le chef du maintien de
l’ordre public en personne. D’emblée, il le trouva tout à la
fois impressionnant et ridicule. Dans un costume vert et
or trop étroit pour lui, Heidegger dévisageait le petit
groupe. Il émettait en permanence un petit gloussement,
tandis qu’un tic le poussait à sourire, découvrant des
dents jaunâtres.

rambo-le-vrai
rambo-le-vrai
Niveau 6
07 janvier 2001 à 20:04:01

- Alors, Weiss, où en est l’affaire de la Cetra ?

L’homme remua nerveusement la tête avant de répondre
d’une voix à peine perceptible.

- Aucune nouvelle…

Avec une vivacité surprenante, Heidegger bondit hors de
son fauteuil et se précipita sur son interlocuteur. Il y eut
un claquement sec et Weiss se retrouva sur la moquette
en gémissant faiblement.

- Espèce d’imbécile !

Puis, sans la moindre raison, le chef du maintien de l’ordre
public éclata d’un rire strident. On eut dit un cheval qui
hennissait.

- Je vous assure que j’ai fait tout ce qui était en
mon pouvoir, monsieur, reprit le leader des Turks en
se relevant péniblement. La responsabilité en
incombe à Tseng que j’avais mis sur l’affaire.

Révolté, le jeune homme se tourna vers son supérieur qui,
tandis que Heidegger se dirigeait vers l’accusé, lui
adressa un sourire narquois tout en haussant les épaules.

- Alors c’est vous qui êtes chargé de cette enquête
? J’imagine que vous avez une bonne excuse ?

- Les… Les taudis sont immenses, monsieur,
répondit le Turk en tentant de conserver son
calme. Seul je ne peux pas faire grand chose…

Il ne put aller plus loin. Déjà, l’énorme poing d’Heidegger
s’était écrasé contre son visage, le projetant contre le
mur. Il y eut un temps de silence, tandis que, sans un
mot, Rude aidait son compagnon à se remettre d’aplomb.
Tseng reprit lentement sa place, le nez ensanglanté.

- Vous savez… reprit le chef du maintien de l’ordre
public. Vous n’avez pas tort, jeune homme. En fait,
c’est précisément la raison pour laquelle je vous ai
convoqué. Vous êtes les seuls Turks se trouvant à
Midgar en ce moment. Le Président vous laisse un
délai. Le projet qui l’occupe actuellement
nécessitera peut-être l’utilisation de la fille. Si
jamais c’est le cas et qu’elle n’est pas à notre…
disposition, vous en subirez les conséquences.
Est-ce clair ? Parfait. Rompez !

Le trio sortit, tandis que le hennissement d’Heidegger
résonnait une nouvelle fois derrière eux.

- Eh bien, fit Weiss une fois qu’ils furent
redescendus au rez-de-chaussée, ça ne s’est pas
trop mal passé après tout. Il aurait pu… il…

Les mots s’étranglèrent dans sa gorge tandis que, le
saisissant par le cou, Tseng le rivait contre un mur.

- Je n’oublierai jamais ça, espèce de salaud,
siffla-t-il, une lueur inquiétante dans ses yeux
noirs. Je te ferai payer !

Sans un mot de plus, il relâcha son étreinte et gagna
l’extérieur.

- Maman !

Son petit sac brinquebalant sur ses épaules, Aerith se
précipita vers Elmyra. D’un geste, celle-ci salua le vieux
Rudo avant de reprendre le chemin de sa maison.

- Alors, qu’est-ce que tu as appris aujourd’hui ?

Cela faisait maintenant trois semaines que la petite fille
suivait les cours de Rudo Temple. Le vieil homme était
une figure célèbre dans les taudis du secteur 5. On
racontait qu’il avait autrefois été professeur dans une
université de la ville haute. Mais, révolté par la misère des
taudis, il était descendu dans la ville basse pour apporter
un peu d’aide aux enfants défavorisés. Ayant bénéficié de
son enseignement, Elmyra avait décidé d’inscrire sa fille
adoptive aux cours du vieil homme. Aerith en avait été
enchantée. Elle faisait preuve d’une soif d’apprendre peu
commune, en demandant toujours plus à son professeur.
Ce jour-ci, comme tout les autres, elle commença à
résumer sa journée.

- M. Temple nous a expliqué les additions
aujourd’hui… Je n’y comprends rien ! Mais il a dit
que bientôt, il allait nous apprendre à lire !

A ce mot, le regard de la petite fille s’alluma. Depuis
toujours, elle voulait décrypter ces signes mystérieux que
les adultes utilisaient. Jusqu’ici, les pages du livre
d’Elmyra étaient couverts de glyphes que seule sa mère
adoptive pouvait déchiffrer. Que n’aurait-elle pas donné
pour en percer le secret ! Attendrie par le babillage de
l’enfant, la jeune femme passa la main dans ses cheveux
châtains.

Alors qu’elles s’engageaient dans la ruelle qui menaient à
leur quartier, Aerith se figea soudain.

- Elmyra, on peut continuer par là ?

Du doigt elle désignait la route qui menait aux limites de la
cité. La femme la regarda avec surprise.

- Pourquoi ? Il n’y a rien de très intéressant, là-bas,
tu sais…

- S’il te plaît… C’est très important !

- Mais pourquoi ?

- Je crois… Je crois que maman m’attend.

Incrédule, Elmyra lut sur le petit visage un sérieux qu’elle
connaissait bien.

- Très bien. Mais pas trop longtemps, d’accord ?

L’enfant hocha la tête, puis s’élança sur une route
délabrée. Sa mère la suivit d’un pas vif. Jamais Aerith
n’avait mis les pieds dans cette partie de Midgar.
Cependant, elle progressait sans la moindre hésitation, à
travers le labyrinthe de ruelles.

Après quelques minutes, le couple se retrouva devant une
vieille bâtisse délabrée. D’anciens souvenirs revinrent à la
jeune femme. Elle connaissait cet endroit ! Il s’agissait de
l’église du secteur cinq. Aussi loin qu’elle se souvienne, le
bâtiment n’avait jamais été utilisé. Un large trou dans sa
toiture montrait qu’il n’était de toute évidence guère
fréquenté. Sans plus attendre, Aerith poussa la porte du
temple. Celle-ci s’ouvrit avec un horrible grincement.
Contrairement à ce que pensait Elmyra, l’intérieur était
brillamment éclairé. La lumière tombait du plafond par la
brèche qu’elle avait aperçu de l’extérieur. Mis à part
quelques vieux bancs, la pièce ne comportait aucun
mobilier. Mais au milieu du rai lumineux, elle distingua…

- C’est impossible !

Mais si.

… elle vit un parterre de fleurs. On lui avait toujours
dit qu’il était impossible d’en faire pousser à Midgar.
Jamais encore la jeune femme n’en avait vu, ailleurs
que dans les livres ou à la télévision..

Les yeux brillants de joie, Aerith se retourna vers elle.

- Il faut que tu me laisses toute seule. S’il te plaît.

Cette fois-ci, Elmyra ne se fatigua pas à protester. Avec
un petit signe de la tête, elle sortit de l’église.

Dehors, une légère pluie s’était mise à tomber. Façon de
parler. Il ne pleuvait jamais vraiment dans la ville basse.
Ce n’était que l’eau qui était déjà tombée dans la ville
haute. Les gouttières diverses la conduisait droit
en-dessous, dans les taudis. Nul besoin d’égouts dans le
Midgar supérieur. Tous ses déchets retombaient en bas.
Cette pensée ulcérait la jeune femme. Ici, ils n’avaient
droit à rien. Même le soleil et la pluie n’étaient que les
résidus de cette maudite pizza, selon l’expression
consacrée. Elle aurait tant voulu offrir autre chose à
Aerith que cette vie misérable, durant laquelle elle ne
verrait jamais le véritable soleil. Un cri l’arracha à ses
pensées. Affolée, elle poussa précipitamment l’huis de la
porte. Agenouillée devant les fleurs, la petite fille leva
vers elle un visage radieux avant de se jeter dans ses
bras.

- Elle m’a dit tant de choses… Tellement… Viens, on
doit retourner à la maison !

C’est presque en courant que la femme et l’enfant
regagnèrent leur demeure. Arrivée devant celle-ci Elmyra
eut un hoquet de surprise. Les alentours de la maison
étaient maintenant recouverts de centaines de fleurs. Et
adossée à l’ingrat mur de pierre, une cascade dégringolait
avec un léger bruit.

- C’est mon cadeau d’anniversaire, murmura Aerith.
Elle m’a dit que c’était aujourd’hui. C’est beau, hein
?

Elmyra ne put qu’approuver.

- Elle sera toujours là, maintenant, continua la
petite fille.. On va être heureuses maintenant, hein
?

Mille pensées contradictoires agitaient sa protectrice. Qui
était cette enfant ? Pouvait-elle se permettre de garder
cette fillette avec elle ? N’aurait-elle pas mieux fait de ne
pas s’en décharger sur quelqu’un d’autre ?

Non.

Aerith n’était qu’une enfant comme les autres. Elle avait
besoin d’amour et de l’affection d’une mère. Souriant, elle
se tourna vers elle.

- On va être très heureuses, promis. Et maintenant,
si on allait manger un morceau ?

Un léger zéphyr faisait doucement tourner les grandes
éoliennes de Canyon Cosmo. La journée était belle. Les
habitants et les gens de passages vaquaient
tranquillement à leurs occupation. Hier encore, des
envoyés de Fort Condor étaient arrivés porteurs des
ressources dont la ville avait besoin. Sur la place
centrale, la grande foyer de Canyon Cosmo, la Bougie
Cosmo, luisait fièrement, tel un hommage à la sagesse
que renfermait la ville. Tout allait pour le mieux. Et
pourtant, une grande tristesse pesait sur Bugenhagen,
tandis qu’il contemplait son petit-fils, encore plongé dans
le sommeil.

Le vieil homme aurait tant voulu que Nanaki vive heureux,
en paix avec la Planète. Mais il était trop tard. Les jours
de la Terre étaient comptés à présent. Chaque nuit, il
l’entendait gémir, pleurer le bonheur perdu des premiers
âges. La folie de l’homme ne connaissait-elle aucune
limite ?

Le Sage de Canyon Cosmo n’était pas en colère. Il y avait
longtemps qu’il avait oublié ce sentiment, porteur
uniquement de malheur et de destruction. Il éprouvait
seulement un immense regret. Quel dommage. Quel
dommage pour les êtres à venir, les fleurs à naître, les
chansons à inventer. Tout allait bientôt disparaître. A
quoi bon continuer, désormais ?

Lentement, il gagna l’extrémité du promontoire sur lequel
était bâtit sa maison. Il resta longuement à contempler le
ciel que le soleil couchant tentait d’ocre et de pourpre. Le
sang versé au cours de ses innombrables guerres. Le
sang versé en ce moment dans l

StormUrza
StormUrza
Niveau 10
07 janvier 2001 à 20:05:21

elles sont vraiment cool tes histoires!C´est toi qui les inventes?

En tout cas je te soutient a fond et j´ai imprimé toutes tes histoires jusque la!

PS:Un conseil,fais toi un roman!

rambo-le-vrai
rambo-le-vrai
Niveau 6
07 janvier 2001 à 20:49:19

a région de Wutai… Et
maintenant, la planète aller se mettre à gémir, pour
Bugen seul, comme tout les jours. Il aurait tant voulu lui
prodiguer des paroles de réconfort. Mais comment ? Le
soleil avait presque complètement disparu. Attention…
Plus que quelques secondes…

- Mais ?

Ce qu’entendait le vieil homme à présent n’avait rien à
voir avec la plainte sourde qui résonnait d’ordinaire dans
tout son corps. Non. C’était un son bien différent. On eut
dit une sorte de rire, un rire faible et léger, comme celui
d’une personne malade qui vient d’apprendre une bonne
surprise. Ce rire monta en Bugen tel une source chaude,
réconfortant le corps usé par les années, mais aussi son
esprit tourmenté. Le sage eut l’impression qu’une flamme
aussi lumineuse que celle de la Bougie Cosmo venait
d’éclairer ses pensées. Une certitude lui vint.

Tout n’était pas perdu.

Regagnant sa demeure d’un pas léger, il s’aperçut que
Nanaki dormait toujours.

- Dors, petit guerrier, souffla-t-il. La planète choisit
ses protecteurs…

Le lieutenant Sephiroth ne dort pas. Comme à son
habitude. Allongé tout habillé sur son lit, les yeux grands
ouverts, il réfléchit à une rencontre qu’il a faite, deux
mois plus tôt. C’était dans le laboratoire de cet imbécile
d’Hojo qui l’avait convoqué pour une raison quelconque.
C’est là qu’il l’avait vu. Elle était très séduisante, avec
ses long cheveux bruns et ses grands yeux noirs. Mais
quand son regard avait croisé le sien, quelque chose
s’était produit. Il avait éprouvé quelque chose qu’il n’avait
jamais ressentit auparavant. Il l’avait identifié
immédiatement. Ce n’était pas de l’amour. Ce n’était pas
de l’admiration non plus.

C’était de la haine. Une haine pure, profonde,
incommensurable.
Un brasier ardent avait embrasé son âme. L’espace d’une
seconde, une seconde d’éternité, des milliers d’images
avaient défilées devant ses yeux. Des flammes, des
hommes et des femmes mutilés hurlant horriblement.
Immédiatement il avait su qu’il était le responsable de ce
massacre..

- Tous… Jusqu’au dernier ! Je les tuerais tous !

Ce spectacle l’avait remplit d’une joie sauvage. Rien à voir
avec la froide satisfaction qu’il éprouvait sur le champ de
bataille.

Depuis, une question tourmente le lieutenant Sephiroth.
Se levant, il ouvre la fenêtre de sa chambre, et regarde
les étoiles. Et il leur pose sa question.

- Pourquoi ?

rambo_le_vrai
rambo_le_vrai
Niveau 4
11 janvier 2001 à 22:17:11

Avant que la jeune fille n’ait eu le temps de
lancer son sortilège, un violent coup porté au bras lui fit
lâcher son poignard. Désarmée, elle tenta tant bien que
mal d’éviter les assauts des créatures. Sans grand
succès. Elle tomba à terre. Ses bras étaient à présent
lacérés d’hématomes et de plaies plus ou moins
profondes. La jeune fille sentait ses forces faiblir. Elle ne
pouvait pas mourir ! Pas comme ça, pas ici. Elle avait
encore tant à faire ! En désespoir de cause, elle puisa
dans ses ultimes ressources. Elle repensa à sa mère, à
Tseng-san, à Elmyra et Zack, à ses amis des Taudis.

Soudain, elle sentit une soudaine chaleur contre sa
paume. Une étrange lueur verte émanait à présent du
creux de sa main. La lumière grandit, puis parut se
condenser dans l’air. Quand elle disparut, Aerith tenait
contre elle, un long bâton blanc. L’objet émettait une
douce chaleur qui la réconforta. Se redressant, la jeune
fille fit tournoyer l’arme entre ses doigts. Venue de nulle
part, une brise chaude s’éleva sur le champ de bataille.
Le vent magique tournoya autour de Zack et d’Aerith
nimbant les deux jeunes gens d’une aura bleutée. Ceux-ci
sentirent leurs plaies se refermer et la douleur qui courait
dans leurs membres se calmer. Le soldat bondit sur ses
pieds et porta à l’un des monstres une puissante attaque
à la jambe. Trébuchant, la créature tenta de saisir le bras
de son adversaire. Il y eut un sifflement et la main de la
chose tomba sur le sol. Hurlant de douleur, il sembla
presque se jeter sur la lame de l’épée.

Aerith quant à elle faisait pleuvoir sur son assaillant une
pluie d’attaques. Elle manifestait dans le maniement de
son bâton un dextérité étonnante. Alors qu’à nouveau le
monstre s’apprêtait à charger, elle lui asséna un coup au
creux du ventre. Le souffle coupé, il se plia en deux. Le
bâton nacré vint s’abattre sur la nuque offerte. Un
craquement sec retentit et la créature s’écroula sur le
pavé.

D’un pas incertain, la jeune fille s’éloigna du corps. Tel un
zombie, elle se dirigea vers Zack puis se jeta contre lui,
en larmes.

- Non, chuchota-t-il. Regarde.

Très doucement, il la força à se retourner et à
contempler le champ de bataille.

- C’était lui ou toi.

- Mais… Il… Il est mort… Il a souffert…

- Oui. Mais si c’était à refaire, tu le referais, tu
m’entends ? Pour survivre, pour te protéger et
protéger ceux que tu aimes. C’est compris ?

Les joues baignées de larmes, Aerith acquiesça. Le jeune
soldat la serra contre elle avant de la repousser
lentement. A nouveau, il sortit son appareil de sa poche
et contacta son unité.

Quelques minutes plus tard, une petite troupe de soldats
arrivaient. A leur tête, un grand homme vêtu de noir eut
un rapide sourire en découvrant les cadavres des
créatures.

- Beau travail, Zack.

- Je vous remercie, commandant Sephiroth. Mais
sans cette jeune personne ici présente, je n’y
serais probablement pas arrivé…

L’homme tourna brièvement le regard vers Aerith. La
jeune fille eut l’impression qu’on venait de la poignarder
en pleine poitrine.

- Qui est-ce ? demanda Sephiroth, reportant son
attention sur Zack.

- Une habitante de ce quartier. Elle est restée
coincée dans un ascenseur quand nous avons
coupé le Mako dans cette partie du secteur. Elle
est arrivée ici juste à temps pour me prêter
main-forte.

- Eh bien, je suppose que je dois vous remercier au
nom de la SHINRA, mademoiselle, continua le
commandant en lui tendant la main.

Prise au piège, Aerith ne put que l’accepter. Leurs deux
paumes se touchèrent.

- Tu es…

- Je suis…

- Cetra…

- Non !

Cela ne dura qu’un instant. Ils se lâchèrent, chacun
détournant le visage. Alors que la jeune fille s’éloignait,
Sephiroth secoua la tête. Il avait déjà éprouvé une
sensation similaire. Mais où ?

Oh, oui !

Il y a dix-sept ans, dans le laboratoire d’Hojo.

Tandis que Zack la raccompagnait discrètement chez elle,
Aerith cherchait encore à comprendre ce qui s’était
passé.

- On se… reverra ? demanda-t-elle alors que les
deux jeunes gens arrivaient en vue des Taudis du
secteur cinq.

- Je te le promets. Je dois partir pour une mission
dans le monde extérieur avec le commandant
Sephiroth. Dès mon retour, je viens te voir,
d’accord ?

Souriant, Aerith lui adressa un petit signe de la main,
avant de s’enfoncer dans l’éternel brouillard commun, elle
le savait à présent, à la ville haute et à la ville basse. Elle
se retourna une dernière fois pour apercevoir Zack qui la
regardait s’éloigner. Souriant, les bras croisés sur la
poitrine, ses yeux azur brillant de leur merveilleux éclat.

Ce fut la dernière image qu’elle eut de lui.

C’est quand elle eut atteint l’église qu’Aerith comprit la
raison de la panique qui l’avait envahit quand elle avait vu
Sephiroth.

Ses yeux.

C’était ceux du monstre qu’elle avait combattu.

Frissonnante, elle poussa les portes de l’antique bâtisse.

- Maman ? Tu es là ?

Comme toujours, l’église était silencieuse, mis à part,
peut-être, l’écho de la respiration de la jeune fille contre
les vieux murs de pierre.

- Maman ?

- Je suis toujours avec toi, Aerith…

- Alors… Tu as vu ?

- Oui.

- Qui est-ce ? Pourquoi… Pourquoi ?

Un léger souffle d’air fit doucement ployer les tiges du
parterre de fleurs.

- Je ne peux pas… Pas pour le moment.

- Mais que dois-je faire ?

- Midgar est en danger, Aerith. Tu dois quitter
cette ville, et trouver ta Terre Promise…

- La Terre Promise ?

- Va, Aerith… C’est maintenant que ton destin se
joue. Je t’aime ma fille. Je t’aime.

Troublée, la jeune fille reprit sa route vers sa demeure.
Quand Elmyra la pris dans ses bras, lui demandant ce qui
s’était passé, Aerith en pleura presque de soulagement.
Plus rien. Elle ne voulait plus rien d’autre que vivre sa vie
de marchande de fleurs des Taudis.

Et pendant cinq ans, il sembla bien que son vœu avait
été exaucé.

Pour la première fois de sa vie, Tseng se vit entrer dans
la fameuse salle de réunion du soixante-huitième étage du
bâtiment SHINRA. Cette pièce était d’ordinaire réservée à
la cellule d’urgence de la société, composée de ses sept
dirigeants principaux.

- Ah, Tseng, vous voilà enfin ! Je vous en prie,
entrez donc et prenez place !

Légèrement estomaqué, le chef des Turks hocha la tête à
l’adresse des personnes déjà présentes et s’assit dans le
fauteuil qu’on lui indiquait. Jamais le Président ne s’était
adressé à lui de la sorte. En l’examinant plus
attentivement, le jeune homme discerna quelques subtiles
modifications dans son comportement. Le visage
d’habitude austère du directeur était illuminé d’un léger
sourire et il ne cessait de frotter ses mains l’une contre
l’autre.

- Je suppose qu’il serait utile de vous présenter
rapidement mon bureau, continua le Président à
l’adresse de Tseng. Après tout, vous êtes plus
souvent sur le terrain qu’ici. Ce qui est tout à votre
honneur, bien entendu ! Vous connaissez déjà
Heidegger… Voici Reeve, directeur du
développement urbain…

Un homme vêtu d’un costume strict lui adressa un bref
signe de tête. Ses manières franches et directes plurent
d’emblée à Tseng.

- … Palmer, du programme spatial…

Il courait dans les bureaux de la SHINRA toutes sortes de
plaisanteries plus ou moins douteuses sur Arvin Palmer. Le
jeune homme compris enfin pourquoi. Même si il se
refusait à juger sur les apparences, on pouvait se
demander comment un tel homme était parvenu à se
hisser si haut dans la société. Petit, replet, Palmer
sautillait sur son fauteuil d’une manière absolument
ridicule, la bouche entrebâillée.

- … Scarlet, responsable de l’arsenal de notre
compagnie… Elle est fonction depuis deux
semaines…

Le geste de la main qu’eu le Président était tout à fait
inutile. Scarlet était non seulement la seule femme
présente dans la salle mais, de plus, sa tenue ne pouvait
qu’attirer l’attention. Tseng n’avait rien d’un pudibond
mais la coupe de la robe que portait la jeune femme lui
parut plus que suggestive. Rougissant légèrement, il émit
un bonjour à peine audible. Scarlet lui adressa un large
sourire. Tout à fait le genre de sourire qu’aurait un dragon
vert avant de vous dévorer, songea le chef des Turks.

- … Et enfin, mon fils Rufus, vice-président de la
compagnie.

L’héritier de l’empire SHINRA daigna à peine poser le
regard sur Tseng. Regard froid et calculateur, mâchoire
volontaire, attitude assurée. Nul doute que le Président
n’avait pas de soucis à faire pour l’avenir de son
entreprise.

- Le professeur Hojo s’excuse mais un travail
pressant l’a retenu. Vous le connaissez je crois ?
Parfait. Nous allons pouvoir passer à l’objet de
cette réunion.

Le Président eut un geste de la main et les lumières de la
pièce s’éteignirent. Puis, il y eut un déclic et une large
portion du mur s’illumina. On pouvait y voir un
gigantesque planisphère qui représentait l’ensemble de la
planète. La carte présentait en divers endroit plusieurs
taches de couleur, variant du bleu roi au gris foncé.

- Mademoiselle, messieurs, ceci représente
l’ensemble des ressources Mako de la planète.
Comme vous le savez tous, nous avons choisi de
nous implanter à Midgar en raison de l’incroyable
potentiel qu’elle recelait. Aujourd’hui encore, les
réserves de Mako de cette ville restent
phénoménales. D’après les études, elles devraient
encore durer près d’un siècle. Mais nous nous
devons de penser au futur. La SHINRA peut encore
accomplir de grandes choses ! Connaissez-vous la
légende de la Terre Promise ? Selon les récits, il
s’agit du Paradis que recherchaient les Anciens.
Une terre incroyablement riche et fertile. Fertile. Ce
qui implique donc…

- … De grandes réserves de Mako, compléta Rufus
d’une voix morne.

Tseng ne pensait pas qu’il y exista au monde un rire plus
éprouvant pour les nerfs que celui d’Heidegger. Le bruit
insupportable qui s’éleva dans la salle lui prouva qu’il
s’était trompé. Renversée su

rambo_le_vrai
rambo_le_vrai
Niveau 4
11 janvier 2001 à 22:21:59

r son siège, Scarlet était en
proie à un violent fou rire.

- Kyahaha ! Allons Président ! Ne me dites pas que
vous allez fonder l’avenir de la SHINRA sur de
simples légendes !

Le sourire du Président s’élargit.

- Ma chère Scarlet, bien avant votre naissance, les
professeurs Gast et Hojo ont entamé un projet
nommé Jénova. Les conclusions qu’il en ont tiré
laissent à penser que cette histoire de Terre
Promise est plus qu’un mythe. Et maintenant…

La carte disparut du mur, laissant place à la
représentation d’une gigantesque ville. L’image était
proprement incroyable. On eut dit Midgar, agrandie plus
de dix fois.

- Néo-Midgar, annonça le Président, dont la voix
monta d’un ton. Vingt-quatre secteurs différents
tous éclairés chauffés, alimentés grâce à l’énergie
Mako de l’endroit où elle sera implantée : la Terre
Promise. Contemplez mes amis, l’avenir de la
SHINRA ! Tseng !

Totalement hypnotisé par le spectacle, le jeune homme
sursauta.

- Monsieur ?

- Ce projet va nous occuper pour les dix prochaines
années. Et il se pourrait que la fille de cette Cetra
que nous avions capturé nous soit utile. Après tout,
son peuple en savait long sur la Terre Promise. Le
jour ou nous en aurons besoin… J’exige que vous
nous la rameniez à l’instant. Très bien. Voilà ce que
je voulais vous dire. Au travail mademoiselle et
messieurs, au travail ! Le monde nous attend !

Durant toute ses années, la loyauté de Tseng envers la
SHINRA n’avait fait que se renforcer. Mais, en quittant la
salle de réunion, il contempla une dernière fois
Néo-Midgar et ne put s’empêcher de frissonner.

Etait-ce cela l’avenir du monde ?

Parfois, dans cette nuit qui était pire que la mort, des
bribes de conscience remontaient à la surface de l’esprit
torturé de Vincent. Ces moments-là dépassaient en
souffrance tout ce que le Turk avait connu jusqu’alors.

Et voici qu’à nouveau, son cerveau engourdit se remettait
en activité.

- Non… S’il te plaît… Ne pense pas… Laisse-moi
dormir… Je t’en supplie…

Mais ces supplications même provenaient de ce cerveau
que Vincent aurait tant voulu voir endormi. Sa main droite
se referma sur le revolver qui reposait contre sa cuisse.
Même après toutes ces années, il était sûr que l’arme
fonctionnait encore. L’étroitesse du cercueil l’empêchait
d’en faire usage. C’était cela l’ultime supplice, une torture
que seul la cervelle malade d’Hojo était capable de créer.
Sa délivrance était à portée de la main mais il ne pouvait
l’atteindre.

- Mais… Je le mérite…

Un supplice, vraiment ? Et celui que, par sa faute,
Lucrecia avait enduré ? Soumise à cette kyrielle
d’expériences ignobles, forcée de faire de son enfant un
cobaye de la SHINRA, sous prétexte qu’il appartenait
également à son père, Hojo…

Pauvre et merveilleuse Lucrecia. Il avait été faible. Il
n’avait pas su la protéger, il n’avait pas osé. Ou était-elle
à présent ? Et son fils, Sephiroth ? Qu’était-il devenu,
petit être sans cesse irradié au Jenova ? Vivait-il encore
?

- Et j’aurais pu l’empêcher.

Cette seule pensée le rendait fou.

Vincent eut la tentation de retenir sa respiration jusqu´à
mourir d’asphyxie. On lui avait appris cette technique
chez les Turks, dans les cas désespérés. Existait-il un cas
plus désespéré que le sien ?

Tout à coup, il eut honte. Etait-ce cet être faible que
Lucrecia avait connu et aimé en secret ? Non. C’était
l’homme brillant et courageux qui l’avait rassuré, qui lui
avait tenu la main jusqu’à ce que l’irréparable se produise.
Une fois encore, son merveilleux visage lui apparut. La
peau laiteuse, le petit nez pointu, les grands yeux bruns
qui le fixait toujours avec une sorte de sérénité résignée.

En souvenir de ce visage, en souvenir de cette femme, il
s’accrocherait à la vie, tant qu’il resterait un espoir. Tout
n’était pas fini. La roue pouvait encore tourner et
peut-être qu’à ce moment le destin aurait à nouveau
besoin de lui. Lentement, son corps se détendit. Et les
ténèbres miséricordieuses redescendirent sur sa
conscience.

rambo_le_vrai
rambo_le_vrai
Niveau 4
12 janvier 2001 à 09:33:44

franchementla V_Master13 je trouve que tu chipote un peu (beaucoup) mais bon il faut l´avis de tout le monde
la j´ai eu l´avis d´un chipoteur (sans vouloir te vexer)
allez je vous mets la suite

rambo_le_vrai
rambo_le_vrai
Niveau 4
12 janvier 2001 à 11:11:46

- Et que veux-tu faire ? demanda Reno. Tu nous voit bosser dans les champs ou à la reconstruction de centrales solaires ?

- En tout cas ce n’est pas en restant plantés là que les choses vont s’améliorer. Debout !
On se bouge !

Défroissant son costume sombre, Elena se leva. Les trois Turks se rendirent tout d’abord à l’hôtel et y récupérèrent leurs bagages.

- Est-ce que quelqu’un a une idée sur l’endroit où on pourrait aller ? demanda la jeune femme une fois qu’ils eurent quitté Junon.

- Tu sais, j’ai peut-être eu tort en disant que Midgar n’existait plus, commença Reno. Cette foutue caillasse a détruit toute la ville haute mais…
Mais ce truc vert l’a stoppé avant qu’il n’atteigne les Taudis. J’ai entendu dire que c’est là tout les survivants de la ville haute se sont réfugiés. Ca vaudrait peut-être le coup d’aller y faire un tour, non ?

- En tout cas, je n’ai pas de meilleur idée…
Rude ?

Le Turks acquiesça d’un signe de tête. Pleins d’une résolution nouvelle, les trois amis se remirent en route.

La chute du météore avait au moins eu un avantage : effrayés, la plupart des monstres avaient fuit le continent. Seuls subsistaient quelques loups squelettiques et ça et là, une bande de brigands, la plupart du temps de pauvres gens poussés par la faim, qu’une démonstration un peu spectaculaire des techniques Turks suffisait à mettre en déroute. Mis à part ces quelques incidents, le voyage se déroula sans problème majeur.

La soir s’avançant, le petit groupe décida de s’abriter pour la nuit. Ils n’avaient pas encore atteint les mines de Mythril et, étant donné ce que la SHINRA leur avait fait, il était hors de question de demander refuge aux habitants de Fort Condor.

- Eh bien on est bon pour camper dans la forêt, soupira un Reno épuisé. De toute façon si on ne s’arrête pas tout de suite, je vais crever sur place.

Avisant un petit bois à quelques centaines de mètres de là, Elena y conduisit son équipe. Une fois sur les lieux, les deux hommes improvisèrent à grand-peine une sorte de cabane en bois. Ce n’est qu’à ce moment que la jeune femme se rendit compte que, dans son enthousiasme, elle avait totalement oublié de se procurer du ravitaillement. Il n’y avait pas trente-six solutions. La chasse au gibier s’imposait. Prenant soin de baliser sa route, elle s’enfonça plus profondément dans la forêt. Brusquement, un sifflement aigu lui fit tourner la tête. La Turk n’eut que le temps de distinguer une masse sombre foncer sur elle avant de se jeter à terre. Se relevant d’un mouvement souple, elle se précipita sur son agresseur. Il s’agissait d’une sorte de grand oiseau bleu qui planait silencieusement sous la futaie. Il ne fallut guère à Elena que quelques coups bien placés pour s’en débarrasser. Avec une sorte de soupir, la bête glissa sur le sol Sa chair avait l’air tout à fait comestible si l’on exceptait son inquiétante couleur bleue.

Alors que la jeune femme s’apprêtait à dépecer la bête, elle se figea, tout ses sens en alerte. Bien entendu, l’air résonnait des sons dont la forêt s’emplissait dès le déclin du jour, mais l’instinct Turks d’Elena lui soufflait que l’un de ses bruits n’avait pas sa place ici. Tendant l’oreille, elle finit par trouver ce qu’elle cherchait. A quelques mètres d’elle, quelqu’un était en train de pleurer. Elle ne pouvait s’y tromper. Silencieuse comme une ombre elle s’approcha de la source des gémissement. Au pied d’un arbre énorme, quelqu’un était recroquevillée. Quelqu’un que la jeune femme connaissait. Celle-ci ne put retenir un cri de surprise.

- Yuffie !

La ninja leva vers elle un regard baigné de
larmes.

- Aidez-moi, souffla-t-elle d’une voix à peine audible.

- Qu’est-ce qui t’arrive ?

Se rapprochant Elena constata que la jeune fille était sérieusement blessée en plusieurs endroits.

- Bon sang ! Qu’est-ce qui t’es arrivé ?

Son interlocutrice n’était visiblement pas en état de répondre. Envoyant ses dernières bribes de rancœur au diable, la Turk tenta de relever la blessée. Claudiquant, Yuffie parvint à se mettre debout.

- Tiens bon. Notre camp n’est pas très loin

Péniblement, les deux jeunes filles se mirent en route. Le retour fut une véritable torture pour Elena, qui soutenait sa protégée tout en traînant sa prise derrière elle. Elle devinait que l’épreuve devait être tout aussi pénible pour sa compagne et se maudit d’avoir laissé ses matérias curatives au campement. Elles cheminèrent toutes deux dans un lourd silence. Des milliers de questions brûlaient les lèvres de la Turk mais, pour le moment, le plus important était de soigner Yuffie au plus vite. Sans cela, il y avait peu de chance qu’Elena comprenne un jour ce qui s’était passé.

Elles furent accueillies par un Reno totalement ébahi. Lui intimant le silence d’un geste impérieux, Elena commença par installer la ninja dans la cabane. Epuisée par les efforts qu’elle venait de fournir, celle-ci s’endormit aussitôt.

- Elena ? fit Rude alors que son amie venait s’installer auprès du feu que Reno avait allumé. Pourrait-on savoir… ?

En quelques mots, elle lui résuma ce qu’il s’était passé. Reno, qui les avaient rejoint, eut un petit sifflement.

- Bizarre… Tu crois qu’elle va s’en sortir ?

- J’ai incanté les sorts de guérison les plus puissants que je connaissais. Elle devrait être sur pied dès demain. On verra bien ce qu’elle a à nous raconter. En attendant, je suggère que l’on fasse comme elle… Allez vous coucher, je prends le premier tour de garde.

La tête bourdonnante, Yuffie ouvrit péniblement les yeux. Devant elle une forme sombre se mit en mouvement, émettant des sons que son cerveau engourdi ne parvenait pas à décrypter. Après d’interminables secondes, ses sens se remirent à fonctionner normalement. Les événements de la veille lui revenant en mémoire, le premier réflexe de la ninja fut de se plaquer contre la paroi de la cabane, tel un animal apeuré.

- Eh du calme ! lança Reno qui venait de faire signe à ses compagnons d’entrer. Ne t’appuie pas comme ça contre ce mur, il est fragile.

- Qu’est… ce que vous voulez ?

- Drôle de question, rétorqua Elena. Ce n’est pas toi que j’ai trouvé hier, me suppliant de t’aider ?

- Oui… Je… J’avais peur… Mais… vous êtes de la SHINRA et puis… vous avez essayé de nous tuer…

- Laisse tomber, soupira Reno. Au cas où tu ne serais pas encore au courant, il n’y a plus de SHINRA. On est au chômage, maintenant. Si on a essayé de vous tuer, c’était par obligation. Et puis… nous avons encore une dette envers vous… (d’un geste, il désigna Elena) Maintenant, si tu refuses d’avoir confiance en nous…

Haussant son épaule valide, il se détourna.

- Attendez !

Se redressant, Yuffie considérait les trois compagnons en se dandinant d’un pied sur l’autre.

- J’ai vraiment besoin d’aide. S’il vous plaît.

- Sortons, dit Rude. Tu nous expliqueras tout ça dehors. Ce truc risque de s’effondrer d’une minute à l’autre et je ne tiens pas à me prendre le toit sur la tête.

Une fois dehors, Yuffie s’étira longuement, fit quelques pas dans l’herbe humide, puis,brusquement se laissa tomber à terre, le visage dans les mains.

- Vous devez m’aider, articula-t-elle entre le rempart de ses doigts. Clad… Et les autres… Ils ont des ennuis

- Je m’en serais douté ! ricana Reno. Alors ? Qu’arrive-t-il encore à nos glorieux héros ?

A nouveau, la jeune fille se leva et se mit à
arpenter le campement.

- Ca a commencé il y a deux semaines, fit-elle, pesant soigneusement chacun de ses mots. Après ce que nous venions de vivre, nous avions tous besoin de repos. Bien sûr, nous sommes tous resté en contact par PHS… C’est comme ça qu’on s’est rendus compte que quelque chose clochait. Un soir, Clad n’a pas répondu à mon appel. D’abord, je ne me suis pas alarmée, mais, pendant trois jours, il m’a été impossible de le joindre. Et puis j’ai reçu un message de Cid, me disant qu’il avait le même problème. Finalement, je me suis rendue à Mideel où il s’est installé avec Tifa. Impossible de le trouver. Ses voisins ne s’étaient même pas aperçu de son départ. Je suis entrée chez lui… et là… On aurait dit qu’on s’était battu. Tout était sans dessus dessous. Sur le lit, il y avait une tache de sang. Et là… planté dans le matelas… Un katana… Le même que… que celui de…

Elle s’interrompit, à nouveau au bord des larmes.

- Le même que celui de qui ?

La question venait de Rude. Ses deux compagnons posèrent sur lui un regard affligé.

- Hum… Et après ? demanda doucement Elena.

- J’ai immédiatement appelé tout le monde pour les mettre en garde. On a retourné tout le pays pour retrouver Clad et Tifa. Sans effet. Je suis retournée à Wutai. En apprenant ce qui s’était passé, Papa a fait placer ses quatre meilleurs guerriers à la porte de ma chambre. J’avais interdiction formelle de sortir de chez moi jusqu’à ce qu’on en sache plus sur toute cette histoire.

- Et ensuite ?

- Ensuite trois jours plus tard, c’est Reeve qui a disparu. Barret nous a prévenu… Avant qu’on perde toute trace de lui aussi. Puis, ça a été au tour de Cid… Même Shera qui loge chez lui n’a rien entendu… et à chaque fois, la même mise en scène… le sang et le katana.

- Je suppose qu’ils ont finit par s’en prendre à toi…

- Oui, avant-hier. Je n’arrivais pas à m’endormir. Brusquement, j’ai vu quelque chose s’approcher de moi. Heureusement, je garde toujours une arme à portée. Je l’ai prise. En me voyant bouger, ce… cette chose s’est jetée sur moi. Elle devait être nyctalope, elle m’a sérieusement touché. Mais en fin de compte, j’ai réussi à la blesser. J’en ai profité pour m’enfuir. J’ai pris un petit bateau à moteur dans le port et je suis partie, droit devant moi, jusqu’à ce que ce rafiot tombe en rade. Mais j’avais encore le sentiment d’être suivie… J’ai continué aussi loin que je pouvais… C’est là que vous m’avez trouvé… Je sais que je n’aurais pas du paniquer mais… Enfin voilà comment ça s’est passé. Je crois… Je crois que Sephiroth est vivant !

Pensive, Elena triturait machinalement l’une de ses mèches blondes signe chez elle, Reno le savait, d’une intense réflexion.

- J’ai quelques questions à te poser… Tout d’abord, tu as utilisé le mot « chose » pour décrire ton agresseur de l’autre nuit. Pourquoi ?

- Ce n’était pas un humain, ça j’en suis sûre ! Il avait une façon de se déplacer… de respirer…

- Bien… Ensuite, comment sais-tu que c’est Sephiroth qui est derrière tout ça ?

- Je ne sais pas. J’en suis sûre,c’est tout ! Clad ne l’a pas vaincu. Et maintenant… (elle baissa la voix) maintenant, il veut se venger de nous.

- Yuffie calme-toi. A supposer qu’il s’agisse vraiment de Sephiroth…

- … C’est Sephiroth.

- A supposer qu’il s’agisse de Sephiroth, reprit Elena en martelant ces derniers mots, nous devons faire notre possible pour protéger tes amis qui n’ont pas encore été assass… enlevés. Il reste encore ce grand type bizarre et l’espèce de tigre, c’est ça ?

- Vincent et Red XIII, c’est ça.

- Où habitent-ils ?

- Red XIII est rentré chez lui, à Canyon Cosmo et Vincent est retourné à Nibelheim. Depuis que ces agressions ont commencé, il fait des recherches dans le manoir SHINRA.

Reno s’étira, faisant craquer ses articulations ankylosés. Il avait au coin des lèvres ce sourire triomphant qu’il arborait toujours à l’annonce d’une mission

- Parfait ! Enfin un peu d’action ! Par où on commence ?

- Canyon Cosmo est sur le chemin de Nibelheim, marmonna Elena comme pour elle-même. Et puis, peut-être trouverons-nous des renseignements sur la façon dont Sephiroth s’y est pris pour survivre. En tout cas, si on ne peut pas nous renseigner là-bas, je ne vois pas qui le pourra. Alors c’est d’accord ?En route pour Canyon Cosmo ?

Les trois autres hochèrent la tête.

Le voyage vers le continent d’Eriek se passa sans le moindre problème… si ce n’est que le compte en banque des trois Turks était à présent au plus bas. Cependant, la petite fortune de Yuffie parviendrait sans le moindre problème à subvenir aux besoins de l’équipe. Au contact de ses nouveaux amis, celle-ci sembla peu à peu regagner sa bonne humeur habituelle, acceptant même, sur le cargo qui les emmenaient à destination, de leur faire le récit de ce qui s’était passé depuis leur dernière rencontre.

- … C’est là que je suis intervenue ! s’exclama-t-elle, mimant un combat. Clad était à terre et Barret ne valait pas mieux. Un sort Ultima ! Boum ! Et un sort de résurrection ! Paf ! Et pour finir, un grand coup de mon Conformiste dans les dents ! Ah, il ne l’a pas vu venir le Sephiroth ! Et ensuite…

Brusquement, la jeune ninja arrêta son massacre d’un Sephiroth imaginaire tandis que son visage prenait une teinte verte déconcertante.

- Je… Je crois que je vais vous raconter la fin quand on sera à terre.

Sur ces mots, elle se précipita en direction du pont où les Turks la retrouvèrent affalée au bastingage.

- Yuffie, commença Reno une fois que son interlocutrice eut finit de rendre tripes et boyaux. J’ai quelque chose à te demander.

- Vas-y… J’espère que ce n’est pas trop long…

rambo_le_vrai
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Niveau 4
12 janvier 2001 à 11:16:01

- Tu nous a expliqué comment vous avez tué Sephiroth. Très bien. Mais comment avez-vous arrêté le météore lui-même ? Tout les récits racontent la même chose : une sorte de rayon vert l’a désintégré. Qu’est-ce que c’était ?

- Même Clad n’a pas très bien compris ce qui s’est passé. Je ne sais pas si vous vous rappelez d’Aerith… la marchande de fleurs.

Un tic nerveux releva la lèvre supérieure d’Elena. Si elle se souvenait d’Aerith ! Cette petite Cetra idiote dont Tseng était amoureux ! Elle avait presque été heureuse en apprenant sa mort. Après tout, sans elle, la route de Sephiroth n’aurait jamais croisé celle de son chef…

- Oui, et alors ? fit-elle, abrupte.

- Grâce à ses pouvoirs, elle avait invoqué la magie du Sacre, censée protéger la planète, répondit Yuffie, surprise par le ton tranchant de la jeune femme. Mais le sort s’est déclenché trop tard. Le météore était trop près de la terre. On a bien cru que tout était fichu. C’est alors que.. que c’est apparu.

- Mais qu’est-ce que c’était ?

- La Rivière de la Vie…

- Qu’est-ce que tu racontes ? s’écria Reno. Comment la Rivière de Vie aurait-elle pu faire… faire ce qu’on a vu ?

Yuffie haussa les épaules.

- Je n’en sais rien ! C’est ce que Clad nous a dit. Et aujourd’hui on est vivant, c’est ce qui compte non ?

Sur cette dernière déclaration, l’estomac de la jeune fille se mit en tête de remonter dans la gorge de sa propriétaire, la forçant à interrompre la discussion. Quelques heures plus tard, le bateau accostait à Costa Del Sol, la célèbre station balnéaire. Ici comme ailleurs, la chute de la SHINRA se faisait cruellement ressentir. De nombreux hôtels affichaient un avis de fermeture et les étalages des boutiques étaient pour la plupart anormalement vides.

- Il n’y a pas à dire, lança Rude avec ironie, vous avez fait du beau travail les gars ! Cette ville était un vrai paradis, avant !

Yuffie eut un doux sourire.

- Tu aurais sans doute préféré recevoir un bout de météore sur la tête ou être assimilé par l’entité que Sephiroth serait devenue ?

- Ca suffit, vous deux, soupira Elena. La soirée est déjà bien avancée. Nous ferions bien de trouver un hôtel encore ouvert et de nous coucher. J’aimerais que nous partions le plus tôt possible demain.

Fort heureusement, l’auberge ou Yuffie avait déjà logé lors de son périple n’avait pas fermé et deux chambres étaient encore disponibles. Après une rapide collation, le petit groupe alla se coucher.

Yuffie et Elena partageait la même chambre. Après avoir discuté quelques minutes de l’itinéraire à suivre, elles s’apprêtèrentà s’endormir. Alors que la ninja ôtait son débardeur, un détail attira l’attention de la Turk.

- Yuffie ? Qu’est-ce que c’est que cette marque ?

- Une marque ? Où ça ? demanda son interlocutrice, baillant à se décrocher la mâchoire.

- Là, juste là. On dirait un tatouage…

Se contorsionnant de son mieux, la jeune fille finit par apercevoir ce que lui montrait son amie et poussa un cri aigu. S’étalant sur toute l’omoplate, un large V semblait avoir été gravé au fer rouge.

Yuffie ne parvenait pas à fermer l’œil. La cause de son insomnie était bien évidemment le mystérieux signe dont on l’avait marqué. Elle connaissait ces symboles. Au cours de leur quête, Clad et les autres avaient rencontrés plusieurs hommes marqués d’un chiffre romain, comme celui dont on l’avait marqué, elle ne savait comment. Il s’était avéré que ces êtres étaient tous des clones de leur ennemi Sephiroth, des expériences du professeur Hojo, qui espérait créer une véritable armée de ces soldats parfaits dont Sephiroth n’était que le prototype. Cependant, tout ces clones s’étaient avérés des créatures amorphes et totalement stupides. Pourquoi et comment lui avait-on apposé ce tatouage ? Cela avait-il un rapport avec sa récente agression ? Qu’était devenu ses amis ? Arriverait-elle à temps pour protéger Red XIII et Vincent ? Toutes ces questions tournaient dans son esprit comme des écureuils en cage. Finalement, l’épuisement eut raison de la jeune fille qui sombra dans un sommeil sans rêves.

Des cris réveillèrent Elena. Alarmée, la jeune fille courut à la fenêtre. Essuyant la crasse qui la recouvrait, elle aperçut un petit homme bedonnant en train de s’arracher le peu de cheveux qu’il lui restait sur le crâne. A ses côtés, un officier de sécurité était en train de noter sa déposition.

- … Ca a du se passer cette nuit ! clamait l’homme d’une voix aiguë. J’ouvre mon magasin ce matin et… pffuit ! Plus rien ! Plus une seule materia ! Je ne sais pas qui a fait le coup mais je vous jure que si je le retrouve…

C’est à ce moment que la porte de la chambre s’ouvrit, révélant une Yuffie radieuse. D’un geste, Elena désigna la scène qui se déroulait dans la rue.

- Yuffie…

Souriant, la jeune fille ouvrit la main, révélant quelques billes de verre coloré. Elena leva les yeux au plafond, remarquant par-là même qu’elle avait passé la nuit au dessous d’un nid de cafards.

- Nous ne sommes pas censés passer inaperçus ? Les Turks n’ont plus la moindre autorité nulle part. Si tu finis en prison, on ne pourra pas t’en tirer.

La voleuse haussa les épaules.

- Je n’ai besoin de l’aide de personne, ne t’en fais pas ! Je ne me suis jamais fait prendre !

- Jamais ? Pourtant il me semble qu’il n’y a pas si longtemps, à Wutai…

Les oreilles de Yuffie virèrent au rouge pivoine.

- Ca va ! maugréa-t-elle. Si ce gros porc de Cornéo ne s’en était pas mêlé…

Elena baissa la tête pour dissimuler un sourire. Son amie semblait reprendre peu à peu du poil de la bête. Lui envoyant une bourrade amicale, elle l’invita à descendre déjeuner. Les deux jeunes femmes n’avaient pas plus tôt entamé leur café que Reno pénétra dans la salle à manger, la mine réjouie.

- Rude a réussi à louer un buggy. Avec ça, on va pouvoir atteindre Canyon Cosmo sans le moindre problème ! Venez voir la bête !

Les forçant à écourter leur repas, il les entraîna aux abord de la ville où Rude patientait devant le véhicule. Le voyant, Elena ne put se retenir d’éclater de rire tandis que Yuffie s’écriait :

- Vous m’avez fait interrompre mon petit déjeuner pour… pour… pour ça ?

Il est vrai que le buggy auquel était accoudé le Turk n’avait strictement rien à voir avec celui que Dio avait jadis offert à Clad. Troué comme une passoire, le véhicule dont le moteur avait été mis en marche vibrait d’une façon qui laissait à penser qu’il allait tomber en pièces à tout moment. Une abominable odeur de brûlé se dégageait de ses entrailles et le bruit qu’il produisait était au moins égal à celui des quatre réacteurs du Hauvent. Reno haussa les épaules.

- Bien sûr, ce n’est pas un véhicule à Mako. Mais si vous avez mieux à proposer, mesdemoiselles, je suis ouvert à toutes les propositions…

- Mais non, espèce d’idiot ! fit Elena, toujours riant. Allez, en route !

Sans plus attendre, le petit groupe embarqua dans l’infernal engin. Si l’on exceptait les désagréments liés au buggy lui-même, le voyage se déroula relativement bien. C’est au cours des nombreuses agressions dont les quatre amis furent victimes que les Turks purent se rendre compte de l’impeccable maîtrise de Yuffie dans les arts du combat. La rapidité et la précision de ses mouvements était phénoménale. Son chakram fendait les lignes ennemies, ravageant tout sur son passage. Après une journée de voyage, l’expédition s’engagea sur un vaste plateau montagneux. Peu de temps après, les larges radars de Canyon Cosmo se découpèrent dans le ciel pourpre. A leur arrivée, quelque chose frappa Yuffie. Elle mit un moment avant de se rendre compte de quoi il s’agissait.

- Vous avez vu ?

- Quoi donc ?

- La Bougie Cosmo ! Elle est éteinte !

De fait, le foyer qui, selon la légende, brillait depuis la fondation de la ville, était à présent réduit à un petit tas de cendres.

- Ca n’est pas normal ! Il s’est passé quelque chose !

Avisant l’un des gardes du village, la jeune fille courut vers lui. La reconnaissant, l’homme eut un sourire las.

- Tu es revenue… trop tard, hélas.

- Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi la Bougie est-elle éteinte ? Où est Nanaki ?

- Je suis navrée de te l’apprendre, mais les ennuis t’ont précédé…

- Qu’est-ce que tu racontes ?

- Nanaki… Il a disparu. Le vieil Hago est entré dans sa chambre ce matin… Il ne l’a trouvé nulle part. Mais… Venez voir…

D’un pas vif, l’homme conduisit ses visiteurs dans ce qui avait été la maison de Bugenhagen. Trois gardes étaient en faction devant sa porte. Le guide du groupe leur fit signe de s’écarter et entra dans la maison.

- Voilà comment on a trouvé l’endroit… Je suis navré. C’est quand nous sommes entrés ici que la Bougie a cessé de briller…

Prise d’un horrible pressentiment, Yuffie détourna le regard. La voix de Rude s’éleva dans le silence oppressant de la chambre.

- Désolé… trop tard.

La jeune fille leva la tête. Comme elle s’y attendait, un katana baignant dans le sang était fiché dans le sol.

Derrière les quatre compagnons silencieux, un raclement de gorge s’éleva. Dans l’embrasure de la porte, un vieil homme aux cheveux d’un blanc de neige les observait. Se dirigeant vers Yuffie, il la prit délicatement par l’épaule.

- Vieil Hago… murmura la jeune fille.

- Je suis navré… La disparition de Nanaki est un rude coup pour nous aussi. Il est le dernier de la lignée des gardiens
de Canyon Cosmo.

- Comment est-ce arrivé ? souffla l’autre.

- Je ne sais pas. Mais Nanaki l’avait prévu. Nous en avions
parlé ces derniers temps. Quelque chose vous menace.
Tous.

- Il… Il vous a dit ce que c’était ?

- La haine est un force incommensurable, jeune dame. Elle
peut même faire revenir quelqu’un dont l’essence s’est
dissipée dans la Rivière de Vie…

- Alors…

- Oui. C’est Sephiroth.

Les lèvres blêmes, la ninja se tourna vers ses compagnons.

- Vous avez entendu ? On doit retrouver Vincent tout de
suite. Tout de suite !

Découragé, Vincent se laissa tomber au fond de son siège. Il
devait se rendre à l’évidence : visiblement, les dossiers de la
SHINRA ne l’aiderait pas à découvrir ce qui avait bien pu arriver
à ses compagnons. D’un pas lent, l’ex-Turk se mit à arpenter
les longs couloirs du manoir de Nibelheim. Etrange. Après
toutes ces années de captivité, il pensait que son plus cher
désir serait de fuir le plus loin possible de cet endroit. Hors, il
n’y a qu’ici qu’il se sentait vraiment bien. Pourquoi ?

- Tes souvenirs…

Oui, c’est vrai. Tout ces souvenirs… Cette première mission,
Gast, Hojo et…

Lucrecia.

Rageur, Vincent frappa du poing l’un des murs de pierre. Le jour
de la mort de Sephiroth, il avait cru qu’il parviendrait enfin à
enterrer le passé, à commencer une nouvelle vie. Pourquoi les
souvenir de ses actes continuait-il à le hanter ainsi ? Comme si
tout n’était pas achevé. Comme si il lui restait encore quelque
chose à accomplir avant de pouvoir faire la paix avec lui-même.
Quelque chose qui aurait eu rapport avec le danger qui le
menaçait aujourd’hui. Découragé, Vincent se dirigea vers l’une
des chambres du manoir et s’affala sur le lit le plus proche. Ses
yeux écarlates toujours grands ouverts, il se laissa lentement
glisser dans une lourde torpeur.

Tout à coup, un léger grattement mit tout ses sens en alerte.
Quelque chose était entré dans la pièce. Très doucement,
Vincent se retourna. Dans l’obscurité une masse sombre se
dirigeait vers lui. L’aisance de ses mouvements ne laisse aucun
doute : la créature était nyctalope. Mais ce qu’elle devait
ignorer, c’est que Vincent l’était aussi. Tout ce temps passé
dans un cercueil avait développé ses sens de façon incroyable.
Affectant la respiration profonde d’un dormeur, il laissa son
visiteur s’approcher de lui. Arrivée à sa hauteur la créature leva
le bras et Vincent distingua dans sa main un objet brillant. D’un
geste vif, il se redressa. L’intrus n’a pas le temps de réagir que,
déjà, l’homme avait dégainé son arme et tiré. On entendit un
gémissement sourd, puis, le blessé se précipita vers la sortie,
Vincent à ses trousses. Celui-ci se jeta sur sa proie. Se
débattant, celle-ci parvint à projeter son agresseur au sol, non
sans y avoir laissé une partie de son vêtement. Quand l’ex-Turk
se fut redressé, il était trop tard. La créature avait fuit dans les
ombres de Nibelheim. Elle allait sans doute gagner les monts
Nibel et Vincent ne se sentait pas d’humeur à se lancer à sa
poursuite. Dépité, il revint vers l’escalier.

- Cette fois-ci, il venait pour toi. Tu peux au moins être
heureux de lui avoir échappé. Soudain, son regard tomba
sur la pièce d’étoffe qu’il avait arraché à son agresseur.
Machinalement, il se baissa pour la ramasser. Au contact
du tissu, il se figea. Ses pupilles se réduisirent à deux
fentes obliques.

- C’est donc ça…

rambo_le_vrai
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Niveau 4
12 janvier 2001 à 11:20:58

Voici le début de cette histoire j´ai oublié de le mettre alors ce message devrait etre placé 2 messages au-dessus

Chapitre 4 : Retour !

La chaleur était presque insupportable dans le petit bar de la
zone supérieure de Junon. Les quelques clients présents
semblaient tous plongés dans un silence morose. Grinçant
épouvantablement, les pales d’un antique ventilateur électrique
brassaient péniblement l’air sans parvenir à rafraîchir
l’atmosphère viciée.

Quelle déchéance, pensait Elena, adossée au comptoir.
Quelques semaines plus tôt, ce bar était l’un des plus chics de
tout la planète. Quand le système de ventilation fonctionnait
encore correctement… Bref, quand les réacteurs Mako étaient
encore en activité. La jeune femme n’arrivait pas à y croire. A
eux seuls, une bande de terroristes dépenaillés avaient réussi à
changer la face du monde. Depuis que cet immense météorite
s’était abattu sur Midgar, la totalité des réacteurs Mako de la
planète avaient cessé de fonctionner. A présent, la population
tentait laborieusement de ressusciter les anciennes sources
d’énergie : électricité, gaz et surtout énergie solaire. Mais les
résultats produits n’arrivaient pas à la cheville de ceux obtenus
au temps du Mako.
Au temps du Mako…

L’univers d’Elena était en train de s’écrouler autour d’elle. Tout
ce en quoi elle avait cru, tout ce pour quoi elle s’était battu
avait disparu. Cette pensée la rendait malade. Furieuse, elle se
dirigea à grands pas vers la table à laquelle étaient assis Rude
et Reno. Depuis la chute de la SHINRA, les trois Turks étaient
restés ensemble. Sachant très bien quelle trajectoire allait
prendre le météore invoqué par Sephiroth, ils avaient fuit vers
Junon, après avoir tenté une dernière fois de stopper les
membres d’Avalanche.

Pour une fois, aucun des compagnons de la jeune femme n’était
sous l’emprise de l’alcool. Depuis la destruction de Midgar,
Reno paraissait avoir définitivement renoncé à la boisson.
Quant à Rude, c’est à peine si il mangeait et, bien qu’Elena
n’eut pas cru la chose possible, il parlait encore moins qu’à son
habitude.

Excédée, la jeune femme frappa du poing sur la table.

- Ca n’est pas possible ! On doit faire quelque chose !

Reno leva vers elle son visage émacié.

- Ah oui ? Et qu’est-ce que tu propose ?

- Je… Je ne sais pas… Le Président…

- Il n’y a plus de Président.

- Mais nous faisons toujours partie de la SHINRA, nous
devons…

- Il n’y a plus de SHINRA.

- Ecoute, il reste forcément quelque chose à Midgar qui
pourrait… (elle s’interrompit soudain) je sais : il n’y a plus
de Midgar.

Poussant un soupir de découragement elle se laissa tomber sur
une chaise.

- Laisse tomber Elena.

Bizarrement, c’était Rude qui venait de prononcer cette phrase.

- On comprend ce que tu ressens. Mais nous n’avons plus
rien, tu comprends ? Rien, rien, rien ! (il avait presque
crié) Même plus de chef, alors…

Elena serra les lèvres. Durant les événements des dernières
semaines, Tseng avait trouvé la mort. Tué par Sephiroth. Tout
d’abord, la jeune femme avait refusé de croire la version que
Clad lui avait faite des événements, s’accrochant à l’idée que
les terroristes étaient les responsables de sa mort. Venger son
chef était devenu pour elle une source d’énergie inépuisable.
Mais elle avait finalement dû se rendre à l’évidence : le jeune
homme lui avait dit la vérité. Dans ces conditions, elle ne
pouvait même pas leur en vouloir. Après tout, elle n’avait aucun
grief personnel contre Clad et ses amis. Leur mentalité même
était presque celle des Turks : une loyauté inflexible. Ils
étaient allés jusqu’à la secourir lors de son enlèvement à
Wutai. Et puis… même si, de par leur faute, la planète était à
présent plongé dans une crise économique sans précédent, ils
avaient sauvés le monde. Ce qui impliquait qu’il l’avait
également sauvé elle, Elena.

Reno se tourna vers son amie, grimaçant sous l’effort. La
dernière bataille qu’il avait mené contre les membres
d’Avalanche lui avait valut un violent coup de poing qui lui avait
fracturé l’épaule. Malgré le plâtre confectionné par le médecin
de Junon, chaque mouvement faisait naître dans son bras un
élancement douloureux.

- Il a raison, tu sais. C’est triste à dire mais… Je crois bien
que notre temps est terminé.

- Terminé ? Bon sang, j’ai vingt et un ans ! Je ne vais pas
rester plantée là à me lamenter en me disant que ma vie
est finie ! Et puis prenons les choses d’un point de vue
plus simple : je ne sais pas pour vous, mais mon compte
en banque est presque à découvert et ça m’étonnerait que
l’on paye l’hôtelier avec des sourires. Il faut qu’on se
bouge !

rambo_le_vrai
rambo_le_vrai
Niveau 4
12 janvier 2001 à 14:32:08

Chapitre 5 : La rivière de la Mort

Pour Yuffie, le voyage vers Nibelheim fut un véritable
cauchemar. Prostrée à l´arrière du buggy, la jeune fille regardait
le paysage défiler devant elle. Chaque cahot, chaque
ralentissement du véhicule la faisait bondir. Contrairement à la
jeune fille, les Turks semblaient de bien meilleur humeur que
quelques jours auparavant. Tout comme Reno, Elena
comprenait que c´était le manque d´action qui lui avait pesé,
plus encore que la fin de la SHINRA. De plus, elle se sentait
une part de responsabilité dans l´affaire. Après tout, elle avait
indirectement contribué à la protection de ce satané Sephiroth
et du monstre qui l´avait engendré. Son travail chez les Turks
ne lui avaient jamais posé de problèmes de conscience. Non
pas que la jeune femme fut personne à suivre les ordres sans
réfléchir. Elle avait ses principes, et, en servant la SHINRA,
avait lutté pour une cause qui lui avait parut être juste. Et c´est
ce qu´elle faisait encore maintenant.

Il ne fallut pas beaucoup de temps au buggy pour parvenir
jusqu´à Nibelheim. Avec un dernier cahot, l´engin s´immobilisa à
hauteur des premières maisons. Reno examina le tableau de
bord d´un air contrarié.

- Panne sèche. J´espère qu´il y a un pompiste à Nibelheim,
ou il nous faudra trouver un autre moyen de transport.

- On s´en occupera plus tard, fit Yuffie en piétinant
impatiemment devant le véhicule inerte. Pour l´instant, il
faut que l´on trouve Vincent !

Incapable de se contenir plus longtemps, elle entraîna ses
compagnons à travers le village. Les quatre amis eurent une
étrange impression, tandis qu´ils parcouraient les rues
désertes. Mis à part le souffle du vent froid qui soufflait en
permanence au-dessus des toits, on n´entendait pas un bruit.
Elena se faisait l´impression de traverser un gigantesque corps
que la vie aurait abandonné.

- Ma parole ! lança Reno. Un vrai petit nid d´amour, ce
village ! Pas un chat !

- C´était un champ d´expérimentation SHINRA, rappela
doucement Rude.

- Il a raison, appuya Yuffie. La plupart des " habitants " de
Nibelheim résidaient en réalité à Midgar. Ils ont du
essayer de retrouver leurs familles.

A ce moment, un léger bruit lui fit tourner la tête.

- On dirait que tu as parlé trop tôt, Reno… lança Elena en
découvrant le spectacle qui s´offrait à elle.

En effet, un gros matou noir les regardait fixement. Il y eut un
grincement, puis une voix s´éleva.

- Mitzi ! Où es-tu ? Vilain chat !

La porte de l´une des maisons s´était ouverte, découvrant une
petite femme rousse qui s´essuyait les mains dans son tablier.
Dévisageant les visiteurs d´un air méfiant, elle s´adressa à eux
d´une vois nasillarde :

- Qu´est-ce que vous venez faire ici ? Vous avez de la
famille dans le coin ?

- Eh bien à vrai dire… commença Reno, aussitôt interrompu
par Yuffie.

- Madame, je suis la cousine de Vincent Valentine. Il est
arrivé il y a quelques jours pour étudier l´histoire de la
ville…

- Un grand type en noir avec une cape ? grommela la
femme. Ouais, il s´est installé au château SHINRA. Il est
vraiment bizarre, ce type. Pas plus tard qu´hier, je l´ai vu
acheter de quoi manger à l´épicerie. Il a pas sortit un mot.

- Dites-moi… commença prudemment Elena. Combien
êtes-vous dans cette ville ?

- Ben… Une vingtaine environ… Vous étiez pas au courant
? C´était plein de Shinras ici. Soit disant qu´ils menaient
une expérience ou je ne sais pas quoi… Et après la
Catastrophe, ils se sont tous évanouis dans la nature…
Nous on vient de Midgar. On n´a plus rien. Ici, il n´y avait
qu´à s´installer. On cultive la terre, on essaye de
reconstruire les mines… Ce serait un vrai paradis si il n´y
avait pas cet horrible château.

- Personne n´est allé voir Vincent, aujourd´hui ? demanda
anxieusement la jeune ninja.

La femme ouvrit de grands yeux et esquissa en l´air un signe
qui évoquait une large spirale.

- Au château ? Vous êtes folle ! Plus personne n´y met les
pieds, ici ! C´est un endroit maudit ! On raconte même que
c´est là-bas que ce sont passés tous les évènements qui
ont conduits à… la Catastrophe.

- Je vous remercie, madame, dit Elena tandis que Yuffie
s´élançait vers le sombre manoir. A bientôt.

- Au revoir… et bonne chance.

- Quel optimisme ! lança Reno alors qu´ils arpentaient le
sentier qui menait à l´entrée du château SHINRA. J´ai hâte
de voir ce qui nous attend là-dedans…

Arrivée devant la porte, Yuffie actionna frénétiquement le
heurtoir. Il n´y eut pas de réponse. En désespoir de cause, elle
poussa la porte qui s´ouvrit comme à contrecœur.

L´intérieur du château n´avait pas changé. La même obscurité y
régnait. Ca et là, de timides rayons de soleil perçaient à travers
les fenêtres étroites, formant à travers les rideaux épais des
formes mouvantes. Les immenses blocs de pierre dont était
bâti l´endroit laisser dégouliner par endroit une humidité
saumâtre. Les pas des visiteurs résonnaient le long des
corridors comme dans une église.

- Je comprends pourquoi les habitants de Nibel refusent
d´entrer là-dedans, commenta Elena. Même pour dix mille
Gils je refuserais de vivre là-dedans.

- Vincent ? appela Yuffie. C´est moi ! Tu m´entends ? Tu es
là ?

Seul l´écho lui répondit.

- J´espère qu´il n´est pas trop tard… chuchota Reno à sa
collègue.

Mais déjà, leur amie était montée à l´étage.

- Par là, venez !

A sa suite, les trois Turks gravirent une volée de marche pour
se retrouver sur un petit pallier. Celui-ci conduisait à un
escalier qui semblait s´enfoncer au plus profond des entrailles
du château.

- La bibliothèque est par là ! On descend !

Les quatre amis se rendirent vite compte que cela n´avait rien
d´aisé. Une nuée de chauve-souris, excitée par l´arrivée des
intrus se jeta sur eux.

- Il y en a trop ! lança Elena après en avoir mis trois hors
de combat. Et Reno ne peut pas se battre !

- Vite ! cria Yuffie. Dans la cave ! Elles ne nous suivront
pas !

Poursuivis par les volatiles, toujours plus nombreux, le petit
groupe déboucha dans un dédale de couloirs, plus sombres
encore que le reste du château. Loin de cesser, le piaillement
des chauves-souris redoubla d´intensité.

- Qu´est-ce que tu racontais ? demanda un Rude
sarcastique. Elle ne nous suivront pas ?

- Tais-toi et cours !

- Trop tard…

Devant les fugitifs, se dressait une haute silhouette qui
avançait de manière étrange. On eut dit que tous ses membres
étaient indépendant les uns des autres.

- Oh mon dieu, un Ying-Yang… marmonna Yuffie en
saisissant son chakram.

- Qu´est-ce que c´est ? souffla Elena.

- Je n´en sais rien ! Une expérience ratée d´Hojo, je
pense… Le sous-sol de ce manoir en est infesté.

- Parfait. Reno en arrière. Rude, Yuffie, occupez-vous de
ces fichues chauves-souris ! Je me charge de l´expérience
ratée…

Alors que son ennemi s´avançait dans la relative clarté qui
tombait de la cage d´escalier, Elena resta fascinée devant le
monstre. De toute sa vie, elle n´avait jamais vu de monstre
aussi répugnant. On l´eut dit fabriqué à partir des membres de
différents cadavres à divers stades de décomposition. La tête,
où plutôt les deux têtes du monstre la scrutait avec un air de
stupidité réjouie. Sans plus attendre, elle décocha un atemi à
la hanche de la créature. Elle sentit ses doigts s´enfoncer dans
la chair gélatineuse de la bête. Loin de reculer sous le choc,
celle-ci s´avança un peu plus en gloussant de manière
répugnante. Ses longs doigts crochus se tendirent vers Elena et
un vent glacé s´éleva. Des éclats de glaces la frappèrent au
visage. La jeune femme riposta par un sort de feu. Le combat
ne pouvait se prolonger ainsi. Chaque attaque semblait faire
croître la frénésie de la créature. Ses mouvements gagnaient en
puissance et en précision. En désespoir de cause, la Turk sortit
de l´une de ses poches une petite grenade qu´elle lança à la
face du Ying-Yang. Elle s´était attendue à tout sauf à ce qui se
passa. Le monstre saisit la bombe entre ses griffes et la porta
à sa bouche… Il y eut une vive lumière, une détonation, et des
lambeaux de chair déchiquetée volèrent à travers le couloir. Se
retournant, elle s´aperçu que le vacarme produit par la bombe
avait également fait fuir les rares chauves-souris qui n´étaient
pas tombées sous les coups de ses deux compagnons.

- Superbe, lança Reno à la jeune femme tout en s´essuyant
du mieux qu´il pouvait. Tu as toujours travaillé dans la
délicatesse, Elena !

- Désolée, mais c´était ça où il m´arrachait la tête.

- En tout cas ça confirme ce que j´ai dit, reprit le jeune
homme : aucun être normal ne pourrait habiter ici.

- Moi j´y ai vécu pendant cinquante ans…

La voix provenait d´un recoin tout proche. Sortant de l´ombre,
un grand homme vêtu de sombre s´avança vers eux.

- Vincent !

L´homme esquissa un sourire en découvrant l´identité de ses
visiteurs.

- Yuffie ! J´ai bien cru ne jamais te revoir… Comment
vas-tu ?

- Bien, ne t´en fais pas… Alors ? Tu as découvert quelque
chose ?

- Oui… Mais ne restons pas ici…

D´un geste, il désigna un lourde porte de bois au bout du
corridor. Celle-ci menait, la ninja le savait, à la bibliothèque
SHINRA.

- Nous serons en sécurité là-bas. Les monstres semblent
avoir peur d´approcher de cette pièce… En un sens je les
comprends…

Sur ces mots, Vincent tourna la tête tandis que ses yeux
pourpre se voilaient légèrement. Yuffie ne comprenait que trop
sa réaction. Trop de souvenirs douloureux de l´ancien Turk
étaient rattachés à cet endroit. Après toutes ces années, son
ami se reprochait encore son incapacité à protéger son aimée,
celle qui allait devenir la mère de Sephiroth. Hojo avait soumis
la jeune femme à une série d´expériences toutes plus
dégradantes les unes que les autres, injectant pour finir des
cellules de ce monstre, Jenova, dans l´embryon que portait
Lucrecia. C´était à ce moment que Vincent avait tenté
d´intervenir. Trop tard. Et c´est ainsi que lui aussi était devenu
un spécimen d´expérimentations pour le directeur scientifique
de la SHINRA.

Yuffie savait que ces souvenirs continuaient à hanter son ami.
Il était déjà extraordinaire qu´il ait osé reposer les pieds sur le
théâtre de cette tragédie.

En entrant dans la bibliothèque SHINRA, Reno ne put retenir un
sifflement admiratif. Toutes les archives de la société y avaient
été conservées jusqu´à l´incendie de Nibelheim, sept ans plus
tôt. Le sol, les murs, tout était recouvert de livres et de
dossiers. Méthodique, Vincent avait classé les ouvrages qu´il
avait déjà consulté.

- Qu´est-ce qu´il peut bien y avoir dans toutes ces
paperasses ?

- Les petits secrets de la SHINRA, répondit Vincent.
Instructif, crois-moi. Je suis sûr que vous trois seriez très
intéressés par un ou deux ouvrages…

- Alors… qu´avez-vous découvert là-dedans ? demanda
timidement Elena.

Son interlocuteur se tourna vers elle, la scrutant de son regard
insondable.

- Pas grand-chose… Mais cette nuit a apportée plus
d´information que les quatre jours que j´ai passé ici…

rambo_le_vrai
rambo_le_vrai
Niveau 4
12 janvier 2001 à 14:33:41

D´un pas leste, il se dirigea vers un immense bureau et y saisit
un morceau d´étoffe soigneusement plié.

- Cette chose qui a enlevé nos amis est venue cette nuit…
et elle m´a raté. Je n´ai pas pu la rattraper mais elle m´a
laissé quelque chose de très instructif. Regardez…

Il eut un mouvement du poignet et le tissu se déplia avec un
claquement sec. Yuffie fit un bond en découvrant ce dont il
s´agissait.

- La cape noire !

- Attendez… commença Reno avec un rire nerveux… Ne me
dites rien… C´est ce que portaient les clones de Sephiroth,
c´est ça ?

- Tout juste…

- Ca confirme ce que Hago nous a dit, lança Rude. C´est
bien lui qui est derrière tout ça. Mais bon sang, vous
l´aviez bien tué, oui ou non ?

- Bien sûr ! fit Yuffie en agitant les bras avec véhémence.
Il est mort !

- Apparemment pas.

Avec un soupir, Elena s´assit sur une chaise qui gémit de façon
inquiétante.

- Résumons la situation. Sephiroth essaye de détruire la
planète, vous l´en empêchez et Clad le tue. Parfait. Mais il
semble avoir survécu et cherche de toute évidence à se
venger. Comment ? Apparemment en contrôlant les clones
ratées qu´Hojo avait fait de lui. Ca expliquerait la rapidité
avec laquelle les agressions ont eut lieu. Nous aurions du
nous en douter. Un seul homme n´aurait pu effectuer
toutes ces attaques. Mais il ne semble pas vouloir vous
tuer… Si son but n´avait été que de vous éliminer, il
n´aurait pas fait emporter les cada… je veux dire vos
amis… Et puis il y a ce tatouage…

Tout à coup, elle se tourna vers Vincent.

- Le tatouage ! Vincent, avez-vous un chiffre romain tatoué
sur l´épaule gauche ?

L´intéressé haussa les sourcils.

- Pardon ?

- Je t´en prie, dit Yuffie. Regarde. C´est très important.

Avec une petite moue, Vincent entreprit de défaire sa cape et
sa chemise.

- C´est bien ce que je pensais…

- Quoi donc ?

- Regardez par vous-même, lança la Turk en désignant un
large miroir qui pendait au mur.

L´homme se plaça dos au miroir. Sur la chair d´albâtre du dos de
Vincent, on distinguait nettement le large tatouage.

- Cette fois c´est un VII… marmonna pensivement Rude.

- C´est complètement insensé, grinça Vincent en secouant
la tête. Je ne vois pas comment on aurait pu me faire ça…

- J´ai le même, fit lentement Yuffie. Mais pour moi, c´est
un V… Pourquoi nous a-t-on marqué ainsi ?

Brusquement, Elena sauta sur ses pieds en claquant des
doigts.

- Je sais ! Yuffie, tu portes le chiffre cinq. Vincent le sept.
Je suis prête à parier que Red XIII a reçu le chiffre six. Ces
tatouages indiquent l´ordre de votre enlèvement !

Ses quatre compagnons la fixèrent avec des yeux ronds.
Finalement, Reno secoua la tête.

- Non. Ca ne colle pas. Le premiers à se faire enlever ont
été Clad, Tifa, Reeve, Barret et Cid. En nous en tenant à
ta logique, Yuffie aurait du recevoir le numéro six et
Vincent le huit.

- Pourtant il doit s´agir de quelque chose de genre,
murmura ce dernier en se rhabillant. Tout ça ne me dit rien
qui vaille.

- Peu importe ! s´exclama la ninja. Nous devons faire
quelque chose, et au plus vite ! Sephiroth détient nos
amis. C´est tout ce qui m´importe pour le moment !

- Que proposes-tu ?

- Il faut retourner au cratère nord. C´est là que nous avons
vu Sephiroth pour la dernière fois. Peut-être
trouverons-nous un indice quelconque.

Reno eut un petit rire.

- J´aimerais bien savoir comment. Nous n´avons plus la
moindre goutte d´essence dans le buggy et pour ma part,
je ne ferais pas le chemin à pied !

Vincent se leva et se dirigea vers la sortie.

- Ca n´est pas un problème. Venez.

Remontant à toute allure la longue volée de marche, le petit
groupe prit la direction du jardin du manoir. L´ex-Turk mena ses
compagnons aux anciennes écuries. Quand il eut ouvert la
porte, un caquètement familier emplit l´air.

- Boko !

Délaissant les légumes qu´il mâchonnait un chocobo doré leva
sur ses visiteurs un regard curieux.

- Je l´ai pris lors de mon passage à Mideel, expliqua
Vincent. J´avais besoin d´un moyen de transport rapide. Il
pourra nous amener où nous voulons en quelques minutes.
Nous ferons plusieurs voyages pour amener tout le monde.

- Parfait ! fit Elena. Nous ferions mieux de nous rendre
d´abord au village d´Icicle. Si Sephiroth est encore vivant et
qu´il se terre dans le cratère Nord, je ne pense pas qu´il
serait très intelligent d´aller l´affronter directement…

Ses amis acquiescèrent.

- Je vais partir avec Yuffie, reprit Vincent. Attendez-moi
ici.

Souplement, il prit place sur l´animal tandis que la ninja
l´imitait avec, toutefois, considérablement moins de grâce.

Les trois Turks avaient déjà entendu parler des chocobos dorés,
mais n´avaient encore jamais eu l´occasion d´en voir un en
action. C´était un spectacle totalement incroyable. A peine ses
cavaliers l´avaient-ils éperonné que l´oiseau se redressa et
disparut. Littéralement. Un instant auparavant, il était devant
eux et, la seconde suivante, il avait disparu. Seules quelques
traces témoignaient de son passage.

- Très bien… Plus qu´à attendre, dit Reno en s´appuyant
contre la palissade de l´écurie.

- J´espère que tout va bien se passer… murmura Elena.

- Elena… Arrête de faire l´enfant…

De toutes ses forces, Vincent se cramponnait à l´encolure de
Boko. Autour de lui, le paysage s´était réduit à un vague
brouillard lumineux. Il avait peine à orienter sa course et les
bras de Yuffie lui comprimant allègrement le torse n´étaient pas
pour arranger les choses. Au bout de quelques minutes, il
distingua au loin l´immense Griffe des Neiges qui surplombait le
village d´Icicle. Il éperonna à nouveau le chocobo qui s´arrêta
aussitôt.

- Je… Je déteste cette manière de… de voyager, balbutia
Yuffie en posant prudemment un pied à terre. On est
arrivé ?

- Oui. Je vais aller chercher les autres…

Alors qu´il se remettait en selle, la jeune fille fronça les
sourcils.

- Attends… Qu´est-ce que c´est que ça ?

Du doigt, elle désignait le glacier qui s´étendait au-delà du
village.

- Qu´est-ce qu´il y a ?

- Je ne sais pas… Regarde là-bas. Ce n´est pas normal.

Plissant les yeux, Vincent, distingua ce que lui montrait son
amie. Une partie du glacier semblait recouverte d´un épais
liquide noir.

- Bon sang qu´est-ce que c´est, Vincent ?

- Je n´en sait rien. Je repars à Nibelheim. Toi, essaye
d´interroger les villageois.

D´un pas résolu, Yuffie pénétra dans la cité.

Habituellement, Icicle était l´un des villages les plus paisibles
de la planète. Cette journée faisait exception à la règle. Dès
qu´elle eut atteint les premières maisons, la jeune fille
remarqua qu´un attroupement s´était formé sur la place
centrale. Intriguée, elle s´approcha. Au centre du groupe, un
homme parlait. Ou plutôt hurlait. Et cet homme, Yuffie le
connaissait.

- Holzoff !

Le vieil explorateur ne parut pas l´entendre et poursuivit son
discours.

- … et tout meurt quand cette saleté s´approche ! Tout !
Les sapins, les animaux… même la neige fond ! Fuyez,
vite, vite ! Ca n´avance pas vite, mais ça avance !

- Excusez-moi, fit la ninja en tapant légèrement sur
l´épaule de l´un des badauds. Que se passe-t-il ici ?

- Vous n´avez pas vu ? lança l´homme en se tournant vers
elle. Il y a trois jours, cette espèce de lave noire a
commencé à sortir du Cratère Nord. Et depuis, elle avance
tout les jours un peu plus ! Le vieil Holzoff a dû fuir. Moi
aussi je m´en vais ! Vous devriez faire la même chose,
mademoiselle. Ne traînez pas dans le coin plus longtemps
!

Abasourdie, Yuffie regagna lentement l´orée du village. Vincent
y avait déjà déposé Rude et Elena.

- Qu´est-ce qui arrive ? demanda celle-ci dès que son amie
les eut rejoint. Qu´est-ce que c´est que ce magma dont
Vincent parlait ?

Yuffie lui raconta la scène dont elle avait été témoin. Pendant
ce temps, Vincent arriva avec son dernier passager. Mis au
courant de l´histoire, Reno pinça les lèvres.

- Pas besoin de se demander qui est derrière tout ça… On
dirait que notre cher Sephiroth s´est trouvé un nouveau
joujou…

- Yuffie… coupa Vincent d´une voix blanche. Regarde cette
chose et dis-moi à quoi ça te fait penser…

Se retournant, la ninja reconsidéra l´horizon. Peu à peu, un
étrange sentiment de déjà-vu l´envahit.

- Je.. Je crois que ça me rappelle… la…

- La Rivière de Vie, hein ? Je n´arrive pas à y croire. Alors
c´était vrai…

- Quoi ? demanda Reno en saisissant l´ex-Turk par
l´épaule. Qu´est-ce qui était vrai ?

- Quelque chose que j´ai lu dans la bibliothèque de
Nibelheim. C´était une vieille légende que j´ai déniché dans
la section consacrée aux Cetras. C´était la première fois
que l´on mentionnait les Armes. L´histoire raconte
qu´autrefois, un roi extraordinairement bon et puissant
régnait sur le peuple Cetra. Chaque jour, il parlait avec les
âmes de la Rivière de Vie. Mais un jour, à la suite d´un
accident, sa femme mourut. Terriblement affecté, le roi
maudit la Rivière de Vie qui lui avait repris son amour.
Dans un accès de colère, il invoqua un maléfice
terriblement puissant. Il corrompit la Rivière de Vie qui
devint la Rivière de Mort. Celle-ci n´apportait que chaos et
destruction là où elle passait. Ce fut une catastrophe. Le
flot maudit manqua d´annihiler la Terre. Mais une sorcière
Cetra parvint, à invoquer les puissances de la planète. La
Terre créa les monstres connut sous le nom d´Armes. Après
un long et terrible combat contre les monstres engendrés
par le flot de la Mor

rambo_le_vrai
rambo_le_vrai
Niveau 4
12 janvier 2001 à 14:38:43

t, le maléfice fut détruit. La Rivière de
Vie reprit son cours normal et le roi alla rejoindre son
aimée…

- Ne me dis pas que tu crois que cette stupide légende
pourrait avoir un rapport quelconque avec… avec ça !

- Toute légende est fondée sur des faits réels, Yuffie… Et
à plus forte raison chez les Cetras… De plus, je ne vois
pas d´autre explication à ce phénomène.

Durant ce bref échange, Elena avait sortit de sous sa veste une
petite paire de jumelle et la braquait sur le fluide noir.

- C´est incroyable ! Il y a des êtres vivants dans cette
bouillie.

- Tout concorde avec la légende…

- A une seule exception près, coupa Reno. Les Armes ne
sont plus là pour défendre la planète…

Un bruit sourd couvrit ses derniers mots. Levant la tête, les
compagnons aperçurent un petit hélicoptère qui se dirigeaient
vers eux. Ils ne purent en croire leurs yeux. Le logo SHINRA
s´étalait en lettre flamboyantes sur la carlingue du véhicule.
D´un geste, Elena désigna un large rocher à quelques pas de là.

- Vite, cachez-vous !

Couchant l´herbe autour de lui, l´hélicoptère atterrit à quelques
mètres de la pierre derrière laquelle était dissimulé le petit
groupe. L´une des portes se leva, et un homme revêtu de
l´uniforme du SOLDAT descendit précipitamment de la cabine,
un marchepied métallique à la main. Il le plaça devant la place
du passager dont il ouvrit la porte, puis esquissa une
courbette.

- Bienvenue à Icicle, président Shinra.

Les cinq amis ouvrirent de grands yeux.

rambo_le_vrai
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Niveau 4
12 janvier 2001 à 15:29:42

Chapitre 6 : Les âmes errantes

Les pas de celui que l´homme avait appelé " Président Shinra "
résonnaient sur le sol caillouteux. Retenant sa respiration,
Yuffie tentait du mieux qu´elle pouvait d´apercevoir le
personnage qui venait de descendre de l´hélicoptère.
De petite taille, très frêle, il était entièrement vêtu de pourpre.
Pas un seul de ses traits n´était visible sous l´épais capuchon
qui recouvrait son visage. Les bras croisés sur la poitrine,
totalement immobile, il observait pensivement l´épais flot noir
que l´on distinguait à l´horizon. Le pilote de l´hélicoptère
s´empressa de lui fournir une paire de jumelles électroniques.

- Qu´en pensez-vous, Président ?

La voix qui s´éleva alors fit dresser les oreilles de la ninja.
C´était une voix râpeuse, âpre, métallique. Une voix qui n´avait
presque rien d´humain, mais qui lui parut cependant
étrangement familière.

- Je ne pensais pas qu´il irait jusque là… C´est parfait. Les
recherches de ce vieux cinglé d´Hojo auront été utiles,
finalement.

- Président… intervint le soldat qui avait ouvert la porte au
directeur de la SHINRA. Nous connaissons tous votre plan
et nous avons la plus entière confiance en vous et en la
compagnie… Mais ne craignez-vous pas que Sephiroth ne
nous double ? Rappelez-vous votre prédécesseur… Et
vous-même…

Il ne put aller plus loin. Déjà, le Président était sur lui et l´avait
saisit au collet. Le soldat devait faire une tête de plus que son
agresseur. Cependant, il se figea aussitôt, tandis que son
visage prenait une expression affolée.

- Ecoute-moi bien, pauvre crétin. J´ai passé les derniers
mois à concevoir ce plan. J´ai tout pensé et tout prévu. Je
n´ai jamais craint Sephiroth ! Il n´est qu´un soldat et, en
tant que tel, il appartient à la SHINRA. Tout est la faute
de ces… ces rebuts des bas-fonds, ces aventuriers
pouilleux. Ce sont eux qui ont détruit tout ce que nous
étions. Ceci (il désigna la vaste étendue noirâtre) est le
terreau sur lequel Midgar renaîtra de ses cendres. Alors
garde tes inquiétudes pour toi et laisse réfléchir ceux qui
sont équipés pour ! C´est bien compris ?

Le soldat eut un léger signe de tête. Le Président relâcha son
étreinte.

- Parfait. Nous nous sommes attardés plus que nécessaire.
Je voulais uniquement m´assurer que tout fonctionnait
bien. Nous avons encore beaucoup de choses à régler.
Rentrons à la base !

Son long manteau ondoyant autour de lui, il se détourna du
spectacle et regagna le cockpit. Ses deux assistants
s´empressèrent de le rejoindre et, bientôt, l´hélicoptère SHINRA
décolla dans un sourd vrombissement.

Dès qu´il fut hors de vue, les cinq amis sortirent de derrière leur
poste d´observation.

- Je n´arrive pas à y croire, fit Reno en secouant la tête,
l´air hagard. La SHINRA existerait encore ?

- Alors… commença Rude, ça veut dire que…

Yuffie sentit une lourde appréhension l´envahir.

- Attendez ! Vous ne voulez pas dire que vous allez nous
laisser tomber.

- Désolée, mignonne, mais nous sommes et nous restons
des Turks… Elena ?

La tête baissée, Elena contemplait le sol d´un air absent.
Finalement, elle releva la tête.

- Non.

Ses deux collègues la fixèrent, incrédules.

- Qu´est-ce que tu racontes ?

- Je ne me considère plus comme faisant partie de la
SHINRA à partir de maintenant. J´ai servi la compagnie
parce que je considérais que nous étions capable
d´améliorer ce monde. Mais je refuse de continuer à
travailler avec des gens mêlés de près ou de loin avec
cette histoire ! Faites ce que vous voulez, mais moi, je
ferais tout ce qui en mon pouvoir pour les stopper !

Les deux hommes se considérèrent un instant. Au bout d´un
moment, Reno eut un rictus sarcastique.

- Elena… Tu fais toujours…

- … L´enfant gâtée.

- Mais c´est ce qui me plaît chez toi ! Allez, on va sauver le
monde des griffes de notre méchant ex-employeur !

Rude se contenta de hocher la tête d´un air satisfait. Elena
sourit. Vincent également. Il comprenait parfaitement la
réaction des deux hommes. Ce qu´ils éprouvaient pour la jeune
femme était le même genre de sentiment qui avait uni Clad et
ses amis. Elena s´ébroua.

- Parfait ! Inutile de rester plantés là. Rentrons au village.
Nous devons mettre un plan d´action sur pied.

Alors qu´ils regagnaient Icicle, des cris recommencèrent à
s´élever d´un coin du village.

- A mort !

- C´est de sa faute !

- Sorcière !

Forçant l´allure, les cinq amis arrivèrent bientôt devant une
petite maison. Une troupe composée d´une vingtaine de
personnes encerclait une toute jeune fille qui semblait à peine
plus âgée que Yuffie. Holzoff s´était approchée d´elle et la
retenait par un pli de sa veste.

- Qu´est-ce que tu as fait ? C´est toi qui a déclenché cette
chose, n´est-ce pas ? Avec tes expériences du diable !

D´un air farouche, l´accusée arracha son vêtement des mains du
vieil homme.

- Vous êtes tous complètement fous ! Mes travaux ne
peuvent faire de mal à personne !

- Mensonges ! hurla le montagnard. Zeel est tombé sur tes
notes l´autre jour. Tes histoires sur le monde des ombres,
tout ça !

- Ca suffit !

D´un bond, Elena s´était interposée entre la meute hargneuse
des villageois et la jeune fille. Instinctivement, la Turk avait
tiré de la poche de sa veste le petit rectangle plastifié qui
confirmait son appartenance à la SHINRA.

- Service des Turks ! Je vous ordonne de vous disperser !
Laissez cette personne tranquille !

Contrairement à ce que Vincent croyait, la troupe eut un
mouvement de recul. S´entre-regardant, ils se concertèrent un
moment.

- La SHINRA n´existe plus, finit par lancer Holzoff. Vous
n´avez aucun droit sur nous.

- Faute d´un décret mettant fin à notre organisation, nous
agissons toujours en toute légalité. Je me verrais dans
l´obligation d´arrêter tout contrevenant à mes ordres.

Elena n´avait rien de particulièrement imposant, que ce soit par
la taille ou l´apparence. Mais il émanait d´elle une telle autorité
que les villageois hésitèrent.

- Qu´est-ce que vous allez lui faire ?

- Nous menons une enquête sur les événements qui se
produisent ici. Nous voulons poser quelques questions à
cette jeune personne. Ne vous en faites pas, je vous
assure que nous ferons tout pour préserver votre sécurité.

Avec force grondements, la cohue finit par se disperser.

- Joli coup ! lança Yuffie en faisant mine d´applaudir. Je ne
pensais pas que ces fous furieux t´écouteraient !

Elena haussa les épaules.

- C´est mon boulot ! Et maintenant…

Elle se tourna vers la rescapée.

- Pourrions-nous savoir qui vous êtes et ce que vous
voulaient ces gens ?

A présent qu´elle l´observait attentivement, la Turk s´aperçut
qu´elle n´avait jamais rencontré personne dont l´apparence fut
aussi étrange. Ses vêtements, qui évoquaient plus ou moins un
immense patchwork, étaient tous recouverts de poches. De ces
poches, dépassait une multitude d´outils de formes et de tailles
variées. Une sorte de casquette de métal recouvrait le crâne de
l´inconnue, laissant dépasser quelques mèches brunes et
rêches. Avec un petit sourire, elle salua le groupe.

- Avant tout, merci beaucoup de m´avoir secouru (elle eut
un geste en direction du reste du village). Ils ne sont pas
méchants, vous savez. Ils ont juste peur. Dans un sens je
les comprends. Enfin bref… Je m´appelle Lucie Trenk.

- Mais pourquoi ces gens s´en sont-ils pris à vous ?
demanda Reno, qui avait entrepris de défaire prudemment
son bandage.

- A cause de mes recherches, bien sûr !

- Vos recherches ?

- Oui. Mon père était Arnold Trenk. Il a… Mais donnez-vous
la peine d´entrer.

De l´une de ses poches, Lucie sortit un petit boîtier dont elle
pressa l´un des boutons. La porte de sa maison glissa aussitôt
sur le côté.

- Vous voyez ? fit-elle en se tournant vers ses hôtes. Quel
besoin avions-nous de l´énergie Mako ? Avec un peu
d´inventivité, on arrivera à s´en sortir !

Elle introduisit les cinq amis dans sa maison. Elena eut une
moue désapprobatrice en découvrant l´état de la demeure.
Celle-ci était à l´image de sa propriétaire. Des pièces
métalliques et des appareils partiellement démontés jonchait le
plancher, tandis que des croquis maladroits étaient accrochés
aux murs.

- Excusez-moi pour le désordre, lança la jeune fille en
conduisant ses invités dans la pièce principale. Mais je n´ai
pas le temps de m´occuper à des choses aussi futiles que
le rangement ! Attendez… Je vais bien réussir à trouver
des chaises…

A force de recherches effrénées, Lucie parvint à mettre la main
sur une chaise à laquelle manquait un pied, deux tabourets
poussiéreux et trois caisses de bois.

- Très bien, commença Vincent en s´installant prudemment
sur l´une des caisses qui gémit effroyablement. Vous
vouliez nous raconter votre histoire ?

- Oui. Ainsi que je vous l´ai dit, mon père était Arnold
Trenk.

- J´en ai entendu parler, coupa Elena. J´ai lu le dossier.
Arnold Trenk, responsable du projet Passerelles. Section B
752 bis de la section des archives je crois. Débuté il y a
quinze ans et cinq mois, c´est ça ?

Reno leva les yeux au ciel. Elena n´était définitivement pas un
être humain normal. Quelque peu désarçonnée, Lucie
acquiesça.

- Qu´est-ce que c´est que ce projet Passerelles ? demanda
Yuffie qui baillait à s´en décrocher la mâchoire.

- Eh bien, il fut un temps où le folklore Cetra a été très
d´actualité. Toutes les légendes des Anciens ont été
soumises à une analyse minutieuse. Par cette méthode, la
SHINRA pensait pouvoir percer le secret de la puissance
Cetra.

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