Voilà... Rappel: ils pénètrent dans la grande soute. C´est la deuxième partie de ma nouvelle, la plus courte et celle dont je suis le moins satisfait; elle me semble relever plus du jeu de massacre que de l´horreur proprement dite.
7
La créature inconnue aperçue par Craven lorsqu’elle avait mis en pièces Romero n’était visible nul part. Mais de nombreux signes de sa présence pouvaient être relevés. En réalité, la grande soute ne ressemblait plus du tout à ce qu’elle avait été. Toutes les caisses de bois et boîtes en carton qui constituaient un inquiétant dédale lors de la précédente visite de Craven avaient disparu de la vaste réserve ; elles étaient à présent empilées contre les murs, les dissimulant complètement, leurs ouvertures tournées vers l’intérieur de la pièce. On aurait dit des casiers, ou plutôt des alvéoles, comme dans une ruche d’abeilles. Le reste de la pièce… Les différentes machines que contenaient les caisses auparavant étaient agglomérées en piliers, en poutres absurdes, qui se fixaient au plafond, aux murs, au sol, aux poutrelles métalliques. Cette toile d’araignée technologique était maintenue en place par les journaux. Les piles de vieux papiers rangées dans la cale avaient été mâchées, transformées en un immonde ciment gris et gluant qui enveloppait, recouvrait les parois trouées de centaines d’alvéoles et les épaisses arêtes traversant la pièce. La grande soute n’était plus qu’une immense ruche remplie d’un entrelacs absurde de piliers et de poutres d’acier baignée dans du papier mâché.
Tels des astronautes explorant une planète lointaine, Reno, Craven, Jeunet et Jackson avancèrent à pas prudents.
- Un nid, murmura Craven. Mais c’est quoi, ce monstre ? Une fourmi géante ?
Aux bouts de filins de papier mâché pendaient deux cocons blancs. Reno brandit sa torche électrique. Le premier cocon contenait un squelette disloqué. Le second… le visage en bouillie, le corps démembré, éventré, sanguinolent, il était pratiquement impossible à reconnaître.
- Ca doit être Romero, fit Jeunet. Reno, vous êtes sûr de pouvoir détruire cette horreur ?
- J’étais un Turk. Malgré tout, je ne promets rien : l’une des premières consignes que j’ai apprises, c’est qu’on ne doit jamais sous-estimer l’adversaire.
- Maintenant, nous savons pourquoi la chose a fait toutes ces poutres, dit Jackson. Elle y suspend sa nourriture. Mais à en juger par le nombre de poutres, elle envisage un véritable festin.
Il s’approcha d’une paroi. Toutes les caisses avaient leur ouverture tournée vers lui. Il regarda dans l’une d’elles…
- Il y a des œufs dans les alvéoles !
Craven s’approcha à son tour. Une sphère parfaite, d’un pourpre violent, grosse comme une tête humaine, reposait dans la caisse.
- C’est bien un nid. S’il y a un œuf dans chaque caisse et carton, la chose prépare une véritable invasion de la planète.
- Atchaa !
Après s’être assuré que le monstre ne les espionnait pas, Reno sortit tous les œufs de leurs alvéoles. Lorsqu’il les transportait, ils palpitaient doucement dans ses bras. Il les déposa au centre de la pièce et leva son bâton. Sept sphères brillantes y étaient incrustées. Mais celles qui étincelaient étaient une Matéria Feu de taille maximum, où dansaient quatre lumières, et une Matéria Tout qui n’était qu’au troisième niveau, avec trois lumières. Une fumée jaune monta autour de Reno.
Le grand amoncellement d’œufs violets s’enflamma brutalement. Les répugnantes sphères battaient comme des cœurs tout en se consumant.
- J’ai pu constaté que vous disiez la vérité, Jackson. Mais il s’agit de retrouver votre monstre.
- Il n’a pas pu sortir, la porte était fermée !
- Il n’y en a pas d’autres ?
- Au-cune ! La grande soute n’a qu’une seule porte, et elle est restée verrouillée.
- Dans ce cas…
Reno se concentra à nouveau et les caisses de bois, les boîtes en cartons qui cachaient les parois se recroquevillèrent dans les flammes.
Les alvéoles avaient dissimulé une gigantesque déchirure. Le monstre avait confectionné une dernière « étagère » de casiers improvisés et l’avait tirée derrière lui lorsqu’il était sorti, pour les empêcher de découvrir l’ouverture.
- Quelle est cette direction, Jackson ? fit Reno.
- Oh… Les conduits d’aération. Ils parcourent tout le bateau. Ce monstre peut être n’importe où.
- Atchaa !
Tous se tournèrent vers Craven. Il sortait un Mouchoir de sa poche.
- J’ai le droit d’être enrhumé, non ? La cautérisation n’est pas efficace… J’ai le nez bouché depuis mon enfance, désolé.
En remontant sur le pont, ils entendirent un bruit d’hélices bien familiers. Ils coururent et virent que l’hélicoptère avait été remis en marche.
- Votre pilote s’affole, Reno ? lui demanda Craven.
- Nous n’avons pas de pilote. C’est moi qui contrôle cet engin, d’habitude.
Elena se précipita à leur rencontre.
- Reno ! Les empreintes digitales sur les manches des couteaux ! Ce sont celles de Yu !
- Comment ? Alors, c’est le monstre qui l’a manipulé…
En plissant les yeux, Craven parvint à distinguer quelles personnes étaient dans l’hélicoptère noir : c’était George Lucas et Ronny Yu.
- Lucas ! Yu ! Non !
Le marin obèse hurla pour couvrir le bruit assourdissant des rotors.
- DESOLE ! MOI, JE SUIS RICHE ! JE ME TIRE DE CE BATEAU DE MERDE ! BYE, BYE ! ET REGARDEZ…
Lucas brandit une grosse valise, un sourire aux lèvres.
- L’ARGENT DE LA DROGUE ! CRETIN DE JACKSON ! PENDANT DES ANNES, IL N’A PAS VU QUE JE RESTAIS SUR LE GIGER SIMPLEMENT POUR L’HEROINE !
- L’héroïne ? fit Jackson, stupéfait.
- JE T’ENCULE, GROS PORC ! OUAIS, L’HEROINE ! LE CONTRAT QUI ME LIAIT AU CAPITAINE KUBRICK ETAIT UNE INVENTION ! JE L’AI FABRIQUE EN UN WEEK-END ! JE ME DOUTAIS QUE TU ALLAIS ME VIRER ET AUSSI QUE SI TU ACCEPTAIS, PAR MIRACLE, DE ME GARDER, TU NE COMPRENDRAIS PAS POURQUOI, MALGRE MA FORTUNE, JE RESTAIS A BOSSER SUR CE BATEAU DE MERDE ! ALORS J’AI IMAGINE CE CONTRAT A DOUBLE TRANCHANT ! DES SIECLES QUE JE T’ENCULE ! QUELLE BELLE COUVERTURE… LE GIGER, LE CELEBRE BATEAU DES TURKS, QUI VOGUAIT D’UN COIN DU GLOBE A L’AUTRE !
Jackson avait le visage rouge et le regard haineux. Il serra les poings tandis que l’hélicoptère décollait.
- Et le capitaine Kubrick ?
- IMBECILE ! TU NE COMPRENDS PAS ? IL ETAIT DE MECHE AVEC MOI ! SPIELBERG AVAIT TOUT COMPRIS, MAIS IL NE POUVAIT RIEN REVELER CAR NOUS GARDIONS SA FEMME EN OTAGE ! VOILA POURQUOI IL ME HAIT !
A côté de Lucas, Ronny Yu se mit à crier :
- EH, JACKSON ! C’EST MOI QUI AI TUE SAVINI !
- Pourquoi ?
- NOUS CROYIONS QU’IL ETAIT DE NOTRE COTE, MAIS HIER SOIR, IL A MENACE DE NOUS FAIRE CHANTER ! ALORS, CETTE NUIT, JE ME SUIS INTRODUIT DANS SA CABINE ET JE LUI AI PLANTE DEUX COUTEAUX DANS LES YEUX ! BYE, BYE !
Jackson dit à Reno :
- Pourquoi ne l’arrêtez-vous pas ?
- Les hélicoptères des Turks sont blindés. Ils résistent aux armes à feu, aux missiles et à la magie.
Pendant que l’appareil noir s’élevait lentement, Craven remarqua que quelque chose de bizarre était fixé en dessous. Il reporta son regard vers le petit héliport et vit que le métal du pont était déchiré à cet endroit.
- Lucas ! Yu ! Sautez de l’hélicoptère !
Les deux trafiquants ricanèrent.
- Le monstre est accroché en dessous !
- Quoi ! s’exclama Jeunet.
Craven plissa les yeux, mais ne parvint pas à distinguer l’abomination. Elle était un peu moins volumineuse que l’hélicoptère avec lequel elle montait, et on pouvait voir divers membres, semblables à des coudes et à des mains, s’agiter dans l’ombre sous l’engin. Trois tubes roses couraient près de la queue de l’appareil. Si la chose était humanoïde, ils devaient être fixés à son crâne.
Soudain, un membre énorme jaillit. On aurait dit un tentacule épais comme un tronc d’arbre. Il s’enroula autour de l’hélicoptère ; Lucas et Yu hurlèrent de terreur. Leur véhicule volant se balança un instant et tomba dans la mer, près du Giger.
L’épave noire flottait. Ses pales brassaient désespérément l’eau de mer. Rugissement de prédateur. Pas de sang, pas de membres qui volaient, rien. Le silence s’installa.
- Puisse cette saloperie s’étouffer avec leurs sales tripes de dealers ! déclara Jeunet.
L’hélicoptère explosa. A côté de lui, quelque chose bondit hors de l’eau et y replongea. A une vitesse terrifiante, la créature fendit la mer en direction du navire.
Jackson bondit dans la salle des commandes et vociféra dans le micro :
- A fond de train, vite !
Il entendit la voix nonchalante d’Emmerich répliquer :
- Une minute… faut réordonner le réacteur numéro trois, dépressuriser une fois pour toutes et dévier la vapeur vers une zone en sous-tension pour l’alimenter… C’est un boulot qui prendra bien, pfou ! …un quart d’heure.
- Vous avez trente secondes avant la mort !
Cette fois, ce fut Devlin, éternel compagnon mécano d’Emmerich, qui répondit.
- Les menaces n’arrangeront rien.
- Fous dangereux, vous ne comprenez pas ? Le monstre est sorti de la grande soute ! Il a fait exploser l’hélicoptère avec Lucas et Yu dedans, et maintenant, il revient vers le navire.
Jackson n’entendit jamais la réponse des deux paresseux. Une violente secousse ébranla le Giger, suivie d’une grande déflagration. Il se remit sur pied et se précipita hors de la salle de pilotage. Le tentacule épais comme un tronc d’arbre qu’il avait vu s’enrouler autour de l’hélicoptère s’agitait à présent sur le pont. Le reste du monstre devait être derrière le grand aileron, près de la poupe.
Takashi Miike courait sur le pont. Il portait tout son matériel militaire ; il avait apparemment tout retrouvé juste à temps. Sur son épaule couverte de chargeurs, il tenait un Bazooka Solide incrusté de diverses Matérias.
- Tu vas te faire tuer, Takashi ! s’exclama Craven.
- J’ai gagné une Matéria Attaque Finale au Golden Saucer, lors de mon dernier congé.
- Et alors ?
- Demeuré ! A ton avis, que se passe-t-il si on l’associe à une Matéria Verte de Vie ? Ce monstre ne me tuera pas !
Miike bondit derrière l’aileron. Un membre énorme, semblable à une patte de dinosaure, surgit à côté de lui. Il parut un instant pétrifié par ce qu’il voyait, mais se reprit et visa soigneusement. Une belle roquette grise fila droit sur sa cible.
- J’aurais aimé au moins voir à quoi ressemblait cette chose… gémit Jeunet alors qu’une explosion retentissait.
- On dirait que le monstre a résisté à la roquette ! fit Craven. Regarde, Takashi épaule encore son Bazooka Solide !
Un tentacule vert aussi mince qu’un doigt humain surgit. Il se tortilla et se planta dans la poitrine de Miike, qui laissa échapper un petit cri. Le bazooka tomba à terre tandis que le petit appendice se rétractait.
- Il est paralysé ? dit Jackson. Ce machin l’a piqué…
Le tentacule apparut à nouveau, enlaça Miike, qui restait immobile, et l’entraîna derrière le grand aileron noir. Reno sursauta et se mit à courir en soufflant :
- Le monstre l’éloigne de son arme ! Les Matérias Vie et Attaque Finale ne feront pas effet si leur propriétaire est trop loin !
Un râle plein de souffrance. Craven, Jeunet et Jackson emboîtèrent le pas à Reno. Redoutant de deviner ce qu’il allait découvrir, Craven se hâta encore davantage.
Il n’y avait plus de monstre. Il n’y avait pas de cadavre. Dans l’acier noir et blindé de la coque du Giger avait été creusé un nouveau trou, apparemment sans le moindre effort. La chose avait emporté Miike.
- Qu’y a-t-il en dessous ? dit Jeunet.
Jackson blêmit.
- Un tas de conduits d’aération et puis… la grande soute.
- Ce monstre possède apparemment une capacité d’adaptation rare, conclut Reno. Il a tout de suite su utiliser au mieux ce que contenait le Giger.
- Ne l’avez-vous pas déjà dit ? fit Craven. J’ai l’impression que vous en savez plus que ce que vous ne voulez bien nous révéler, vous les Turks.
- Nous ne sommes plus des Turks, lui rappela Elena. Mais pour résumer, Reno a découvert qu’il avait commis une gaffe en laissant tomber trop longtemps le Giger.
Reno baissa la tête. Elena serrait les dents, les mains sur les hanches. Elle finit par parler.
- L’avion Gelnika contenait toutes sortes de choses, essentiellement du matériel anti-Armes. C’était une véritable station de recherches volante. Au moment du crash, un parasite des plus dangereux s’est échappé
- Un parasite ? grogna Craven. Mais quel genre de scientifiques…
- Des lieutenants d’Hojo : ils faisaient des recherches sur des armes biologiques et ont fini par conclure qu’il suffisait de créer une créature capable de contrôler et de faire muter n’importe quel être vivant, en faisant fusionner leurs systèmes nerveux. Ils ont appelé ça l’Hermès. L’Hermès devait être lâché sur une Arme, par exemple celle qui parcourt actuellement les océans, l’Arme Emeraude. En se fixant à elle, il aurait dévoré son ADN et l’aurait réutilisé pour la métamorphoser, faire évoluer son corps à une vitesse incroyable, donnant un monstre invincible. Le monstre serait parti à la recherche de proies à sa taille – les autres Armes – et les aurait tuées les unes après les autres.
- Très bonne idée ! s’esclaffa Craven. Et après ? Ils espéraient faire disparaître ce monstre d’un coup de baguette magique ?
Reno lui lança un regard noir et répliqua :
- L’Hermès a une faille. Il la transporte dans son système nerveux protéiforme et doit la transmettre à toutes les cellules du corps de son hôte, puisqu’il ne fait plus qu’un avec lui. Cette faille rend son organisme entier vulnérable à une souche mutante du rhume. Nous avons appelé ce virus « l’Anti-Mercure ». En aspergeant n’importe quelle partie du corps de l’Hermès d’une solution contenant de l’Anti-Mercure, on provoque sa désagrégation immédiate.
- Génial ! Pourquoi n’avez-vous pas amené l’éprouvette avec vous ?
- Il n’y en avait qu’une dizaine de doses et elles ont toutes grillées avec le Bâtiment Shinra. Cependant, il reste un mince espoir.
- Lequel ? hurla Craven. Cette saloperie d’Hermès est faite pour casser la gueule à des Armes !
- Le parasite était supposé acquérir une telle puissance en se fondant dans une Arme. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a aucune Arme près du Gelnika, et le monstre que nous avons vu serait beaucoup plus grand s’il avait atteint ce but ; en fait, il ferait dans les trois mille mètres de haut. En proportion, je dirais que l’Hermès s’est fixé à la nuque d’une créature d’environ trois mètres de haut ; les proportions correspondent.
- Quelle créature ?
- Il y avait des monstres dans le Gelnika. Des Caniches, des Serpents de Mer, mais aussi des monstres inconnus, dérivés d’êtres humains, produits des expériences. A en juger par les « tubes roses » que j’ai cru entrevoir quand l’Hermès était fixé sous notre hélicoptère, je dirais que le parasite a choisi un « homme-fleur ».
- C’est bien, Reno ?
- C’est cauchemardesque, Craven. Les « hommes-fleurs » comptent parmi les pires monstres créés par manipulations génétiques. Si l’Hermès s’est allié avec l’organisme d’un « homme-fleur », il devrait pouvoir : - nous paralyser en nous piquant avec son petit tentacule vert, - nous démembrer, - nous manipuler mentalement.
- Comme Miike, Romero et Mc Tiernan ! Tout s’explique !
- Mais certaine de ses caractéristiques physiques me sont inconnues, ajouta Reno. Il a dû les dénicher en pillant l’ADN de l’ « homme-fleur ». Columbus, par exemple, semble avoir été digéré vivant.
- Les étoiles de mer font ça, dit tristement Jeunet. Elles ouvrent de force la coquille des mollusques, fixent leur estomac dessus et attendent que leurs sucs digestifs les dissolvent.
- Je ne laisserai pas ce monstre me faire ça ! s’exclama Elena. Pas question !
- Appelez tout le monde dans la salle des commandes, conseilla Reno à Jackson. Il est temps d’agir.
Tiens, j´ai remarqué que les bugs de copier/coller reproduisaient toujours la même suite de caractères: "’". Curieux. Sachez aussi que les personnalités des personnages ne correspondent pas toujours à ce que je pense d´eux: si Columbus est bien un réalisateur médiocre et George Lucas l´équivalent cinématographique d´un gros bonnet du trafic de drogue, Lucas et Spielberg sont les meilleurs amis du monde, et non les pires ennemis; de même, John Carpenter n´a jamais été catholique.
8
Ils se rendirent au poste de commande. La nuit tombait. Dario Argento mit en contact tous les haut-parleurs et Jackson commença à hurler dans le micro.
- MATELOTS ! TOUS AU RASSEMBLEMENT ! IMMEDIATEMENT ! LE MONSTRE S’EST ECHAPPE DE LA GRANDE SOUTE ! IL A TUE MIIKE, YU ET LUCAS ! AMENEZ TOUTES VOS ARMES ! JE SAIS QUE VOUS N’AVEZ PLUS AUCUNE RAISON DE M’OBEIR, JE FAIS APPEL A VOTRE BON SENS !
Il reprit son souffle et caressa sa barbe.
- Tous les haut-parleurs du navire ont répété ça à plein volume. Il faudrait qu’ils soient sourds pour ne pas entendre l’appel. Et s’ils sont assez bêtes pour ne pas venir… je dirais que leur châtiment sera à la hauteur de cette inconscience.
Une demi-heure plus tard, tout l’équipage était là. Dans le ciel noir, on apercevait à présent les lumières cruelles des étoiles. Le dernier marin qui arriva était Jésus Franco, le cuisinier. Il était d’une pâleur cadavérique ; son visage était baigné de sueur.
- Où sont Bass, Loncraine, Hooper et Robbins ? s’avisa Jackson.
- Loncraine a voulu rester dans sa cabine, Robbins et Bass ont disparu…
- Et Tobe Hooper ?
- Il était derrière moi dans la coursive, haleta Franco. Une forme noire… c’était sûrement cette sale bête… elle l’a chopé.
Reno distribua à tous les marins de petites bagues brillantes et prit la parole.
- Ce sont des Anneaux de Paix ; ils empêcheront le monstre de vous manipuler comme Mc Tiernan. Je les ai achetés avant de venir : ils coûtent 7500 gils chacun, vous me les rembourserez au retour sur le continent. Je crois qu’il est temps de vous mettre au courant. Le monstre qui a commencé une élimination méthodique de tous les êtres vivants de ce bateau s’appelle l’Hermès. Nous l’avons ramené du Gelnika par erreur. A la base, c’est un parasite créé par les scientifiques de Shinra Inc. pour fusionner avec une Arme et détruire tout l’Arsenal de la Terre. Mais quand l’avion s’est écrasé entre ces falaises, l’Hermès a été libéré et il s’est apparemment fixé à un autre sujet d’expérimentation, l’ « homme-fleur », un végétal géant avec un crâne humain entre les pétales. Il n’a aucune intelligence : c’est un simple prédateur. La substance destinée à le dissoudre entièrement après sa mission, l’Anti-Mercure, qui sert de vecteur à une souche mutante de la grippe contre laquelle il n’est pas immunisé, était dans le Bâtiment Shinra, près du Président Rufus, et a été détruite. L’Hermès est capable de vous digérer vivant, de vous paralyser si vous êtes atteint par son tentacule-dard empoisonné, de vous manipuler(comme le malheureux Mc Tiernan, qui sous son influence a défoncé le crâne de Raimi) et de vous réduire en pièce grâce à son extraordinaire musculature.
- Où est le problème ? dit Spielberg. Nous n’avons qu’à fuir le Giger.
- Impossible : l’hélicoptère a explosé. Vous pouvez toujours essayer de filer par la mer, avec un de nos bateaux à moteur, mais l’Hermès semble fendre l’eau plus vite qu’un requin, raison pour laquelle il est également déconseillé de se barrer à la nage. Nous pourrions demander du secours à Shinra Inc. par radio, malheureusement… Shinra Inc n’existe plus. L’unique moyen de nous en tirer : tuer l’Hermès.
- Il est puissant, mais pas invincible, rappela Craven. Evitez seulement de trop vous en approcher ou il vous paralysera.
Polanski réagit.
- Vous êtes complètement cinglés ? Vous voulez que nous allions gratter le nez à un outil biologique conçu pour exterminer l’Arsenal de la Terre ?
- Auriez-vous une autre solution, Matelot Polanski ? rétorqua Jackson d’un ton glacial.
- Ouais. Faisons filer le Giger jusqu’à une plage où nous débarquerons.
- Hors de question ! protestèrent Devlin et Emmerich. Nous refusons de descendre seuls dans la salle des machines pour faire redémarrer le navire !
- On vous accompagnera…
- Le nombre ne changera rien, dit Craven. Ce monstre a à plusieurs reprises déchiré la coque, le pont ou les parois du Giger – dois-je vous rappeler qu’elles sont d’acier doublé de titane ? Une force pareille… Nous serons massacrés en quelques instants.
- Alors pourquoi sommes-nous vivants ? répliqua Jeunet.
Craven posa son index sur l’écran du détecteur.
- La réponse est là. Regardez, les points étiquetés « Tobe Hooper » et « Saul Bass » se déplacent vers la poupe pour rejoindre « George Lucas », « George A. Romero », « Chris Columbus », « Ronny Yu », « Takashi Miike ».
- Je croyais qu’ils étaient tous morts ! s’exclama Jeunet.
- Ils le sont. L’Hermès doit transporter leurs cadavres vers la grande soute pour les enfermer dans des cocons. Ainsi, la nourriture sera conservée au frais.
- On dirait une araignée… fit Burton.
- Je ne sais pas quels gènes ces savants attardés ont implantés à leur foutu parasite et à leur foutu « homme-fleur », moi ! Ce monstre digère les gens vivants comme une étoile de mer ou un anaconda, il se fait une ruche comme les abeilles…
- Il n’a encore fait qu’une couveuse, affirma Reno. Au final, je pense qu’il est prévu que le Giger tout entier se transforme en nid flottant… voguant vers divers quais pour répandre cette espèce terrifiante sur notre belle planète.
Craven frissonna dans l’air frais de la nuit. Une idée terrible lui vint à l’esprit.
- A propos, Reno… Combien de temps faudra-t-il pour que les œufs éclosent ?
- Vous avez la mémoire courte, Matelot Craven, dit Jackson. Nous les avons tous brûlés.
- Et vous êtes bien naïf, « capitaine » Jackson. Il a sûrement repris la ponte.
Sans prêter attention à l’intervention du barbu, Reno se gratta la tête.
- Impossible à savoir. L’Hermès n’était à l’origine pas censé pouvoir se reproduire : il devait simplement se greffer sur une Arme et la transformer en monstre invincible afin qu’elle extermine tout l’Arsenal. Il a dû dérober le moyen de reproduction dans le code génétique de l’ « homme-fleur ». Pour une créature de cette taille, je dirais qu’il faudrait plus d’un an avant la naissance des premiers bébés.
- Ouf !
- Le problème, c’est que l’Hermès a été fabriqué de manière à pouvoir optimiser toutes les ressources de son ADN, de celui de son hôte et de ceux de ses proies. A chaque espèce ingérée, il augmente son intelligence, renforce sa musculature, diminue le temps de ponte et d’éclosion.
- Alors… nous, les hommes ?
- Pour exploiter toutes nos possibilités, il a dû remonter au stade du génome de rongeur. Combien de temps met un lapin pour accoucher ?
- Reno !
- Envisager le pire, c’est ce qu’on nous apprend chez les Turks. Mais là, c’est une hypothèse optimiste : l’ADN humain est l’un des plus malléables qui soient. Dès qu’il a digéré Columbus…
John Carpenter s’avança. Inquiet, Craven remarqua que les points signalant les victimes du monstre, sur le détecteur ronronnant, s’étaient immobilisés dans la grande soute depuis déjà dix minutes. L’Hermès allait bientôt se remettre en chasse.
- Steven m’a sorti de ma cellule, fit Carpenter. Depuis que j’ai dessaoulé, j’ai beaucoup réfléchi. Nous avons trois solutions : mettre le feu au stock d’explosifs de la troisième soute…
- Vous n’y pensez pas ! Le Giger vaut…
- Capitaine, personne n’ira vous donner la facture : la Shinra n’existe plus, combien de fois faudra-t-il vous le répéter ? La seconde solution : aller nous-mêmes démolir ce monstre.
- Pas question ! vociféra Polanski.
- Enfin, poursuivit Carpenter, la troisième solution : tous nous réunir sur le pont, à portée de tir de notre grosse mitrailleuse. Le monstre viendra nous chercher, et je doute qu’il fasse encore le malin avec une tonne de balles dans le derrière.
- La première option me semble idéale, dit Craven. Mais elle est trop risquée. Nous quittons le bateau en mettant le feu aux explosifs, et si l’Hermès nous suit, il sera détruit pour rien, et nous serons bouffés quand même. Je vote donc pour la troisième solution : la mitrailleuse.
- Alors, nous allons servir d’appâts ?
Tout s’effondra. Le plancher métallique de la salle des commandes fut réduit en lambeaux par des griffes grandes comme le bras de Craven. Un immense trou au centre de la pièce. Clive Barker disparut en hurlant dans le gouffre obscur ; deux mâchoires terribles, gigantesques, pleines de muscles saillants, dégoulinantes de bave, se refermèrent sur lui. Des dents… Des crocs, plutôt… Des crocs jaunes et effilés comme des rasoirs, longs de plus d’un mètre, étaient plantés dans cette gueule cauchemardesque. Le cri de Barker s’éteignit. Les mâchoires trônaient, surgissant du plancher déchiqueté, au milieu de la pièce. Plusieurs appareils explosèrent ; Argento s’en éloigna en gémissant. L’énorme gueule de dinosaure se rouvrit, laissant passer un petit tentacule vert. Craven le reconnut : c’était cet appendice qui avait immobilisé Miike. Plaqué contre le mur, comme tous ses collègues, il était déjà pétrifié par la peur.
Sans hésitation, le tentacule fila hors de la gueule grande ouverte et écorcha le bras de James Cameron.
- Hé, tu crois que…
Les muscles du visage de Cameron se figèrent et il se raidit. Surmontant sa terreur, Craven bondit jusqu’à la porte et s’enfonça dans l’obscurité. Devant lui, il vit Reno, Elena, Rude, Carpenter, Spielberg et Franco courir dans la nuit. Après avoir accéléré l’allure, il s’aperçut que Jeunet, Burton, Polanski, Emmerich et Devlin le suivaient. La poignée de marins restés trop longtemps dans le poste de pilotage poussaient des hurlements atroces.
De l’extérieur, en courant toujours plus vite, ils virent que la cabine se dilatait, comme si toutes les parois étaient soumises à une incroyable pression. Elle explosa et l’Hermès en sortit.
C’était le monstre le plus impressionnant que Craven ait jamais vu. La nuit noire ne dissimulait pas son corps massif, bleu argenté comme celui d’un poisson, recouvert de tentacules blancs, qui se tordait horriblement. Il était prolongé d’une queue presque aussi épaisse, une queue de dinosaure, qui devait bien faire huit mètres de long. C’était ce membre volumineux qui s’était enroulé autour de l’hélicoptère. Sous le ventre distendu, deux jambes titanesques, bardées de muscles gonflés à bloc, ressemblant à celles d’un tyrannosaure mais sans genoux ; elles étaient repliées vers l’arrière comme des bras humains géants ou des pattes de sauterelles. Au-dessus du crâne, six tubes roses achevés par des épines noires, sans doute les pétales de l’ « homme-fleur ». Mais le plus terrible restait la tête. C’était la gueule innommable armée de crocs acérés qui avait surgi dans la salle des commandes, surmontée d’une paire d’yeux blancs qui cherchaient, motivés par un appétit insatiable, de nouvelles proies. Des mâchoires gigantesques, qui laissaient passer le tentacule buccal paralysant dont avaient été victimes Miike et Cameron. Ce membre vert était en fait une sorte de langue.
Les affreux yeux blancs, sans iris ni pupilles, se fixèrent sur eux, et l’énorme abomination se lança à leur poursuite. Chacun de ses pas ébranlait le pont. Craven se demandait comment une créature d’une telle taille avait pu être entièrement cachée par l’hélicoptère ; il conclut finalement que tous les hommes qu’elle avait ingérés avaient participé à une croissance stupéfiante qui n’allait pas faciliter les choses… Il tenta d’accélérer encore, mais ses jambes fournissaient déjà un effort surhumain. Elles étaient transpercées par les crampes. Quelle hauteur faisait l’Hermès ? Douze mètres ? Dix-huit mètres ? Il manquait de références pour évaluer la taille du monstre.
Craven vit que Reno et Carpenter avaient atteint la grosse mitrailleuse qui se dressait devant l’héliport. Dans la nuit noire, elle acquérait des reflets bleutés. Elena, Rude et Spielberg les rejoignirent, rassurés par la présence imposante de l’arme à feu.
Craven se précipita vers eux.
Reno tripota les mécanismes de contrôle de l’arme. Comme tous les autres Turks, il savait faire fonctionner l’équipement technologique du Giger, mais les ténèbres l’empêchaient de distinguer les commandes. Il saisit une poignée, appuya sur un interrupteur. Le canon de deux cent kilos pivota sur sa base. Il mania encore quelques leviers et s’empara d’un guidon semblable à celui d’une moto.
A la traîne, les mécanos Roland Emmerich et Dean Devlin étaient presque à portée de la gueule rugissante de l’Hermès.
- Aidez-nous !
- Promis ! Plus jamais nous ne laisserons de cambouis dans le…
Devlin ne put finir sa phrase ; la patte de dinosaure de l’énorme créature l’écrasa comme un insecte, répandant une grande flaque de sang sur le pont. Les étoiles se reflétaient dans cette mare noire. Fou de terreur, Emmerich fit un dernier effort musculaire. La langue paralysante de la créature lui transperça la jambe. S’égosillant dans un dernier hurlement, il fut ramené entre les mâchoires avides par ce diabolique tentacule vert. L’Hermès mâcha, et des torrents de sang frais se répandirent aux alentours, dans un bruit d’éclaboussures écœurant. Une main coupée, toujours engoncée dans un gant crasseux, retomba sur l’épaule de Craven qui sursauta.
En maniant le guidon, Reno prit le contrôle des mécanismes hydrauliques qui permettaient le déplacement de la lourde mitrailleuse. Il la dirigea droit sur le monstre, visa et appuya sur la gâchette avec un cri de joie.
Le canon déversa une fontaine de feu. La première rafale rata de peu la créature et se perdit dans l’acier du pont. Reno serra les dents, décrocha son bâton et l’utilisa pour maintenir la gâchette enfoncée. La mitrailleuse se mit à tirer en continu ; il tira sur le guidon et elle alla frapper le flanc de l’Hermès.
L’effet fut dévastateur. La peau écailleuse du monstre se déchira, répandant du sang transparent. Quelques tentacules blancs, sectionnés, tombèrent à terre. L’abomination poussa un épouvantable rugissement et se débattit. Le feu nourri la fit reculer. Son flanc était en bouillie. Alors elle s’accroupit et bondit.
L’espace d’un instant, le firmament disparut au-dessus du Giger. Reno recula juste à temps ; l’Hermès retomba là où il se tenait quelques instants plus tôt. Le monstre prit la mitrailleuse dans sa gueule dégoulinante de sang noirâtre et la déchiqueta. Il recracha quelques fragments de métal noir.
Toutes les personnes réunies près de Reno s’enfuirent à leur tour. Carpenter ne fut pas assez rapide ; la créature l’avala tout rond.
Craven était horrifié. La chose allait digérer Carpenter vivant. Il parcourut des yeux les alentours. Jesus Franco nageait dans la mer invisible, en direction d’une falaise que l’on voyait à peine, pâle tache de craie dans l’encre de la nuit. Reno, Rude et Elena faisaient face à l’Hermès. Steven Spielberg et Peter Jackson s’étaient enfuis en direction des cabines. Roman Polanski, Jean-Pierre Jeunet et Tim Burton étaient debout, paralysés, à côté de lui. En comptant les Turks, ils avaient été trente. Neuf survivants. Et bientôt, ils flotteraient tous dans l’estomac de l’Hermès.
- Elena ! rugit Reno. Tu as des Matérias Rouges ?
- Non, mais j’ai ça.
Elle lança quelque chose et le monstre fut pris dans un tourbillon de feu. Il se recroquevilla en position fœtale ; les flammes s’éteignirent.
- Quelque chose de plus puissant !
Deux hommes arrivèrent, portant des cartons dans leurs bras. Jackson s’arrêta et se retourna.
- Loncraine ! Robbins ! Où étiez-vous passés ?
- Nous sommes allés dans la seconde soute, capitaine !
- On a ramené du matériel !
La créature se releva. Ses flancs semblaient en ébullition.
- Qu’est-ce qu’il fait ? demanda Craven à Reno.
- Il se régénère ! Je ne vous l’avais pas dit ?
Sans prêter attention au gigantesque monstre, Loncraine et Robbins tirèrent des objets divers de leurs cartons. Plusieurs Matérias, un Mouchoir, trois Dents de Dragons et un drap blanc cassé. Ils commencèrent par agiter le linge qui s’évapora dans la nuit noire.
- C’est quoi ? fit Jeunet.
- Un Rideau Clair, répondit Robbins. Ca va nous protéger un moment… comme un champ magnétique.
L’Hermès donna un grand coup de queue à Polanski. Le membre s’arrêta un instant dans l’air, puis vint à bout de la résistance et envoya le marin contre une paroi de métal noir. Il retomba, inerte, la nuque brisée.
- Je vois, dit Craven.
- On dirait que la puissance de ses coups est à peine atténuée, ajouta Jeunet.
- Non, c’est efficace. Je pense que si Roman avait pris la queue de plein fouet, elle l’aurait écrasé contre le mur.
Le monstre avança d’un pas et rugit.
- Il a l’air vraiment furieux, constata Elena. Reno, dépêche-toi !
- Que veux-tu que je fasse ? Ah si… Hé, les nuls, passez-moi vos Matérias !
Il déchira sa chemise bariolée et la jeta droit dans la gueule du monstre qui l’avala sans se poser de question.
- Ca va encore nous faire gagner quelques secondes. J’ai mis une Grenade dans une poche.
Puis il sauta sur les cartons. Loncraine et Robbins avaient pris chacun une Dent de Dragon. Craven fouilla à son tour dans une boîte, tandis que la gueule de l’Hermès était secouée par une violente déflagration. Il trouva un tas de Mouchoirs, une troisième Dent de Dragon très endommagée et… une poignée de poudre. Elle étincelait dans la nuit noire.
Jeunet se précipita sur la poudre.
- C’est à moi, Wes ! Je l’ai gagnée au Battle Square…
- De la cocaïne ?
- De la Poussière d’Etoiles, ignare.
- Cette revue des mille objets que l’on peut trouver, avec un peu d’acharnement, dans notre merveilleux monde, est fort intéressante, Jean-Pierre. Je suggère néanmoins que nous nous occupions un peu de ce…
Craven désigna l’immense monstre, qui s’était remis de la Grenade dissimulée dans la chemise de Reno. La créature éventra d’un bon coup de griffe Tim Burton.
- Tiiiiiim !
Le marin cracha un flot de sang noirâtre qui se mêla à sa chevelure hirsute. Il retomba, face contre terre, dans sa vomissure. Ses viscères dégoulinantes se déroulaient autour de lui, à peine visibles dans les ténèbres. La chose poussa un nouveau rugissement et engloutit les restes de sa victime.
Submergés par la fureur, Craven et Jeunet se mirent à chercher dans les cartons avec encore plus d’empressement. Loncraine et Robbins utilisèrent leurs Dents de Dragons. L’Hermès fut soudain englouti par une bourrasque. L’électricité déchaînée frappait sa gueule hideuse, dégoulinante de sang, avec une haine et une célérité folle. Il se débattit un instant dans les éclairs, redressa la tête. La tempête cessa. Les brûlures disparaissaient déjà.
Craven et Jeunet trouvèrent l’objet souhaité.
- Quelle chance !
Ils jetèrent l’accessoire à Reno qui avait enfin fixé les nouvelles Matérias à son bâton Garde de Princesse.
- Un Anneau Maudit ? fit Reno. Je n’en ai pas besoin !
Deux mâchoires titanesques se refermèrent sur lui. Le monstre déglutit. Elena hurla. Rude lui prit le bras.
- Nous n’arriverons jamais à battre l’Hermès ! Il est beaucoup trop puissant ! A moins d’avoir les Matérias Attaque Finale et Phénix… La première, nous ne l’avons pas ici, et la seconde n’est qu’une légende.
Ils s’enfuirent ensemble à travers l’obscurité, dans la direction d’un escalier qui descendait en dessous du pont. Craven les suivit, alors que Loncraine et Robbins étaient pulvérisés en un jet de sang noir par un effroyable coup de pied du monstre. Leurs intestins, rouge sombre dans la nuit, se déroulèrent sur les peintures à l’aérographe d’H.R. Giger.
En se précipitant sur les marches qu’il ne voyait pas dans l’obscurité, Craven gémit.
- Jean-Pierre, es-tu là ?
- Ne te retourne pas, continue à courir.
- Il va nous poursuivre ?
- L’escalier est trop petit pour lui. Naturellement, en défonçant le métal… Mais je crois qu’il va d’abord traquer Franco, Spielberg et Jackson. Le premier fait de la natation, et les deux autres veulent s’enfermer dans leurs cabines.
- Ils sont fous, Jean-Pierre ?
- Nous avons tous trop peur pour raisonner convenablement, Wes. Puisque ces trois-là vont y passer… Nous ne sommes plus que quatre.
- Es-tu sûr qu’il va préférer… ?
Un râle inquiétant interrompit Craven.
- C’était Jesus Franco, dit Jeunet. Un de moins.
- Tu crois que Rude et Elena ont un plan ?
- Il y a quelques jours, c’était encore des Turks. Je crois que quand Reno s’est fait bouffer, ça les a ébranlés, mais ils sont formés pour résister à la mort d’un collègue. Oui, ils ont probablement un plan. Je ne vois pas lequel…
- Que comptent-ils faire dans la salle des machines ?
- Peut-être faire exploser les réacteurs Mako. Wes, ça détruirait le Giger et l’Hermès avec.
- Je ne veux pas mourir, Jean-Pierre !
- Moi non plus. Mais si nous sommes foutus… Autant empêcher cette saloperie d’envahir le monde. Tu as vu sa résistance, ses capacités de régénération ? Je n’ai pas encore jeté ma Poussière d’Etoiles sur l’Hermès, mais je ne pense pas que ça lui fasse grand-chose.
La salle des machines, contrairement au pont, n’était pas plongée dans le noir total : Rude avait actionné un interrupteur et une ampoule jaunie répandait une faible lueur parmi les fils électriques et les tuyaux. Un gros cylindre et trois plus petits étaient regroupés au centre de la pièce. Ils laissaient filtrer une douce lumière bleue et sur leur surface métallique était peint « SHIN-RA Inc. ». Un gouffre s’ouvrait à droite de la grande pièce ; il laissait entrevoir une gigantesque masse d’appareils noirâtres et fumants. Craven se baissa pour éviter de cogner son crâne à une rangée de vannes immenses fixées à la mystérieuse étendue de tuyaux qui dissimulait le plafond.
- Tu as un plan, Rude ? dit Jeunet.
- L’un d’entre vous a-t-il le nez bouché ?
La voix de Rude était sèche et dissimulait mal son chagrin.
- C’est une plaisanterie ?
- Reno parlait trop, fit Rude. Ceux qui se taisent, comme moi, ont le temps de réfléchir et apprennent beaucoup en écoutant les autres. Je sais comment nous pouvons fabriquer de l’ « Anti-Mercure ».
- Quoi !
- Pour créer le virus, Hojo a fait muter un spécimen de rhume. Pour obtenir une transformation de la souche, il l’a exposée à de l’Energie Mako presque pure.
- Ah, tu veux… ?
- …
- Je suis désolé, reprit Jeunet, mais je n’ai pas le nez bouché.
- Moi non plus, fit Elena.
Craven avança.
- Vous avez de la chance. Je devais me faire cautériser les deux narines. Elles sont obstruées depuis mon enfance par ces saletés de végétations.
Sans un mot, Rude lui tendit un Mouchoir.
Dans un silence respectueux, Craven prit une grande inspiration et se vida le nez. Il tendit le Mouchoir gluant à Rude. L’ex-Turk tira de sa poche un sachet de plastique et y transvasa la morve, avant de lâcher le Mouchoir.
- Je me demandais pourquoi tu t’étais emparé d´un des Mouchoirs que Loncraine et Robbins avaient planqués dans ces cartons, déclara Elena. Berk !
Rude ne répondit pas. Religieusement, il ouvrit une valve du grand réacteur Mako et y déposa le sachet en plastique. Il regarda sa précieuse montre où brillaient toujours des Matérias. Après deux minutes, il sortit le sachet.
- Voilà. A présent, les germes contenus là-dedans sont mutants.
Enfin, il cracha dans le sachet et le secoua.
- C’est fini, conclut-il. Nous avons notre propre Anti-Mercure.
- Bravo, Rude ! s’exclama Elena.
- …
- C’était bien joué, Rude, renchérit Jeunet.
- …
- Nous sommes sauvés, fit Craven.
- …
- Mais maintenant, reprit Jeunet, nous devrions aller à la rencontre de l’Hermès, non ?
Rude daigna enfin parler.
- Non.
- Non ?
- Non. Il faut l’attendre ici.
- Mais il va dévorer Jackson et Spielberg ! protesta Craven.
- Pourquoi croyez-vous que ce monstre n’est pas encore ici ? dit Rude, sarcastique.
- Alors, pourquoi l’attendre ?
- …
Des pas se firent soudain entendre. Terrible brouhaha ; l’acier et le titane étaient froissés et déchirés par les muscles invraisemblables de la créature. Enfin, dans la lumière vacillante de l’ampoule, apparut la gueule abominable de la chose. « Ses yeux blancs sont vraiment cruels », songea Craven.
Les mâchoires terrifiantes étaient suspendues à quinze mètres du sol. Dans la pénombre, on voyait à peine s’agiter les jambes gigantesque, tandis que le monstre arrivait, se délectant de l’horreur de ses quatre proies.
Rude avança, ouvrit le sachet de plastique et le jeta vers la gueule de la chose. Il fut harponné par la langue-tentacule fine et verte et ramené dans les profondeurs de la gorge. L’Hermès poussa un grognement et avança encore ; il était presque sur eux.
- Rude, ça ne marche pas !
- …
L’homme chauve se tourna vers le réacteur Mako principal et commença à examiner les commandes. Craven comprit qu’il projetait de se sacrifier avec eux pour éliminer l’abomination.
Soudain, le monstre bondit, se redressant de vingt mètres, heurtant la tuyauterie qui courait au plafond de la salle des machines. Un jet de vapeur roussit ses écailles argentées, mais il ne lui prêta pas attention, il n’avait d’yeux que pour ses futures victimes, qu’il allait éventrer, éviscérer, démembrer, décapiter, réduire en bouillie… Il voulait éliminer lui-même ses derniers ennemis, ridicules petites choses qui pensaient pouvoir l’arrêter, et se repaître de leurs entrailles. Il retomba et ouvrit grand sa vaste gueule ; à l’intérieur, un gouffre, un véritable précipice, dégageant une haleine chaude, épicée, qui s’introduisait dans leurs narines, sur le point de les faire vomir. Ils allaient être engloutis par la chose !
Mais d’épais filets de bave blanchâtre, neigeuse, se mirent à dégouliner, noyant les redoutables crocs. La gueule les surplombait, laissant chuter sur eux des flots blancs. L’abomination s’était immobilisée. Elle s’effondra sur le flanc, sa queue invraisemblablement longue se souleva une dernière fois, puis retomba, marquant sa défaite. Le grondement s’éteignit dans ses entrailles humides. L’Hermès était vaincu.
- Il est mort ! dit Craven. Rude, tu l’as eu !
- …
- C’est grâce à ton rhume, Wes, fit remarquer Jeunet.
- Il est encore vivant, fit finalement Rude. Son incroyable capacité de régénération le maintient au bord du gouffre, entre la vie et la mort. A présent, toutes ses cellules recherchent la clé qui leur permettra de sortir de cette inertie. Elles la trouveront, probablement dans l’ADN humain, en créant un système immunitaire semblable au nôtre, puis en le renforçant. Alors, l’Anti-Mercure n’aura plus d’effet, et l’Hermès se relèvera, plus fort que jamais.
- Mais comment s’en sortir ?
- Pour pallier à une possible explosion des réacteurs Mako, cette pièce est doublée de mithril, seul matériau capable de résister à une telle déflagration. Nous allons provoquer une réaction en chaîne qui déclenchera cette explosion. Enfermé dans une pièce étanche à l’explosion, l’Hermès sera le seul à être détruit, avec les machines. Le Giger sera intact, et nous pourrons encore nous en servir.
Le flanc écailleux, hérissé de tentacules, se mit à remuer. Il se fendit et Reno en sortit, vêtu d’un simple slip blanc, recouvert de liquides infâmes, mais arborant un grand sourire.
- Reno ! hurlèrent-ils en cœur.
- Merci d’avoir dégommé ce monstre, dit Reno. Il m’a gobé tout rond, voulant me digérer vivant, comme Carpenter ou Columbus. Dès ma chute dans son estomac, j’ai senti des brûlures.
- Comment… ?
- Heureusement, j’avais trouvé la Matéria Restaurer en niveau ultime dans le matériel de Loncraine et Robbins. J’ai lancé Regen sur moi-même : ses acides stomacaux ont bien faillit l’emporter, mais heureusement, le sortilège me régénérait en permanence. J’ai pris garde à le renouveler toutes les cinq minutes. J’étais presque à cours de MP… Merci de m’avoir sorti de là. J’aurais aimé faire profiter les autres occupants de son ventre du sort, mais ils étaient déjà morts. Quand à ceux qui se sont faits dévorer après moi, l’Hermès les avait mâchés. Pas un survivant. Et ils sont en trop mauvais état pour être traités avec des Queues de Phénix, les pauvres…
- Et ton slip ? fit Elena.
- Tous mes autres vêtements se sont dissous. Le sort Regen n’a d’effet que sur les êtres vivants. Je te l’avais dit, Rude : les slips du Secteur 5, c’est de la qualité !
- …
- Allez, arrête de te taire. Nous ne sommes plus chez les Turks.
Rude resta encore quelques instants sur sa défensive, avant de sourire.
- Je préfère les caleçons.
- Chacun ses goûts, reprit Reno. Et comment avez-vous vaincu ce monstre ?
- Rude a fabriqué un Anti-Mercure avec le gros réacteur Mako et les végétations de mes narines, dit Craven.
Elena tirait tranquillement leviers et manettes autour des réacteurs. Elle se frotta les mains.
- C’est fini ! Cette salle sera victime d’une gigantesque explosion Mako dans cinq minutes !
- L’Hermès ne risque pas de survivre ? s’informa Craven.
- Même Sephirot, dans le réacteur du Mont Nibel, n’a pas survécu à une explosion Mako. Sais-tu ce que ça veut dire ? Ce n’est pas une explosion ordinaire. Pour la portée, c’est comme si cette pièce était remplie de plastic. Pour la nature… C’est comme la fission nucléaire, mais en plus, toute l’Energie Vitale(MP) de chaque particule est sublimée pour devenir une masse de désintégration. Un levier de physique quantique. Cette saloperie sera pulvérisée.
Craven et Jeunet regardèrent, sans la moindre sympathie, l’immense corps qui reposait, dans le coma, à l’entrée de la salle des machines. Ils se dirigèrent vers la sortie en même temps que Rude, Elena et Reno, qui portait toujours son slip blanc.
- Et il ne pourra pas s’échapper ?
Elena referma les portes blindées.
- S’il franchissait ces portes, il y arriverait… Mais elles sont non seulement doublées de titanes et d’acier(on sait que cette créature peut les déchirer), mais aussi de mithril et de plomb. Seule la salle des machines explosera, et le monstre avec.
Ils sortirent sur le pont. Le ciel nocturne était plus beau que jamais, dans l’obscurité complète.
Craven bâilla.
- Que vas-tu faire, maintenant, Reno ?
- J’aime la nature. Il faudrait que je songe à retrouver ce groupe d’écologistes… Je ne les appréciais guère mais en fin de compte, c’était eux qui avaient raison.
- Tu veux que nous rejoignions AVALANCHE ? lui demanda Elena, incrédule.
- Pourquoi pas ? Shinra Inc. n’existe plus. Il va bien falloir des gens pour reformer des gouvernements et détruire les réacteurs Mako restants dans le monde…
Un terrible rugissement les fit sursauter.
- L’Hermès s’est réveillé plus tôt que prévu, constata Rude avec nonchalance.
Bruit d’explosion étouffé.
Jeunet et Craven eurent un sourire cruel. Reno frissonna.
- Etre en slip, dehors, la nuit… C’est un coup à attraper un rhume.
- J’apprécie beaucoup les rhumes, maintenant, rétorqua Craven. Je vous suggère à tous d’attraper de bons gros rhumes et de garder votre nez bouché.
- Va t’habiller, Reno, lui conseilla Elena. Nous avons une dernière chose à faire avant d’aller nous coucher.
- Tu penses aux œufs de la grande soute ? dit Reno. Oui, je crois qu’après que je les aie brûlés… l’Hermès a pondu à nouveau.
- On ne connaît jamais vraiment la vie, conclut Craven. Qui parlerait assez des plaisirs simples procurés par l’air frais de la nuit, le parfum de la mer…
Il se dirigea vers l’escalier qui menait à la grande soute.
- …Et par-dessus tout, l’appétissant fumet d’une bonne omelette.
Voilà, c´est fini. Vous voyez, en fait, ce n´était pas très long. Je devrai essayer le truc du roman-feuilleton, ça m´attire beaucoup. A la fin de cette heure, je demanderai un délai à mon père pour relever vos e-mails. Dans cinq minutes, snif... Désolé, pour parler des personnages et de leurs points de vue, ce sera la semaine prochaine.
A la semaine prochaine! Si mon père me laisse le temps de noter vos e-mails, je vous envoie la nouvelle.
Salut! T´as fic à l´air très bien mais j´ai pas le courage de la lire. Je suis du forum FF8/FF9 principalement mais j´écris aussi une fic et je comprend que ces bugs de copier/coller t´énerve vraiment beaucoup!
Moi aussi mon premier chapitre il est comme ça! Si tu veux un conseil, écris sans apostrophes (puisque c´est les apostrophes qui passent pas en copier/coller). C´est beaucoup moins génant de lire sans apostrophe qu´avec ces bugs (du moins c´est ce que je pense)... Bon courage et continu à écrire t´as l´air doué!
PS : J´ai cru comprendre que tu écrivais des romans et que tu avais des éditeurs, comment on fait pour en trouver svp? Moi aussi j´écris un roman en parallèle de ma fic et j´aimerais le proposer à quelqu´un! Si tu peux, viens me répondre sur mon topic "Fanfics par SexyGourmandise" du forum FF8. Si tu peux merci beaucoup sinon merci beaucoup quand même de répondre ici!
-SG-
C´est trop fort dragon noir!
Franchement c´est vraiment bien
bravo! ![]()
Salut les gars! Merci, merci, merci. Pour trouver des éditeurs... Il faut d´abord acheter le livre "Ecriture" de Stephen King et le guide "Lire" de l´écrivain. Le premier vous aidera à corriger les dernières imperfections de votre style, le second vous donnera les adresses et les numéros de téléphone de tous les éditeurs français. Plusieurs conseils d´après mon expérience personnelle:
1) N´indiquez pas votre âge. Ma seconde lettre de refus pour mon premier tapuscrit, de la part de Denoël, est venue une semaine seulement après que je l´aie déposé, alors qu´ils accordent normalement un délai de deux mois... On devine ce qui a motivé leur choix...
2) Faites une lettre courte et modeste jusqu´au lèche-bottes. Courage, il faut bien en passer par là.
3) Déposez le tapuscrit vous-même.
4) Le plus important: avant toutes ces démarches, déposez une copie du tapuscrit sous enveloppe scellée à la Société des Auteurs. Ca coûte 250 francs et ça protège votre création pour 4 ans. Si vous êtes au Québec, il y a forcément un équivalent là-bas... mais je ne le connais pas.
ah mince j avais oublie de laisser un commentaire pour ta nouvelle
je la trouve vraiment bien, digne d un grand film d horreur, les hommes tombent au fur et a mesure, et de maniere de plus en plus atroce et rapide
l esprit des Turks est tres bien retransmis ("les slips du secteur 5, y a que ca de vrai" lol !)
pour la personnalite des realisateurs, je ne peux pas trop dire, vu que je ne connais que les principaux
L action est continue, le rythme est trepidant
Je l ai bien apprecie, ce n est pas un chef d oeuvre mais c est quand meme pas mal lol !
Et en plus [Mrglauque] fait de la pub pour ta nouvelle ! :o)
Salut !
Ca y est j´ai fini "navire sanglant" (en fait, je l´ai lu hier soir) ! Trop génial !
J´ai adoré Jean-Pierre Jeunet dans cette histoire. Et puis la fin de Roman Polanski et de Tim Burton... Ah là là !
Je dois avouer que j´avais pensé que ça finirait comme ça, après les éternuements et la description de l´Anti-Mercure, mais ensuite, avec l´allusion à l´anneau maudit, j´ai cru que l´Hermès mourrait du fait de la faucheuse ! Bref, j´avais oublié le coup du rhume en cours de route : C´est très bien comme ça !
A part ça, j´ai quand même quelques remarques à faire ! :p
1- Le coup du ´sabot de droite´ (ou de gauche) pour sortir d´un labyrinthe, ça ne marche que si on le fait dès l´entrée dans le labyrinthe : sinon, on peut très bien se retrouver à tourner en rond à l´intérieur du labyrinthe. Et ça ne marche que dans des labyrinthes ´classiques´, dans lesquels les pièces ou les murs ne se déplacent pas aléatoirement.
2- C´est vraiment Terry Pratchett qui a dit que "le Q.I. d´une foule est égale à celui de son membre le plus débile divisé par le nombre de participants" ? Je connaissais la citation, et j´ai lu quelques ´Terry Pratchett´, mais je ne savais que les deux étaient liés...
Du coup, voilà une autre citation de Terry Pratchett (petits conseils au Capitaine Jackson pour gérer son équipage...) : "Agis avec confiance, ne dis jamais "Je sais pas", et, quand tout le reste à échoué, tiens-les occupés."
3- Le coup des nano-machines qui permettent de repérer tous les membres de l´équipage, ça ressemble beaucoup à la carte magique d´Harry Potter, non ? ;o)
4- Un vrai coup de génie, là ! Réussir à rendre indispensable un élément totalement inutile et pourtant présent dans le jeu ! Je pense aux fameux mouchoirs du Battle Square ! On sait enfin à quoi ils servent !
5- Et la façon dont tu as intégré ton histoire avec quelques moments du jeu : Cloud trouvant Réno et Rude dans le Gelnika, la fin du coma de Cloud à Gongaga et la remarque de Barret à ce moment-là... J´aime vraiment beaucoup (Ca me rappelle la façon de faire de Tim Powers dans ses romans sur le XIX°) !
En tout cas, j´ai bien ri en lisant cette nouvelle. Merci de l´avoir mise ici ! (et encore merci [Mrglauque] de m´en avoir parlé !)
@+!
Salut les gars! Merci pour ces compliments.
Ema2, bien sûr que le détecteur ressemble à la Carte du Maraudeur. Je suis un grand fan d´"Harry Potter", qui prouve à lui seul que ce qui a du succès n´est pas toujours nul. J.K. Rowling a un style parfait, jamais ennuyeux, et nous emmène à travers ses histoires avec une aisance formidable. Le détecteur est effectivement une référence. Les nano-machines, elles, apparaissent dans plusieurs histoires de science-fiction, c´est en passe de devenir un poncif comme la Brigade Temporelle. Ce qui m´y a fait penser, ce sont celles de Gunmm, qui régénérent le professeur Desty Nova(c´est bien son nom, hein?) en un clin d´oeil.
Salut les gars! Je crois que c´est Mr_Glauque qui m´a demandé de parler des personnages de cette nouvelle. Avant de commencer, je tiens à préciser qu’ils ne sont pas aussi élaborés que ceux de mes romans. Pour mes romans, j’écris d’abord une biographie de chaque personnage, puis je le dessine jusqu’à obtenir un « character design » acceptable. Le dessin final peut être en couleur ou non ; généralement, je m’y applique beaucoup, car il matérialise le personnage dans mon esprit. Curieusement, je n’ai jamais réussi à dessiner le personnage principal de ma saga… L’étape finale consiste à cerner le langage de cette personne : va-t-elle tutoyer tel ami, vouvoyer un supérieur, crier des « Jai-sus Christ ! » et des « Enfer ! » à tout bout de champ ? Il n’est pas nécessaire d’en passer par là pour créer un personnage cohérent, mais ça facilite les choses : la mauvaise idée est de se reporter ensuite au « design » et à la biographie toutes les dix lignes(ça fige le personnage dans votre esprit, il est nécessaire, au contraire, de le lâcher dans le récit pour qu’il devienne vivant, que sa personnalité prenne de la cohérence, de la matière). Je n’ai pas procédé ainsi pour l’équipage du Giger. Pourquoi ? Comment ? Il faut d’abord tenir compte du délai de deux semaines : j’avais décidé que la nouvelle serait finie en moins de quinze jours, elle le serait en moins de quinze jours, Tonnerre de Brest ! Ecrivant vite, j’aurais sans doute pu la boucler en une journée, mais il y avait un obstacle : les romanciers sont de vrais paresseux. Demandez donc à Kazunori Ito, scénariste d’ « Avalon ». Dans une interview à « Mad Movies », il explique : « Je voulais exercer une profession artistique, parce que ce n’est pas fatigant. Malheureusement, un réalisateur doit toujours se lever tôt. Comme je suis malhabile de mes dix doigts, il ne me restait donc que romancier ou scénariste. Ecrire un roman c’est long, donc… ». D’autres raisons influent sur le choix de ce métier, mais la principale reste que les histoires VEULENT sortir, elles vous dévorent de l’intérieur, vous en rêvez, elles vous obsèdent et ne vous lâchent plus jusqu’à ce que vous les « réalisiez ». Si vous ne ressentez pas ce « feu sacré », l’écriture sera bien plus difficile. J’aurais certes pu être scénariste comme Ito, mais deux choses s’y opposaient : d’abord, je déteste les horaires, l’autorité et… dans le cinéma, on n’exerce aucun contrôle sur son œuvre : demandez donc à Fincher, réalisateur d’ « Alien 3 », le plaisir qu’il a éprouvé à voir son film massacré et entièrement remonté par des producteurs peu scrupuleux, ou au scénariste de « The One » l’extase ressentie en constatant qu’à cause d’une « projection-test » où ils se sont enquis de l’avis d’une centaine de livreurs de pizzas et d’universitaires, les producteurs(encore !) tournèrent une nouvelle fin… La seconde raison se lie donc à la première : sur un roman, vous êtes le seul maître à bord, c’est vous qui faites avancer ce navire fantastique sur les mers furieuses. Pas de producteur pour rapiécer votre œuvre, une libération totale des chaînes de l’argent et du pouvoir… aaaah… Quel soulagement. Enfin, nous sortons du sujet. C’est à cause de cette flemme naturelle(revenez quelques lignes plus haut si vous avez perdu le fil, juste après « Ecrivant vite, j’aurais sans doute pu la boucler en une journée… ») que je n’écris pas plus de quelques heures par jour, et donc que j’ai bouclé cette nouvelle en deux semaines. Nous revenons donc encore plus haut, aux deux raisons pour lesquelles je n’ai fait ni biographies ni croquis des personnages. La première est donc les deux semaines d’écriture, délai qui ne me laissait que peu de temps pour ces activités, à cause encore une fois du gigantesque poil planté dans la paume de ma main, et la seconde, c’est la « réalité » de ces personnages. Les seuls qui ne soient pas des réalisateurs de cinéma fantastique existants sont Reno, Rude et Elena, et ceux-là étaient déjà détaillés dans le merveilleux jeu vidéo qu’est Final Fantasy VII. Le travail était donc fait à moitié.
Un dernier mot avant les longues et fastidieuses explications(vous les lisez ou vous les sautez, vous êtes libres…) sur les personnages : on m’a félicité de cette idée originale, utiliser les réalisateurs de films fantastiques, d’horreur et de science-fiction. Elle n’est pas si originale que ça : le génial Ray Bradbury, peut-être le meilleur écrivain du milieu, l’a utilisée dans « Le Fantôme d’Hollywood ». Ce roman est un OVNI dans le monde littéraire ; il se déroule à Hollywood, et Bradbury s’utilise lui-même comme héros-narrateur, et s’empare comme personnages de toutes ses connaissances de l’univers cinématographique, en modifiant un peu leurs noms pour éviter les procès. Les connaisseurs remarqueront par exemple l’ami d’enfance de l’auteur, Ray Harryhausen(devenu créateur de monstres en latex et animateur image par image de créatures miniatures), sous le surnom de « Roy ». J’ai repris cette idée car elle me semblait amusante. De plus, le caractère bénévole de la nouvelle me mettait d’ors et déjà à l’abri des poursuites judiciaires, ce qui m’a permis de bénéficier d’une liberté rare pour utiliser les réalisateurs de films fantastiques et l’univers d’un jeu vidéo. Et pour la dernière fois, que ce soit clair : la plupart des personnages ne sont que le reflet déformé de leur alter ego réel. Non, John Carpenter n’a jamais été alcoolique, non, Peter Jackson n’a pas perdu sa mère en bas âge, non, Ronny Yu(un de mes réalisateurs favoris) n’est pas un trafiquant de drogue, et Spielberg et Lucas sont amis, pas ennemis. Je ne doute pas que vous saurez par contre distinguer les éclairs de vérité, comme George Lucas = trafiquant, Chris Columbus = médiocre sans talent…
Peter Jackson. Dans la nouvelle, on remarque surtout qu’il est très autoritaire, d’une sévérité implacable. En réalité, c’est un homme bon, très compréhensif, inquiet vis-à-vis de son équipage. La fuite de la plupart de ses administrés l’a profondément vexé. Enfant, il perdit sa mère, dévorée par une meute de pingouins carnivores près de Canyon Cosmos(cette référence au magazine Joystick est permise à cause de la présence effective de ces satanées bestioles dans le jeu vidéo). Depuis, Jackson a peur pour lui et le monde entier : il dissimule cette peur derrière sa colère et son autorité. Cette rage protectrice s’est amplifiée depuis que Shinra Inc. a commencé à chuter. Sans le savoir, il considérait la multinationale Mako comme sa deuxième mère. Dévoré par l’angoisse, il adopte une politique presque totalitaire, dissimulant aux marins des informations importantes comme la faillite de Shinra Inc.
Wes Craven. Il a toujours pris la vie à la rigolade. Initié par son ami d’enfance Jean-Pierre Jeunet aux films d’horreur, il s’est très tôt passionné pour leurs dérivés pervers : les séries Z. Il trouve dans « Robot Monster » le moyen de surmonter l’abomination de ce monde dépouillé de son énergie vitale. Ce n’est pas un lâche, et il veut la mort de l’Hermès. Pfff… Que voulez-vous que je vous en dise d’autre ? Les personnages gentils et sans défauts ne sont pas intéressants à décrire.
Jean-Pierre Jeunet. Notre ami français n’a jamais réussi à se débarrasser de Craven. Il ne partage pas son goût pour les séries Z, mais adore les films d’horreur. Même constatation que pour Craven : les personnages gentils et sans défauts ne sont pas intéressants à décrire.
George Lucas. Une authentique ordure. Né dans la région du Golden Saucer, au sein de la ville de Miller, ce sallllaud a fait ses preuves dès douze ans : il tua son père en versant une généreuse portion de mort-aux-rats et de soude caustique dans son café. Après avoir pris possession de son compte en banque, il força sa mère à se prostituer pour gagner davantage d’argent. Il ne toucha jamais à aucune drogue, car il aimait avoir seul le contrôle de lui-même ; par contre, il vit immédiatement l’avantage qu’il pourrait en tirer et devint dealer de son école. Le jeune Lucas mit à profit le reste de sa scolarité pour susciter chez ses professeurs une dépendance contre leur gré : il intégrait à leurs repas de petites doses de cocaïne. Lorsqu’il quitta Ronsard, le bâtiment était envahi par un véritable réseau dont il poursuivit l’exploitation. Au cours de ses études de médecine, il diversifia ses activités et constitua de vastes stocks d’alcool, de tabac, de marijuana, de crack, d’héroïne et d’amphétamines ; néanmoins, sa réserve principale était emplie de cocaïne, sa drogue préférée. A quarante ans, il décida d’étendre son empire néfaste au monde entier, et corrompit le capitaine du Giger, Stanley Kubrick, pour qu’il lui permette d’en infecter tous les continents. En possession d’une fortune considérable, il se fiche totalement du drame qui affecte le Giger.
Ronny Yu. D’un naturel gentil et généreux, Yu fut piégé par George Lucas qui, pendant quelques mois, mit dans sa nourriture des doses sans cesse croissantes de cocaïne(une des méthodes favorites du trafiquant pour se faire de nouveaux amis). Il fut ensuite forcé de servir Lucas pour se procurer sa drogue et ses valeurs morales disparurent progressivement. Il finit camé jusqu’aux yeux, fréquentant les bordels et assassinant les personnes qui « gênaient » Lucas. Il tue donc Tom Savini, qui était prêt à trahir son fournisseur.
Y´a pas de quoi ! :o)
Roman Polanski. Les tendances paranoïaques de Polanski grandirent d’années en années. En général, il réussit à les dissimuler. Il est convaincu que Shinra Inc. asservit le monde entier ; le miroir déformant de la folie restitue parfois les traits réels d’une société dissimulatrice… Son esprit prend un nouveau tournant après la mort de Romero, et il est alors convaincu que la majorité de son entourage est manipulée comme Mc Tiernan.
John Mc Tiernan. Que puis-je en dire ? Son unique apparition dans l’histoire le montre manipulé par l’Hermès. J’ai renforcé le côté marquant de cette scène en en faisant l’unique « possédé » : Reno fournissant par la suite des Anneaux de Paix à l’équipage, cette capacité particulière du monstre restera sous-exploité. Puisqu’on ne le revoit plus par la suite, il devient une figure inhumaine, sans âme, dont l’unique action reste le meurtre de Sam Raimi. Cependant, cette sublimation du personnage a un prix : vous ne connaîtrez jamais sa personnalité.
Sam Raimi. Comme Mc Tiernan, Romero ou encore Savini, ce brave marin fait dans l’histoire une apparition si brève qu’il n’est guère nécessaire d’en parler. Si vous voulez connaître son point de vue sur l’Hermès, son spectre vous dira qu’il a une trop grosse migraine pour pouvoir y penser.
Tim Burton. Amateur de sports de combats, c’est lui qui suggère à Lucas et Spielberg de régler leur mystérieux différent sur le ring. Il est cependant physiquement fragile, et préfère regarder plutôt que frapper. Burton partage le goût de Craven pour les séries Z.
Reno. A la manière du Boba Fett de « Star Wars », ce personnage semble susciter un engouement inattendu chez les admirateurs de « Final Fantasy VII ». Je n’avais donc pas une marge énorme pour m’amuser avec lui. La chemise hawaïenne et le slip acheté dans le secteur 5 sont des éléments 100\% Raphaël Lafarge ; pour le reste, j’ai essayé de me conformer à sa personnalité. N’oubliez pas la phrase culte de Reno : « Un pro, c’est pas quelqu’un qui se sacrifie pour son boulot. Ca, c’est un imbécile ». Le travail n’est pas tout pour le Turk, et la chute de Shinra Inc. ne l’affecte pas autant qu’on pourrait le croire. J’ai pensé qu’à la place de Reno, une fois la liberté retrouvée, je me laisserai aller à l’excentricité vestimentaire qui lui était interdite chez les Turks.
Rude. J’ai toujours imaginé que cet homme était plus malin qu’il en avait l’air. Parfois, ce sont ceux qui parlent peu qui en font le plus. A force d’écouter tout le monde, il apprend sûrement des choses intéressantes, non ?
Elena. Elle ne m’intéressait pas beaucoup ; ses sentiments pour Tseng sont d’une grossièreté difficilement pardonnable. Vous voyez bien les gros fils psychanalytiques, là, quand je vous rappelle qu’il était plus âgé qu’elle ? Ca m’incline à penser qu’elle a suivi Reno et Rude lorsqu’ils sont partis pour le Giger. Pensez à Utaï et au Village Glaçon : à chaque fois que ses amis ne sont pas là, elle gaffe…
George A. Romero. Un autre réalisateur que j’admire. Pour la dernière fois, l’ordre dans lequel ils se font trucider n’a rien à voir avec mes préférences. Je trouve Romero plus talentueux que Craven, par exemple, alors que celui-ci survit jusqu’à la fin. Mais après Columbus, il me fallait bien poursuivre le massacre. Au revoir, Romero. Si vous tenez tellement à connaître le point de vue de ce marin, la dernière chose qu’il se dit avant de se faire écarteler par l’Hermès est « Oh non, ils m’abandonnent, au secours ! Qu’est-ce-que c’est que cette chose, aidez-moi ! Ces dents ! Ces dents ! ».
Tom Savini. Il rejoint directement Romero et Raimi dans la case « Se fait tuer avant que je puisse cerner son caractère et son point de vue ». Je ne peux même pas vous dire quelle est sa dernière pensée : Yu l’assassine pendant son sommeil. Il se réveille peut-être au moment où les couteaux lui percent les globes oculaires, mais il doit avoir trop mal pour penser à autre chose qu’à sa souffrance. D’ordinaire, on ne peut tuer quelqu’un en lui crevant les yeux, mais Yu enfonce les lames tellement fort qu’il élargit le passage du nerf optique, défonce la paroi crânienne et atteint le cerveau.
Dean Devlin. Se reporter au paragraphe suivant pour savoir ce qu’est vraiment ce triste personnage.
Roland Emmerich. Lui et Devlin sont les meilleurs amis du monde : paresseux, cupides et cruels, de véritables salauds. S’ils étaient au courant du petit trafic de Lucas, ils y participeraient immédiatement. Comme leurs homologues de la réalité, ils font un travail à première vue correct et conventionnel mais finalement totalement bâclé. Quant à leur point de vue sur l’Hermès, ils en ont une peur bleue et ne comprennent pas ce qu’un tel monstre vient faire sur leur navire. J’ai beau essayer de rester objectif dans le massacre, j’ai décidé de leur sort dès leur première apparition : ils devaient mourir. Si possible dans des douleurs abominables(et abdominales, cf l’appendicite ?).
Takashi Miike. Grand amateur d’armes, il a caché un véritable arsenal dans sa cabine. Il lit « Teegeesotee… »(TGSOTWWAWOTW, The Greatest Soldier Of The World With All Weapons Of This World), un des magazines les plus stupides du monde de Final Fantasy VII, l’équivalent Shinra du « Fanzine des Fanas de Flingues » de Final Fantasy VIII. Chaque numéro fait dans les trois cent pages, avec un catalogue complet de toutes les armes disponibles à ce jour, une liste des Matérias les plus recherchées, de stupides tactiques de combat(du genre utiliser un personnage qui lancera à chaque tour des sorts de Soin sur toute l’équipe), les affichettes des têtes mises à prix, une masse de petites annonces, les récits datant de la Grande Guerre et naturellement un formulaire d’engagement dans le SOLDAT. Miike ne rate pas un numéro de « Teegeesootee » ; je n’ai pas eu l’occasion de faire apparaître ce magazine débile, parodie de « Soldier of Fortune », dans « Navire Sanglant », mais n’ayez crainte, vous le verrez. Peut-être dans « Le Signe d’Isch-Boscheth », la nouvelle en commun(merci à tous les volontaires pour leur participation ; si seulement AerisAngel pouvait s’y mettre…), ou dans le projet d’une fan-fiction d’envergure que je conçois actuellement(en forme de roman-feuilleton, hé, hé, ça sera très amusant…), mais vous le verrez. Vous pouvez également faire apparaître « Teegeesootee » dans vos propres nouvelles, je n’y vois aucun inconvénient. N’oubliez pas que tout cela reste du travail bénévole et libre de droits d’auteurs(« Et si quelqu’un s’approprie ton travail ? » m’a demandé ma mère. « Je m’en fiche », ai-je répondu. « Je n’écris pas pour l’argent ou le mérite, j’écris pour le plaisir. Et si mes travaux parallèles à la grande saga permettent à un plagiaire de gagner quelques sous et quelques compliments, grand bien lui fasse, moi, je m’en lave les mains. »). A ce sujet, quelques indications : la couverture est glacée et cartonnée ; la reliure est solide ; cette revue est épaisse et contient plus de publicité qu’un numéro de Playstation Magazine(je vous rappelle que ce dernier, ou plutôt ses deux descendants actuels, Psone magazine et Playstation 2 Magazine, sacrifient plus de la moitié de leurs pages à la publicité) ; enfin, toutes les pages sont en couleur.
Pour les autres personnages, il n’y a pas grand-chose à dire(à écrire). Si vous êtes intéressés par l’histoire ou le point de vue d’un marin particulier, veuillez me le préciser, je serai ravi de vous en parler(ou plutôt de vous en écrire ; ça me rappelle « l’Art Invisible », de Scott Mc Cloud(tiens ? !), avec l’auteur en autoportrait qui écrit dans une bulle « Vous m’entendez ? Si oui, faites-vous examiner les oreilles, parce que personne n’a dit un mot »… L’écrit permet un dialogue tout à fait particulier, parfois plus subtil que le langage parlé, et devient pour certains si naturel qu’ils ont réellement l’impression de discuter, pensez aux chats et aux forums de ce site). Je ne saurais vous dire(oups, vous écrire) grand-chose sur Raimi, mais n’hésitez pas à me demander si Jeunet a eu une enfance malheureuse(la réponse est non).
c est cool dragonNoir ! c est exactement ce que j attendais
par contre j aimerais bien que tu decrives aussi colombus et carpenter (je sais je sais, je suis gourmand lol !)
:o)
Bon faudra que je lise tout, mais ca a l´air cool, en plus ca nous aidera pour la fic en commun ![]()