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Secteur 8 : Les Fans Fictions .

[Mrglauque]
[Mrglauque]
Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:43:52

Chapitre VII : Je est un Autre

Lieu : Mideel - Temps : Jour J+1 (lendemain des évènements sur l’Ile Ronde), fin de matinée.

C’était une belle journée sur l’île de Mideel, le soleil brillait, la nature elle-même semblait chanter. Le lac n’avait jamais paru aussi beau à Vincent. Enfin il revenait chez lui… Parti en mission depuis plusieurs jours… Aucun endroit ne valait sa douce demeure, la maison ! Sa petite sœur vint à sa rencontre en courant, elle n’avait que douze ans mais parlait parfois comme une adulte.
« - Le docteur Mentor voudrait te voir à la clinique dès que possible… Tu m’as manqué, tu sais, Vinsounet ! Hé hé !
- Tu m’as manqué aussi, sœurette ! »

A la clinique, le docteur Mentor faisait son tour de visites quotidiennes à ses patients.
Malgré ce que Red leur avait dit, il sentait que tout finirait bien. Peut-être s’était-il alarmé trop tôt, peut-être que Bugenhagen (Paix à son âme !) s’était trompé… Il fallait garder la foi…
Vincent était allé à sa place rendre visite à une petite malade qui habitait au sud du continent Est. Le docteur attendait impatiemment de le revoir pour avoir des nouvelles de la petite, elle n’était pas très résistante, mais le médecin sentait qu’elle allait guérir. Il fallait toujours garder espoir.
Il passa près de la chambre de Tifa Lockheart. Cette jeune fille, en revanche, était une force de la nature ! Tout comme son ami, le jeune Clad. Le médecin se souvenait de leur séjour à la petite clinique l’année dernière, avant le grand chambardement du village dû à la Rivière de Vie. C’était pendant la reconstruction de la ville qu’il avait insisté pour que la clinique, plus grande et modernisée, soit installée sur cette colline. Il craignait un peu la promiscuité avec le lac, la Rivière de Vie.
Tifa se remettait très vite, sa "maladie" et sa rapide rémission venait de la même chose : le Mako qui était en elle. C’était drôle, ou plutôt étrange…
Tifa était tombée dans la Rivière l’année dernière aussi, c’était la seule explication pour son taux élevé de Mako dans le sang… Un taux tellement élevé qu’il aurait dû lui être fatal… Un taux proche de celui de son ami Clad ; celui-là aussi s’en était sorti ! Et maintenant, la clinique accueillait depuis six mois un autre patient qui n’aurait PAS dû survivre non plus, qui aurait d’ailleurs dû être mort depuis des années…
Il passa à côté du docteur Friez sans la voir.
« Bonjour Gérard ! Comment va votre nouvelle patiente ? »
Le docteur Mentor se retourna vers sa collègue et rougit ; pourquoi se sentait-il toujours nerveux devant le docteur Friez ?
« - Ahem, bonjour Celes ! La petite Tifa se remet très vite d’aplomb… Ahem, et notre patient X - Séphiroth - est-il toujours…
- Son état est toujours stationnaire, oui. Je n’arrive pas encore à croire que ce soit le fameux officier Séphiroth ! Et dire qu’on le dit mort depuis des années ! »
Séphiroth… Le docteur Mentor trembla à l’évocation de ce nom maintenant craint de tous. Mais il était médecin avant tout, il ne devait pas juger, son rôle était de secourir tous ceux qui avaient besoin de ses soins.
Trois empoisonnements graves au Mako, trois survivants… Il allait falloir réviser les livres de médecine, il allait prévenir l’Ordre des Médecins ; ce dont lui, le docteur Mentor, avait été témoin dépassait son entendement…

Vincent avait parfois l’impression que… ce métier, ce n’était pas ce qu’il voulait faire de sa vie.
Il arriva en vue de la clinique. Il remonta l’allée qui menait à l’hôpital.
Des malades, toujours entouré de patients mal en point… Des dépressions nerveuses, des victimes d’accidents ou d’agressions… Et parfois, il ne pouvait pas combattre la Mort, qui venait prendre son lot d’âmes quotidiennement, quotidiennement… Jamais on ne s’y habitue tout à fait, on aurait toujours voulu en faire plus.
La jeune patiente qu’il était allé voir pendant ces quelques jours d’absence… Encore plus jeune que sa petite sœur ! Jamais elle n’atteindrait les douze ans, jamais… On ne revient pas de la Rivière de Vie, on ne revient plus chez soi quand on est mort !
Il ne voulait plus de cette souffrance autour de lui ! Il allait démissionner !

Le docteur Mentor était maintenant en visite à Tifa ; cette jeune personne était encore plus têtue qu’il le pensait ! Elle était déjà debout et faisait le tour de sa chambre à petits pas.
« Voyez, Docteur ! Je vais très bien ! »
Ce n’était pas la peine de discuter avec elle ! Mais après tout, un peu d’exercice ne pouvait pas lui faire de mal. Demain, il allait lui permettre de se promener un peu dans le jardin. Le confinement dans une chambre à l’odeur aseptisée n’était pas idéal pour le moral, ni pour la santé.
Le médecin ouvrit la porte de la chambre pour sortir, et s’arrêta dans l’embrasure, un peu surpris de l’apparition de Vincent devant lui.
« - Ah, alors vous êtes revenu ! Je suis heureux de vous voir.
- J’ai quelque chose à vous dire, Docteur…
- Bien, allons dans mon bureau, alors…
- Non, je dois vous le dire tout de suite. Je ne veux pas risquer de changer d’avis ! »

Tifa faisait ses exercices de marche dans sa chambre. Elle avait enfin réussi à convaincre le docteur Mentor qu’elle allait bien. Pas aussi bien qu’elle l’aurait voulu, mais elle avait repris des forces et bientôt elle pourrait courir à nouveau !
Le médecin, de l’autre côté de la pièce, venait à peine d’ouvrir la porte pour sortir. Mais sur le pas de la porte, il s’était arrêté ; il avait dû oublier de lui dire quelque chose…
Pourtant, au lieu de s’adresser à elle, il parlait maintenant à voix basse avec quelqu’un - quelqu’un que le dos du docteur Mentor cachait à la vue de Tifa. Elle fut prise d’une irrésistible curiosité et commença à s’approcher discrètement du médecin.
« Mais pourquoi donc, Vincent ! » s’exclama tout à coup ce dernier.
Vincent ?!
Tifa voulut courir vers la porte, fit des pas plus grands qu’il ne lui était possible, trébucha et pensa tomber… mais elle fut rattrapée juste à temps par le docteur Mentor.
Les yeux de Tifa rencontrèrent, l’espace d’un instant, ceux de l’inconnu qu’elle avait pris pour Vincent Valentine. Peut-être se sentait-elle ridicule de les avoir confondus, ou ridicule à cause de sa chute, ou était-ce pour une autre raison ; toujours est-il qu’elle se mit à rougir et baissa vite les yeux.
Sans raison apparente, le jeune inconnu baissa les yeux aussi.
« - Hmmm, fit le médecin lorsque Tifa se fut remise sur ses pieds incertains. Je pense que vous ne vous connaissez pas encore. Vincent, voici la patiente la plus entêtée que je connaisse : Tifa Lockheart ; Tifa, je te présente mon infirmier le plus compétent : Vincent Brunaël - enfin, je devrais dire : mon ex-infirmier. Vincent veut nous quitter, mais refuse de me donner une raison pour ça - ou plutôt, son excuse peut sembler valable, mais elle inciterait en fait tout homme censé à rester dans le service médical !
- Pourquoi voulez-vous partir ? demanda Tifa à Vincent. Oh, excusez-moi. Ce ne sont pas mes affaires…
- Oh ! Si tu peux le convaincre de rester dans notre clinique, Tifa, ta curiosité sera une bénédiction pour moi ! »
Bizarrement, Vincent sentit sa détermination de démissionner moins forte qu’avant. Peut-être était-il en train de changer d’avis comme il le craignait…

Lieu : Région des Prairies - Temps : tôt ce matin-là.

Yuffie avait un étrange goût de fer dans la bouche, un goût de sang… Elle se força à ouvrir les yeux malgré le sommeil qui avait pris possession d’elle.
Vincent…
Elle ne voyait pas très bien. Le visage penché au-dessus d’elle était flou. Trop flou. Pourtant, elle crut reconnaître Vincent ; des mèches de cheveux bruns… c’était en fait tout ce qu’elle était capable de distinguer à travers ce brouillard.
« Vincent… c’est toi ? » murmura t-elle à bout de force.
« Oui… c’est moi… » entendit-elle. Une voix douce et apaisante…
Yuffie esquissa un sourire et se laissa gagner par ce sommeil si doux, si tentant et réconfortant. Elle referma les yeux.

L’infirmier qui était au chevet de la jeune ninja se releva. Clad, Cait Sith, et même Cid, vinrent vers lui pour prendre des nouvelles de Yuffie.
« - Votre amie a eu de la chance de s’en être sortie, les rassura t-il. Elle dort pour le moment, elle a besoin de calme et de repos. Lorsqu’elle se réveillera, elle pourra s’alimenter normalement, mais privilégiez les protéines : il faut qu’elle reprenne des forces.
- Merci, Docteur…
- Oh, je ne suis pas encore "Docteur" ! Je vous l’ai déjà dit, appelez-moi Vincent… Au fait, comment votre amie savait-elle mon nom ?
- Elle a dû vous confondre avec un de nos amis, il s’appelle - il s’appelait Vincent aussi. Vincent Valentine.
- Merci donc, Vincent. C’est une chance de vous avoir trouvé dans les parages. Le docteur de Kalm est en congé en ce moment…»
Lorsque Vincent Brunaël sortit de la petite maison de Clad Strife, il essayait de se rappeler où et quand il avait entendu ce nom… Vincent Valentine… cela lui disait vaguement quelque chose…
Puis il n’y pensa plus. Il repensait à la petite patiente qu’il n’avait pu guérir la veille au soir. Il ne repensa pas aux autres malades qu’il avait sauvés, il ne repensa qu’à cette petite fille. Ses échecs… Et dans son esprit mûrit une décision, la décision de démissionner.

Lieu : Midgar - Temps : un matin aussi, trente et un ans auparavant.

« Hé mon Chou ! Debout, je dois ouvrir la boutique ! »
Cette voix, traînante et un peu criarde, fut comme un marteau-piqueur dans la tête de Vincent. Il porta les mains à ses deux oreilles, il avait l’impression que sa tête allait éclater. Allongé sur l’une des tables de la pièce, il gémit.
« - Ohhh, s’il vous plait, ne criez pas…
- Depuis quand tu me vouvoies, Chéri ?! T’as pris une bonne cuite, hier soir ! »
Vincent ouvrit alors les yeux, leva la tête. Derrière la mèche qui lui tombait sur les yeux, il vit… Annabelle. Il avait oublié jusqu’à son existence, jusqu’à ce qu’il l’ait revue, à l’instant…
Elle se tenait au milieu de la pièce, au milieu du bar où il avait passé la nuit. Elle aurait pu être belle, superbe même, mais derrière la peinture sur son visage… la désillusion, la malchance, les dures épreuves qu’elle avait traversées. Elle était si jeune pourtant…
Elle rit et tira Vincent par le bras.
« Allez lève-toi ! Ne vas pas faire fuir nos rares clients avec ta mine de déterré ! »
Une… fille de joie, c’est ainsi qu’une fille comme Annabelle était appelée, ou par d’autres noms qui ressemblaient à des insultes. Annabelle, elle, n’était qu’une… fille du désespoir.
Le saisissant par le col de chemise, elle attira Vincent à elle, l’embrassa et lui présenta "l’addition". Il fouilla dans la poche intérieure de sa veste, sortit quelques billets et les lui tendit.
« - Ouh ! siffla t-elle. Monsieur est généreux aujourd’hui ! Pourquoi ai-je droit à ce traitement de faveur, tout à coup ?
- Je ne reviendrai pas, Anna.
- Tu pars en mission, je sais. Mais ce n’est qu’une mission de routine, ce n’est pas comme si tu allais risquer ta peau, ou quelque chose comme ça !
- Tu ne comprends pas. Je ne reviendrai plus ici. Plus jamais ! »
Elle recula, une expression de tristesse réelle sur le visage.
« - Je, j’ai compris. Tu me manqueras alors, tu étais… mon client préféré, tu sais.
- Anna, un conseil d’ami : trouve-toi un autre… métier. Cette vie te tuera bientôt.
- Je ne sais rien faire d’autre !
- Quitte ce bouge ! Mets-toi à ton compte - je veux dire : si tu veux, ouvre un bar, un bar… respectable. »
Vincent sortit d’autres billets de sa poche. Tout son salaire du mois, qu’il avait eu l’intention de dépenser dans cet endroit sordide ; comme il le faisait presque tous les mois depuis qu’il était entré dans l’Unité Spéciale du Maintien de la Paix, plus connue sous le nom de "Turk".
Il tendit l’argent à Annabelle.
« - Je ne peux pas accepter… C’est beaucoup trop !
- Dis-toi que tu me rends service en acceptant… »
Elle prit l’argent, regarda les billets avec une lueur - d’espoir, ou de cupidité ? - dans les yeux, et donna un baiser d’adieu à Vincent.
« - Suis mon conseil, Anna.
- Je le ferai ! Je te le promets ! Au revoir, Vincent… »

Sorti dans la rue, Vincent se demanda ce qui s’était passé la première fois - qu’avait-il dit à Annabelle, cette fois-là ? Il ne se souvenait plus très bien. Cette discussion avec Anna venait de se produire à l’instant même, et pourtant, elle s’était produite trente et un ans auparavant. Vincent secoua la tête, tout cela était trop compliqué pour lui !
"Des troubles de la mémoire" avait dit Aeris… Dans son cas, il avait plutôt l’impression d’avoir du gruyère à la place du cerveau : des trous, avec un peu de fromage autour ! Vincent se mit à rire tout seul. La deuxième fois, en si peu de temps, qu’il riait. "Attention, Vincent !" se dit-il, "Tu vas perdre ton titre de M. Sérieux auprès de Clad et compagnie !"
Oui, il se souvenait de Clad, et de tous ses autres amis…qu’il avait rencontrés l’année dernière ; ou plutôt : trente ans plus tard, il les rencontrerait, dans un caveau à Nibelheim…
Vincent regarda la montre à son poignet gauche. Une main redevenue de chair et de sang… mais plus pour bien longtemps.
« - Yuffie, j’ai les mains déjà tellement sales…
- LAVE-LES ! »
« Toutes les huiles de l’Orient ne pourraient pas leur rendre leur blancheur originelle » - où avait-il lu cette phrase, déjà ?
Sept heures. Il avait encore le temps avant son rendez-vous avec Tseng aujourd’hui. Incroyable, il se souvenait de l’heure exacte où il avait rendez-vous avec son collègue Tseng ! Le rendez-vous était précisément à neuf heures moins le quart, il avait le temps de rentrer et de prendre une rapide douche, et peut-être aussi un petit déjeuner…
Euh, mais au fait… où habitait-il ?!

[Mrglauque]
[Mrglauque]
Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:46:00

Lieu : clinique de Mideel - Temps : Présent. Jour J+1, début de soirée.

« Mademoiselle Lockheart ! Vous ne devez pas être dehors à cette heure-ci ! »
Vincent courut vers la patiente "la plus entêtée que je connaisse" selon le docteur Mentor. Tifa fit comme si elle n’avait pas entendu et se dépêcha de tourner le coin du bâtiment. Elle se retrouva dans le jardin de la clinique et respira l’air frais du soir. Elle commençait à devenir folle entre ces quatre murs. Pour qui la prenaient-ils ? Une enfant sans défense, ou quoi ?!
L’infirmier la rattrapa très vite, les jambes de Tifa étaient encore trop faibles pour courir bien vite.
« Vous voulez me faire renvoyer ou quoi ! » la gronda t-il gentiment.
Tifa sourit et répliqua d’un ton sarcastique :
« Je CROYAIS que vous vouliez quitter cette clinique de toutes façons. Rendez-vous compte des indemnités de licenciement que vous n’auriez jamais si je n’étais pas là ! »
Il se frotta la nuque d’un air embarrassé.
« Finalement, vous avez changé d’avis, hein ? »
Il approuva de la tête et rit. Tifa fut assez fière d’elle.
« - Je savais que je vous ferais changer d’avis ; vous n’aviez plus d’arguments pour contrer les miens, n’est-ce pas ! Je suis la patiente "la plus entêtée", après tout !
- …la plus charmante aussi… »
Tifa détourna la tête et se sentit rougir. Il ne l’avait pas dit tellement fort, après tout ; peut-être pourrait-elle faire comme si… elle n’avait pas entendu.
« Si vous ne voulez pas me voir devenir folle, il faut me laisser sortir un peu. Je suis un rien claustrophobe, vous savez ! » fit-elle en riant. Un pieux mensonge, pour détourner la conversation…
Il parut la croire. Il l’enveloppa de la veste qu’il portait.
« - Bien. Prenez ça alors, vous pourriez prendre froid. Vous me la rendrez demain.
- Vous partez ?
- Bien sûr. Je ne suis pas un interne ici. J’habite un appartement en ville. »
Il désigna de l’index un point en contrebas de la colline.
« - Bien. Je dois y aller. Je suis déjà en retard pour le dîner et ma mère va me tirer les oreilles ! D’autant plus que j’ai une sacrée marche à faire avant d’y arriver !
- Mais… vous avez dit que vous habitiez en ville, c’est à peine à dix minutes d’ici.
- Oh, j’ai oublié de préciser : mes parents, et ma petite sœur, habitent en dehors de la ville. A cinq kilomètres environ à l’est d’ici. C’est un peu loin pour y revenir chaque soir, et comme je fais parfois des heures supplémentaires à la clinique, j’ai pris un appartement en ville. C’est plus pratique… A demain donc, miss Lockheart…
- "Tifa"…
- … A demain, Tifa…»

Bien après qu’il ait disparu de l’horizon, Tifa resta sans bouger, les yeux tournés vers la direction que l’infirmier Brunaël avait prise. Elle soupirait et se demandait ce qui lui arrivait… Ce n’était pas désagréable du tout, ce… décor nocturne. Elle se souvint de la dernière fois qu’elle s’était retrouvée seule dans ce même jardin. Des pensées sinistres l’avaient alors envahie et rendue bien mélancolique, mais ce soir… c’était merveilleux, tout était étrangement merveilleux, et sans aucune raison !
Elle se surprit à sourire toute seule. Et toujours en souriant, elle regagna l’intérieur de la clinique, en se serrant un peu plus dans la veste qu’IL lui avait posée sur les épaules.

Red et Barrett furent assez surpris de voir Tifa rentrer dans… cet état. Jamais elle n’avait eu sur le visage un sourire aussi… stupide !
« - Hum, Tifa ?
- Oui ? fit-elle d’un ton serein, toujours avec ce même air idiot.
- Clad vient de téléphoner. Il viendra ici demain, il a quelque chose à nous annoncer mais dit qu’il préfère ne pas en parler au téléphone…
- …demain ? Bien… fit-elle, comme absente.
- Euh, tout va comme tu veux, Tifa ?
- …à merveille, tout est merveilleux…
- Je veux dire, tu vas VRAIMENT bien, n’est-ce-pas, ma petite Tifa ?
- … je ne me suis jamais sentie aussi bien… Bonne nuit, Red. Bonne nuit, Barrett… »
Et elle passa à côté d’eux pour entrer dans sa chambre. Elle paraissait flotter au-dessus du sol, au lieu de marcher dessus.
Avant de rentrer dans la chambre, elle se retourna, avec encore le même air étrange sur le visage.
« - Barrett, Red ?
- Oui, tu as besoin de quelque chose ?
- Non… soupira t-elle d’un air transporté. Je voulais juste vous dire à quel point je vous aime tous les deux, vous savez…
- Euh… bien sûr… On t’aime beaucoup aussi, Tifa ! firent-ils déconcertés.
- Bien, bien… tout est si merveilleux… »
« - Tu crois qu’elle va vraiment bien ? demanda Red, une fois Tifa dans sa chambre.
- Je suis sûr qu’ils nous l’ont droguée dans cette fichue clinique ! » s’énerva Barrett.

Lieu : la route vers Nibelheim - Temps : Passé de Vincent. Un an avant la naissance de Séphiroth.

Comme Vincent s’était trouvé stupide ce matin, à demander aux passants où se trouvait le quartier général des Turks où il logeait ! Certains s’étaient même sauvés avant qu’il n’arrive près d’eux ; effrayés parce qu’il faisait partie des Turks, ou effrayés par son air inquiétant ? Vincent ne savait pas. S’ils l’avaient vu avec l’apparence qu’il aurait trente ans plus tard, ils auraient sans doute poussé en plus des hurlements en s’enfuyant ! Une fois de plus, Vincent se mit à rire doucement. Peut-être était-il en train de devenir complètement fou ! Pourquoi évoquait-il l’avenir avec nostalgie, comme si c’était le bon vieux temps, comme si c’était le passé ?! Il ne fallait pas qu’il oublie que le passé, c’était ce qu’il vivait à cet instant très précis ! Il ne devait pas perdre de vue la raison pour laquelle il était ici. Lucrécia… Non, ce n’était pas pour revoir Lucrécia qu’il était revenu ici !
« - Valentine ! Tu as bien compris la tâche qui t’incombe ?
- Bien sûr, Tseng !
- Je l’espère bien pour toi. Si tu laisses une seule information circuler, ça va barder pour ton matricule ! Et on n’a pas envie de tous payer pour des bêtises que tu pourrais commettre ! L’honneur des Turks est en jeu ! »
Voilà ce que Tseng lui avait dit à neuf heures ce matin. Tseng avait le même "grade" que Vincent au sein des Turks, mais il se comportait comme un vrai petit chef dictateur avec tous ses collègues. Il avait assez de charisme pour se faire respecter, alors les autres Turks le laissaient prétendre leur donner des ordres.
Et voilà Vincent parti vers Nibelheim, accompagnant le groupe de trois scientifiques Shin-Ra afin d’assurer la confidentialité de leurs travaux. Nibelheim était une toute petite ville du continent Ouest, à l’écart et qui comptait très peu d’habitants. Mais un seul civil au courant des recherches pouvait compromettre les projets de la multinationale. C’est pourquoi la Shin-Ra avait envoyé l’agent spécial Valentine, connu pour son efficacité et sa discrétion. La Compagnie avait même fait construire un manoir dans la ville - ou plutôt près des montagnes à la sortie de la ville - et avait incité par de grosses subventions un hôtelier de Midgar à s’y installer, les troupes Shin-Ra ayant besoin d’un endroit où loger lorsqu’elles viendraient dans ce village.

Et finalement, cet après-midi-là, ils arrivèrent. Un camion militaire banalisé s’arrêta devant l’entrée du village, un homme brun, grand et mince, complet bleu marine, en descendit par le siège du passager. Il jeta de furtifs regards aux alentours et fit un geste de la main. Les trois personnes qui étaient assises à l’arrière - deux hommes et une femme, des scientifiques d’après leurs blouses blanches - descendirent alors. Le chauffeur parla un instant avec le Complet Bleu, puis le camion redémarra et s’éloigna. Les trois Blouses Blanches se dirigèrent vers la place du village, suivies du Complet Marine. Ils eurent une brève discussion entre eux, puis les Blouses Blanches pénétrèrent dans la grande demeure qui venait d’être construite dans notre village, tandis que Complet Bleu resta à l’extérieur juste devant le manoir, comme un chien de garde. Et je me suis mise à frissonner à l’idée que ce chien de garde-là semblait TRES dangereux…

Lieu : Région des Prairies - Temps : Présent. Jour J+1, début de soirée.

Lorsque Yuffie sortit de sa torpeur, elle expérimenta pour la première fois cette sensation étrange appelée familièrement… "gueule de bois". Elle porta la main à sa tête et y sentit des bandages, elle baissa les yeux vers son bras droit ; pourquoi donc était-il maintenu par… Oh ! Et elle se rappela alors cette douleur soudaine qu’elle avait ressentie au bras lorsque Clad l’avait empoigné et tiré brutalement en arrière. Ce sale porc-épic lui avait démise l’épaule !
Elle avait un bras en écharpe et un énorme bandage sur le crâne, donc ! Et bien, elle ne s’en était pas trop mal sortie, finalement… Et elle qui pensait se réveiller dans la Rivière de Vie, ou ne plus jamais se réveiller du tout…
Elle s’assit et regarda autour d’elle. La chambre de Clad ! Hé hé, quand elle irait raconter ça ! "Eh bien, figure-toi que j’ai couché dans le lit de ton petit ami, Tifa !". Bon, trêve de plaisanteries…
« CLAAAAD ! » cria t-elle. Elle se racla la gorge et recommença, une seconde après :
« HE, TETE DE HERISSOOOON !!! »
A l’appel de son surnom, il apparut à la porte de la chambre.
« - Yuffie ! Tu es réveillée !
- Non, sans blague ! Dis… Tu n’aurais pas quelque chose à manger… s’te plait ?
- Sûr ! Je reviens tout de suite, bouge pas ! »
Il sortit et Yuffie pensa : « Aucun risque que j’aille danser le twist pour l’instant ! »

« Iiiik ! Enlève ce cadavre de mon champ de vision ! » cria Yuffie à Clad dès qu’il apparut sur le seuil de sa porte.
Il tourna la tête pour voir s’il y avait un "cadavre" derrière lui. Apparemment, Yuffie était en train de délirer, peut-être avait-elle de la fièvre… Puis, il se rendit compte qu’elle désignait l’assiette qu’il tenait : un succulent steak-purée qu’il avait préparé pour elle…
« - Tu n’aimes pas la viande, Yuffie ? Le docteur insiste pour que tu manges des protéines…
- Je ne suis pas à proprement parler une végétarienne, mais je déteste la viande ! Fais-moi des œufs sur le plat, c’est des protéines aussi, non ?! »
Clad se retint de lui faire remarquer qu’un œuf n’était après tout qu’un futur "cadavre" de poulet… Il sortit et laissa Yuffie à ses réflexions.

Yuffie avait la tête qui tournait. C’était peut-être à cause de la faim… Elle se sentit faible tout à coup, elle se rallongea. Il fallait qu’elle parle à Clad lorsqu’il reviendrait, oui… elle avait des choses à dire à Clad, à propos de… Vincent… Il ne faudrait pas qu’elle oublie de lui parler… lorsqu’il reviendrait….
Elle referma les yeux un instant pour les reposer… Parler à… Clad… à propos… de Vincent…
Et elle s’endormit.

Clad revint quelques instants plus tard avec des œufs sur le plat destinés à Yuffie. Mais elle s’était déjà rendormie. Il ressortit avec le plateau-repas et décida d’appeler la clinique de Mideel pour prendre des nouvelles de Tifa, et annoncer aux autres son intention de venir à la clinique le lendemain. Cela lui brisait le cœur, mais ils avaient tous le droit de savoir, de savoir que leur ami… Vincent… était mort, qu’il avait sauté dans la Rivière de Vie, sans aucune raison. Qu’il… Que LUI, Clad, n’avait rien pu faire… qu’il n’avait pas été là lorsqu’un de ses amis avait eu besoin de lui ! Et Aeris… c’était parce que Clad n’avait rien pu faire non plus. Il voyait tout, il voyait… et il n’a pas agi… pas agi…

[Mrglauque]
[Mrglauque]
Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:49:41

Lieu : clinique de Mideel - Temps : J+2, l’après-midi.

Tifa attendait une visite depuis ce matin. Comme une gentille petite fille obéissante, elle avait suivi les conseils du docteur Mentor et au lieu d’aller dans le jardin, elle allait recevoir sa visite dans la chambre. Ce médecin était bien trop protecteur ! Pourtant cela n’ennuyait pas Tifa de recevoir son visiteur dans sa chambre. C’était même un décor plus… intime…
On frappa à la porte.
« Entrez ! » fit-elle d’un ton joyeux.
Lorsque Clad apparut sur le pas de la porte, elle fut presque… déçue. Elle reprit vite son air joyeux.
« - Clad ! C’est vrai, Barrett m’a dit que tu allais venir aujourd’hui…
- Tifa, j’ai quelque chose à te dire. Nous avons eu un… une réunion, tout à l’heure.
- Avec toute l’équipe ?
- Oui, Cid, Cait Sith et Yuffie étaient au téléphone… C’est eux qui nous ont appelés. Nous avons décidé de ne pas te réveiller, tu faisais une sieste…
- Ah ? » fit Tifa d’un air penaud.
Ils avaient tenu un conseil de guerre sans elle !
« Hier - ce matin encore, je voulais t’annoncer que Vincent était mort… » commença Clad, avec un tact fou…
Vincent ?!
Tifa se sentit mal. Comme un coup de poing en plein cœur…
Et puis, elle se rappela. Oui, …CE Vincent-là !
Elle fut envahie par un immense sentiment de honte lorsqu’elle s’aperçut qu’elle était… soulagée ; oui, il ne fallait pas se voiler la face : elle avait été presque soulagée en se rendant compte que Clad parlait de Vincent Valentine…
Tifa mit la paume de la main sur son cœur pour ralentir ses battements. Elle avait l’impression qu’il allait sauter hors de sa poitrine tellement il s’emballait. Et s’il avait sauté hors de sa poitrine, vers où, ou vers qui, son cœur serait-il allé ?
Clad ne remarqua pas le malaise que Tifa avait eu à l’instant. Il était plongé dans ses pensées, il faisait de son mieux pour rester concentré et raconter toute l’histoire, d’une façon claire et compréhensible, à Tifa…
Il lui raconta les aventures sur l’Ile Ronde - et ce qu’il avait vu Vincent faire dans la grotte à matéria - l’accident de Yuffie, la course contre la montre pour la ramener sur le continent Est et lui trouver un docteur à Kalm, et puis, alors que Yuffie se trouvait très mal en point chez lui dans les Prairies, le jeune infirmier qu’ils avaient eu la chance de rencontrer …
Et enfin, il y a une demi-heure à peine, Cid avait téléphoné à la clinique. Clad, Red et Barrett avaient tous trois envahi le bureau du docteur Mentor parce que Yuffie tenait absolument à leur parler, à tous en même temps.

Il y a quelques instants, Cid avait entendu Yuffie pousser un cri et il avait couru vers sa chambre. Elle était toujours endormie, endormie depuis la veille, semblait-il. Mais alors que Cid s’apprêtait à sortir, Yuffie avait à nouveau poussé un cri et s’était réveillée en sursaut. Elle regardait autour d’elle avec des yeux apeurés.
« - Tout va bien, l’avait-il rassurée, ce n’était qu’un cauchemar.
- Non… c’était la réalité, Cid… la réalité…

« - Non, Vincent ! Emmène-moi avec toi !
- Adieu Yuffie ! »

- Tu veux… en parler ?
- Je ne… veux pas avoir à… raconter ce qui s’est passé plusieurs fois, Cid. Convoque Clad et Cait ici et apporte le téléphone, s’il te plait. Il faut que je vous parle, à tous… à propos de Vincent. »

« - Qu’est-ce que tu racontes, Yuffie ! Vincent se serait suicidé pour rejoindre Aeris !?
- Non ! J’ai dit qu’il avait sauté dans la Rivière parce qu’Aeris lui avait demandé de venir.
- Cela revient au même !
- Vous ne comprenez pas ! La… la Grande Inondation dont toi, Red, tu nous avais parlée, eh bien Aeris savait comment l’arrêter… Vincent m’a dit que lui seul pouvait empêcher la Crue. Aeris lui était apparue en rêve, elle lui avait demandé de venir dans… la Rivière, pour empêcher la Crue. Il avait un… travail à effectuer là-bas, pour arrêter la Crue qui se préparait. Mais… il a sauté, sans m’en dire plus. Il m’a affirmé qu’il fallait lui faire confiance, qu’il empêcherait cette inondation et… qu’il reviendrait, que nous ne devions plus nous en inquiéter… Mais, je suis inquiète, terriblement inquiète… »

« - Et voilà ce qu’il s’est passé, Tifa, conclut Clad, …Vincent est notre dernier espoir…
- Et nous ne perdrons jamais espoir ?
- Non, jamais. J’ai confiance en lui. Il a dit qu’il reviendrait, et c’est ce qu’il fera. Cette crue ne se produira pas et Vincent reviendra ! »

Pourquoi, pourquoi suis-je donc revenu tellement loin dans mon passé ? Je niais le fait que je voulais la revoir pour autre chose, autre chose que l’horrible mission que je m’étais mis en tête d’accomplir…
J’ai cru que j’y arriverais… Et pourtant… lorsque j’ai revu son visage, ce visage adoré, toutes mes résolutions sont parties en fumée. Et Dieu - ou le Diable - sait que j’ai essayé, essayé d’éviter son regard, essayé de paraître froid et distant lorsqu’elle m’a été présentée, lorsque nous nous sommes serré la main.
Mon âme… Je n’avais plus rien à perdre, car il ne me restait plus rien, pas même mon âme…
Alors, j’ai pensé : « qu’est-ce qu’un péché de plus, ajouté à ma si longue liste ? »
" Tu ne tueras point ". Si j’étais croyant, et je ne sais même pas si je le suis - ou l’ai jamais été - je n’aurais jamais eu cette intention… cette intention de…
Mais de toutes façons, je sais maintenant que je ne pourrai plus ! Pas après l’avoir revue.
Dans la Rivière de Vie, je pensais avoir pris ma décision : « pour le bien de tous, Séphiroth doit être éliminé car il veut déclencher la Grande Crue ». Tout comme l’année dernière… Enfin, dans trente ans… Oh, tout est si compliqué, si embrouillé dans ma tête !
L’année dernière, je devais aider à tuer Séphiroth car il empêchait le Sacré de se déclencher, parce qu’il mettait la Planète en danger avec le Météore !
Mais il avait déjà fait tant de mal, bien avant la confrontation finale à la Grotte Nord…
Alors, j’ai cru…
Et si Séphiroth n’était jamais né ?! Tout ça ne serait jamais arrivé ! Pas de grand incendie à Nibelheim, pas de Météore, pas de meurtres d’innocents ; PAS DE SEPHIROTH !
Je pensais pouvoir le faire, mais je n’ai pas pu. Je n’ai pas pu me résoudre à empêcher la naissance de Séphiroth en tuant Lucrécia !
Peut-être me reste t-il une once d’espoir, une once d’humanité, une once d’amour en moi…

Lieu : la Rivière de Vie - Temps : Jour J.

Aeris souriait. Vincent venait de pénétrer dans le tunnel, il était parti maintenant.
La silhouette de Bugenhagen flotta vers Aeris, il arriva enfin à sa hauteur.
« Tu es arrivé trop tard ! » lui dit-elle en souriant.
Le vieux sage baissa la tête d’un air triste et résigné. Il hocha la tête et soupira.
« - Oh, comme je suis désolé… désolé pour toi, Séphiroth !
- Que dis-tu, vieux fou ! s’écria Aeris en colère.
- Tu as envoyé à la mort le seul être qui pouvait encore te sauver, sauver ton âme !
- Tais-toi, idiot ! Je n’en supporterai pas davantage ! »
Bugenhagen plongea ses yeux dans les yeux verts qui le foudroyaient du regard.
« - Séphiroth, tu te trompes. Tu as cru qu’empêcher Vincent de parvenir jusqu’à toi te sauverait de la mort. Mais tu te trompes. Arrête la Rivière de Vie avant la Grande Inondation ; voilà ce qui te sauvera réellement !
- Sais-tu ce que je pourrais te faire, si je le voulais ?!
- Oh, oui ! Tu n’as pas complètement menti à Vincent, après tout. Nous autres, âmes de la Rivière, ne pouvons pas agir, nous ne faisons que suivre son cours… Mais toi, Séphiroth, tu contrôles ses flots ! Si tu pouvais te rendre compte que le bonheur est tout près de toi… Rejoins-nous dans la Rivière, laisse ta haine et ta colère, laisse ton désespoir derrière toi, et ne te retourne pas… »
Aeris éclata d’un rire machiavélique et reprit l’apparence de Séphiroth. Il rit encore.
« - Quel discours touchant ! Vous autres êtes si… attendrissants ! Vous êtes si facile à contrôler, à manipuler ; ce n’est même plus distrayant ! Cet idiot de Vincent, tout comme ce pantin de Clad ! C’était si facile de leur faire croire qu’ils agissaient de leur plein gré, alors qu’ils n’ont jamais pris la moindre décision vraiment importante !
- Séphiroth, si tu savais QUI sont tes vrais parents…
- Je n’ai qu’une mère, c’est Jenova !
- Elle t’a menti ! Ce n’est pas ta mère, elle ne t’a jamais aimé, elle n’a fait que te manipuler !
- C’est FAUX ! »
L’image d’un Séphiroth furieux disparut et Bugenhagen baissa une fois de plus la tête tristement.
« Si tu savais, Séphiroth… Peut-être… n’est-il pas trop tard… »
Et le vieil homme partit en quête de Vincent…

[Mrglauque]
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Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:51:10

… Les heures durent des journées, les jours s’étendent en des mois, et les mois me semblent des années. Depuis combien de temps, depuis combien de temps suis-je là ? J’attends et je tremble, je tremble à l’idée de ne pas pouvoir intervenir à temps cette fois-ci non plus…
Le professeur Gast travaille à la mise au point d’un observatoire dans le canyon Cosmo, il travaille en collaboration avec un vieux sage du village de Cosmo. Le nom de ce dernier est Bugenhagen - je le sais, je le rencontrerai pour la première fois dans un peu plus de trente ans. Son petit-fils a maintenant quatorze ans et ce n’est encore qu’un petit enfant.
Pourquoi dois-je jouer cette comédie qui me dépasse ? Prétendre que je ne sais rien de l’avenir, que je ne sais pas que Lucrécia va accepter de subir les expérimentations de Hojo. Je sais qu’ils vont m’en parler un jour, mais je ne sais plus quand exactement. Je croyais pouvoir m’en souvenir… mais l’avenir est tellement loin dans le passé, et ma mémoire si défaillante !
J’essaie de paraître froid et détaché, de mettre le plus de distance possible entre Lucrécia et moi. Je ne lui ai pas parlé, je ne l’ai pas invitée pour une promenade, je ne lui ai pas déclaré mes sentiments. A quoi cela servirait-il, de toute manière ! Je sais déjà quelle sera sa réaction, je sais ce qui va se passer. Pourtant… dois-je attendre l’irréparable avant d’intervenir ? Non ! Je refuse de ne pas tenter de changer les choses ! Je refuse de la voir souffrir, de voir souffrir son enfant, et de finalement tuer ce petit être encore innocent. Je peux dévier le cours de ces deux vies si je m’y prends à temps.
Le projet Jenova peut tomber en ruines, la Shin-Ra peut aller se faire voir ! Je… Lucrécia et son enfant - l’enfant qu’elle aura de Hojo - partiront avec moi ; je peux persuader Lucrécia de ne pas servir de cobaye, car aujourd’hui je sais ce que j’ignorais à l’époque : Hojo n’avait pas l’accord du professeur Gast, son supérieur, pour cette expérience ; il n’avait aucun droit d’agir ainsi, et Lucrécia en sera informée, foi de Vincent !

« - Je suis contre ! Vous ne pouvez pas expérimenter ça sur des humains !
- Elle et moi sommes des scientifiques, notre décision est prise. N’est-ce pas, Lucrécia ?
- … Je… Tout à fait, professeur Hojo…
- C’est dangereux ! Savez-vous les risques que vous encourrez, Lucrécia ? Vous rendez-vous compte des risques que vous lui ferez encourir, Hojo !
- Valentine, vous n’êtes qu’un agent de surveillance ici ! Vous n’avez pas à nous faire la morale ! De toutes façons, il n’y aura aucun danger ! Vous n’y connaissez rien, et d’ailleurs, je me demande pourquoi Lucrécia voulait vous mettre au courant !
- Voyons Niko… - je veux dire : Professeur, il a le droit de savoir aussi, et si nous voulons qu’il assure la confidentialité de nos recherches…
- Vous avez raison, Lucrécia. Quant à VOUS, nous vous avons juste informé de nos intentions, nous ne vous avons pas demandé votre avis !
- Bien, remettez-moi à ma place si ça vous chante ! Il n’empêche que vous n’avez aucune autorisation pour ça !
- Qu’en savez-vous, Valentine ? »
Avec un sourire triomphal, le jeune professeur Hojo alla vers son secrétaire. Il ouvrit l’un des tiroirs et en sortit une feuille de papier. Il la tendit à Vincent, qui la lut et la relut.
« - Ce n’est pas possible !
- Allons, homme de peu de foi ! ricana Hojo. Vous avez la preuve devant les yeux et vous refusez de croire !
- Maintenant laissez-nous, Vincent. Nous avons encore beaucoup de recherches à faire avant de réellement commencer l’expérience…
- Mais Lucrécia…
- Sortez d’ici ! cria Hojo. Get out ! Raus ! Dehors ! En quelle langue faut-il vous le dire ?! »

Quel traître ! Et moi qui pensais tant de bien de ce Gast ! Il me dégoûte, peut-être même plus que Hojo ! Car si Hojo, lui, prend des risques et s’investit dans ses expériences, son supérieur ne fait que lui donner des ordres par l’intermédiaire de lettres, et ne veut même pas se salir les mains ! Hojo peut bénéficier de circonstances atténuantes, de clémence pour sa folie ; mais le professeur Gast, lui ! Il me dégoûte et me révolte !
Lucrécia et Hojo… Ils sont sortis, ils viennent de sortir et se promènent sur la place du village déserte. Ils ne voulaient pas que je les accompagne en tant que garde du corps. Je sais quel jour nous sommes, aujourd’hui…
Les deux scientifiques sortent rarement de leur laboratoire. Lucrécia ne rentre à sa chambre d’hôtel que très tard dans la nuit, tandis que Hojo s’endort souvent dans le laboratoire, épuisé par ses recherches, et il ne remonte presque jamais se coucher sur son lit de camp installé, à sa demande, juste devant l’escalier menant au souterrain.
Mais aujourd’hui, tous deux sont sortis… Je suis devant la porte du Manoir, et je peux les voir d’où je suis, même s’ils ne font pas attention à moi. Je sais finalement quel jour nous sommes aujourd’hui…
Hier, je devais avouer à Lucrécia que je l’aimais, elle devait s’enfuir au bord des larmes et je devais rester là, effondré et sans comprendre. Cela ne s’est pas passé ainsi, car hier, je n’ai pas parlé à Lucrécia. Et aujourd’hui… maintenant, Lucrécia et Hojo sont tendrement enlacés à l’entrée du village.
Si elle est heureuse, mon sort n’a aucune importance… Mais voilà, elle ne sera pas heureuse ! Je le sais, et pourtant, que puis-je y faire ?

Lucrécia aurait dû être heureuse aujourd’hui, mais son humeur était plutôt maussade. C’était son anniversaire et son fiancé ne paraissait même pas s’en souvenir. Il avait été si tendre avec elle hier ! Il pouvait être si gentil et prévenant certains jours, mais il l’était si rarement ! Il était toujours fourré dans son laboratoire comme s’il n’y avait rien de plus important au monde, même pas ELLE !

« - Tu peux aller te promener si tu y tiens tellement, je n’ai plus besoin de ton aide ici pour le moment !
- Nikolas, s’il te plait… J’ai envie que tu viennes avec moi !
- Nous sommes déjà sortis hier, je n’ai pas de temps à perdre avec tes jérémiades !
- … Tu viendras dîner avec moi ce soir, au moins ?
- … Je ne crois pas, Lucrécia. J’ai d’autres calculs à vérifier, et…
- Mais c’est mon ann…
- Vas t-en ! Si tu ne m’aides pas, au moins ne reste pas à traîner dans mes pattes, comme un poids mort ! »

Alors, il avait non seulement oublié son anniversaire, mais en plus, elle était un "poids mort" pour lui !
Lucrécia sentit des larmes d’amertume lui monter aux yeux. Elle ne voulait pas pleurer, mais c’était si difficile de se retenir… Et elle était seule, de toute manière… Deux traînées de larmes coulèrent le long de ses joues.
On frappa à la porte de sa chambre. Lucrécia s’essuya vite les yeux et essaya de paraître joyeuse : « Entrez ! »
Le jeune agent de sécurité qu’on leur avait assigné ouvrit timidement la porte et resta sur le palier, n’osant même pas entrer.
« - Oh, Vincent ! Mais entrez donc, je ne vais pas vous manger ! plaisanta t-elle.
- Hum, merci. Euh, je voulais juste vous souhaiter un bon anniversaire, et voilà…
- … comment savez-vous que c’est mon anniversaire ? »
Vincent se mordit la langue. Bien sûr, il ne devait pas encore le savoir, puisqu’il ne l’avait pas invitée pour cette promenade, l’avant-veille !
« - Hmm, vous me l’avez sûrement dit. C’était, euh... Vous avez dû oublier…
- En tout cas, vous n’avez pas oublié ! Merci, Vincent ! »
Il cachait quelque chose derrière son dos. Elle lui fit la remarque, il lui tendit alors un bouquet de fleurs sauvages.
« - Oh, que c’est gentil ! Merci !
- Ahem, ce n’est rien… »
Lucrécia ferma les yeux et respira le parfum légèrement poivré des fleurs.
« Je vais vous laisser, maintenant… Au revoir, Lucrécia… »
Elle sursauta.
« Attendez, ne partez pas déjà ! Dites-moi, Vincent… Vous avez quelque chose de prévu ce soir ? »

Vincent le lui avait déjà fait remarquer : Lucrécia ne lui semblait pas quelqu’un qui "tenait bien" l’alcool. Elle avait ri et insisté sur le fait qu’elle était majeure et vaccinée, mais cela se voyait : jamais elle n’avait encore bu d’alcool jusqu’à ce soir-là. Il avait remarqué qu’elle avait pleuré lorsqu’il était allé à son hôtel pour lui souhaiter son anniversaire, mais elle semblait tellement vouloir paraître enjouée qu’il ne lui avait rien dit à ce propos.
Vincent se demandait ce qu’elle cherchait à oublier, pour boire de la sorte. Lorsque lui buvait, et parmi les Turks cela lui arrivait souvent, c’était pour oublier… oublier qu’il tuait ses semblables sans autre motif que celui d’obéir à des ordres. Et puis un jour, il avait réalisé que cela commençait à lui plaire… Il commençait à aimer tuer ! Et il n’en fut pas plus bouleversé que s’il s’était découvert une passion pour les radis ! Oui, ses crimes avaient commencé bien avant Lucrécia… Elle et son enfant, ils n’avaient fait qu’allonger sa liste de péchés… Mais ils étaient sans doute son péché le plus mortel…
« - Lucrécia, vous devriez arrêter de boire. Cela ne vous réussit pas !
- Allons, Papounet ! plaisanta t-elle d’un ton imbibé. Je n’ai bu que trois verres… Garçon ! Apportez-nous - hic ! - une autre bouteille de champagne ! »
Il était vrai qu’elle n’avait pas encore fini son troisième verre, mais comme le faisait remarquer Vincent, Lucrécia ne tenait VRAIMENT pas l’alcool…
« - Je vais vous raccompagner à votre chambre...
- Mais c’est mon anniversaire, et je veux fêter ça avec toi, Vincent ! »
La première fois qu’elle le tutoyait. Et bien sûr, c’était parce qu’elle était complètement saoule !
Vincent la souleva de force et sortit de la salle à manger de l’hôtel Phénix.
« Ouh, quel homme ! » faisait Lucrécia en riant tandis qu’il la portait en montant les escaliers jusqu’à sa chambre. Il déverrouilla la poignée de la porte d’une main et, donnant un coup de pied à la porte, il l’ouvrit en grand. Il jeta Lucrécia sur son lit qui n’était pas encore défait et se redirigea vers la porte.
« Bonne nuit, Lucrécia. Vous le regretterez, en vous réveillant demain avec la tête à l’envers, je vous le promets ! »
Avant qu’il n’ait pu atteindre la porte, Lucrécia se rua sur elle et la referma. Elle resta adossée contre la porte et commença à sourire d’un air étrange. Vincent essayait de la repousser gentiment sur le côté pour pouvoir passer, elle résistait en riant et il se sentait vraiment ridicule à jouer à ce petit jeu du "Pousse-toi que j’m’y mette". Et au bout d’un moment, il en eut assez.
« - Bon, Lucrécia, ça commence à bien faire ! Qu’est-ce que vous voulez, à la fin ?!
- Toi ! »
Elle le tira par la cravate, l’étrangla à moitié ce faisant, et avant que le pauvre homme ait pu reprendre son souffle, elle colla ses lèvres contre les siennes et l’embrassa. Cela acheva de couper le souffle à Vincent, et il en resta tétanisé un instant. Puis il l’enlaça et commençait à lui rendre son baiser lorsqu’il s’aperçut que si elle agissait de la sorte, ce n’était pas parce qu’elle avait un quelconque sentiment tendre à son égard - c’était juste parce qu’elle était en état d’ivresse ! Il posa ses mains sur ses épaules et la repoussa doucement, comme à regret.
« Vous agissez sous l’effet de l’alcool. Faisons comme s’il ne s’était rien passé ! »
Mais elle ne fut apparemment pas d’accord avec ce compromis. Elle commença à déboutonner le haut de son chemisier, Vincent en fut horrifié, ou presque… Il déglutit avec difficulté et voulut se cacher les yeux avec la main, en gentilhomme qu’il était !
« - Lu… Lucrécia ! Qu’est-ce que vous faites !?
- Comme si tu ne le savais pas ! »
Elle se colla à nouveau contre lui, son visage tout contre son cœur… son cœur à lui qui ne battait que pour elle. Vincent retira sa main de devant ses yeux, et la posa sur l’épaule de Lucrécia. Il soupira, baissa les yeux, et ne voyait que la douce chevelure de la jeune femme.
« - … Tu ne peux pas savoir comme j’ai attendu ce moment, Lucrécia… Mais je ne me le pardonnerais jamais si je profitais de la situation…
- Hé, Vinnie ! commença t-elle à ricaner, sous l’emprise de l’alcool.
- VAS te coucher…
- D’accord si tu m’accompagnes !
- ... te coucher, SEULE ! On en reparlera demain. Si jamais tu t’en souviens encore demain… »

[Mrglauque]
[Mrglauque]
Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:51:55

Il avait finalement pu sortir ! Il referma la porte sans bruit, s’y adossa et ferma les yeux un instant. Puis il soupira, secoua vivement la tête et lentement, il traversa le couloir de l’étage. Il se demandait ce qui s’était passé la première fois, si cette scène avec Lucrécia s’était produite ou non, la fois précédente. Troubles de la mémoire… Mouais, à n’en pas douter, sa mémoire était une passoire ! Comme il se sentait ridicule !
Après avoir bien tergiversé, Lucrécia était finalement tombée comme une masse, il l’avait mise au lit, bordée, et avait même remarqué qu’elle ronflait légèrement… Eh bien, personne n’est parfait, surtout si cette personne est ivre morte !
Il gagna la salle de bain commune de l’hôtel et prit une douche glacée… il en avait besoin !

Vincent ne reparla pas de cet "incident" avec Lucrécia. Il en aurait été horriblement gêné, et comme elle ne semblait pas s’en souvenir… Elle semblait n’avoir gardé de la soirée qu’une horrible migraine qui l’obligea à rester au lit toute la journée du lendemain. Hojo s’inquiéta un peu de son état, grommela contre l’hôtelier et accusa "l’horrible nourriture qu’ils servaient dans cette auberge minable" d’avoir empoisonné son assistante. Lucrécia fut rétablie le jour suivant, et Vincent, soulagé, se remit à rire tout seul. "Ouh là !" pensa t-il "Te voilà devenu un comique, Vincent !"

Pourquoi ces larmes qu’elle dissimulait en s’enfuyant ce jour-là ? Ce jour-là qui n’est jamais arrivé, en fait. Ce jour de promenade où je devais lui déclarer mon amour, et cette scène qui ne s’est jamais produite, en fait, car je ne l’ai pas invitée pour une promenade cette fois-ci…
Mais la première fois, et je m’en souviens - c’est une des rares choses dont je me souvienne - elle était bouleversée… Oui, pourquoi mes paroles l’auraient-elles tant affectée si elle ne ressentait rien pour moi ? Au lieu de me détromper, de me dire qu’elle me considérait juste comme un ami… elle s’était enfuie, au bord des larmes. Pourquoi avoir eu une réaction d’une telle violence, pourquoi tant de…passion ?!
Plus j’y repense, et plus je me dis que je ne laissais peut-être pas Lucrécia aussi indifférente qu’elle l’aurait souhaité…

Vincent regardait Lucrécia dormir et se demandait comment ils avaient pu en arriver là. Que s’était-il passé, la première fois ? Il tournait et retournait cette question dans sa tête, et ne trouva aucune réponse. Le passé, la première fois… Mais c’est ce qu’il était en train de vivre à cet instant-même !
Il supposa qu’ils n’avaient pas été au-delà d’un chaste baiser - il doutait même qu’ils s’étaient embrassés, la première fois. Car, sinon, comment aurait-il pu oublier ?! Comment aurait-il pu oublier ces baisers passionnés, le parfum de ses cheveux et la douceur de sa peau… contre la sienne…
Allongée dans le lit à côté de lui, se trouvait Lucrécia. Il avait peur de n’être qu’en train de rêver…
Mais, non, elle était bien réelle ! Il lui murmura à l’oreille ce qu’il n’avait pas osé lui dire. Cette phrase qu’il aurait dû dire, un jour de promenade, et qu’il n’avait jamais dite. Trois, quatre petits mots tout simples, mais dont il avait peur…
Elle sourit dans son sommeil, et il supposa, il espéra qu’à sa manière de sourire, elle lui répondait… Elle se tourna sur le côté et continua à dormir paisiblement, mais Vincent, lui, ne put fermer l’œil de la nuit. Il craignait de la voir disparaître s’il s’endormait, car elle n’était peut-être qu’un beau rêve après tout…

Deux mois passèrent, passèrent trop vite cette fois-ci. Vincent pensait que ces mois n’avaient duré que le temps d’un clignement d’yeux. Comme un rêve au petit matin, lorsqu’on est entre le sommeil et l’état d’éveil. Nous clignons des yeux et le doux rêve s’évapore, rejoint son Royaume des Rêves, ne laissant derrière lui qu’un goût d’inachevé…
Deux mois de rendez-vous clandestins avec Lucrécia… De rendez-vous qu’elle provoquait le plus souvent. Il aurait souhaité pouvoir lui résister, mais il n’aurait pas pu, et le savait.
Deux mois… et puis un jour, il arriva ce qui devait arriver : Vincent se mit à espérer à nouveau. Il faisait des projets, des projets d’avenir - un avenir dont Lucrécia ferait partie. Peut-être accepterait-elle, cette fois-ci… La dernière fois, il y avait été trop brutalement, la faisant fuir… Mais cette fois-ci…
« Décide du moment très précis de ta vie où tu veux revenir, traverse ce passage, et tu seras dans ton passé. Et alors tu pourras rectifier toutes les erreurs que tu as commises en ce temps-là… »
Il lui avait été donné une nouvelle chance, et il se devait de saisir sa chance cette fois-ci ! Alors il attendit le bon moment, le jour parfait où il pourrait demander à Lucrécia de l’épouser ; ils quitteraient leur travail à la Shin-Ra, et elle n’aurait pas à risquer sa vie pour cette expérimentation inhumaine qu’elle s’apprêterait à subir dans peu de temps.
Et un matin arriva, où il se dit que c’était le bon moment, que c’était le moment ou jamais…

Vincent était déjà habillé et s’apprêtait à nouer sa cravate lorsqu’il remarqua que quelque chose n’allait pas avec sa chemise…
« - Tu as boutonné Lundi avec Mardi ! lui expliqua Lucrécia en riant.
- Pardon ?! »
Il regarda sa chemise de plus près et s’aperçut qu’il avait en effet décalé tous les boutons d’un cran. Lucrécia rit à nouveau, le fit asseoir sur le lit, s’installa sur ses genoux et se mit en tête de lui reboutonner sa chemise.
C’était le moment ou jamais de faire sa demande…
Il l’embrassa dans le cou et fit courir ses doigts le long de son dos. Elle rit et se remit debout.
« Arrête ! Comment veux-tu que je travaille dans ces conditions ! »
Elle était si joyeuse ce matin… Le moment ou jamais…

Cela ne s’est pas passé le même jour, mais le résultat est le même. Finalement, je n’ai eu que deux mois de répit… deux mois de bonheur en plus… Mais je ne regrette pas ces deux mois, j’aurais été prêt à risquer ma vie pour une seule de ces journées passées avec Lucrécia !
Je pense que c’est de ma faute. Oui, quel besoin avais-je de tirer des projets sur la comète ?!
Cette fois-ci, c’est clair et net. Au moins, je n’ai plus de questions à me poser ; Lucrécia vient de me fournir les réponses à l’instant même : elle était officiellement fiancée à Hojo et comptait le rester. Elle ne m’a pas dit si elle l’aimait réellement, ou si c’était par gratitude. Cela fait si longtemps qu’elle était promise à Hojo, m’a t-elle expliqué. Cela se passe de commentaire !
Je devrais la détester pour s’être… servie de moi ainsi, mais j’étais consentant et pleinement conscient de la situation ; je suis même certain d’avoir été plus conscient de la situation que Lucrécia. Elle avait l’air d’une petite fille perdue, là sur cette colline à la sortie de la ville… Je suis incapable de lui en vouloir, je suis incapable de ne plus l’aimer, et de lui reprocher mes propres… fautes.
Cela ne s’est pas passé le même jour, mais le résultat reste le même. Elle est partie en courant de ma chambre, en larmes. Et j’ai dû la rattraper, aller loin en dehors de la ville pour avoir mes réponses. Maintenant que je les ai, je dois réfléchir à ce que je compte faire à présent…

Vincent s’engagea sur le chemin de montagne sinueux. Une odeur particulière régnait sur le mont Nibel - une odeur de Mako…
Il se souvint de la fois où il avait traversé ces montagnes, c’était avec l’équipe de Clad, c’était juste après son réveil dans le souterrain de Nibelheim… Le paysage avait bien changé alors : le réacteur Mako avait tant et tant puisé les ressources spirituelles de cet endroit qu’il était comme desséché. Mais en cet instant, dans son propre passé, Vincent fut frappé par la beauté quasi-irréelle de ces montagnes verdoyantes. Il traversa le pont de bois suspendu nouvellement construit, déterminé à en finir avec tout cela, ce jour-même… Il se pencha au-dessus du pont. Une nature indomptée, libre, à perte de vue. Quelle beauté !

Lieu : clinique de Mideel - Temps : Présent. J+2, l’après-midi.

Tifa était sortie dans le jardin en catimini. Le docteur Mentor avait insisté pour qu’elle ne sorte de sa chambre qu’une fois par jour, le temps d’une (trop) courte promenade matinale d’une demi-heure dans le jardin. Mais elle avait besoin de se changer les idées. Clad venait de lui annoncer qu’il s’en remettait à Vincent, qu’il n’y avait rien d’autre à faire pour empêcher l’Inondation - il fallait juste attendre. Elle en avait plus qu’assez d’attendre ! Attendre que Vincent arrête la Grande Crue qui se préparait, attendre de pouvoir courir librement à nouveau et sortir de cet hôpital, attendre… attendre de connaître enfin les sentiments de Clad à son égard. Cela faisait des années qu’elle attendait et elle en avait assez, assez !
« Le docteur Mentor sait que vous êtes ici, Tifa ? »
Elle sursauta, se retourna brusquement et se mit instinctivement en position de combat.
Vincent se recula, surpris. La jeune fille rougit, souhaita devenir une petite souris pour pouvoir se cacher. Elle éclata d’un rire gêné et se mit à triturer une mèche de ses cheveux d’une manière qui dénotait son embarras.
« - Dites donc ! plaisanta l’infirmier. Vous savez vous défendre !
- Oui, j’ai aussi beaucoup pratiqué l’année dernière…
- Hmm… Le Docteur sait que vous êtes ici ?
- Bien sûr, mentit-elle, j’ai même le droit de descendre en ville regarder les boutiques, m’aérer un peu l’esprit… Je ne me sens plus faible du tout !
- Vous mentez très mal, vous savez… »

Tifa et Vincent s’assirent sur un banc, au bord du Lac dont la surface jetait des reflets d’un vert prismatique sous le soleil scintillant. Tifa avait réussi à convaincre son infirmier de la laisser se rendre en ville et ce dernier avait jugé plus prudent de ne pas la laisser y aller seule. D’une certaine manière, même si Tifa était la patiente du docteur Mentor, Vincent se sentait responsable d’elle.
« - C’est drôle, Vincent…
- Qu’est-ce qui est drôle ? »
« C’est drôle d’appeler Vincent un autre garçon que mon ami Vincent Valentine - le seul Vincent que j’aie connu jusqu’à présent… Mais ce que je ressens pour ce Vincent est totalement différent ; en fait, qu’est-ce que je ressens au juste pour toi, cher Vincent Brunaël ? »
« C’est drôle… je ne m’étais pas rendue compte à quel point j’aimais votre ville, jusqu’à maintenant… Le paysage est magnifique, et c’est si calme, si… paisible ! » répondit-elle.
Vincent approuva de la tête. Et, comme mû par un sentiment impérieux, irrésistible et… mystérieux, il prit tout à coup les mains de Tifa entre les siennes, approcha son visage d’elle, et l’embrassa.
Au contact de ces lèvres sur les siennes, Tifa sentit comme une décharge électrique la parcourir. Elle se recula, se leva brusquement du banc et détourna son regard, comme effrayée. Vincent baissa la tête, il se sentait mal à l’aise, il avait tellement honte de sa conduite.
« - Je, je suis désolé…
- … Ne sois pas désolé. Je ne le suis pas, moi ! »
Et elle lui sourit. Vincent se dit que c’était le plus joli sourire qu’il lui avait été permis de voir.

Lieu : montagnes de Nibel - Temps : Passé de Vincent, sept mois avant la naissance de Séphiroth.

« Quelle beauté ! » se répétait Vincent, dangereusement penché au-dessus du ravin. Puis tout à coup, une remarque lui vint à l’esprit, il la prononça presque à voix haute : « c’est une merveilleuse journée, la journée idéale pour mourir… »
Il secoua vivement la tête, pour se remettre les idées en place, et continua son chemin sur ce pont de bois. Ce n’était pas le moment de se laisser aller à de telles pensées morbides ! S’il était venu jusqu’ici, c’était parce qu’il avait un travail à effectuer.
Il avait perdu toute notion du temps, il ne savait plus quand le petit Séphiroth allait venir au monde ; mais il n’y avait pas une minute à perdre en rêveries inutiles ! Le professeur Hojo et son assistante étaient allés au Gold Saucer pour un jour ou deux. Ils étaient partis très tôt le matin-même, sans lui donner d’explication. A son air dédaigneux, Hojo devait penser qu’il n’avait pas de compte à rendre à un simple Turk, et Lucrécia n’avait rien dit à Vincent non plus ; elle semblait même éviter son regard… mais c’était vrai qu’elle avait de bonnes raisons de vouloir l’éviter.
Le casino du Gold Saucer venait d’être construit en plein milieu du désert, au sud de la région de Corel. Vincent y avait passé une nuit en compagnie de l’équipe de Clad, c’était avant le Temple des Anciens. Cet horrible Temple des Anciens où Clad avait perdu la raison et avait remis la matéria noire à Séphiroth ; Vincent avait même dû mettre Clad K.O., pour l’empêcher de continuer à faire du mal à Aeris… Mais ça, c’était du passé. Ou plutôt : c’était l’avenir ; et il avait d’autres problèmes en ce moment.
Qu’étaient donc allés faire Hojo et Lucrécia au Gold Saucer ? Ils n’étaient sûrement pas là-bas pour s’amuser… Quoi qu’il en soit, ils étaient partis, Vincent pouvait donc mettre son plan à exécution. C’était juste un plan dont il avait eu l’idée une heure plus tôt, mais il pressentait qu’il fonctionnerait sûrement. Le plan était très simple : le problème n’était pas Séphiroth, en fait ; Vincent l’avait toujours accusé de tous les maux, mais cet enfant à venir n’était pas mauvais en soi. Ce qui était mauvais, c’était cette… chose que des adultes irresponsables lui avaient injecté de force. Il fallait donc détruire cette "crise du ciel" d’une manière ou d’une autre, avant qu’elle ne devienne une "calamité des cieux" à l’avenir… Vincent savait où se trouvait le corps de Jenova en ce moment-même… Jenova était ce qui faisait fonctionner en grande partie le réacteur de Nibel, l’un des tout premiers réacteurs développés par la Shin-Ra Corporation. Et l’agent Valentine était en route pour faire son travail de "Maintien de la Paix". Cette appellation convenait souvent mal aux Turks, mais pas aujourd’hui… en cet instant très précis, ce nom revêtait tout son sens.

[Mrglauque]
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Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:52:56

Vincent tourna à droite, il arriva à l’endroit où se trouvait le réacteur. Le seul petit problème, c’était qu’il n’y avait PAS de réacteur ! Vincent n’en croyait pas ses yeux ; il les cligna plusieurs fois, pour finalement se rendre compte de sa ridicule - de son incroyablement ridicule stupidité ! Il se frappa le front de la main et laissa sa paume descendre lentement sur ses yeux, puis le long de son nez, et s’arrêter sur sa bouche.
« Quel idiot ! » cria t-il contre lui-même.
Il baissa la tête de désespoir et soupira, il avait envie de se donner des claques !
Bien sûr qu’il n’y avait pas de réacteur sur le mont Nibel : le premier réacteur - Barrett le lui raconterait dans trente ans - ne serait construit que dans près de vingt ans ! Que comptait-il faire à présent, attendre gentiment que vingt années s’écoulent ?! Attendre que la Shin-Ra abandonne son occupation première de vente d’armes ; attendre que la Compagnie découvre l’extraordinaire pouvoir de l’énergie Mako, qui pouvait faire fonctionner les machines et transformer certains hommes en membres d’élite du SOLDAT, tout cela après que les expériences sur Séphiroth aient démontré les "merveilleuses opportunités" qu’offraient le Mako et Jenova…
Vincent eut envie de crier sa colère, et c’est d’ailleurs ce qu’il fit. Son cri résonna en écho dans la montagne paisible.
Alors que le Turk se croyait seul, une troupe de soldats de métier en uniforme sortit en courant de la grotte située un peu plus loin, au fond de la gorge rocheuse.
« - Qu’est-ce qu’il se passe ?
- Qui êtes-vous !
- Vous n’avez pas le droit d’être ici. Partez !
- Euh… je… » parvint à balbutier Vincent tandis que les soldats - une bonne douzaine au moins - commençaient à l’encercler, en le menaçant de leur fusil.
Il décida de jouer la seule carte qu’il avait en main. Il avait toujours été doué pour le bluff et gagnait souvent au poker…
« Agent Valentine. Je fais partie du Département en Recherches Administratives de la Shin-Ra, Unité Spéciale du Maintien de la Paix… »
Les soldats s’écartèrent légèrement de lui mais le tenaient toujours en joue. Ils semblaient dubitatifs, et hésitants. Le sergent en uniforme vert, qui paraissait être à la tête du groupe, lâcha finalement un rire sarcastique et sonore.
« Pff ! Un "Turk", hein ? D’habitude, on vous apprend à être plus discret, n’est-ce pas… "Collègue" ?! Ha ha ha ! »
Vincent n’aimait pas ce rire moqueur ; imperceptiblement, ses yeux se plissèrent, signe de son mécontentement. Le sergent dut le remarquer, et se souvenir qu’il était mauvais pour la santé de contrarier un Turk, car il cessa de rire.
« Ahem… quoi qu’il en soit, vous n’avez pas à être ici. Nous avons des ordres formels : PERSONNE ne doit s’approcher d’ici. »
Qu’y avait-il de si précieux dans cette grotte pour que tant d’hommes soient affectés à sa garde ? Une douzaine de soldats étaient rassemblés autour de Vincent, mais il était sûr qu’une autre troupe, peut-être même plus nombreuse que celle-ci, était restée dans la grotte… Que gardaient donc tous ces soldats au fond de cette grotte ? Vincent tenta de deviner…
« - Moi aussi, j’ai reçu des ordres ! Je viens inspecter "le colis"…
- Le "colis" ?
- Jenova, si vous préférez… »
Le sergent fut stupéfait, d’ailleurs tous les soldats furent surpris et baissèrent leurs armes. Vincent avait donc deviné juste…
« - Bien, fit-il en écartant les soldats pour passer, j’y vais donc.
- …A-attendez ! …Vous…vous avez des papiers pour ça ?
- Je suis en mission secrète, bien sûr que je n’ai pas de papiers, imbécile ! »
Vincent était presque parvenu à l’entrée de la grotte… Le sergent courut à sa suite et le retint par la manche. Vincent se retourna et lui jeta un regard mauvais, ce soldat enleva alors prestement sa main et parut verdir de peur.
« - Je - je suis désolé… Nous tenons nos ordres du "Grand Patron", vous devez aller vous procurer des papiers - un permis ou une décharge de responsabilité… sinon, on ne peut pas vous laisser entrer.
- Hmpf !
- … Je suis désolé… »
Nul doute qu’ils éprouvaient un sentiment de crainte vis-à-vis du Turk, mais ce dernier savait que malgré leur peur, ces soldats seraient déterminés à combattre s’il tentait d’entrer par la force. Seul contre tous, Vincent n’avait aucune chance de s’en sortir vivant… et ce n’était pas en se faisant tuer maintenant qu’il arrangerait les choses pour l’avenir…
« Alors je reviendrai, et vous aurez de mes nouvelles, croyez-moi ! » lança t-il en s’éloignant.
Les soldats avalèrent leur salive avec difficulté, puis se mirent en rang pour retourner dans la grotte.

Une fois qu’ils furent tous entrés, Vincent sortit de sa cachette et courut vers la grotte, silencieux comme un chat à l’affût. Entré à l’intérieur, il se cacha derrière une grande caisse en bois estampillée de l’avertissement "Danger, explosifs !" en lettres rouges.
Un grand rire nasillard s’éleva parmi les bruits de conversation. Vincent y risqua un œil et il aperçut sur la plate-forme centrale, un caisson étanche fait d’une matière métallique blanche et brillante. Seule une ouverture vitrée se trouvait sur le caisson opaque, et de cette unique fenêtre s’échappait une lueur rouge pale. Deux soldats étaient postés près du caisson - un soldat de chaque côté - et l’un d’eux riait, c’était son rire que Vincent avait entendu.
« - Tu as vu cette… "entité" ? faisait le rieur à son collègue. Elle a trois yeux ! Et t’as vu où il se trouve, son troisième œil ?! Hé hé hé !
- ... ça me fait froid dans le dos, tous ces "projets secrets". C’est pas humain, ce truc ! Et c’est pas le moment d’avoir des idées salaces !
- Trouillard ! Moi, je trouve ça hilarant. Ha ha ha !
- Y’a vraiment pas de quoi rire ! » répliqua l’autre d’un ton contrarié.
Oui, Vincent était bien d’accord avec lui : il n’y avait vraiment rien de drôle. La situation était même plutôt critique…
Il comptabilisa rapidement les gardes présents dans la grotte. Ils étaient près d’une trentaine ! Vincent dut se rendre à l’évidence, il n’y avait rien à faire - rien à faire pour le moment. Il ouvrit la caisse derrière laquelle il se tenait, l’ouvrit le plus silencieusement possible. Les planches de bois grincèrent et Vincent grimaça ; heureusement, parmi le bruit environnant, quelques craquements passèrent inaperçus. Il s’empara de plusieurs des bâtons de dynamite posés parmi la paille, replaça les planches de la caisse avec soin, et sortit discrètement.
S’il s’était contenté de glisser une allumette enflammée dans la caisse, tout l’endroit aurait explosé, la grotte entière se serait effondrée. "Eliminez tout obstacle - quel qu’il soit - se dressant sur votre route", "Ne gardez en tête que votre but", "Obéissez sans discuter à vos supérieurs hiérarchiques mais votre mission passe en priorité" : règle première, alinéas 4, 5 et 11 du Code des Turks…
Mais Vincent n’avait pas le cœur à tuer tous ces gardes dans le but de détruire Jenova. S’il s’était comporté ainsi, il n’aurait pas mieux valu que tous les autres.

Vincent décida de revenir à la crique de Nibel. Il escalada assez rapidement, bien qu’avec un peu de difficulté, le mur naturel qui encerclait la crique, il passa derrière la cascade pour accéder à la caverne, et sentit les éclaboussures retombant en brume lui mouiller le visage. Il s’assit sur les marches de pierre et ferma les yeux. C’est à cet endroit précis que Lucrécia lui apparaîtrait pour la dernière fois, trente ans plus tard… Pourtant, il en était sûr, elle allait mourir dans quelques mois, juste après la naissance de son enfant. Il avait vu son corps sans vie à l’hôtel, avait touché sa main et n’avait pas senti son pouls - n’avait senti que le froid de la mort qui s’était déjà emparée d’elle…
« J’ai essayé… mais le Jenova en moi ne voulait pas me laisser mourir… »
Le Jenova qui était en elle… Etait-il possible que Hojo… Non ! Il n’aurait pas pu faire une chose pareille, pas au corps de sa défunte femme, non ! Il n’aurait pas été assez fou pour ça !
Il était peut-être encore temps de stopper le projet. Il fallait réfléchir à une solution… il y avait sûrement une solution - un moyen d’arrêter le train en marche…
« On ne peut pas sauter de ce train en marche », « Un train peut seulement aller là où ses rails le conduisent »… Barrett disait souvent cela… Clad et Tifa, aussi…

Il faisait déjà nuit lorsque Vincent revint enfin à Nibelheim. Il entra dans la Demeure Shin-Ra, fut surpris de voir la porte d’entrée déverrouillée, et un juron de Hojo l’accueillit.
« - Alors c’est ainsi que vous gardez le manoir ?! N’importe quel minable aurait pu s’introduire ici par la fenêtre et détruire mon laboratoire - des années de recherches ! C’est inestimable !
- …
- Professeur, je pense que Vincent vient à peine de s’absenter pour dîner. De plus, il n’y a pas grand monde dans ce village qui…
- Lucrécia ! Tu es toujours là prête à le couvrir, n’est-ce pas ! »
Hojo ne remarqua pas que la jeune femme, devenue soudain muette, rougit. Il fit les cent pas, allait et venait en cercle, et parut se calmer finalement. Vincent choisit ce moment pour intervenir d’une voix inhabituellement douce :
« - Je ne vous attendais pas aujourd’hui… Vous ne deviez rentrer que demain au plus tôt, non ?
- Cela a été plus rapide que prévu, Vincent…
- Et heureusement que nous sommes rentrés à temps pour constater votre désertion de votre poste de garde !
- Vincent… nous avons quelque chose à vous annoncer. Professeur, vous… tu veux bien le lui dire, s’il te plait Nikolas ?
- Que - qu’est-ce que vous entendez par là, Lucrécia…
- M. Valentine, fit Hojo impassible, j’ai le plaisir de vous annoncer que Lucrécia et moi sommes mariés à présent. »
Sans attendre une quelconque réaction de la part de Vincent, sans dire un seul mot de plus, Hojo monta l’escalier menant au premier étage, prit la direction de l’aile droite, bien décidé semblait-il à se replonger dans ses recherches au sous-sol.
« Je… je suis sûre que tu me comprends, Vincent. C’était la seule chose à faire. Nous ne devons plus entretenir de… liens autres que professionnels. » Puis, à son tour, Lucrécia gravit l’escalier, la tête basse, les épaules voûtées, les bras croisés sur sa poitrine comme si elle avait froid.
Vincent resta un moment là, pétrifié et incapable de parler - incapable de penser même. Pourquoi avait-il tant de mal à respirer ? Il ouvrit et referma la bouche plusieurs fois, tel un poisson hors de l’eau. Il ouvrait la bouche, et aucun mot ne pouvait en sortir, pas même un râle ou un gémissement. Finalement, il sortit de cette maison où il étouffait. Mais une fois dehors, il avait toujours autant de mal à respirer. Que lui arrivait-il ?

Le monde s’est-il écroulé, ou non ? Je pense qu’il s’est écroulé et m’a entraîné avec lui…
Ils se sont mariés en cachette ! Ils étaient allés au Gold Saucer dans le but de se marier en vitesse, tels des adolescents fugueurs qui craignaient le courroux de leurs parents ! Je n’aurais jamais cru Hojo capable d’un tel… romantisme - c’est drôle ! Oui, c’est très comique, et je pourrais en rire si je n’avais pas le cœur aussi brisé… Oooh, que m’arrive t-il ?!
Hojo séjourne à l’auberge désormais, avec Lucrécia… Non… je ne dois plus y repenser !
Si je m’écoutais, je mettrais le feu à ce fichu laboratoire, je réduirais toute cette maison en cendres. J’en aurais le temps : la nuit venue, je suis seul dans cette demeure… Mais cela ne servirait à rien - strictement à rien. Je ne ferais que détruire les tiges de cette… fleur du mal, mais les racines resteraient. Que dois-je faire ? Une semaine que je me demande quoi faire, mais je n’ai pas trouvé de solution. C’est une impasse ; comment en sortir ?
J’essaie de me raisonner, de me dire que ça ne peut pas aller plus mal… mais ce serait me mentir à moi-même. Je sais que cela ira en empirant, je sais que la situation sera pire dans un avenir proche.
Oh, ma tête… elle me fait tellement mal… il faut que je me calme !

[Mrglauque]
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Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:53:27

Enfin j’avais une chance, et bien sûr, j’ai tout gâché ! Je me sens tellement inutile. Pourquoi n’ai-je pas suivi les conseils d’Aeris, imbécile que je suis ?! Tout serait fini à présent ; mais non : je n’en ai fait qu’à ma tête, et nous voilà revenu au point de départ. Je crois même que c’est bien pire qu’avant…
J’ai l’impression que mon crâne va se dévisser - oh, ces migraines ! Ce mal de tête qui m’enserre comme un étau… ça ne m’était encore jamais arrivé, jusqu’à maintenant. Qu’est-ce qu’il se passe ?
Le temps semble distordu, j’ai tellement de mal à me rappeler le passé - l’avenir… Quand Séphiroth viendra t-il au monde ? Quand exactement l’expérimentation débutera t-elle ? Lucrécia va me prendre pour un dingue, mais il le faut - c’est impératif que je le sache… et elle est la seule personne à qui je peux demander ça.

« - Lucrécia, dis-moi… quelle est la date d’aujourd’hui ?
- …jeudi 12. Pourquoi me demandes-tu cela ?
- Non… je veux dire : quel mois sommes-nous ?
- Pardon ?! »
Intriguée, Lucrécia s’approcha de Vincent. Comme il ne voulait pas la regarder face à face, il baissa les yeux - et il vit…
Lucrécia et lui s’étaient très peu parlé, après le mariage des deux scientifiques. Ils ne se voyaient que de loin, la blouse de Lucrécia était très large et Vincent n’avait pas remarqué, jusqu’à présent…
« - Tu - Lucrécia, tu es enceinte ! Oh, mon dieu… et c’est pour bientôt !
- Je… ne pensais pas que tu serais aussi effondré… En fait, si : je savais que tu en souffrirais… Je suis désolée, Vincent… Je comptais te le dire, mais un peu plus tard…
- Pour quand la naissance est-elle prévue ? demanda Vincent, d’un calme glacial.
- Euh… deux mois, oui, c’est ça : deux mois !
- Oh, non ! Sept mois déjà… Mais comment est-ce possible… je pensais que ton mariage, c’était il y a une semaine à peine ! Et… l’expérimentation, elle a déjà commencé bien sûr ?!
- … Oui, fit-elle en baissant la tête.
- Quand est-ce que tu comptais me le dire, alors ?! Lorsque ce monstre serait né, ou lorsque tu serais morte ?! cria soudain celui qu’elle prenait pour le toujours-calme-et-gentil Vincent.
- … mais… qu’est-ce que tu dis là… je… je ne comprends pas…
- Mais bon sang, Lu ! Il est trop tard, maintenant ! Tu te rends comptes qu’il est TROP TARD ?! … Oooh… ma tête… »
Vincent tomba à genoux, il prit sa tête entre ses mains en gémissant. Cette douleur atroce dans son crâne… Qu’est-ce qu’il lui arrivait…
Lucrécia hoqueta en essayant de retenir ses larmes.
« - Vincent, qu’est-ce qu’il se passe… pourquoi es-tu aussi en colère ?
- Vas t’en ! Hors de ma vue !
- Mais…
- Je ne veux plus te voir, femme de malheur ! »
Elle s’enfuit en pleurant. Pourquoi… pourquoi Vincent avait-il parlé d’un monstre, et de sa mort ? Qu’avait-elle fait… Oh, il avait raison : tout était de sa faute, elle n’apportait que le malheur à ceux qu’elle aimait !

« - Hojo, comment pouvez-vous faire ça ?! A des humains, à votre femme et votre propre fils ?!
- Mon "fils" ? Hmm… oui, c’est vrai que je préfèrerais avoir un fils… Nous saurons bientôt si c’est un garçon ou une fille…
- … Vous me dégoûtez !
- Ha ! Mon pauvre ami, vous êtes dégoûté !? Croyez-moi, je me fiche complètement de ce que vous pouvez ressentir ! Je n’ai pas à me justifier auprès de vous. Ne voyez-vous pas que je suis en train de révolutionner le monde, que j’offre à mon enfant une opportunité inouïe ? Ce sera un être exceptionnel, plus fort, plus intelligent, possédant la connaissance - tout le savoir des Anciens. Il sera un guide pour l’humanité !
- … Une machine de guerre, une arme humaine, voilà ce qu’il sera…
- … Que dites-vous !
- La Shin-Ra est un fabriquant d’armes, pour quoi d’autre pensiez-vous qu’ils financent le projet Jenova ?! …Le traité de paix ne durera pas. Les états d’Utai et de Midgar vont se battre à nouveau, puis le conflit s’étendra sur toute la Planète ! Cette guerre est pour bientôt, et elle durera dix ans !
- Vous… vous délirez !
- Professeur… vous pouvez encore changer tout ça… Renoncez à ce projet ridicule, je vous en prie !
- …"ridicule" ? "Ce projet ridicule" ?! Jamais ! C’est le travail de toute une vie ! Jamais aucun scientifique n’aura eu une telle chance ; c’est inespéré, c’est incroyable, c’est…
- C’est insensé, c’est fou ! Et vous êtes complètement fou ! Je vous en empêcherai, Hojo !
- Valentine, un bon conseil : ne vous mettez pas en travers de ma route. J’écraserai sans hésitation tout cloporte se dressant entre le progrès et moi ! »

« - Oublie ce que j’ai dit hier, je n’en pensais pas un mot… Je suis désolé de t’avoir crié dessus, pardonne-moi.
- …Ce n’est pas important, Vincent. Moi, je suis désolée de t’avoir dissimulé tout ça… Je pense que j’avais peur…
- Peur de moi ?!
- Non ! Peur de… Oh, je ne sais pas trop ce que je craignais, en fait. Mais tu n’as rien à te reprocher.
- Lucrécia, tu dois me rendre un immense service. Il faut que tu acceptes.
- De quoi s’agit-il ?
- Il faut que tu partes avec moi, il faut t’enfuir loin de Hojo !
- Mais c’est impossible ! Tu ne peux pas me demander ça. Je croyais que tu m’avais comprise : malgré… ce qu’il s’est passé entre nous, je ne peux pas m’enfuir avec toi, voyons !
- Tu sais ce que je ressens pour toi… mais cette fois, ce n’est pas de ça qu’il s’agit ! Non… Ta vie - c’est ta vie qui est en jeu, ta vie et celle de ton bébé !
- Il n’y a aucun danger… Nikolas m’a donné sa parole.
- Sa parole ne vaut pas un clou rouillé !
- …Je t’interdis de dire ça de mon époux ! »
Vincent éclata de rire, cela choqua profondément Lucrécia.
« - Oh… Je n’aurais jamais cru pouvoir rire dans une telle situation, Lucia ! Mais… je trouve ça tellement comique !
- Vincent, tu - tu es sûr que tu vas bien ? » s’inquiéta t-elle, à propos de sa santé mentale.
Il émit un petit rire désespéré.
« - Je vais à merveille, amour de ma vie ! Je suis en train de perdre la raison, j’ai le cœur en miettes et une folle envie de me tirer une balle dans la cervelle ; mais à part ces petits détails, je vais à merveille !
- …j’espère que tu ne penses pas sérieusement à te mettre une balle dans… Oooh, Vincent…
- Excuse-moi… je… je te l’ai dit : ça n’a rien à voir avec nous deux. Pense à ton enfant, qui va naître dans peu de temps. Fais-le pour ton fils !
- Mon… fils ? J’aimerais mieux avoir une fille… je crois… Elle aura une vie plus facile, si c’est une fille. Elle n’aura qu’à se trouver un bon mari et à lui obéir… Ce sera plus facile pour elle… »
A ce moment-là, Vincent pensa que sans s’en rendre compte, Lucrécia était en train de parler d’elle-même et non de son hypothétique fille ; mais il ne lui en fit pas la remarque.
« - Fille ou garçon, tu veux le meilleur pour ton enfant, n’est-ce pas ? Alors, crois-moi, rien de bon ne peut t’arriver ici… Tu dois couper les ponts avec la Shin-Ra.
- …
- Ecoute : si ça peut t’aider à prendre une décision, je te promets qu’une fois que nous t’aurons trouvé une bonne cachette - une ville agréable où élever ton bébé - je te promets de vous laisser et de m’en aller. Je partirai et je ne chercherai plus à te revoir, si c’est ce que tu veux.
- …
- Est-ce que je t’ai jamais menti ?! Il faut me croire !
- … C’est une folie, mais je te crois ! Partons dès demain ! »

Le lendemain de cette conversation, Vincent ne voulait pas se laisser aller à sa joie. Il réfrénait ses espoirs car il avait peur d’être déçu, mais à l’aube, il avait déjà fini les préparatifs de son départ avec Lucrécia. Tout semblait converger vers la réussite de leur plan, Hojo avait même passé la nuit dans son laboratoire et y était toujours. Il ne remarquerait donc pas la fuite de sa femme… Même le soleil levant semblait sourire à la réussite de leur plan…
Lorsque Vincent arriva à la chambre de Lucrécia, celle-ci était allongée sur son lit, de grosses gouttes de sueur lui coulaient sur le visage. De douleur, elle s’agrippait au drap.
« - Vin- Vincent… je vais avoir le bébé maintenant…
- Quoi ?!
- J’ai très mal… Appelle le professeur… vite, je t’en prie ! »

Le professeur Hojo, la voix étranglée par l’émotion, s’extasiait sur la force et la grande stature du nouveau-né. Le nourrisson était superbe en effet : grand, potelé, avec des yeux déjà ouverts et d’une couleur admirable. Ses quelques fines mèches d’un blanc argenté étaient un peu surprenantes, mais il était en excellente santé et vagissait de toutes ses forces, comme s’il voulait annoncer au monde qu’il venait de naître.
« C’est incroyable ! Et dire que c’est un prématuré âgé de sept mois seulement ! Voyez, Valentine… cette force, cette santé éblouissante… J’avais raison, l’expérience ne présentait aucun danger, seulement des avantages ! »
Voilà ce que répétait Hojo à ce moment-là. Vincent, lui, était en train de se dire que cet enfant n’était peut-être pas si prématuré que cela…
« Ce petit bonhomme était pressé de voir le monde. Il ne tenait plus en place ! » déclara Lucrécia avec un sourire fatigué.
Avec la naissance de Séphiroth, les espoirs de Vincent étaient morts. Avant de retourner dans sa chambre dans la Demeure Shin-Ra, il eut un entretien privé avec Hojo. Il lui conseilla de rester le plus possible au chevet de Lucrécia, lui confia ses craintes au sujet de la santé de la jeune femme qui lui paraissait fragile, et engagea Hojo à ne surtout pas la laisser seule la nuit. « Je vous en supplie, croyez-moi… » ajouta t-il à l’encontre d’un Hojo plus que surpris par ses propos énigmatiques. Et il s’en alla, le cœur lourd et la mine inquiète.

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Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:54:11

« - J’aurais tant voulu que les choses se soient passées autrement…
- Comprends-moi, Vincent…
- Je sais, je sais. Tu avais raison : l’expérience était sans danger. Je t’ai inquiétée pour rien du tout, pardonne-moi. Il n’y aucune trace de séquelles, et le bébé et toi allez très bien… »
Il porta à ses lèvres la main menue qu’il tenait avec précaution - comme un bibelot de porcelaine fragile, et y déposa un baiser.
« - Tout ira bien, Lucia… Tout va bien.
- S’il te plait, j’ai envie de prendre Séphiroth dans mes bras. Depuis hier - depuis sa naissance, je n’ai pas eu l’occasion de le porter une seule fois…
- Son… père le garde dans une sorte de… couveuse. Il dit que c’est plus prudent… C’est un prématuré, après tout.
- …hmm, oui… c’est vrai. Mais tu veux bien aller plaider ma cause auprès de lui ? S’il te plait…
- Oui, bien sûr. Je vais essayer de… toucher sa corde sensible. Si j’y parviens, il t’apportera l’enfant lui-même… Au revoir, Lucia. Bonne… Bonne nuit.
- On se revoit demain, Vincent. Merci infiniment ! A demain !
- Oui… hmm, à demain… »
Lucrécia lui sourit et depuis son lit, elle agita faiblement la main en un salut timide. Vincent sortit de la chambre d’hôtel.
C’était si facile de lui mentir !
La jeune femme était si crédule, si naïve et innocente… "Tout ira bien, Lucia… ", et elle l’avait cru !
Vincent porta la main à sa tempe. A partir du jour où il s’était rendu sur le Mont Nibel, ce mal de tête ne l’avait plus quitté. L’abominable douleur s’était atténuée depuis ; mais la migraine revenait, lancinante et furtive, par vagues successives, ne lui laissant qu’un peu de répit de temps en temps.
Comme promis, il alla parler à Hojo, en s’adressant à lui d’un ton presque déférent. Vincent aurait même été prêt à se mettre à genoux devant Hojo, si cela avait pu aider Lucrécia. Finalement, le scientifique accepta mollement d’emmener le nouveau-né voir sa mère, "un peu plus tard dans la soirée", promit-il.
Vincent le remercia, remonta les escaliers en colimaçon, traversa le premier étage jusqu’à l’aile gauche du manoir et, avant d’atteindre la porte de sa chambre, il s’écroula à terre, inconscient.

Lorsque Vincent ouvrit les yeux, il fut ébloui par les rayons du soleil déjà levé. Il se frotta les yeux et secoua la tête pour se réveiller complètement, puis il resta un court instant à genoux, dans une position prostrée.
Il regarda sa montre. A cette heure-ci, Hojo devait déjà savoir… il devait déjà avoir trouvé le corps sans vie de Lucrécia…
Vincent se releva et décida de se rendre dans le souterrain. Mais il alla d’abord dans sa chambre prendre les bâtons de dynamite qu’il avait subtilisés sur le Mont Nibel, et il les garda à la main, prêts à l’emploi… Il allait détruire ce souterrain maudit - et toute cette maison en même temps ! Ensuite, viendrait le tour de cette… Jenova.
Il arriva dans le laboratoire au sous-sol et fut atterré de constater que Hojo s’y trouvait. Le scientifique était endormi à son bureau, et le bébé gazouilla à la vue de l’agent Turk.
D’un geste vif, Vincent fourra les explosifs dans la poche de sa veste et il se mit à courir ventre à terre. Il trébucha plusieurs fois avant d’atteindre l’hôtel Phénix où logeait Lucrécia. L’hôtel Phénix… l’oiseau légendaire qui renaissait de ses cendres - tout comme Nibelheim allait renaître après l’incendie qui se produirait un quart de siècle plus tard…

Le professeur Hojo fut brutalement tiré de son sommeil par le bruit d’un claquement de porte. Il s’étira, rectifia ses lunettes sur son nez, regarda sa montre et se rendit compte qu’il s’était endormi en plein milieu des tests de motricité qu’il effectuait sur son jeune fils, la veille au soir. Il était d’ailleurs de plus en plus surpris par les performances de Séphiroth, et aussi par le fait que l’enfant semblait se contenter de si peu de nourriture… C’était peut-être un point à étudier plus attentivement. Hojo se souvint alors que Lucrécia désirait voir Séphiroth, et même s’il trouvait que les mièvreries de "l’amour maternel" étaient une perte de temps, il eut pitié de son épouse et décida d’emmener le bébé rendre visite à sa mère. Il prit l’enfant dans ses bras et était sur le point de l’envelopper dans une couverture chaude lorsque cet imbécile de Turk déboula sans prévenir dans son laboratoire - qui n’était pas un moulin, nom d’une éprouvette !
« - Agent Valentine, vous pourriez frapper avant d’entrer, non ?! J’ai failli en lâcher le bébé, tellement j’étais surpris !
- …excusez-moi, Professeur… Votre - votre femme voudrait vous voir… Elle avait à vous parler…
- Bien. J’allais justement lui rendre visite avec le bébé et…
- NON !! Pardon, je veux dire : elle - elle voudrait vous parler seule à seul. Je surveillerai le bébé pour vous…
- Hmm… d’accord. Je le remets dans son berceau… Contentez-vous de le surveiller, ne le touchez pas ! Il pourrait être extrêmement sensible aux microbes, je n’ai pas encore fini de l’examiner…
- Bien. C’est entendu, Professeur… »
Hojo laissa donc son fils sous la surveillance du Turk et sortit sans précipitation du laboratoire. Il prit d’ailleurs tout son temps pour se rendre à la chambre d’hôtel qu’il partageait avec Lucrécia.

Une fois Hojo sorti, Vincent s’approcha du berceau, avec sur le visage un air sombre. Le "berceau" ressemblait plus à un aquarium sur roulette, ou à une cage de verre… Et dans cette cage, le bébé paraissait être une bête curieuse exposée dans un zoo. Vincent ouvrit le dessus de la "cage", sortit son pistolet de service et colla le canon de l’arme contre le front de Séphiroth.
Le bébé ne comprit pas ce qu’il se passait et au contact froid de l’acier, il fronça les sourcils en fixant ses beaux yeux verts sur ce grand inconnu penché au-dessus de lui. Vincent tremblait de tout son corps. Plus aucun espoir… arracher une vie pour en sauver des milliers d’autres… De plus, s’il vivait, cet enfant serait traité comme un rat de laboratoire, ce n’était pas une vie ! Les tremblements s’apaisèrent, la main serra plus fermement le pistolet.
Comme Séphiroth ressemblait à sa mère ! Vincent se pencha encore un peu plus sur le berceau et dévisagea ce petit être fragile. Lucrécia… Mais elle était morte, à présent ! Il fallait en finir tout de suite, ne pas hésiter. Sinon, à quoi aurait servi ce voyage dans le temps, toutes ces souffrances endurées ?! Et Vincent n’était pas le seul à souffrir, il ne serait pas seul à souffrir des actions commises par l’homme que cet enfant deviendrait plus tard ! Tuer le mal à la racine, c’était le plus simple à faire ! …C’était la solution de facilité… Ne plus hésiter…
Le nourrisson s’enhardit et des deux mains, il attrapa le canon du pistolet comme s’il s’agissait d’un jouet qui lui était offert. Il gazouilla et agita les jambes.
« Oh… pourquoi es-tu aussi insouciant, Séphiroth ! Pourquoi es-tu aussi… fragile et innocent… »
Pour toute réponse, l’enfant émit un petit gloussement rieur.

Séphiroth ouvrit de grands yeux étonnés lorsque son nouveau jouet lui fut retiré ; son menton commença à trembler, sa bouche forma une moue triste. Les larmes lui montaient aux yeux et il s’apprêtait à hurler son mécontentement, lorsqu’il sentit deux gouttes d’eau atterrir sur son nez. Surpris, il en oublia de pleurer et cligna plusieurs fois des yeux pour montrer son étonnement. Il frotta ses deux petites menottes sur son visage, plissa le nez et sourit.
Deux autres larmes coulèrent sur les joues de Vincent et en tombant, elles firent deux petites taches sombres sur sa veste marine. Ce pincement au cœur… c’était une étrange sensation pour Vincent, car c’était la première fois qu’il se laissait aller à pleurer. Sans plus y réfléchir, il posa son pistolet sur une table avoisinante, prit Séphiroth dans ses bras, attrapa la couverture d’enfant et y déposa quelques langes, un biberon vide et une boîte de lait. Ce baluchon improvisé à la main, il se retourna pour quitter le laboratoire. Il se retrouva face-à-face avec un Hojo hébété.
« Qu’est-ce que vous… Traître ! » s’écria le scientifique.
Vincent voulut se saisir du pistolet mais Hojo, qui n’était pas encombré d’un bébé et d’un baluchon, fut plus rapide.
« - Qu’avez-vous fait à ma femme ?! Vous l’avez tuée !
- Ce n’est pas moi, Hojo… c’est vous, vous et vos satanées expériences !
- Reposez mon fils dans son berceau ! …Tout de suite ! »
L’enfant se mit à pleurer, effrayé par ces cris soudains et incompréhensibles à ses yeux. Vincent laissa son baluchon tomber à terre, serra le bébé contre son cœur et le berça doucement pour le calmer.
« Reposez-le dans ce fichu berceau ! » cria à nouveau Hojo.
Vincent dut obéir et remit ce bébé en pleurs dans son berceau.
« - Je suppose que vous allez m’abattre, maintenant…
- Tout à fait, Valentine ! …vous abattre comme un chien ! »
Une détonation s’ensuivit, au moment-même où le canon du pistolet sembla émettre une soudaine et vive étincelle.
Vincent tomba à genoux, tourna un instant les yeux vers le berceau où se trouvait l’enfant de Lucrécia, puis un voile noir lui obscurcit la vue et son visage heurta brutalement le sol du laboratoire. Un sol de ciment froid… Le bruit du choc résonnant dans son crâne…

[Mrglauque]
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Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:55:28

Je n’ai pas pu les arrêter… Les professeurs Gast et Hojo… Et Lucrécia… Tout ce que j’ai pu faire, c’est les regarder. Je n’ai pas pu empêcher l’exécution du Projet… C’est mon péché… Voici ma punition…

Vincent se releva de la table d’opération sur laquelle il était allongé, chancela, perdit l’équilibre pour de bon et se retrouva agenouillé à terre. Il se prit la tête des deux mains et cria de douleur. Que lui avait fait Hojo ?! Il sentait qu’il perdait le contrôle de lui-même et de sa propre enveloppe corporelle. Sa vision se déforma, les couleurs environnantes changèrent, et il ne fut plus conscient de ses actes…
Lorsqu’il se réveilla finalement, le laboratoire était dévasté : les éprouvettes brisées jonchaient le sol de leurs débris de verre, et des planches de bois - qui avaient été des pièces de mobilier auparavant - offraient le spectacle désolant de leur carcasse carbonisée, comme brûlée par un feu d’une immense intensité. Au milieu de ces "ruines", Vincent dégagea le bureau de Hojo qui semblait avoir été plus ou moins épargné par les flammes. Il ouvrit l’un des tiroirs, en sortit une feuille de papier qui portait l’écriture du professeur Gast, relut cette lettre pour s’assurer que c’était bien le papier qu’il recherchait - qu’il recherchait sans trop bien savoir pourquoi d’ailleurs, et mit la missive dans la poche intérieure de sa veste.
Toujours chancelant, il sortit du manoir et gagna l’hôtel Phénix. Tout cela devait être un cauchemar… Il devait se réveiller… Il allait entrer dans la chambre d’hôtel de Lucrécia, et elle serait là pour l’accueillir… Oui, elle serait toujours bien en vie, aussi joyeuse qu’auparavant… Tout cela était un horrible cauchemar, et il allait se réveiller lorsqu’il reverrait Lucrécia…

« - Comment a t-il pu se réveiller aussi vite !
- Professeur… c’est lui, l’assassin ?
- Oui, oui ! Arrêtez-le, ramenez-le au laboratoire ! »
A peine entré dans la chambre, Vincent fut saisi par plusieurs soldats. On le ramena manu militari dans la Demeure Shin-Ra, les menottes aux poignets.
« - Ne devrait-on pas plutôt le ramener à Midgar ? Il devrait passer devant la cour martiale…
- Ne discute pas les ordres, le nouveau ! Son QG a décidé de livrer ce traître au professeur Hojo, pour ses expériences… Officiellement, il est porté "disparu au combat" - mais il ne manquera à personne : d’après son dossier chez les Turks, il n’a plus aucune famille.
- Le pauvre…
- … On n’est pas payé pour faire du sentiment. Tu t’y habitueras ! »
Ces soldats parlaient de lui comme s’il n’était pas là, alors qu’il se trouvait juste à côté d’eux !
« Je ne suis pas un traître, ni un assassin… » murmura Vincent.
Ses gardes ne prêtèrent pas attention à ses paroles, soit parce que Vincent avait parlé trop bas, soit parce qu’ils se contrefichaient de ses protestations d’innocence. Sur ce, Hojo réapparut. Venant du laboratoire souterrain, il était en état de choc, il venait de découvrir que la majeure partie de ses précieux travaux de recherche était réduite soit en miettes, soit en cendres. Mais il ne se laissa pas sombrer dans le désespoir pour autant. Il avait confiance en ses propres capacités, tous les résultats de ses recherches se trouvaient en lieu sûr ; peu importait que les traces écrites aient été détruites, ce maudit Turk n’avait rien gagné à les détruire, car tous les points importants étaient à jamais gravés dans sa formidable mémoire de scientifique !
Les soldats convoqués par Hojo furent relégués au rang de "techniciens de surface" : deux d’entre eux - les plus chanceux - continuèrent à monter la garde auprès de leur prisonnier, et les autres prirent des balais et remirent de l’ordre dans le laboratoire du manoir. Quand tout fut prêt, Hojo se fit expédier de nouveaux équipements, fit mettre Vincent dans l’un des caissons d’isolement et renvoya tous les soldats - hormis deux - à leur occupation principale : la garde de Jenova sur le Mont Nibel…

Vincent ne se rendait compte des mois qui passaient qu’en voyant Séphiroth grandir : le bébé marchait à quatre pattes et essayait déjà de faire ses premiers pas, encouragé par Hojo. Ce dernier ne contenait plus son enthousiasme devant la précocité de celui qu’il appelait avec fierté "mon fils". Il n’arrêta pas pour autant d’effectuer diverses expériences sur le petit garçon, des expériences impliquant toujours les rayonnements au Mako. Vincent subissait en parallèle le même traitement, peut-être à un degré différent, et se demandait ce que Hojo avait bien pu trafiquer pour modifier à ce point son code génétique. Le scientifique avançait apparemment à l’aveuglette et ne connaissait pas le secret de Vincent - il ignorait que l’ex-Turk avait acquis ce pouvoir de transformation. Et Vincent se dit que c’était peut-être cela qui lui permettrait de s’évader enfin de ce laboratoire.
Un jour vint, où Hojo tenta pour la première fois l’expérience d’une greffe de Jenova sur un humain - sur Vincent. Il avait prélevé de l’ADN sur l’entité, avait réussit à obtenir par clonage et mise en culture une sorte de tentacule monstrueuse - un "bras d’Ancien" selon lui - et tenait absolument à voir les opportunités qu’offrirait un humain à trois bras…
Ce fut la pire journée dans la vie de Vincent : drogué, incapable de résister ou de se défendre, il ne put que subir la greffe de Jenova sur son bras gauche. Finalement, lorsque le petit Séphiroth réussit à gambader debout, Vincent - partagé entre d’atroces souffrances et une peur viscérale que la greffe ne soit acceptée par son corps - perdit, à son grand soulagement, son bras, qui fut remplacé par une prothèse par les bons soins du cher et attentionné professeur Hojo…

Séphiroth courait déjà partout, faisait des bêtises comme tous les enfants de son âge, réussissait haut la main tous les tests d’éveil et de coordination que Hojo lui faisait faire ; mais il ne disait pas un mot, pas un seul gazouillement, aucun babillage ressemblant de près ou de loin à un mot, et pas un seul rire.
Un matin, Vincent vit l’enfant grimper sur une étagère du laboratoire et attraper le pistolet dont Hojo s’était servi pour "l’abattre comme un chien". Vincent cria et tapa de toutes ses forces sur la paroi du caisson où il était enfermé. Bien qu’étouffés, ses cris effrayèrent Séphiroth, qui lâcha l’arme ; elle tomba et glissa sous le bureau de Hojo. Vincent poussa un soupir de soulagement en pensant à l’accident que le petit aurait pu avoir en jouant avec cette arme à feu. Séphiroth, devant se rendre compte qu’il venait de commettre une bêtise, se dépêcha de descendre de l’étagère et de sortir du laboratoire. Vincent remarqua alors que par un heureux hasard, le pistolet se trouvait dans un recoin de telle sorte qu’il était à la fois dissimulé à la vue de ceux qui ne le recherchaient pas intentionnellement, et aussi facile d’accès pour ceux qui auraient besoin d’une telle arme…
L’après-midi qui suivit, Vincent eut un malaise et s’évanouit. Le professeur Hojo, paniqué à l’idée de perdre un "précieux spécimen", appela les deux soldats restés à Nibelheim. Il n’aimait pas avoir ces gêneurs près de lui, d’autant plus que ses expériences devaient rester secrètes, c’est pourquoi les gardes restaient toujours parqués à l’hôtel Phénix. Ils accoururent donc en recevant le coup de téléphone de Hojo et l’aidèrent à sortir Vincent de son caisson. A leur grande surprise, le corps inerte reprit tout à coup ses réflexes de membre des Turks. Les deux soldats furent envoyés valdinguer au loin, Vincent effectua une roulade vers le bureau de Hojo, attrapa le pistolet et tira deux balles - une dans la tête de chacun des deux gardes. Rapide, efficace, impitoyable…
Hojo était pétrifié de peur dans un coin de la pièce, et Vincent s’approchait de lui inexorablement.
« - P-pitié, ne fais pas ça…
- Où préfères-tu que je tire ? Je suggère la tête, la mort est sans douleur et instantanée. Qu’en dis-tu, Hojo… »
Hojo ne répondit pas, il s’était déjà évanoui. Vincent en fut déconcerté, il n’avait pas l’habitude qu’on lui montre aussi peu de résistance…
Maintenant que Hojo se trouvait à terre, Vincent ne put se résoudre à le tuer, comme il en avait eu l’intention en simulant ce malaise. Pourtant, ce scientifique représentait une grande menace pour l’avenir… Vincent décida de s’en remettre au sort, au destin, ou au hasard - quel que fût le nom qu’on pouvait donner à cette force qui faisait basculer les vies humaines. Il restait deux balles dans le chargeur… une pour Lucrécia, et une autre pour le petit Séphiroth… Vincent fit tourner le barillet, puis pointa le pistolet en direction de Hojo - qui ne s’en sortait pas trop mal, après tout : il avait deux chances sur trois de rester en vie… Vincent appuya sur la détente, un clic sonore se fit entendre. Le pistolet avait décidé pour lui, Hojo vivrait donc… Il laissa le scientifique inconscient (dans tous les sens du terme) à terre, fit précipitamment ses bagages et quitta Nibelheim, portant d’un bras le petit Séphiroth qui était en pleine sieste.

Lorsque Séphiroth s’éveilla, il n’était plus dans son lit. Il était installé sur sa couverture de laine posée à même le sol. Le petit garçon jeta des regards étonnés autour de lui : une immense plaine rocheuse à perte de vue… L’homme qu’il avait souvent vu dans le laboratoire de son père était assis à côté de lui, il ouvrait et refermait sa main gauche tout en la fixant intensément comme pour l’étudier. En fait, ce n’était pas une main, on eût plutôt dit cinq longs couteaux qui s’agitaient en émettant un léger grincement métallique. Le petit garçon n’avait jamais connu la peur, ce sentiment lui était étranger ; et à cet instant-là, il fut dévoré de curiosité à la vue de cette main mécanique qu’il n’avait pas remarquée auparavant. Sans un seul mot, il s’installa sur les genoux de l’homme et voulut attraper cette curieuse main.
« Ce n’est pas un jouet, Séphiroth… Tu as bien dormi ? Tu veux ton biberon ? »
L’enfant fit oui de la tête, en levant les yeux vers celui qui venait de lui parler.
« Je suis désolé, mais tu devras te contenter de lait froid… J’ai oublié d’emporter un réchaud, ça ira quand même ? »
Encore un mouvement affirmatif de la tête.
« Tu ne parles pas beaucoup, hein… On s’entendra bien tous les deux, alors… Je m’appelle Vincent, c’est moi qui vais m’occuper de toi à partir de maintenant. »

Lorsque Séphiroth eut fini son biberon, Vincent l’installa sur ses épaules et il se remit en route. Dans cette région, il y avait un village appelé Cosmo, réputé pour son hospitalité, mais les deux voyageurs ne s’y arrêtèrent pas car dans ce village, se trouvait un certain professeur Gast que Vincent préférait éviter à tout prix - du moins pour l’instant.
Vincent marcha toute la nuit, portant dans ses bras le précieux fardeau d’un enfant endormi, et au petit matin, il arriva au village de Gongaga. Il loua une chambre dans l’auberge du coin - qui n’était en fait que la chambre d’ami d’un des habitants qui avait transformé sa maison en auberge d’appoint - et l’aubergiste remarqua la figure pâle et mâtinée de sueur du voyageur.
« - Vous allez bien ? Vous avez besoin d’un médecin ?
- J’ai… été mordu par un serpent dans le bois près d’ici… Vous… vendez des antidotes ? haleta t-il
- Allongez-vous ! Je vais aller en acheter pour vous.
- …merci… »
Vincent déposa Séphiroth sur l’un des lits de la chambre et s’écroula sur l’autre lit. Il défit sa cravate et la jeta à terre, il n’était plus un Turk, il n’avait plus aucun lien avec la Shin-Ra à présent. Il entendit le petit garçon bouger dans le lit adjacent et tourna la tête pour le surveiller, mais sa vue se brouillait et des paroles se bousculaient dans sa tête sans qu’il en comprenne le sens. Il avait la tête qui tournait et il était au bord de l’écœurement.
Ce flux de paroles, à l’intérieur de sa tête… Rien à faire, il ne pouvait pas les comprendre.

Toutes ces voix dans ma tête… Laissez-moi tranquille, vous ne pouvez rien contre moi ! Cessez de parler dans mon crâne, je ne veux pas entendre, je ne veux pas comprendre ! Ma force de volonté est supérieure à la votre, à vous tous réunis. Je contrôle ces flots, contentez-vous de suivre le cours de la Rivière, Humains ! Bugenhagen, sois maudit ! Je ne te crois pas, je ne te croirai jamais. Je suis le fils de Jenova et je la vengerai, je nettoierai cette Planète de la vermine qui y grouille. La Grande Crue est pour bientôt… Oui, pour bientôt !

[Mrglauque]
[Mrglauque]
Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:56:43

Le propriétaire de l’auberge de Gongaga revint avec l’antidote et l’administra à Vincent évanoui. Séphiroth connaissait bien ça, les piqûres ; son père lui en faisait souvent au bras…
L’aubergiste donna plusieurs petites gifles à son hôte et l’obligea à se lever.
« - Marchez, marchez ! Il faut faire circuler le sérum dans votre sang !
- Je… je pensais qu’il ne fallait pas… bouger quand on était empoisonné…
- Et vous pensez bien, mais apparemment vous n’avez pas mis vos connaissances en pratique ! Alors secouez-vous maintenant, le sérum doit circuler dans le sang, tout comme le poison l’a fait. Allez, allez ! »
Séphiroth suivait des yeux le manège des adultes, qui tournaient en rond dans la pièce. C’était plutôt amusant ! Et pour la première fois depuis bien longtemps, il sourit.
« - C’est votre fils ? demanda l’aubergiste, avec un sourire bienveillant.
- …Oui…
- Il est adorable, et il vous ressemble beaucoup !
- …merci… »
Séphiroth se demandait pourquoi ce Vincent avait menti, mais comme il ne parlait pas, il ne dit rien à ce propos…

Quelques jours plus tard, deux voyageurs arrivèrent dans la ville portuaire de Costa del Sol - un jeune homme et son petit garçon, semblait-il. La ville, qui était très prisée des touristes pour son chaleureux climat, était sens dessus-dessous ce jour-là : l’Unité Spéciale du Maintien de la Paix était présente à Costa, ou plutôt trois agents de l’équipe Alpha - l’équipe d’élite des Turks - étaient là. Les Turks étaient à la recherche d’un opposant à la Shin-Ra qui avait détruit l’un des entrepôts de la firme, et ils avaient retrouvé sa trace à Costa.
Un attroupement s’était formé près de la plage : après une course-poursuite qui resterait dans les mémoires, les Turks avaient rattrapé le fugitif et ce dernier, encadré par deux agents, fut emmené à bord d’un hélicoptère en direction de Midgar, tandis que le dernier agent Turk de l’équipe - une jeune femme - resta à Costa del Sol pour procéder à de plus amples investigations sur le groupe anti-Shin-Ra dont le terroriste faisait partie. Après le départ de l’hélicoptère, elle resta un instant sur la plage, entourée des quelques soldats qui l’accompagnaient ; comme absorbée par le spectacle de la mer déroulant ses vagues, elle fixait la ligne d’horizon en soupirant. Finalement, elle revint en ville et, arrivée sur la Grand’ Place, elle crut reconnaître un visage à travers une vitrine : un grand homme brun était dans une boutique de vêtements en train de faire des achats. Izanami, car tel était le prénom de la Turk, ordonna à ses soldats d’aller l’attendre à l’hôtel, entra dans la boutique et se jeta sans retenue au cou de celui qu’elle avait reconnu. Ce dernier faillit en tomber à la renverse, au sens propre comme au sens figuré…
« - Oh, Vincent… Ils nous ont dit que tu étais mort en mission !
- Iza ! … je… Heureux de te revoir.
- … Mais, qu’est-il arrivé à ton bras gauche ? Et qu’est-ce que tu fais là ?! Pourquoi n’es-tu pas revenu au QG…
- …
- Oh, j’ai compris ! fit tout à coup Izanami en se reculant.
- Qu’as-tu compris ?
- L’année dernière, on a entendu parler d’un Turk traître… qui s’était rebellé contre la Shin-Ra… Je pensais que c’était juste une rumeur… Mais c’était de toi qu’il s’agissait, n’est-ce pas !
- Je suppose, oui… Ha ha ha ! Imagine : un Turk de l’équipe Alpha, ayant trahi la Shin-Ra - impensable ! C’est pour ça qu’ils m’ont fait passer pour mort…
- Qui est cet enfant avec toi ? demanda t-elle en désignant Séphiroth.
- …
- Tu sais que mon devoir est de… te mettre en état d’arrestation…
- Si tu veux m’arrêter, il faudra d’abord piétiner mon cadavre ! »
Vincent baissa les yeux, vit Séphiroth se tenant à côté de lui ; il le poussa derrière lui pour le protéger. Izanami remarqua la cape rouge que Vincent s’apprêtait à acheter, et songea qu’il avait toujours eu un très mauvais goût vestimentaire.
« - Ce n’est pas la tenue de camouflage idéale, Vince…
- Merci de ton conseil vestimentaire, ma chère. Ahem… Que comptes-tu faire maintenant… à mon sujet ? Un combat n’est pas très indiqué à l’intérieur, mais si tu y tiens…
- De quoi parles-tu ? Je ne t’ai jamais vu ici, aujourd’hui. On ne s’est pas parlé, et je sais seulement que tu es porté disparu en mission ! Adieu, mon ami… Pars loin d’ici ! »
Et elle sortit de la boutique sans se retourner.
« Adieu, Izanami… Merci. » murmura Vincent pour lui-même.

Le jour-même, Vincent et Séphiroth embarquèrent pour le premier cargo en partance de Costa del Sol. La destination importait peu à Vincent, du moment qu’ils s’éloignaient le plus possible de la Shin-Ra. Quelques heures plus tard, ils arrivèrent sur l’île de Mideel, où une nouvelle vie les attendait à la ville d’eau du même nom…

Bien qu’il n’eût aucune référence, Vincent obtint un emploi à la station thermale de Mideel. Le travail était certes ingrat : Vincent était "homme à tout faire" - il portait les valises des clients venus en cure à Mideel, faisait diverses courses pour eux ou pour les dirigeants de l’hôtel mitoyen à la station thermale, servait le café et nettoyait les sols - mais grâce aux pourboires, il gagnait bien sa vie et pouvait sans peine élever correctement un enfant. Il louait une petite maison, à l’est de Mideel, appartenant à un homme d’à peu près son âge qui possédait aussi un commerce florissant en ville. Et Séphiroth avait même une nounou qui s’occupait bien de lui et qu’il adorait. Le petit garçon, au bout de deux ans de cette vie paisible, apprit à rire - à rire souvent - et à parler ; une fois qu’il était lancé dans une conversation, on ne pouvait plus l’arrêter ! Et comme Vincent, lui, parlait peu, l’enfant lui en demanda un beau jour la raison.
« - Séphiroth, lui répondit Vincent, dans ta vie future, les gens te jugeront à tes actes - et ne se souviendront de tes belles paroles que si tes actions sont en accord avec elles. Tu peux faire de grandes déclarations si tu en as envie… mais souviens-toi : suis ton cœur, accomplis ce que tu crois être juste et… reste dans le droit chemin. Mais je te parle de tout ça, alors que tu es si jeune ! … Je ne sais pas si tu arrives seulement à comprendre ce que je veux dire…
- J’ai - j’ai compris, Papa… Et je te promets que je ferai toujours ce qui est juste ! »

Lorsque le garçonnet eut quatre ans, Mai - sa nounou - s’aperçut qu’il avait appris seul à lire, grâce aux livres de contes pour enfants qu’elle lui lisait chaque soir. A la fois agréablement surprise et fière, elle en fit part au père de l’enfant, voulant l’inciter à inscrire Séphiroth dès maintenant en classe préparatoire. C’était une chance, une très belle opportunité pour Séphiroth, lui dit-elle. Vincent tiqua lorsqu’elle utilisa le terme "opportunité" - cela lui rappelait de mauvais souvenirs - mais il lui répondit qu’il allait y réfléchir. En fait, tout ce qu’il désirait pour Séphiroth, c’était une vie "normale" - et certainement pas une précocité intellectuelle ! Il en discuta tout de même avec le principal intéressé, le petit Séphiroth. Celui-ci fut angoissé à l’idée d’être éloigné de sa maison toute la journée, et il refusa d’aller à l’école de la ville. Vincent n’était guère enchanté par la perspective de le laisser entrer à l’école si tôt, mais il refusait de voir Séphiroth se refermer sur lui-même au lieu d’aller à la rencontre des autres, il décida donc de lui accorder un an de délai, et de l’inscrire pour la rentrée des classes suivante.

Ce même jour, comme tous les mois, le propriétaire de la maison que Vincent louait arriva pour percevoir le loyer - et, surtout, pour jouer avec Séphiroth dont il s’était entiché. Toujours, il lui apportait un petit cadeau : un livre d’histoires le plus souvent, histoires que Mai lisait à l’enfant le soir venu. Le sympathique homme avait décidé de doter sa maison de campagne - celle que Vincent louait, justement - d’un piano à queue, et le fit livrer ce jour-là. Il ajouta que, bien sûr, Vincent pouvait se servir du piano pour - qui sait ? - transmettre l’amour de la musique à Séphiroth. Vincent avait, en effet, joué une petite sérénade au piano lors d’une réception donnée à la station thermale et avait eu beaucoup de succès.
« - C’est très gentil, M. Brunaël ; mais c’est un cadeau de trop grande valeur, je ne peux pas - nous ne pouvons pas accepter ! protesta Vincent.
- Depuis le temps que nous nous connaissons, Vincent, cessez donc de m’appeler "Monsieur" !
- … Yannick, je ne peux vraiment pas accepter !
- Eh, qui vous dit que ce piano est un cadeau ?! C’est pour moi, pour ma maison de campagne, que je l’ai acheté ! fit Yannick Brunaël à Vincent, tout en adressant un clin d’œil complice à l’intention de Séphiroth. Mais je vous le prête de bon cœur - d’ailleurs, c’est un ordre : vous devez en jouer, ce serait trop bête de laisser cet instrument prendre la poussière… Vous savez que j’habite en ville plus souvent qu’ici.
- … Merci, je-j’en prendrai soin alors…
- En ce qui concerne LE CADEAU… »
Yannick sortit un petit paquet dissimulé dans le piano et le tendit à Séphiroth. Le garçon déchira vite le papier d’emballage et poussa un petit cri de joie en découvrant un livre de contes et une partition de musique pour débutants.
« - Merci, Oncle Yannick !
- Eh, tu es mon neveu préféré, Champion !
- J’suis aussi ton seul neveu, hi hi hi ! Papa, tu m’apprendras le piano ? S’te plait, dis oui !
- … C’est d’accord, Séphiroth…
- Chouette-chouette-chouette-chouette-chouette !!! chanta l’enfant en courant vers sa chambre.
- Yannick, vous le gâtez trop ; mais merci de tout cœur.
- Vous avez là un fils adorable !
- J’en suis conscient, j’en suis conscient… »

Do, Ré, Mi, Si, La… Do, Ré, Mi, Sol, Fa… Do, Ré…
Impossible de me rappeler la suite. Mais je me souviens d’un piano, oui… et quelqu’un m’apprenait à jouer du piano… Je ne me souviens que d’une vague impression de douceur dans sa voix, d’un sentiment de… de tendresse, je crois… Mais que sais-je de l’amour et de la tendresse ?! Personne n’éprouve cela pour moi, et je n’éprouve cela pour personne - pas même pour ma mère, Jenova !

… Et cette année-là, la guerre refit rage… Personne ne sut exactement qui avait déclenché les hostilités : l’état de Midgar, soutenu par la puissante compagnie Shin-Ra et presque tout le continent Ouest, déclarait qu’Utai avait commencé, tandis que dans l’autre camp, on affirmait qu’en attaquant l’île de Mideel - l’un des alliés d’Utai - c’était Midgar qui avait décidé de la reprise du conflit armé.
La région de Junon, territoire neutre mais stratégique, devint l’enjeu le plus important de la guerre, malgré la pauvreté économique de cette région qui subsistait de l’artisanat et de la pêche. Il n’y avait d’ailleurs qu’un seul village dans cette région de Junon, un village de pêcheurs qui fut bientôt investi par l’armée d’Utai. Par cette victoire symbolique, le moral d’acier des troupes de samouraïs d’Utai fut renforcé, et ces fiers guerriers arrivèrent ensuite aux portes de Midgar. Cela eut lieu par un matin d’hiver, près d’une décennie après le début de la guerre et le siège de la capitale de Midgar débuta.
Midgar sentait que la capitulation était proche, leur situation était critique. Ils avaient commencé la guerre en surnombre par rapport à Utai, et maintenant, il ne leur restait plus qu’une centaine de soldats apeurés et dégoûtés de ce conflit persistant.
Le maire de la capitale faillit avoir une attaque cardiaque lorsque l’élégant président de la Shin-Ra Corp. lui annonça qu’il connaissait un homme capable de gagner la guerre pour eux. Le maire rit nerveusement. « Un homme ? demanda t-il avec sarcasme. Que voulez-vous que je fasse d’un seul homme ! Il m’en faudrait des milliers, j’aurais besoin d’un million d’hommes ! »
M. Shin-Ra eut un sourire en coin : « Même au nombre d’un million, des vers de terre restent des vers de terre gluants ! Un homme suffira… »
« Mais, vous les enrôlez au berceau ! » s’exclama le maire lorsque le sauveur de Midgar dont il était question arriva. A la tête de la troupe de soldats qu’il leur restait, il leva le siège de Midgar et en une année, il renversa complètement la situation ; les soldats sous ses ordres reprenaient confiance en eux-même et obéissaient aveuglément à leur chef respecté. Cet officier n’était pourtant encore qu’un jeune homme - un jeune garçon, en fait : il était beaucoup plus jeune que la majorité des soldats auxquels il commandait. Il n’avait que quatorze ans lorsque la guerre prit fin, et on ne connaissait rien de lui, mis à part son étrange tatouage (le chiffre 1) à la main et son prénom. Il s’appelait Séphiroth.

[Mrglauque]
[Mrglauque]
Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:58:07

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Remarque préliminaire: pour chaque chapitre de cette fanfiction, il y a une musique qui devrait l’accompagner en fond sonore sur les sites qui publient cette histoire. Si ce n’est pas le cas, et qu’il n’y a pas non plus un lien où vous pouvez avoir accès à ces musiques (en format midi), et bien, il vous suffit de me le demander gentiment (en envoyant un mail à l’une de mes adresses ci-dessous) et je vous enverrais ces musiques par e-mail dans les deux jours qui suivent ! Voilà une raison de plus de m’écrire ! ;-)
Si cela vous intéresse, voici quelques détails sur les musiques du Chaos :

Le Chaos qui est en Moi _ Musiques (midis):

Première partie, "Le Départ":
01_Cauchemar (7ko): FF7, "The Nightmare´s Beginning" (thème de Vincent ; OST: CD3-piste06)
02_GoldSaucer (11ko): FF7, "Interrupted by Fireworks" (RDV du Gold Saucer; OST: 3-16)
03_Mideel (9ko): FF7, "On the Other Side of the Mountain" (Mont Nibel, passé de Tifa; OST: 4-07)
04_Souvenirs (48ko): Alice Cooper, "Only Women Bleed"
05_Chole (109 ko): FF9 single, "Melodies of Life" (version japonaise)
06_Rivière (46ko): Bon Jovi, "Die for You"

Seconde partie, "Lorsque nous étions encore des enfants...":
07_Passé (26ko): Angra, "Deep Blue" (midi par Guilherme Ashcar)
08_Innocence (35ko): Bon Jovi, "This ain´t a Love Song"
09_Berceuse (19ko): Chrono Trigger, "Singing Mountain"
10_Espoir (51ko): GensoSuikoden 2, "Due Fiumi" (ville de Two-Rivers)
11_Enlèvement (34ko): Xenogears, "Knight of Fire"
(à suivre…)

A présent, passons aux notes sur le texte à proprement parler…
Tout d’abord, une petite note sur… cette page de notes !
Je ne ferai une note que si la référence n’est pas EVIDENTE pour tout fan de FF7 qui se respecte. Cependant, nul n’est parfait, donc si vous croyez que j’ai omis quelque chose - s’il manque une note sur une référence un peu trop obscure ; faites-le moi savoir (shinra.corp.angie@libertysurf.fr ou chrystal@fr.packardbell.org ) avec "Fanfic Chaos" en sujet de message.
J’ai divisé le texte de la nouvelle en "passages". Vous n’aurez aucun mal à différencier les passages les uns des autres : un passage correspond à un ou plusieurs paragraphes, dialogués ou non, et les passages sont séparés les uns des autres par plusieurs lignes sautées (cinq lignes, pour être précise).
Enfin, je fais cette page de notes au fur et à mesure, donc les derniers chapitres, pas encore rédigés, ne sont pas encore inclus dans cette page. Petit message à CloudStrife, FFCid, Vincent, Rouge 13 et Sylvie qui publient cette histoire sur leurs sites : désolée de vous donner du travail en plus, mais à chaque mise à jour, si vous mettez un nouveau chapitre de ma fanfic, pensez à mettre à jour la page de notes aussi ! Merci à tous, j’espère que cette histoire vous plaira. N’hésitez pas à m’envoyer un petit message (mes adresses e-mail ci-dessus), ça fait toujours plaisir ! Et pareil, si vous avez des commentaires ou des suggestions, ils sont les bienvenus.

Enfin, comme je me soucie de vos portes-monnaie ;-) je vous conseillerais de télécharger les chapitres de ma fanfic (et ces notes aussi) et de les lire OFFLINE. Car la plupart des chapitres (sauf le premier) sont longs, voire TRES longs ! Ah oui, petite recommandation supplémentaire : enregistrez les pages en HTML et non en fichiers texte (.txt) car la présentation (souligné, gras, etc…) ne se retrouve pas en fichier texte, et cette présentation peut aider à mieux suivre l’histoire - qui est déjà assez compliquée comme ça !
Trêve de blahblah, passons aux choses sérieuses ;-)

Notes générales :
J’ai utilisé les noms français (des persos et lieux), sauf lorsque la traduction de ces noms me paraissait ridicule (genre "Youfie" ou "Rouge 13" ! Euh, chère webmistress Rouge 13, ne le prend surtout pas pour une attaque personnelle - je n’ai absolument rien contre toi, au contraire…)
Bien sûr, tous les noms et termes relatifs au(x) jeu(x) Final Fantasy (sauf ceux que j’ai inventés !) sont la propriété de Squaresoft et je n’en possède pas les droits ; j’écris cette histoire pour mon amusement personnel - et le vôtre, j’espère ! Mais les droits d’auteur sur cette nouvelle et cette page de notes M’APPARTIENNENT, qu’on se le dise ! :-)

[Mrglauque]
[Mrglauque]
Niveau 10
25 décembre 2001 à 12:58:50

Prologue :
No comment !

Chapitre I :
Passages 2 et 3 : Remarquez que le prénom de l’interlocuteur du médecin, est Vincent. Ils parlent d’un patient inconnu, qu’ils surnommeront plus tard "le patient X". Le passage 3 narre les pensées du fameux patient inconnu. Certains d’entre vous ont déjà compris depuis longtemps de qui il s’agissait, n’est-ce pas ?!

Chapitre II :
Passage 1 : « Hojo… Repose en paix », c’est ce que Vincent, s’il est dans votre équipe, dit à la fin du combat contre Hojo (transformé en monstre Jenova), vers la fin du deuxième CD du jeu FF7.

Passage 3 : Après avoir coulé le sous-marin rouge de la Shin-Ra (CD 2 du jeu), prenez votre sous-marin et allez dans la baie de Nibelheim. Prenez Vincent dans votre équipe et allez derrière la cascade de la baie. Vous comprendrez… si ce n’est déjà fait !
Ah, n’oubliez pas de revenir faire un petit tour derrière cette cascade au troisième CD (avant la Grotte Nord) : ce n’est pas juste un conseil de jeu, ça permet aussi de comprendre le "rêve" de Clad et Vincent (Chapitre IV, passages 1 et 2)
Si vous ne savez pas qui sont ces "espions" dont il est question, revenez à Nibelheim et lisez la lettre sur le bureau dans la chambre de Tifa (lorsque vous êtes dans le présent, pas lorsque vous vous trouvez dans les souvenirs de Clad !)

Passage 4-2 : Pour les têtes de linottes ( ! ), Dio est le proprio du Gold Saucer !

Passage 6 : Mais où donc peut bien être Séphiroth, hein ?! ;-)

Chapitre III :
Passage 4 : "Gradient" est un nom que j’ai inventé. Je le trouvais approprié pour ma fiction, d’un point de vue ironique, étant donné que Kalm y est décrite comme une ville qui s’agrandit sans cesse (en biologie, cela se réfère à une décroissance progressive de la concentration d’un élément. Dans le cas de Kalm, c’est plutôt l’inverse !)

Passage 5 : Remarquez que le passage est en italique. Il est donc antérieur aux passages qui l’entourent. Un indice sur le moment approximatif où cette action - ou plutôt, ces pensées, se déroulent, a été glissé à la fin du passage (en référence au passage 5 du chapitre 2, si vous voulez tout savoir)

Chapitre IV :
Passage 2 : Dans le jeu, il me semble qu’on ne connaît pas le nom du médecin qui soigne Clad à Mideel ; alors je me suis permis un petit jeu de mots - idiot - sur le nom que ce docteur pourrait porter !

Passage 3 : « La Source », retenez bien ce terme lorsque vous atteindrez la fin du chapitre 6 (je n’en dis pas plus !)

Passage 4-1 : « c’était un optimiste de nature » : On vient de lui annoncer (au docteur Mentor) la fin de toute vie sur la Planète dans les 3 à 7 jours à venir ; il se dit qu’il lui reste 7 jours à vivre, conclusion…. OUI : le docteur Mentor est un sacré optimiste !!!

Passage 7-3 : « Vincent qui était parti (…) en courant comme s’il avait vu un fantôme » : Retenez qu’Aeris est brune, tout comme Lucrécia, et reportez-vous au passage 1 du chapitre 3…
« une Ophélie paisible » : Ophélia, amoureuse du Prince Hamlet de Danemark (dans la pièce de Shakespeare) se suicide par noyade après la mort de son père, tué par le même Hamlet… Ici, la référence se situe plutôt par rapport à l’élément d’eau.

Chapitre V :
A part quelques indices pour la suite de l’histoire, rien de fondamental pour l’action dans ce chapitre qui est, comme son nom l’indique, un petit délire que je me suis permis !

Petite note sur le premier passage du chapitre : la chanson de Chole est "Melodies of Life", tirée de la bande-son de… Final Fantasy 9 ! Si cela vous intéresse, vous pouvez retrouver les paroles entières et la musique (en MP3) sur le site "Du Côté de chez Square (FF café)" :
Si vous n’avez pas suivi mes conseils et êtes en train de lire ceci ONLINE, appuyez sur la touche MAJ de votre clavier tout en cliquant sur l’adresse Internet du FF Café, une autre fenêtre s’ouvrira et vous pourrez ainsi naviguer dans CE site et dans l’autre à votre gré.

J’ai utilisé des extraits de la chanson qui s’adaptaient, selon moi, le mieux au contexte (de ce passage mais aussi de toute la nouvelle). Pour les non-anglophones, voici la traduction :
« Alone for a while… » : Seule un instant, j’ai cherché dans la nuit
« Melodies of life… » : Mélodies de la vie - le refrain perdu de l’amour
« We met, we laughed… » : Nous nous sommes rencontrés, nous avons ri, nous nous sommes enlacés, et puis nous nous sommes dit adieu
« Who’ll hear… » : Qui entendra les échos d’histoires jamais racontées ?
« Leave them now… » : Laisse-les à présent et vois ce que Demain apportera… Dans tes souvenirs les plus chers, te rappelles-tu m’avoir aimée ?
« A voice from the past… » : Une voix venue du passé, qui se joint à la tienne et à la mienne
« Now I know » : Maintenant, je sais… (alors que justement, Chole ne sait PAS ENCORE ce "qui clochait" !)

Chapitre VI :
Passage 1 : Pour mieux comprendre la référence de Tifa aux escargots, relisez la fin du dernier passage du chapitre précédent !

Passage 2 : « la déclaration de Cid, faite il y a plusieurs jours de cela » : voir le passage 5 du chapitre 2.

Passage 5 : Goldie est un nom anglais dérivé de "Gold" (or - comme pépite d’or ! - en Français), et une petite référence à l’ancienne fiancée de Balthazar Picsou (l’oncle de Donald Duck)! Oui… j’avoue, ça n’a pas grand’ chose à voir avec la saga Final Fantasy ! Mais c’est aussi le nom que j’ai donné à mon tout premier chocobo doré (c’était une gentille petite femelle) !!!

Passage 6 : Voici ma théorie sur la dernière cinématique de FF7, où 500 ans plus tard on voit Red XIII courir avec ses petits : Red a pu avoir des enfants car il n’était PAS le dernier de son espèce ! D’où l’apparition de Léona ici… Quant à ce nom de Léona, je n’ai pas essayé d’être très originale ; c’est juste un nom basé sur le mot "lion" (et je n’allais pas l’appeler Liona - un peu trop proche de Linoa à mon goût !), même si Red ressemble plus à un croisement entre un tigre et une hyène !
Je devais aussi intégrer un personnage susceptible de renseigner nos héros dans l’Ile Ronde sur le chemin pris par Vincent (et allez trouver, vous, un passant dans une île déserte !), alors j’ai fait d’une pierre deux coups…

Passage 8 : Cela peut paraître cruel, d’avoir fait mourir Bugenhagen ici. Quoique à la fin du jeu, il semble mal en point si ce n’est pire…(revenez à Cosmo Canyon avec Red au troisième CD et vous verrez). Mais sa mort ici jouera un rôle TRES important plus tard (et pas seulement dans le prochain chapitre…)
Et si Bugenhagen devait être en vie au début de cette fiction (c’est lui qui renseigne Red sur la Grande Inondation de la Rivière de Vie qui se prépare), il devait aussi mourir quelques chapitres plus tard…

Chapitre VII :
« Je est un autre » : Oui, moi bien parler le français, et moi pas avoir fait une faute de grammaire, ici !
Hmm, je ne me souviens plus très bien de mes cours de psychologie d’il y a deux ans, mais je pense que c’est Françoise Dolto qui nous a pondu cette théorie du "Je est un autre". Cette célèbre psy, spécialisée dans l’enfance, nous explique donc dans sa théorie que les jeunes enfants qui viennent d’apprendre à parler n’ont pas encore assimilé la notion du "Je" : ils se réfèrent à eux-mêmes à la troisième personne (ils se réfèrent à leur prénom lorsqu’ils parlent d’eux-mêmes, par exemple) et ce n’est que plus tardivement qu’ils comprennent que "je", c’est eux.
Si j’ai pris ce titre pour ce septième chapitre, c’est bien sûr à cause des deux "Vincent" présents dans le récit…

Sinon, au chapitre précédent, vous avez remarqué que Vincent voulait revenir 27 ans en arrière ? Et comme il est aussi âgé de… 27 ans, symboliquement, il se renie lui-même (oui, Vincent Valentine, c’est pas quelqu’un de très marrant !)
Bon, si la psychologie ne vous emballe guère, laissez tomber ! :-)

Vous avez dû voir que très souvent, et tout particulièrement dans ce chapitre, les différentes "scènes" de mon histoire n’étaient pas présentées dans un ordre chronologique (mais plutôt dans un ordre… disons, "subjectif" - les différentes scènes étant liées par des évènements ou des dialogues approchants)… Quant au chapitre un, "on" m’a dit (je ne citerai aucun nom - n’est-ce pas Quentin ? ^_^) qu’il donnait "l’impression d’un puzzle en désordre" - et c’est exactement ce que je voulais ! C’est tout bonnement pour rendre compte du "désordre" qui règne dans la mémoire du héros (Vincent, donc) ainsi que pour vous faire chercher un peu les liens qui unissent ces scènes, avec à chaque fois un point de vue différent. Par exemple, dans le premier passage de ce 7ème chapitre, le même événement est raconté du point de vue de trois personnages différents : l’infirmier Vincent, le docteur Mentor et Tifa.
Il y a aussi, dans une moindre mesure, une explication "pratique" à cet apparent (apparent seulement, je le souligne) désordre : j’écris la nouvelle au fur et à mesure ! Rassurez-vous, je glisse toujours un indice dans le texte sur le lieu et la date de la scène qui se déroule ; sinon, vous avez toujours la sorte d’almanach au début de certains passages, pour vous repérer dans le temps et l’espace. Ah oui, l’almanach ne fait pas partie du texte de l’histoire à proprement parler, c’est juste une indication supplémentaire pour clarifier un peu les choses.
Sachez ensuite que je préfère suggérer que tout raconter noir sur blanc (ou blanc sur noir, ça dépend du site) dans le texte de ma nouvelle… mais ça, vous l’aviez aussi remarqué, hein ?

Passage 3 (arrivée à Midgar, 31 ans dans le passé) :
En ce qui concerne Annabelle… et oui, Vincent a vécu avant de rencontrer Lucrécia !

Passage 3-2 : « Toutes les huiles de l’Orient… », à rapprocher de la pièce Macbeth de Shakespeare - acte 5 scène 1, Lady Macbeth : "All the perfumes of Arabia will not sweeten this little hand !" (traduction, très littérale, par V. Hugo : « Tous les parfums d’Arabie ne rendraient pas suave cette petite main ! »)

Passage 6 (en italique, à propos de l’arrivée à Nibelheim) : Point de vue d’une habitante de Nibelheim. Je me suis basée sur l’une des cut-scenes (utilisant le moteur du jeu) qui expliquent le passé de Vincent.

Passage 7-4 : « et il n’a pas agi… » : Tout comme Vincent, Clad se reproche d’être resté simple spectateur du drame qui se déroulait devant lui.

Chapitre VIII :
Passage 5, ou comment cette soûlarde de Lucrécia fait du gringue à Vincent !
L’un des passages les plus drôles de ma fiction (à mon humble avis). Mais si vous ne le trouvez pas hilarant, c’est que vous ne comprenez rien à l’humour, ni à l’ironie ! (snif, snif… Je suis une incomprise, BOUHOUHOU !)

Passage 5-2 : « Il se demandait (…) si cette scène avec Lucrécia s’était produite ou non, la fois précédente » - réponse à sa question au chapitre 5, passage 3

Passage 11 : Tifa se met à faire des infidélités à Clad ! Eh oui, vous vous en doutiez même depuis le chapitre précédent ! De plus, ça m’amusait d’écrire cette scène car dans le jeu, les petites cachotteries sur les sentiments de Clad commençaient à m’énerver. Bien sûr, on soupçonne qu’il y a "quelque chose" entre Tifa et Clad, surtout dans la scène de la Rivière de la Vie (je parle toujours du jeu, là) où le héros parle d’un "sentiment tendre caché" - ou quelque chose du genre ; mais jamais ils ne s’avouent leur amour, et le jeu se termine en point d’interrogation sur le devenir des personnages : on sait juste que 500 ans plus tard, Nanaki sera toujours en vie et aura eu des enfants.
Bref, la relation entre Tifa et l’infirmier ira en grandissant ! Et qu’advient-il du couple Tifa-Clad ? Cela, ce sera un suspense de plus à entretenir dans ma nouvelle… qui est en train de prendre le chemin d’un roman-fleuve de la collection "Harlequin", whahaha !

Passage 12-3 : Vers le début du jeu, dans le building Shin-Ra, regardez attentivement Jenova dans son caisson. Elle n’a plus de tête (c’est Séphiroth qui l’a arrachée !) mais vous verrez où se trouve son "troisième œil" et saurez pourquoi ce soldat rigole !

Passage 15 : J’ai fait du Gold Saucer une sorte de Las Vegas où on pouvait "célébrer" les mariages en un quart d’heure, alors que je ne suis même pas sûre que 30 ans auparavant, le Gold Saucer existait… Que ceux qui connaissent le jeu par cœur me pardonnent si jamais je me suis trompée et que ce casino n’existait pas encore dans le passé de Vincent.

Chapitres VIII et IX :
Ah là là… vous devez penser que je m’ingénie vraiment à mettre des bâtons dans les roues de ce pauvre Vincent Valentine ! Je dois avouer que j’ai parfois trouvé ça amusant (un rien m’amuse), de me creuser la tête à faire capoter tous ses plans ! N’oubliez pas que Vincent est le type parfait du héros tragique et pathétique (pathétique, dans le sens premier du terme - c’est à dire que ses actions ne peuvent pas changer le destin qui a été fixé pour lui) ; et comme il a tout de même un esprit combatif - il refuse de se laisser abattre par les circonstances malheureuses - plus ses projets sont contrariés, plus nous sommes enclins à lui accorder notre sympathie. C’est après tout un personnage très attachant !
Dans le chapitre 8, remarquez le passage où il est question de Vincent gagnant souvent au poker… Comme on le dit : « malheureux en amour, heureux aux jeux » ! (Euh, à moins que ce ne soit l’inverse… hé hé hé !)

Chapitre IX :
Passage 2 : « jeudi 12 » ; donc forcément, c’est la semaine du vendredi 13 - pas de veine pour Vincent !

Passage 7-3 : « …son nouveau jouet » : c’est le pistolet de Vincent, du point de vue du bébé.

Chapitre X :
Passage 5 : Dans le jeu, il est clairement dit que Mideel était une "ville d’eau" (c’est à dire une sorte de station thermale) dans le passé et qu’elle a été détruite (par un tremblement de terre, je crois - en tout cas, contrairement à ce qui est raconté dans mon histoire, la Shin-Ra n’a rien à voir avec ça, pour une fois) ; c’est le vieil homme qui se tient à l’entrée de la ville qui vous en parle lorsque vous y arrivez pour la première fois.

Passage 6-3 : Eh oui, malgré sa main mécanique, Vincent joue du piano, il en joue même très bien ! Bah quoi, c’est le héros de l’histoire après tout, il a donc beaucoup de qualités (hi hi hi !) : grand, fort, beau gosse, bon pianiste - que des qualités, je vous dis !

Dernier passage : Je me suis inspirée de certaines déclarations du personnage de Yuffie sur Utai, et j’ai un peu brodé sur le sujet pour imaginer et raconter succinctement la guerre qui s’y était déroulée. Le narrateur de ce passage est extérieur et inconnu.

A suivre (la Fin est proche !) :
Chapitre XI : La Croisée des Chemins - Chapitre XII : Engrenage.

A bientôt !
-Ng.-

[Mrglauque]
[Mrglauque]
Niveau 10
25 décembre 2001 à 13:02:18

bon voila
le nom de cette fanfic est chaos et son auteur est angie
desole pour tous les #&8231
c est assez rebutant a lire
je pense que peu de monde va la lire surtout car elle est tres longue et je ne l ai pas encore lu mais a mon avis c est une fanfic grandiose
et elle parle de ff7 !
ALORS BONNE LECTURE !!!

[Mrglauque]
[Mrglauque]
Niveau 10
25 décembre 2001 à 21:29:04

zzz zzz zzz

[Mrglauque]
[Mrglauque]
Niveau 10
26 décembre 2001 à 20:06:38

voici le sujet le plus inutile du forum
le seul a venir dessus c est moi

[Mrglauque]
[Mrglauque]
Niveau 10
28 décembre 2001 à 22:27:44

desole pour cette derniere fanfic que j ai mise
je vous conseille d allez la lire sur
shinra.corp.free.fr
c est plus clair et il y a des musiques qui vont avec
mais surtout lisez la !!!
c est une des plus belles fanfics que j ai jamais lu
un incontournable
franchement ne passez pas a cote de cette fanfic ou vous le regretterai !!!
N HESITEZ PLUS ALLEZ Y !!!

-MmeCreed
-MmeCreed
Niveau 10
30 décembre 2001 à 00:34:23

Voici mon fanfic
Je vous averti, il est long. Alors je suis obligée de le couper en quelques parties.

................MY FUNNY VALENTINE...............

La pluie et le vent faisaient rage cette nuit là... il n´y avait pas âmes qui vivent dans les rues sombres du quartier. Mais un homme marchait tranquillement sur le trottoir. Il entra dans un bar obscur qui sentait l´urine et la bière. Les quelques consommateurs assis au bar le regardèrent de leurs yeux mornes et sans éclats. L´homme commanda un scotch et alla s´asseoir au fond de la pièce. Son manteau dégoulinait de pluie et d´un liquide foncé qui était indescriptible...si les personnes assises au bar n´auraient pas été soûles, elles auraient remarqué que ce liquide n´était autre que du sang. Du sang rouge et poisseux qui appartenait à une personne qui n´était sûrement plus de ce monde à l´heure qu´il est. L´homme, après avoir bu son verre, se leva. Il sortit un objet de son manteau...un revolver. Non, deux revolvers. Noirs, froids et métalliques. Une première balle fit exploser la cervelle du barman. Une deuxième balle toucha un homme endormi au comptoir. Et s´ensuivit une pluie de balles qui tuèrent tous les êtres vivants dans le bar. Des corps jonchaient le sol et une marre de sang frais colorait le plancher d´un rouge vermeille... comme son manteau et ses yeux. Il lécha ses doigts tachés de sang et sortit du bar nonchalamment. Il n´avait qu´une seule idée en tête. Dormir. Il chantonnait pour lui-même...[Stay little Valentine... stay. Each day is Valentine´s day...].(Pour les incultes, My funny Valentine est une chanson de jazz qui joue dans le film L´énigmatique Mr. Ripley). Le jeu était fini... Sephiroth était mort et Cloud était repartit avec sa putain de Tifa. Lui, Vincent, le demi-vampire, était condamné à errer pour l´éternité.

    • **

Il avait soif, terriblement soif. Juste un peu de sang, juste un peu et il se sentirait mieux, il le savait. Mais tuer un être vivant pour survivre( si on peut appeler ça vivre, vu qu´il était un mort-vivant....), est-ce égoïste? Une femme marchait seule devant lui... Vincent s´approcha d´elle silencieusement. La femme se retourna brusquement. Elle hurla en voyant notre vampire, les crocs sortis. Il lui mit la main sur sa bouche et l´entraîna dans une ruelle. La femme se débattait en vain. Vincent se pencha vers la peau tendre de son cou et mordit à pleines dents. Du sang chaud coula entre ses lèvres. Il aspirait la vie de cette femme avec une certaine excitation... Peu à peu le corps de sa victime se fit plus lourd. Elle était morte. Vincent la laissa choir à terre. Il s´essuya le coin des lèvres avec la manche de son manteau. Enfin rassasié, il partit dans la nuit étoilée.

-MmeCreed
-MmeCreed
Niveau 10
30 décembre 2001 à 00:42:28

Suite:

Le lendemain soir...
Vincent ouvrit les yeux. Il était chez lui, dans un appartement minable. Il était dans son cercueil tapissé de velours rouge et noir. Il poussa la "porte" de son cercueil et se leva paresseusement. Le soleil était déjà couché... Et sa soif de sang était revenu à l´assaut. Vincent retira son éternel cape rouge et revêtit un pantalon et une chemise noire. Il y avait des avantages à être un vampire. Il n´avait plus besoins de porter sa main de métal et à la place de celle-ci se trouvait une main en chair et en os. « Ah... de la chair, pensa Vincent, de la bonne chair fraîche gorgée de délicieux sang chaud. » Il sortit silencieusement de son logement et il s´engouffra dans les ténèbres. La chasse commença. Il chercha des yeux une jeune femme pour son prochain dîner. Ses prunelles vermeilles s´arrêtèrent sur une jeune fille blonde qui attendais près d´une discothèque branchée où circulait des drogués et des prostituées. Vincent s´approcha de la jeune femme et lui sourit sans montrer les crocs. Elle lui sourit également et le suivit, sans savoir qu´il lui restait qu´une heure à vivre. Vincent entraîna sa proie dans les rues sombres de la ville. Arrivé à son appartement, il ferma à clé la porte et il lui sourit de toutes ses DENTS. Vincent sentait l´odeur envoûtante du sang de sa prochaine victime. Il pouvait entendre les battements fébriles du coeur de la créature devant lui. Vincent s´en approcha lentement avec une démarche féline. Il lui retira son manteau et lui renifla la jugulaire. À son tour, il se débarrassa de son manteau. Il embrassa la jeune fille et ses lèvres descendirent le long de sa gorge palpitante. Il lécha la peau irisée du cou de sa proie et la mordilla par jeu. Elle gémis doucement, mais son gémissement se transforma bientôt en hurlement de douleur quand Vincent lui transperça la peau de ses canines aiguisées. Il serra son corps plus fermement contre le sien pendant qu´il s´abreuvait goulûment du liquide épais sortant des veines de sa victime. Le corps de la jeune femme se convulsait de façon spasmodique et après de longues minutes il s´immobilisa. Vincent se lécha les lèvres avec gourmandise et laissa tombé le cadavre à ses pieds.

Il se pencha et ramassa la femme à ses pieds. Il devait se débarrasser du cadavre au plus vite. Mais comment? Ce n´était pas très discret de sortir d´ici avec un corps sur les épaules. Il décida alors de découpé un à un, chaque membre du cadavre avec un long couteau de boucher. Cela allait être salissant, mais il n´avait pas le choix. Vincent commença par le bras droit, s´ensuivit le bras gauche. Qu´il mit dans un sac. Et les jambes. Et la tête. Et le tronc. Les os craquaient sinistrement. Chaque morceau fut déposé dans un sac. Maintenant, la question était ``où?``. Il y avait un cimetière pas très loin et un marécage à 2 Km d´ici. Hmph... Les deux, pourquoi pas? Se dit Vincent. Cela ferait moins suspect si les morceaux étaient éparpillés un peu partout. Il prit les sacs où il y avait les bras et les jambes. Il sortit de son appartement et se dirigea vers sa voiture. Vincent mis les précieux sacs dans le coffre arrière et il démarra la voiture. Le vampire roula pendant une heure avant d´atteindre le cimetière. Sinistre, pensa-t-il. Le vent froid de novembre soufflait et faisait bouger et craquer les branches des arbres nus. Pas un bruit ne venait aux oreilles du vampire. Vincent chercha sa propre tombe. Médicalement parlant, il était mort. Alors il avait sa tombe. ``Vincent Valentine- né le 13 octobre 1974, mort le 8 octobre 2001``. Mais il n´y avait rien dans le cercueil, ça il le savais. Vincent commença a creusé. Il devait le faire rapidement s´il ne voulais pas mourir au soleil. Il était 1h du matin. Il lui restait environ 6 heures avant que le soleil ne se lève. 6 heures pour cacher son meurtre...

Après avoir creusé pendant 1 heure, Vincent arriva enfin à déterrer son cercueil pour y mettre les restes sanguinolent du cadavre. La pluie commença a s´abattre sur lui et le froid lui glaça les os. Vincent ouvrit péniblement la porte du cercueil. Au fond, les morceaux des anciennes victimes pourrissaient et une odeur insupportable envahis ses narines. Il déposa les deux sacs avec le monticule d´immondices nauséabond et il referma le cercueil. Le vampire sortit de sa tombe et commença à enterrer les morceaux ainsi qu´une partie de lui-même qui s´envolait à chaque meurtre. Vers 3 heure, il déposa sa pelle. Son manteau était taché de boue et de sang. La pluie dégoulinait sur son visage blafarde.

Il se mis à l´abri dans sa voiture et démarra vers son logement. Il était nerveux. Il n´aura peut-être pas le temps d´aller au marécage et finir sa quête morbide... Enfin arrivé chez lui, il pris les sacs restants où à l´intérieur se trouvaient la tête et le tronc. Ces colis étaient beaucoup plus lourds que les premiers. Vincent se dépêcha à placer les sacs dans le coffre et partit vers le marécage.

L´heure avançait rapidement. La pluie tombait toujours sur la route déserte. Vincent regarda sa montre... 4h du matin. Il n´aura jamais le temps de revenir à la maison avant que le soleil se lève, se dit-il. Le marécage sinistre et nauséabond se dessina bientôt à ses yeux. L´oeil jaune de la lune ensanglantée s´estompait tranquillement au fur et à mesure que les minutes s´égrainaient. Vincent s´approcha calmement de la mare verdâtre entourée d´arbres nains difformes qui jetaient des ombres inquiétantes sur le sol. Ses bottes s´enfonçaient à chaque pas dans la terre boueuse et une odeur de charogne et de moisissure flottaient dans l air frais de la nuit achevée. De ses mains osseuses et presque transparentes, Vincent pris ses précieux colis et les déposa délicatement, comme s´ils eurent été de la fine porcelaine, dans l´eau opaque du marécage. Les sacs s´enfoncèrent avec un horrible bruit de succion. Mais un autre bruit attira l´attention de Vincent. Des branches craquèrent. Qui était-ce? Un murmure se fit entendre :
« Vincent... Vincent... » . Vincent regarda autour de lui. Rien. Sûrement le vent, se dit-il. Mais il ne vit pas les yeux verts qui le regardaient dans les ténèbres...

-MmeCreed
-MmeCreed
Niveau 10
30 décembre 2001 à 00:48:21

Suite:

Vincent se réveilla dans l´après-midi. Il était couché dans un lit qui dégageait une odeur suspecte. Il était dans un motel miteux car le soleil s´était levé avant qu´il n´arrive chez lui. Vincent s´était réveillé avant la nuit car dans son sommeil, il avait fait que des cauchemars. Dans son rêve, ses anciennes victimes venaient le hanter. Elles étaient en décomposition avancée et du sang leur coulait des yeux. Comme si elles pleuraient. Et dans son rêve, une jeune femme se transformait peu à peu. Ses cheveux devenaient gris, presque blanc et ils poussaient jusqu´à atteindre ses mollets. Ses yeux prenaient une teinte verte et la jeune femme n´était plus une femme, mais un homme. Et cet homme était Sephiroth.

« Non, c`est impossible. Sephiroth est mort. Mais...peut-être que... » pensa Vincent. Inquiet, le vampire se recoucha et s`endormit avec une étrange sensation. Une sensation de peur effroyable qui lui glaça le sang.

Vincent se réveilla en suffocant. Une main glacée lui enserrait la gorge. Il n`osa pas ouvrir les yeux immédiatement. Une mèche de cheveux lui chatouilla le nez. Cela ne devait qu`être un rêve. Il l`espérait. Mais une voix grave lui murmura à l`oreille :
« Vincent... Viiinnnccceeennnnttttt...Je suis de retour... Réveille-toi Vincent... ».
Vincent ouvrit brusquement les yeux pour ne voir que le néant. Rien. Il se redressa sur son séant et il regarda autour de lui. La fenêtre était bien fermé et les rideaux bloquaient les fins rayons de soleil. La porte était elle aussi fermée. Et il n´y avait rien sous le lit. Ce n`était qu`un rêve. Ou plutôt un cauchemar. Mais quelque chose attira son regard. Un long cheveux blanc reposait sur les draps.

    • ***

Le soleil s`était éclipsé, faisant place à la l`oeil unique de la lune, lorsque Vincent se réveilla. Il était encore temps de se nourrir pour lui. Il soupira se désespoir. De plus, il devait découvrir ce que ses cauchemars et ses illusions signifiaient. Vincent sortit de la chambre du motel et s`engouffra dans la fraîcheur de la nuit. Il prit sa voiture et partit vers la ville. Devant chez lui, il eu une sueur froide qui lui glaça le dos. Il monta l`escalier à pas lents. Il déverrouilla la porte et entra. Son regard fit le tour de la pièce principale. Une chose manquait, mais il ne savait pas quoi. Tout à coup, il découvrit ce qui manquait. La tâche de sang de la nuit dernière avait disparu!

- Mais c`est impossible. Personne ne peut être entré ici. Et qui s`aurait amusé à nettoyer un tapis?
- Moi..., répondit une voix masculine.

Vincent se retourna et vit un homme assit dans son fauteuil. Les ombres et la noirceur de la pièce lui cachaient son visage. Mais il reconnu la voix... Elle était à Sephiroth.

Sephiroth se leva et regarda Vincent d`un oeil méprisant et sarcastique.

- MAIS TU ES MORT!!! CLOUD T`A TUÉ!, s`écria
Vincent.
- Ai-je l`air d´être mort d`après toi? Même si bien sûr,toi, tu es cliniquement mort... Heh heh heh heh...

Avant même que Vincent ne put battre des cils, Sephiroth prit son épée et transperça le corps du vampire. Du sang jaillis de la blessure comme d`une fontaine et Vincent s`écroula à terre. Sephiroth retira son épée du fourreau de chair. Vincent gémit de douleur. L`homme aux cheveux blancs frappa Vincent à la tête avec le pommeau de son arme tranchante. Du sang pourpre s`écoula du front du vampire. De sa main droite, Sephiroth prit Vincent par la gorge et l`envoya valser dans les airs. Mais le brunet se fracassa sur la fenêtre. Et il se retrouva dans le vide, accrocher au rebord de la fenêtre. Sephiroth apparu dans son champ de vision, au-dessus de lui. L`homme sourit cruellement et repoussa Vincent dans le vide. Le vampire tomba des 10 étages et alla se fracasser les côtes sur le trottoir. Lorsqu`il put regarder vers la fenêtre, Sephiroth avait disparu...

    • **

Vincent ouvrit les yeux. Son corps engourdi ne répondait plus à sa volonté. Il s`était évanoui. Étrangement, ses côtes ne le faisaient plus souffrir. Déboussolé, il regarda autour de lui. Il était dans une sorte de cachot. Ou plutôt dans une prison. Les murs suintaient d`humidité. Il n`y avait rien autour de lui à part la couchette sur laquelle il était couché. Le sol et les murs de pierres dégageaient une odeur de moisissure. La pièce était faiblement éclairée par une lumière venant du couloir. Mais où était-il? Le vampire regarda entre les barreaux de la porte et il ne vit qu`un long couloir sombre. Sur les murs, des torches enflammées étaient disposées à tous les 3 mètres. Une sensation de suffocation lui enserra le coeur soudainement. L`illusion de mains glacées se crispant sur sa gorge lui vint en esprit. Désespéré, Vincent alla se recoucher sur sa couchette inconfortable. Il ferma les yeux et s`endormit rapidement. Un mince croissant de lune , squelettique et blême, le contemplait de la fenêtre du cachot.

Un bruit se fit entendre. Lointain. Vincent se réveilla. Ce n`était pas un cauchemar. Il était réellement emprisonné. Un bruit sourd de pas résonnant dans le couloir lui vint aux oreilles. Le vampire se leva précipitamment et s`approcha des barreaux. Dans la noirceur au fond du couloir, une forme étrange et difforme avançait vers lui. Lorsque le visiteur apparu dans l`éclairage, Vincent eu un sursaut de dégoût. Une monstrueuse bestiole marchait vers lui. Mesurant près de 2 mètres, avec une peau blanche translucide laissant voir ses vaisseaux sanguins, ce monstre était franchement répugnant. Cette bête n`avait pas de mains, mais des serres acérées. Sa peau paraissait moite et poisseuse. Lorsque cette...cette « goule » fut devant la porte bariolée, Vincent put voir ses longs crocs dégoulinant de bave jaunâtre. La créature grogna et ouvrit (plutôt arracha) facilement la porte de la cage de Vincent. Vincent voulu s`enfuir à toutes jambes, mais la goule l`attrapa par le poignet et le tira vers elle en grondant. Le vampire se décida à suivre son sinistre visiteur docilement.

Vincent et la bête longèrent des couloirs sinueux et rocailleux pendant près d´une heure... L`air frais, qui s`insinuait un peu partout, glaçait les mains et les pieds du vampire. L`impression de se faire espionner saisit Vincent. Il regarda autour de lui. Tout était identique. Comment se retrouver s`il s`enfuyait? Coupant libre court ses pensées, il s`aperçut soudainement que le sol de pierre changeait de texture. Le plancher était plus lisse et plus clair. La bestiole poussa Vincent vers la gauche. Ils se retrouvèrent dans une immense pièce éclairée par un feu de foyer. Près de l`entrée se trouvait un ramassis de ferraille de tisonniers, de barres de fer et autres. Au milieu de la pièce, une table de chêne y était posée. Et au fond, un imposant fauteuil y trônait. Une personne y était assise. Mais les ombres lui cachait le visage. Deux lueurs vertes le toisèrent tout à coup. L`homme se leva et sortit de l`ombre. Ses longs cheveux blancs en cascade descendaient à ses genoux et un sourire cruel se dessina sur ses lèvres. Sephiroth. Il fit un signe discret et la goule sortit de la pièce en fermant les énormes portes en bois. Vincent s`approcha de Sephiroth :

- « Que fais-tu ici? Dans cette sorte de château? »
- « Ceci est ma nouvelle demeure...Elle n`est pas aussi bien que la dernière, mais il faudra m`en contenter... »
- « Laisse-moi partir. »
- « D`accord, mais à une condition... »
- « Laquelle? » demanda Vincent, un peu septique.
- « Tu devras me vaincre...heh heh heh... »

-MmeCreed
-MmeCreed
Niveau 10
30 décembre 2001 à 00:55:56

Encore la suite:

Mais Vincent savait qu´ici, il ne pouvait se servir de ses matérias. Dans la montagne d´ordures, quelque chose attira son attention. Une barre de fer. Sephiroth sortit sa Masamune de son fourreau. Il s´avança vers Vincent. Vincent s´approcha du pied de biche. Il s´en empara et il fit face à son adversaire. Le duel débuta enfin. L´épée du soldat entama la chair de la poitrine du vampire avant même qu´il puisse faire un seul geste. Du sang carmin tacha sa chemise sale de deux jours. Vincent s´élança vers Sephiroth, mais l´arme de fortune frappa l´air seulement. L´homme aux cheveux blancs eu un sourire moqueur et il blessa la peau pâle du brunet au niveau de l´épaule gauche.
La barre de métal fit un bruit sourd lorsqu`elle toucha la Masamune. Sephiroth regarda Vincent et il lui murmura :

- « Lorsque Lucretia a compris que j`allais la tuer, elle m`a supplié de l`épargner. Elle était vraiment pa-thé-ti-que. Heh heh heh... »

Sephiroth avait prononcé lentement le mot pathétique simplement pour faire souffrir Vincent. Et cela marcha. Le vampire hurla à la mort et il ne vit qu`à travers un voile rouge. La rage s`empara de lui. Il envoya au loin la Masamune du soldat d`un coup de barre bien placé. Sephiroth fut un peu désorienté. Le brunet frappa son ennemi à la tempe. Du sang y perla rapidement. La colère et le désespoir déformaient le visage de Vincent. Le soldat le regarda un peu apeuré. La barre de fer lui arriva en plein visage. Sa vision se parsema de taches rouges et noires. Et Vincent, ravagé par la rage, frappa Sephiroth à la tête. À chaque coup qu`il lui assénait, il entendait le craquement sinistre de la boîte crânienne de son adversaire. De la pointe tranchante de son arme, il lui trancha la veine jugulaire et un flot de sang chaud lui arriva en plein visage. Il en fut même aveuglé pendant un court instant. Le corps de Sephiroth était devenu une rivière de sang pourpre. Mais Vincent s`acharna encore. Il frappa encore son rival. À chaque coup de barre qu`il lui donnait, des fragments d`os et de dents étaient projetés contre les murs de pierres. Du sang se mit à sortir des yeux de Sephiroth comme des larmes de pure douleur. Et le vampire s`arrêta enfin. Son ennemi gisait à terre, baignant dans son propre sang qui commençait déjà à coaguler. Sephiroth avait rendu son dernier souffle...

Vincent soupira de soulagement. Mais un détail le tracassait. Mais il ne pouvait dire quoi. Il regarda le cadavre à ses pieds. Le vampire avait l`impression que le regard vert de Sephiroth le toisait avec mépris. Mais c`était faux puisqu`il était mort. Vincent murmura pour lui-même :

- « Vert...Ses yeux sont si verts. Ils sont irréels... Non...c`est impossible! Mais c`est ça le problème! Sephiroth n`a pas les yeux verts! Ils devraient être turquoises!!! »

Un rire moqueur et dément résonna soudainement dans les ténèbres. Un rire strident, hystérique. D`horribles gloussements grinçants lui glaça le sang. Le rire monta jusqu`à un cri perçant, puis il se mua en une série de ricanements gutturaux pour s`éteindre brusquement. Sephiroth. Sephiroth n`était pas mort. Le cadavre qui reposait devant lui n`était qu`un clone. Qu`une pâle imitation du vrai Sephiroth. La vrai bataille ne venait que de commencer...

    • **

Début du flash-back

Sephiroth était mort. Cloud et Tifa étaient repartis ensemble et le reste du groupe Avalanche était reparti chacun de leur côté. Vincent, quant à lui, était reparti vers sa grotte pour retrouver sa chère Lucretia. Depuis que Cloud s´était battu contre Sephiroth, Vincent se sentait mal. Il avait la gorge sèche et il avait mal aux canines. Mais il ne s´en préoccupait pas. Tout à coup, une douleur fulgurante lui traversa le cerveau. Le sang lui battait dans les tempes et sa vision se troubla. Un nom lui vint instinctivement à l´esprit : Hojo. Après qu´Hojo avait fait ses expériences sur Vincent, il lui avait dit qu´il changerait et évoluerait à un moment précis. Mais Vincent n´avait jamais vraiment bien compris se que Hojo avait voulu dire par là. Est-ce cette évolution qui s´était déclenchée lorsque Sephiroth était mort? Si oui, en quoi se transformerait-il? En monstre?

La douleur se fit plus grande et Vincent s´écroula à terre. Son avant-bras de métal le faisait atrocement souffrir. Venant fou de douleur, il arracha son gant doré. Du sang s´écoulait lentement de ses lèvres tremblotantes et toutes les veines parcourant son corps battaient au rythme de son coeur. Boom...boom... Soudainement, Vincent hurla et il vit son bras gauche croître à la place de son ancienne main de métal. Les nerfs et les muscles s´entrecroisèrent. Les os poussaient et les veines crachaient un sang coagulé de couleur noire. Terrifié et dégoûté, Vincent regardait ce bras, SON bras, apparaître comme par quelconques sorcelleries noires. Le plus terrible de tout cela, c´était que Vincent avait l´impression d´être aspiré de l´intérieur.

Lorsque Vincent ouvrit enfin les yeux, sa transformation était achevée. Ses canines avaient doublé de volume et elles étaient devenues très tranchantes. Son avant-bras gauche était redevenu un bras normal, un bras en chair et en os comme avant, lorsqu´il était un Turk. Et ses sens s´étaient affinés. Une envi irrésistible de boire du sang frais lui tenaillait l´estomac. Vincent pouvait maintenant entendre les battements de coeur de tous les êtres vivants qui l´entouraient. Et ses oreilles purent même entendre une chanson qui jouait faiblement au loin... « My funny Valentine...Sweet comic Valentine... ». Vincent Valentine était mort. Vincent le vampire venait de naître.

Fin du flash-back

    • **

Vincent regarda autour de lui, les sens aux aguets. Il regarda le clone décapité, étendu à ses pieds. « Quelle horreur!, pensa-t-il. Qu´est-ce qui m´arrive? Depuis que je suis devenu vampire, le mal s´infiltre dans mon esprit. Et j´ai de plus en plus de difficulté à me contrôler. » Un son de pas le fit revenir à la réalité. Sephiroth, le vrai cette fois-ci, rôdait dans les parages. Vincent se retourna vers les deux grandes portes de bois de l´entrée. Il était sûr d´y avoir entendu un murmure... Il s´approcha prudemment des portes. Vincent tourna la poignée et il dû poussé la porte d´un coup sec pour qu´elle s´ouvre... Aucune lumière n´éclairait les couloirs. Tout était d´un noir opaque. Mais Vincent, grâce à ses yeux de vampire, pouvait apercevoir les formes des objets qui l´entouraient. Il tourna vers la gauche, dans le sens contraire d´où il était arrivé avec l´horrible goule. Aucun bruit ne venait aux oreilles du vampire. Même pas un battement de coeur. Le néant. Mais où Sephiroth était-il passé? Il ne pouvait quand même pas s´être volatilisé! Vincent avança péniblement. Il n´avait pas bu de sang depuis...depuis...il en avait pas la moindre idée. Il avait perdu la notion du temps depuis un moment déjà. Tellement de chose s´était produite depuis qu´il avait mordu sa dernière victime. Premièrement, il avait décapité la jeune fille pour ensuite aller l´enterrer un peu partout. Ensuite, il s´était couché dans un motel. Puis il avait rencontré Sephiroth chez lui et il s´était réveillé ici, au milieu de nulle part. Et enfin, il s´était battu contre un clone de Sephiroth. Maintenant, il devait trouver le vrai Sephiroth. Mais comment? C´était l´obscurité totale qui l´entourait. Tout à coup, un faible grattement résonna dans les ténèbres. Quelque chose effleura le bras droit de Vincent. Soudainement, des serres lui griffèrent le dos. Du sang se mit à perler rapidement sur sa chemise noire déjà en lambeaux. Des bras musclés le serrèrent à l´étouffer. La chose avait une peau moite et elle grognait des paroles intelligibles. C´était la goule. Cette sale bête était encore là. Vincent décocha un coup de coude dans les flancs du monstre. La bête gémis de douleur et libéra Vincent. Déboussolé, Vincent partit à courir devant lui. La goule hurla de mécontentement et courut dans sa direction. Le coeur de Vincent battait la chamade et il pouvait sentir le souffle fétide de la goule dans son cou. Le vampire courut un peu partout. À gauche, à droite... Cet endroit était un vrai labyrinthe. Après plusieurs minutes de course dans le noir, Vincent se retourna brièvement pour savoir si la goule le suivait toujours... Pour foncer dans quelque chose de ferme et de moelleux à la fois. Un grognement et un petit rire se firent entendre. Sephiroth. Ce n´est pas Vincent qui avait trouvé Sephiroth. C´était Sephiroth qui avait trouvé Vincent.

Les deux adversaires se firent face dans la noirceur. Contre toutes attentes, Sephiroth se retourna et fit signe à Vincent de le suivre. Ils se retrouvèrent dans une pièce, éclairée soit dit en passant, qui ressemblait à s´y méprendre à une salle de torture.

- « Voilà, dit Sephiroth, c´est mieux comme ça, n´est-ce pas? Maintenant, nous pouvons nous voir... Et enfin nous affronter réellement...»
- « Qu´elle arme choisis-tu? » demanda Vincent.
- « Ma Masamune, bien entendu...Et toi? Encore un stupide pied de biche? Laisse-moi rire! Regarde à ta droite, il y a une panoplie d´armes à ta disposition. » rigola Sephiroth.

Vincent pris un long sabre. Bien sûr, cette arme ne serait pas aussi puissante que la Masamune de Sephiroth, mais il fallait s´en contenter.

- « Que le combat commence! » cria Vincent en souriant.

Les ennemis se mirent en position de combat. Le regard rouge rencontra le regard, cette fois-ci, turquoise. Sephiroth bougea le premier. Il pris son élan et sa Masamune fonça vers le vampire. Mais Vincent fut plus rapide et il dévia le coup avec son sabre. Il rendit l´attaque à son adversaire, mais en vain.

Vincent regarda Sephiroth. Une question incessante le tourmentait. Pourquoi lui ? Pourtant c´était Cloud qui l´avait tué. Alors pourquoi s´acharnait-il sur lui ? Bien sûr, cette pensée était égoïste, mais elle était véridique. Comme si Sephiroth lisait dans ses pensées, l´homme aux cheveux argentés lui répondit :

- « Pauvre petit Vincent... Toujours en train de se poser des questions idiotes. Tu te demande pourquoi je m´amuse à te faire souffrir, toi, et non la bande de crétins à Cloud ? La réponse est très simple... C´est simplement parce que tu es le dernier. Ce fut très facile de les massacrer. Ils ont été naïfs de me laisser pour mort. Cloud, je l´ai égorgé pendant son sommeil. Il était très touchant... snif... J´en ai encore les larmes aux yeux... Hahahahaha ! Et Tifa, elle, eh bien... sa mort ressemblait à celle d´Aeris. Ce n´est pas très original, mais je n´avais pas le temps de m´appliquer au travail. Et les autres, je les ai tous tués un après l´autre... Et maintenant, c´est à ton tour... ! ».

Vincent s´apprêta à se battre. Il se sentait désespérément seul. Tous ses amis étaient morts. Son côté vampire prit le dessus sur lui. Chacun essayait de percer la garde de l´autre, mais sans succès. La Masamune coupa Vincent sur la joue droite. Des gouttes de sang chaud allèrent s´écraser sur le col de sa chemise déjà en lambeaux. Avec son épée, le vampire répliqua en frappant son ennemi au bras. Sephiroth recula, mais il repartit de l´avant et leurs armes s´entrechoquèrent. L´homme aux cheveux d´argent s´avança en courant, son arme pointée vers le coeur de Vincent. Mais le brunet s´esquiva et son adversaire alla planter sa Masamune dans une colonne soutenant le plafond. Lorsqu´il retira son épée du pilier, quelques légers tremblements se firent sentirent. Le combat reprit de plus belle. Vincent reçut un revers du droit sur la joue gauche de la part de Sephiroth et vola dans les airs pour atterrir sur une table qui craqua sous le choc. Le vampire se releva péniblement avant de recevoir une lame tranchante en plein abdomen. Vincent tomba sur le sol humide. Il sentit la botte de Sephiroth lui écraser les omoplates. Il gémit de douleur, mais il se retourna rapidement, prenant son ennemi par surprise. Il blessa Sephiroth à la jambe et son rival recula. Du sang s´écoulait par flots réguliers du ventre du vampire. Il se sentit faiblir, mais il devait continuer. Rassemblant ses forces , il se releva. Avec sa lame, il coupa son adversaire à la poitrine. Une fine ligne de sang écarlate apparue. Tout deux étaient à bout de force et ils respiraient par saccades. Mais tout à coup, une tuile tomba bruyamment du plafond et s´écrasa par terre. Profitant du moment d´inattention de Sephiroth, Vincent lui enfonça son sabre dans le coeur. Son regard rencontra celui de son ennemi. C´est le regard d´un enfant désespéré, étonné et malheureux qu´il croisa. Un regard remplit de larmes. Sephiroth murmura doucement :

-« ... papa... »

Et il s´écroula lourdement sur son père. Sephiroth ferma les yeux et soupira. Il avait rendu l´âme. Vincent s´agenouilla et posa doucement la tête de son fils sur ses genoux. Il caressa ses longs cheveux d´argents en laissant ses larmes couler le long de ses joues pâles. Qu´avait-il fait ? Il venait d´assassiner son seul et unique fils.

Une tuile du plafond tira Vincent de ses lamentations. Elle venait de tomber avec fracas sur le plancher. La Masamune de son fils n´avait pas seulement détruite une minable colonne, mais bien un des pilier fondamental qui soutenait le château. Et ce château s´écroulait! À regret, Vincent déposa doucement la tête de Sephiroth sur le plancher froid. Il se remit debout avec douleur. Comment repartir ? Ce bâtiment était un véritable labyrinthe. Les lumières clignotèrent et le brunet se retrouva plongé dans les ténèbres. Les pierres du plafond tombaient une à une et des tremblements secouaient les murs. Vincent marcha aléatoirement dans la noirceur. Il buta contre le corps de Sephiroth et il tomba à terre. Sa voix résonna dans le noir :

- « Merde ! ».

Son écho lui répondit. Mais un hurlement sinistre lui répondit également. Qu´est-ce que?... La goule ! Où pouvait-elle bien se cacher ? Un frisson parcourra le long de son échine. Une porte s´ouvrit avec fracas. Une respiration haletante résonna dans la sombre pièce. Tous les sens du vampire étaient en alerte. Un bruit de pas furtif se fit entendre à sa gauche. Instinctivement, Vincent chercha en tâtonnant la main de Sephiroth. En la trouvant, il la serra fortement et il ferma les paupières en priant pour que cela finisse. La goule renifla et s´approcha du vampire. Elle grogna et son museau effleura sa chevelure. Le brunet était pétrifié par l´horreur. Les crocs de la bestiole se refermèrent sur la gorge de Vincent. L´homme hurla à la mort. Du sang éclaboussa la bête, la victime et le cadavre. D´une serre d´acier, le monstre arracha un bras à l´être qui était son prochain repas. Elle prit une bouchée de la chair pâle et elle l´avala goulûment. L´animal réduis en miette ce qui restait de la chemise du brunet. De ses griffes, elle lacéra la poitrine de sa victime. Le sang fit une marre aux pieds des deux protagonistes. La goule dévora le vampire, toujours vivant...

Vincent Valentine venait de disparaître...

My funny Valentine.
Sweet, comic Valentine.
You make me smile with my heart.
Your looks are laughable,
unphotographable.
Yet you´re my favorite work of art.
Is your figure less than Greek ?
Is your mouth a little weak,
when you open it to speak ?
Are you smart ?
But don´t change your hair for me,
not if you care for me.
Stay little Valentine... stay.
Each day is Valentine´s day.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~FIN~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~