Cette semaine, je vais faire simple.
Dans la rubrique « Voyages dans le temps », je vous conseille quatre œuvres qui m’ont particulièrement marqué. D’abord, le film « Nimitz ». Le scénario est ridicule et plat, les effets spéciaux moyens, les situations conventionnelles et les paradoxes temporels prévisibles. Dans ce cas, pourquoi en parler dans ce sujet ? Eh bien, je vous conseille sa vision à cause de la musique… Une mélodie superbe, qui malgré sa linéarité et sa répétitivité, entre dans votre esprit pour ne plus jamais en ressortir. Ensuite, le jeu vidéo « Shadows of Memories », qui propose un scénario excellent, ainsi que des personnages sympathiques. Le character design, à mi-chemin entre réalisme et inspiration manga, et curieux, mais agréable. N’oublions pas le film « Un jour sans fin »(le titre original aux Etats-Unis, c’est « Le Jour de la Marmotte », qui convient aussi très bien). Une œuvre pleine d’espoir, et l’une des premières intrigues à exploiter la célèbre astuce de la boucle temporelle, que les scénaristes peu scrupuleux n’hésitent pas aujourd’hui à utiliser(voir sur ce thème l’épisode particulier de « Stargate : S.G.1. », l’un des seuls qui parvient à être amusant dans une série télévisée touchante par sa médiocrité). Le meilleur pour la fin, c’est le jeu vidéo « Soul Reaver 2 ». J’en parle beaucoup, mais décidément ce jeu reste au-dessus de tout ce qui se fait. Vous pouvez me croire : je connais « Chrono Cross », tous les « Final Fantasy », les autres « Legacy of Kain », « Xenogears », « Silent Hill 2 » et « Metal Gear Solid 2 », mais à tous les niveaux, « Soul Reaver 2 » les enfonce. La modélisation des décors et personnages est tout simplement parfaite, la durée de vie est honorable(23 heures), le character design ne souffre aucun reproche, la mise en scène est peaufinée. Quant à l’interface et à la jouabilité… C’est bien simple, tout cela est tellement bien réglé qu’on… l’oublie ! Eh oui, pas d’inventaire où on transporte cinquante objets, pas de menus intempestifs, pas de mouvements de caméras décalés, et l’action est à la hauteur : jamais on ne se retrouve suspendu au-dessus du vide, avec une seule vie. Seul défaut, et bien excusable, les ralentissements… Je n’en ai compté que trois dans ma première partie, et pour de telles prouesses techniques, je suis prêt à accepter cent fois ça. Mais avant tout et surtout, « Soul Reaver 2 » se distingue par un scénario haletant, rocambolesque, fantastique, formidable, baroque, sournois, surprenant, qui vous prendra par le col pour vous tabasser à coups de péripéties bien assénées, donc chacune a une signification, avant de vous horrifier avec une fin qui semble sans espoir et de vous achever par une magistrale conclusion. La première fois, je n’ai vu aucune des ficelles utilisées, et je commence seulement à distinguer certains « trucs » destinés à manipuler le joueur. C’est clairement le meilleur scénario jamais écrit pour un jeu vidéo, et peut-être la meilleure histoire, quel que soit le support. Raaaaaaaah, vivement « Soul Reaver 3 » ! S’il n’est que moitié aussi bon que ce deuxième épisode, je m’évanouis de bonheur.
Pour conclure, j’espère que vous connaissez les dessinateurs Enki Bilal et Lewis Trondheim, ainsi que les mangas « Evangelion » et « Ah my Goddess »(Fujishima, le mangaka de cette dernière série, a fait une œuvre de moindre qualité, mais très distrayante : « You’re Under Arrest ». Ne ratez pas les aventures de Strike-man, le plus débile des justiciers, que devront affronter les héroïnes).