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Fic : L'Ataraxie

Parkko
Parkko
Niveau 38
03 décembre 2008 à 09:55:03

Ah ok tu me disais que tu avais pas le temps pour la continuer :rouge: ! brrrr je lis ça ce week-end, faudra que je regarde un peu le chapitre précédent pour me remettre en tête ce qu'il s'était passé :rouge:

Parkko
Parkko
Niveau 38
03 décembre 2008 à 11:11:57

Finalement j'ai lu :rire:

Question sur la fin : Nezha est mort ou pas alors :snif2: ? Je suis pas sûr d'avoir bien compris du coup, à moins que ça soit fait exprès d'être ambigue ? :rouge:

Desolation
Desolation
Niveau 10
03 décembre 2008 à 11:38:28

Brrrr Parkko :coeur:
Pour ta question je ne peux bien évidemment pas te dire la réponse, l'ambiguïté est évidemment faite exprès en tout cas :rouge:

Merci d'avoir lu :coeur:

Yamaturga
Yamaturga
Niveau 3
15 décembre 2008 à 21:39:47

Allez, hop, je profite de ce dixième chapitre qui sera certainement à retravailler puisqu'il est difficile d'en être pleinement satisfait (passage très très crucial en fait, qu'il est difficile de retranscrire à travers les mots).
Trèves de plaisanterie, voici le dixième chapitre, bonne lecture ! :-d

Chapitre 10 : Sur l'autre rive je t'attendrai

Doucement. Tout doucement. Il s'avança tout doucement.

Yamaturga était ici, là, ailleurs... Cela n'avait plus d'importance. Il s'avançait et tombait. Il contemplait l'abîme. Il attendait la sentence.

Le noir l'entourait comme l'élargissement de nouveaux horizons. Il se parait de noir. Il devenait noir. Il était noir. Il était noir et abstrait. Il était évanescent. Il était encore un peu ici, mais pas trop.

Il clignait des yeux. Il essayait de se remettre. De reprendre son souffle. Son souffle était court. Sa respiration était saccadée. Respirait-il encore ? Ses poumons ne faisaient plus partie de la réalité. Il ne faisait plus partie de la réalité.

Il s'y trouvait encore un peu. Mais pas trop.
Yamaturga ouvrit grand ses yeux. La douleur le rongeait. Comme les insectes rongeaient encore cette femme. Il en voyait encore partout. Là, une blatte qui galope dans le noir !

Ecrasée.

Là, un scarabée ahuri. Quelque part, pas loin.

Mort.

Yamaturga créait au rythme de ses songes. Et anéantissait aussitôt. Il était un dieu qui régnait sur tout. Tout était sa création.

Il leva les yeux, dans cette réalité déformée, noire. Il y vit des étoiles, il se vit lui-même. Il resta un petit moment à les contempler et eut l'impression de devenir comme elles. Accroché là-haut, tout le monde vous voit, tout le monde parle de vous. Mais personne ne vous atteint. Rêve et désir. Yamaturga était tout-puissant. Très haut. Et personne ne l'atteindrait jamais...

Dans son royaume des ombres, noir et abstrait.

Yamaturga rassembla ses dernières pensées pour se redonner forme. Il devait en finir. Tout se mélangeait et il fallait mettre de l'ordre.

Il avança doucement, lentement à travers cette sombre forêt. Il flottait un léger sentiment de déjà-vu, peut-être dans une autre vie. Il créait cette forêt à partir de ses désirs, de ses rêves. Et ce rêve, il l'avait déjà vécu.

Il avançait à pas feutrés, afin de ne pas réveiller le rêve. Il était si doux, si savoureux. Il suffisait d'imaginer, et le rêve accomplissait. Ce rêve qu'il n'oublierait jamais, même des éternités après sa mort. Ce rêve que personne n'entendrait, n'atteindrait, n'attendait.

Il s'enfonça dans la jungle dense et luxuriante. Elle était obscure, car éclairée par un soleil noir ; les plantes renvoyaient de la lumière, les arbres renvoyaient de la lumière, Yamaturga renvoyait de la lumière. Mais le ciel était noir, la terre était noire, tout le reste était noir. Et ainsi, l'univers plaisait à Yamaturga, il prenait du plaisir à respirer cette noirceur. Ainsi, il voulait le rejoindre pour l'éternité et ne plus jamais revoir son univers où il naquit. Et il s'enfonçait dans cette jungle, il marchait.

Il lui semblait qu'à son passage, la végétation s'écartait afin de créer un passage, son avancée n'était pas difficile.

Et alors qu'il avançait, ses souvenirs s'effaçaient.

Il devenait incroyablement heureux au rythme de sa progression ; ses questions disparaissaient, son corps disparaissait. Son esprit disparaissait. Il redevint jeune, très jeune, enfant.

Son combat contre l'araignée devint abstrait. Il y eut à la place une grosse tâche colorée dans le tableau des souvenirs de Yamaturga.

Autour, les scarabées devinrent un amas de pointillés qui s'assemblaient autour de la tâche colorée.

Enfin, il y avait le reste, des insectes par-ci, par-là, qui venaient dévorer cette tâche en prenant la forme de traits brefs, vifs. Dans le coin supérieur droit du tableau, une hache émergeait d'une fleur.

Le fond du tableau était noir, entièrement noir. Tout ce que Yamaturga venait de peindre dans son esprit resta à jamais abstrait ; ses souvenirs devinrent stériles.

Son chef d'oeuvre achevé, Yamaturga arriva enfin à l'endroit qu'il voulait voir.

Une gigantesque cité de nacre et de granit s'offrit à la vue de Yamaturga. Le temps semblait figé, et toutes les portes ouvertes ; il pénétra donc dans la cité, Eros. Il avait l'impression de savoir où aller. Et il y alla.

Il trouva une maison différente des autres. Cette maison n'était pas composée de nacre, ni de granit mais d'onyx. Elle était noire et brillante. Elle brillait comme un dangereux joyau.

Elle brillait comme une vérité.

En entrant dans la maison, Yamaturga vit un homme et une femme. La femme était allongée, sanguinolente, à l'agonie et le père semblait discuter avec une personne que Yamaturga ne voyait pas. Au fond de la pièce, Yamaturga vit une jeune femme, nue, aux longs cheveux d’or qui descendaient en cascade jusqu’à ses reins. Elle semblait étrangère à la scène, comme décalée, comme représentante d'une autre réalité.

Elle lui fit signe. Yamaturga la comprit. Il devait la suivre. Il l'avait déjà vue. Il avait rêvé d'elle toute sa vie. Depuis qu'il était né... Lors d'une nuit étoilé, au bord d'un lac, en pleine forêt...

Yamaturga suivit la nymphe, qui monta des escaliers. Là, il trouva des ustensiles de meurtre. Voilà comment il monterait aux étoiles.

Il s'approcha d'une table vermeille et humide et attrapa le poignard qui était posé dessus. Il le contempla bien ; il devait avoir servi il y a peu. Mais il trouvait la lame trop pointue, et il appréhendait cette pénétration.

Il s'approcha d'un évier, où était entreposé à ses côtés un verre ainsi qu'une petite fiole. Lorsqu'il lut le mot « sérum » sur la bouteille, il savait que c'était un sérum de mort, quelque chose qui guérissait de la vie.

Il entendit un petit rire. Yamaturga leva les yeux vers la nymphe, qui semblait lui présenter un bassin. Elle tenait dans ses mains un rasoir.

Yamaturga approcha et se dévêtit. Il s'installa dans le bassin et la nymphe lui donna le rasoir. Oui, c'était la meilleure solution. Un brin de sensation charnelle, pas trop violente, pour partir en paix.

Yamaturga se fit une entaille sur chacun de ses avant-bras. Il regarda le liquide rouge tomber. Mais celui-ci ne tombait pas, il s'évaporait. Yamaturga aussi s'évaporait.

Il regarda encore une fois la nymphe. Celle-ci lui souriait.

Le monde s'accéléra dans un ultime soupir. Le monde s'accéléra à l'envers. Le bassin disparut, l'étage disparut, la maison disparut, Eros disparut, la forêt disparut, le noir lui-même disparut. Il ne restait que Yamaturga et la nymphe.

Elle passa une main dans les cheveux de l'évanescent. La caresse était douce, il était profondément heureux.

Il lui sembla qu'il disparaissait enfin. Il allait enfin être réduit à néant. Enfin mort.

La nymphe versa une larme.

Yamaturga voulut lui dire qu'elle était merveilleuse et qu'il s'en allait heureux, heureux de l'avoir revue... bien qu'il ne l'ait jamais vue dans sa réalité, pas la sienne.

Yamaturga était pâle. Yamaturga était froid.

-Sur l'autre rive je t'attendrai, dit-il, énigmatique.

Yamaturga était souriant. Yamaturga n'était plus faible.

Yamaturga était mort.

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
15 décembre 2008 à 23:04:22

Commentons, commentons...

Contrairement à Koko, je ne pense pas que Nezha soit mort, du moins pas encore. Ce n'est pas faute d'avoir essayé pour l'auteur, entre le plan foireux qui voulait le trucider, le combat, le Berserk qui entre en lui et qui le fait entrer dans une transe dont on peut supposer que même les siens ont gouté les effets et les deux évanouissements, nous ne pourrons pas dire qu'il était gaillard à la fin du chapitre.

Le premier chapitre est agréable et nous offre un point de vue assez poussé sur des points qu'on ne connaissait pas, ou peu, chez notre bûcheron: une grande naïveté. On ne s'en doutait pas forcément dans les chapitres différents car on le découvrait dans une situation d'apprentissage, du monde et de ses us. Là, on le découvre totalement pion, totalement floué par son père qui obtient une triple victoire: contre les Odinistes, contre Thanatos qui ne semble plus avoir d'armée, et contre son fils à sa merci. De plus, le passage descriptif sur la nécromancie le montre quand même assez ignorant, se faisant des idées sur la nature réelle d'une magie définie par son nom pourtant... Intéressant de voir Nezha finalement complètement démuni face aux fourberies dont il peut être la victime.

Le second chapitre reprend Yamaturga. Ce dernier n'est pas encore mort, mais est il encore vivant? Ses rêves oniriques semblent le mener vers un état d'amnésie, peut être de mort... Est ce l'effacement du monde qu'on pouvait craindre? En tout cas, sa progression semble liée à Nezha, avec la hache qui sort de la fleur et la scène de meurtre qui ressemble étrangement à celle du passé du jeune bûcheron. La question est de savoir comment peut il se retrouver là? Est ce une réincarnation qu'il vit et a t il été témoin du meurtre, puisque Yamaturga est, sauf erreur, un nom connu du père de Nezha?

Enfin, le rôle de Freïa se complexifie. Alors que la nymphe avait plutôt un rôle de nymphette dans sa dernière apparition, elle apparaît ici plus trouble plus sinistre. Un peu comme un présage de mort, bien que l'on ne sache guère si la mort de Yamaturga est réelle ou simplement un effet d'un rêve ou d'une hallucination. Reste à savoir ce qu'il entend par l'autre rive... On peut évidemment penser à Charon, au Styx et aux piécettes pour prendre la fameuse barque, mais cela signifierait donc que Freïa ne tardera pas à mourir ou qu'au contraire elle est déjà morte et choisit un peu ses "proies" ou ses futurs alliés comme une Valkyrie?

Desolation
Desolation
Niveau 10
16 décembre 2008 à 12:12:03

Brrrrr non seulement tu es le premier à commenter mais en plus tu commentes deux chapitres :coeur: :coeur:

"Contrairement à Koko, je ne pense pas que Nezha soit mort, du moins pas encore. Ce n'est pas faute d'avoir essayé pour l'auteur, entre le plan foireux qui voulait le trucider, le combat, le Berserk qui entre en lui et qui le fait entrer dans une transe dont on peut supposer que même les siens ont gouté les effets et les deux évanouissements, nous ne pourrons pas dire qu'il était gaillard à la fin du chapitre."

:d) J'ai pourtant tout essayé mais non il est pas encore mort le bougre, simplement évanoui... Apparemment :cool:

"Le premier chapitre est agréable et nous offre un point de vue assez poussé sur des points qu'on ne connaissait pas, ou peu, chez notre bûcheron: une grande naïveté. On ne s'en doutait pas forcément dans les chapitres différents car on le découvrait dans une situation d'apprentissage, du monde et de ses us. Là, on le découvre totalement pion, totalement floué par son père qui obtient une triple victoire: contre les Odinistes, contre Thanatos qui ne semble plus avoir d'armée, et contre son fils à sa merci. De plus, le passage descriptif sur la nécromancie le montre quand même assez ignorant, se faisant des idées sur la nature réelle d'une magie définie par son nom pourtant... Intéressant de voir Nezha finalement complètement démuni face aux fourberies dont il peut être la victime."

:d) Pour le père c'est vraiment ça, c'est une sorte de triple victoire comme tu le dis avec justesse. Nezha comme victime, ce n'est toutefois pas nouveau (prisonnier de son désir face à Freïa, notamment), mais là il apparaît clairement comme enchaîné en effet. Je pense aussi que sa naïveté a découlé de son "orgueil" vis-à-vis du commandement des troupes de Thanatos (qui était une grosse blague en réalité, une illusion), en fin de compte même les chefs de troupe le contredisent ou le dénient.

"Le second chapitre reprend Yamaturga. Ce dernier n'est pas encore mort, mais est il encore vivant? Ses rêves oniriques semblent le mener vers un état d'amnésie, peut être de mort... Est ce l'effacement du monde qu'on pouvait craindre? En tout cas, sa progression semble liée à Nezha, avec la hache qui sort de la fleur et la scène de meurtre qui ressemble étrangement à celle du passé du jeune bûcheron. La question est de savoir comment peut il se retrouver là? Est ce une réincarnation qu'il vit et a t il été témoin du meurtre, puisque Yamaturga est, sauf erreur, un nom connu du père de Nezha?"

:d) Effectivement, les ambiguïtés autour de Yamaturga se multiplient, et on est en proie de se demander à la lecture de ce chapitre 10 : quel était son rôle, finalement ? Quitte-t-il vraiment la scène ?
La réponse est oui, il quitte définitivement la scène. Yamaturga est un personnage complètement évanescent, et ce, dès le départ. Il n'est pas complètement ancré dans la réalité, comme peut l'être Nezha.
Par ailleurs, j'ai fait une légère modification de la fin du chapitre 5, que j'avais totalement omis, mais qui fait partie des détails, et ça se joue sur la fin du chapitre ; car il faut voir que les fins de chapitre avec Nezha finissent tous de la même façon (hormis ce chapitre 5 non-modifié).
Donc, qui est vraiment Yamaturga ? Je ne donne pas plus d'indice, je pense qu'il y en a suffisamment tout au long de cette fiction, mais il reste encore deux ou trois chapitres qui apporteront vraisemblablement de la lumière sur ce personnage pour le moins très sombre.

"Enfin, le rôle de Freïa se complexifie. Alors que la nymphe avait plutôt un rôle de nymphette dans sa dernière apparition, elle apparaît ici plus trouble plus sinistre. Un peu comme un présage de mort, bien que l'on ne sache guère si la mort de Yamaturga est réelle ou simplement un effet d'un rêve ou d'une hallucination. Reste à savoir ce qu'il entend par l'autre rive... On peut évidemment penser à Charon, au Styx et aux piécettes pour prendre la fameuse barque, mais cela signifierait donc que Freïa ne tardera pas à mourir ou qu'au contraire elle est déjà morte et choisit un peu ses "proies" ou ses futurs alliés comme une Valkyrie?"

:d) Pour Freïa... C'est comme Yamaturga un personnage crucial mais d'autant plus crucial qu'elle est encore plus abstraite que Yamaturga. Bon, évidemment, tous les indices pour "dénouer" ce complexe sont dans les chapitres précédents (notamment le 6, il y en a un beau).
Enfin pour la rive, je pense qu'il ne faut pas aller chercher plus loin : c'est une métaphore de la mort. Ceci dit, cette phrase est lourde de sens puisqu'on ne sait pas à qui parle Yamaturga et en plus de cela, je le précise on ne sait jamais, il s'agit d'un morceau de l'album "Souvenirs d'un autre monde" du groupe Alcest.

Voilà, je te remercie de ce beau commentaire, Triple F :coeur: !

Parkko
Parkko
Niveau 38
16 décembre 2008 à 14:04:42

Pour le chapitre 10, une remarque première à faire : tu sautes une ligne tout le temps, c'est pour faire croire que t'as écris un long chapitre :gni: ? Ca sert à rien, crois moi y a aucune honte à faire des petits chapitres^^

Sinon bon ben Yamaturga est mort (c'était bien le moment de poster un chapitre avec son nom en pseudo), mais euh ce chapitre est-il une sorte de délire de Yamaturga avant sa mort ?

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
16 décembre 2008 à 16:26:55

Nezha s'endort/s'évanouit/se dissipe à chaque fin de chapitre? Yamaturga est une de ses personnalités alternatives formées après l'assassinat de sa mère?

Desolation
Desolation
Niveau 10
16 décembre 2008 à 16:30:38

Pour le coup de la ligne sautée à chaque fois, Parkko, c'est tout d'abord pour satisfaire la lecture de Triple F afin d'aérer :-p Et même pour les chapitres qui n'en ont visiblement pas besoin je le fais tout de même, par habitude :cool:
Pour répondre à ta question, oui, en gros il s'agit d'une sorte de délire qui n'est pas complètement anodin. Il apporte notamment des indices sur la personnalité de Yamaturga, et il apporte également des indices pour plus tard, mais qui ne sera probablement pas dans L'Ataraxie.

Triple F :d) Oui, c'est précisément cela, à chaque fin de chapitre sur Nezha il s'endort (ou trouve un état qui le relie au sommeil, à l'inconscient, hormis donc le chapitre 5, preuve de mon incompétence :banzai: ).
Ensuite, tu y es presque, tu es sur la bonne voie en tout cas :-d

Parkko
Parkko
Niveau 38
16 décembre 2008 à 17:21:34

Il est schizophrénique ou quoi :noel: ?

Desolation
Desolation
Niveau 10
16 décembre 2008 à 17:24:54

Non, ce n'est pas complètement ça, de plus la schizophrénie c'est un truc souvent exploité n'importe comment, donc j'ai préféré trouver d'autres trucs :rouge:

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
16 décembre 2008 à 21:22:57

Yamaturga et Nezha sont le produit de deux univers créés par Hypnos qui ont des passés qui concordent? Yamaturga est entré dans le monde de Nezha je sais pas trop comment et il cherchait en fait une issue là haut sur la montagne?

Desolation
Desolation
Niveau 10
16 décembre 2008 à 22:50:48

T'es pas loin, Triple F, t'es pas loin. En fait, je serais tenté de dire que tu as juste dans les grandes lignes. Et c'est le cas. Mais il faut définir les détails maintenant, et pour l'instant ça me semble pas infaisable mais assez complexe. (enfin si on ne se place pas du point de vue de l'auteur :fou: ) ...

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
16 décembre 2008 à 23:27:53

Bon c'est déjà ca, mais cela ouvre pas mal de questions, notamment sur le rôle de Freïa. On pourrait aller jusqu'à imaginer qu'après tout, elle est Hypnos en vérité o_O

Parkko
Parkko
Niveau 38
17 décembre 2008 à 19:36:46

Et la question sur la date de la suite ça soulève aussi :oui:

bref tout ça suscite des questions :snif:

Desolation
Desolation
Niveau 10
17 décembre 2008 à 19:46:11

Bah les vacances sans doute :oui:
J'ai déjà commencé à réfléchir à la construction de ce prochain chapitre, et je pense qu'il n'y aura qu'un seul chapitre supplémentaire après le prochain.

Donc encore deux chapitres :oui:

Triple F :d) Tu brûles :-p !

Desolation
Desolation
Niveau 10
06 mars 2009 à 00:39:23

Bon, voilà, il faut un temps où il est nécessaire de poursuivre ses projets.
Il était temps de poster un nouveau chapitre de l'Ataraxie, merci Gojira pour l'inspiration qui m'aura aidé à trouver un peu mieux les mots pour ce chapitre.
Pour la particularité du truc, c'est que ce chapitre ne porte pas un numéro de chapitre mais comporte l'indication "Epilude". Ce n'est ni un prologue ni un épilogue, c'est les deux à la fois (merci Land cette fois-ci pour l'idée :$).
Bref, un chapittre totalement transitoire qui permet le glissement vers le dernier chapitre de l'histoire qui verra le jour quand son heure sera venue... Voilà, maintenant que j'ai expliqué ce que j'avais à expliquer, voici venir le chapitre en question, bonne lecture ! :coeur:

Epilude : L'art de mourir

Nezha se réveilla en transpirant. Un nuage imposant assombrissait son humeur. Il avait rêvé de la mort, et son rêve lui avait paru tellement réel qu'il se sentit menacé.
Il se leva et prit conscience de l'endroit dans lequel il avait dormi. Une grande tente dans laquelle étaient enfermés une dizaine d'hommes blessés. La toile de tente était blanche, les draps blancs également, et ceci lui donna la vague impression d'avoir été récupéré par Eros et ainsi d'avoir été soigné par des érotiques, dans leur camp.
Personne ne fit attention à Nezha, et ce dernier en profita pour s'échapper sereinement de la tente. Au-dehors, un champ de tentes avait poussé, et des centaines et des centaines d'humains couraient à droite et à gauche pour délivrer des soins.
-Drôle de coutume que de soigner les hommes après la guerre, n'est-ce pas ? A Thanatos, ils enferment les blessés dans des cercueils et les y laissent moisir jusqu'à ce qu'on les sacrifie, leurs troupes se sont déjà presque toutes retirées...
Nezha regarda l'homme qui venait de lui parler. Il reconnut Abend, homme qui accompagnait son père lorsqu'il l'avait croisé en allant à Thanatos.
-Savez-vous où est mon père ? J'aimerais lui parler, demanda Nezha, sans conviction dans le ton.
-Nous n'avons pas retrouvé Lotus. Il est probablement sur le champ de guerre, parmi les carcasses. Nos recherches n'ont pas abouti.
Nezha fut surpris. Devait-il penser que son père se trouvait encore parmi les monts de cadavres ?
Il s'élança vivement sur le champ de bataille transformé en cimetière improvisé. La neige présente encore la veille s'était métamorphosée en un amoncellement de flocons humains, un peu rouges, mêlé à la poussière du sol désormais fertile.
Nezha traversait le champ de désolation en imaginant son père, installé sur une de ces montagnes d'infortune, le toisant de haut. Son père était forcément en vie quelque part, prêt à médire encore sur son fils.
Son père ne pouvait pas mourir. Ce n'était même plus une volonté, cela devenait une évidence. Le tatoué se fichait que son père soit vivant ou mort, cela ne bouleverserait certainement pas ses émotions, bien entendu. Ce qui serait bouleversant, ce serait un monde sans ce père, sans Lotus. Un monde où il n'y aurait plus aucun repère pour Nezha, un monde où il n'y aurait plus aucune personne à haïr, un monde qui ne nécessiterait plus aucun changement. Un monde sans Lotus...
Le bûcheron s'arrêtait parfois en dévisageant quelques cadavres, toujours en ayant cette appréhension de voir le visage de son père sur l'un des corps.
Il prit finalement le temps de regarder chaque visage, s'arrêtant de courir. En marchant, il se baissait régulièrement pour reconnaître un visage déjà vu, déjà croisé quand il vivait encore à Eros.
Sa respiration devenait presque lente, un peu comme si le rythme de cette marche diminuait et qu'il approchait de son objectif. Son coeur battait d'une manière mécanique et Nezha eut le sentiment de perdre son âme. Il sentait le retour d'une émotion originelle, primordiale. Un « boum boum » retentissant qui le martelait et l'éloignait de la réalité.
Autour, le monde se transformait peu à peu.
Nezha tentait de garder un oeil ouvert sur ce monde, mais il se rappela qu'il n'avait pas fermé les yeux depuis longtemps.
Ces formes l'agressaient, ces amoncellements de cadavres déjà en décomposition ; ces couleurs le dérangeaient, ce vermeil poisseux qui tapissait un ocre terne, quant au plafond, il s'agissait d'un bleu dépouillé, grisâtre par endroits.
Nezha se sentait à l'étroit dans ce monde. Au moment où il voulut fermer les yeux pour de bon, il entendit une voix faible murmurer son nom.
Le tatoué chercha avec vivacité d'où provenait la voix, et trouva son père, adossé à un monticule de cadavres.
Il constata également qu'il manquait une jambe, un bras et peut-être même plus d'organes que cela à son père. Ce fut une démythification brutale dans l'esprit de Nezha.
-Tu as gagné, dit simplement Lotus.
Compte tenu de la dégradation physique de son père, le tatoué fut surpris de la capacité de son géniteur à parler sans éprouver de difficulté, mais lorsque ce dernier toussa et cracha du sang sur sa tenue militaire qui ne comportait plus aucune trace de blanc, la surprise laisse place à l'inquiétude et l'incompréhension.
-Qu'est-ce que j'ai gagné ? Te voir mourir, tu crois que c'est une victoire pour moi ?
-Tu as gagné le pari, murmura Lotus. Celui d'être resté en vie, tu l'as gagné.
Il est vrai qu'ils avaient conclu un pari stupide aux yeux du jeune érotique, mais Nezha ne lui avait accordé que peu de crédit.
Nezha se jeta sur le corps meurtri de son père et l'attrapa par le cou d'une poigne agressive.
-Tu sais quoi ? Ce qui me fait enrager est de ne pas avoir pu venger moi-même la mort de maman. J'espère que tu connaîtras le désespoir dans la mort, le désespoir d'une longue souffrance et d'un repentir impossible. J'espère que maman te hait autant que moi et que tu ne trouveras jamais le repos.
-Ce n'est pas moi qui ai tué ta mère, Nezha. Ce sont les Odinistes.
Le rouquin eut un mouvement de recul et lâcha son père qui ne lâcha même pas un seul cri de douleur.
-Que dis-tu ?
-Ce n'est pas moi qui l'ai tuée.
-J'étais là ! J'ai promis de la venger sur l'Ataraxie !
-Et il n'y aura plus d'Ataraxie.
Nezha balbutia des amorces de phrases incompréhensibles qui trahissaient sa propre incompréhension.
-Qu'est-ce qui m'empêche de t'achever tout de suite, toi qui bafoues maman, toi qui bafoues mes souvenirs, toi qui bafoues tout ce que tu touches ?
Lotus toussa, cracha du sang, et commençait à s'endormir.
-Réponds ! Explique-toi !
Le tatoué secoua son père pour le ramener dans le monde des vivants un court instant.
-Je ne peux t'expliquer, tu ne me croirais jamais.
-Qu'il y a-t-il que je ne puisse pas comprendre ?
La voix de Nezha faiblissait, ses yeux le piquaient légèrement.
-Qu'il y a-t-il au-dessus de moi, derrière moi ? Qu'est-ce qui est trop dur à comprendre pour moi ? Qu'est-ce qui me dépasse ?
Une larme coula.
-Pourquoi ne puis-je pas comprendre, pourquoi ne puis-je pas apprécier ma propre existence ?
Lotus contemplait à moitié éveillé son fils se morfondre.
-Ces choses nous dépassent tous et vont... trouver leur fin aujourd'hui. Il te reste une ultime mission, Nezha, et tu dois l'accomplir tout de suite...
Le fils coupa la parole au père.
-Je n'ai plus envie d'être promené. Je n'ai plus envie de voyager, accablé par cette sensation de ne rien contrôler... Ces envies, ces pulsions, ces passions... étaient-elles réelles ? Ma haine pour toi ? Qu'est-ce ? Une réalité que tu avais déjà programmée ? Je ne supporte plus toutes ces questions... Je n'ai plus le goût de rien, ni le courage de faire quoi que ce soit. Si tu te plais à me manipuler, laisse-moi une dernière volonté... à moins que ce ne soit la première. Et rappelle-toi, autant que tu vivras, que je te haïrai même au-delà des flots qui séparent les morts des vivants. Manipule qui tu veux, mais je ne veux plus jamais l'être. Je te laisse seul vainqueur d'un pari qui n'a plus de sens à mes yeux. Je te laisse victorieux, père. Goûte à mon amertume, tu la trouveras certainement à ton goût.
Lotus n'eut pas le temps de lever son bras valide que le tatouage de Nezha s'illumina. Une lueur blanche, étincelante, rayonna dans la plaine, éblouissant le père.
Celui-ci ne vit plus rien, car plus rien ne pouvait être vu, il entendait simplement un bruit désagréable, qu'il rapprocha d'un gigantesque festin. Des bruits de chair que l'on déchire, que l'on s'approprie, que l'on mâche.
La lumière s'atténua, et alors Lotus vit son fils dans un piteux état, un bras et une jambe en moins, quelques blessures plus ou moins profondes éparpillées sur son corps.
-Comment as-tu fait pour m'attendre aussi longtemps avec une telle douleur ? demanda Nezha.
Lotus voulut lui répondre, mais il se rendit compte qu'il avait retrouvé l'usage de ses membres et une pleine forme physique en même temps que son fils mourut.
Lotus vint sur la dépouille, vérifia le pouls, la respiration, la température, et tout se dégradait.
Le père se leva après avoir fermé les yeux de son fils. Il resta un long moment à veiller sur le commencement du long sommeil de Nezha.

Parkko
Parkko
Niveau 38
06 mars 2009 à 17:41:39

J'ai lu. Un peu dur de se remettre dedans, après tant de mois d'arrêt :snif: !
C'est sympa, les dialogues notamment sont bien écris, on a l'impression d'être au théâtre un peu avec leur tirades et tout.

Si j'ai bien compris Nezha en se tuant permet à son père de retrouver sa santé. Mais d'où lui vient ce pouvoir :doute: ? Hmmm j'ai peut être oublié des choses :snif: !
Va t-on reparler dans le dernier chapitre des odinistes, de la mort de la mère de Nezha. :banzai: ?

Essaie de pas le mettre quatre mois plus tard :coeur:

Desolation
Desolation
Niveau 10
07 mars 2009 à 09:43:53

Exactement, le sacrifice de Nezha permet à Lotus de retrouver sa santé (la référence est de X-Clamp, où Nataku échange sa chair avec celle de Fûma, ce qui est intéressant, c'est que Nezha est un des noms de Nataku, à l'origine un dieu sans âme né d'une fleur de Lotus dans la mythologie chinoise, ce qui peut éclairer un peu les références).

Pour ce pouvoir, il y aurait peut-être une explication, mais il faut davantage concevoir ce monde comme une sorte de monde où existe la magie spontanément, où les simples sentiments d'une personne pouvaient accroître cette capacité pour si peu que l'on ait effleuré au bon moment une source de magie.

Evidemment, je tais encore le nom de cette source de magie, mais tout devrait s'éclairer plus ou moins dans le dernier chapitre, où l'on reviendra effectivement sur les odinistes et la mort de la mère de nezha qui constituent le noeud du problème !

J'essaierais de le faire rapidement, je vais certainement bien l'avancer dans la semaine, vu que c'est la fin, voilà, sinon content que tu aies bien aimé les dialogues et merci de ta fidélité :coeur: :coeur: !

Parkko
Parkko
Niveau 38
07 mars 2009 à 09:58:21

C'est tout à fait normal :coeur:
Moi je te remercie de ta grande précision que je ne peux qu'apprécier :bave: !

Je vois d'où vient le prénom Lotus maintenant dans la fic :rire: !

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