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Liste des sujets

Fic : L'Ataraxie

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
18 juin 2008 à 19:06:53

Triple F Comment t'as fait pour trouver, dis-le moi xD Je l'ai déjà postée sur deux autres sites mais c'est chaud quand même de les retrouver :$
:d) En fait, le prénom Yamaturga me faisait penser à quelque chose, un personnage de jeux vidéos ou de manga. Je suis quasiment certain d'avoir déjà vu un nom relativement similaire. Rechercher Google sur le prénom, je tombe sur peu de liens, avec un site proposant le résumé de ta fic et sa présentation. Je clique, hop la fic :coeur: Mais je n'ai pas lu.

En tout cas je ne dirai pas que tu es davantage dans le vrai que Parkko avec les connotations de la Grèce Antique, mais disons que les noms de ces deux villes amènent cette idée je pense, assez facilement ouais. Par contre, pour Yamaturga / thaumaturge c'est presque un anagramme xD Ensuite, yamaturga fera-t-il des miracles ? Bonne question :$ Bref, oui, le manichéisme n'est pas ma tasse de thé et ce n'est que le beginning ^^
:d) Yamaturga en tout cas peut se prendre pour un thaumaturge qui guérit le monde de ce qu'il considère comme des insectes... Son revirement de personnalité est miraculeux, presque :p) J'ai eu peur d'un personnage lisse et gentil :malade:

Ensuite, Yamaturga = winner ou loser ? On le verra plus tard :| Pour la comparaison avec Kuja, pourquoi pas, oui, elle me paraît assez convaincante aussi, mais bon dans l'absolu il y a pas mal de différence, voire beaucoup.
:d) Pour Kuja, c'est le genre androgyne et instruit d'un projet eschatologique (oui j'aime ce mot :coeur: ) qui m'y a fait penser. Rien de plus^^

Desolation
Desolation
Niveau 10
21 juin 2008 à 10:57:48

Ah d'accord donc t'as dû te retrouver sur ManyFics, Triple F xD
Sinon pour ton interprétation de Yamaturga je suis d'accord pour dire qu'il s'agit d'un thaumaturge dans ce cas là xD
Et ce qui est amusant tu vois, c'est l'Ataraxie condense en quelque sorte genèse et eschatologie :-p Enfin plus de réponses plus tard, pour l'instant voici le chapitre 3, un virage dans l'aventure de Nezha hu hu.

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_____________

Chapitre 3 : Un long chemin vers la divinité

Nezha revint à lui. Les ténèbres diffuses se dissipèrent, tel un rayon de soleil qui transperce les plus épaisses brumes et, malgré la pénombre ambiante, il put distinguer sa position fraichement établie : encore mouillé, il se reposait sur un rivage au sable blanc et doux de ce petit étang forestier qui lui avait inspiré le plongeon.

Il se redressa donc et extirpa sa veste trempée avant même de se demander comment les eaux l’avaient poussé sur leurs rives. Une fois torse nu et osant s’imaginer définitivement nu, prêt à enlever son pantalon, il remarqua alors la plus désirable des créatures, qui rayonnait d’une beauté lumineuse, géniale, ce genre d’attrait que peu d’hommes trouvent aux femmes, hormis aux femmes qu’ils peuvent aimer toute une vie.

Il fut tout de suite gêné d’être torse nu, mais constata assez rapidement que la femme se parait en tenue d’Êve et que cela ne lui causait nul tracas. Pire que tout, Nezha ne savait quoi dire. A partir du moment où il l’avait aperçue, tout se bloquait en lui : d’abord ses mouvements, devenus maladroits et lourds. Puis ses pensées, qui fixaient une image et imaginaient l’objet de cette fixation dans d’autres positions : debout, allongée, souriante, habillée… Il est vrai que son imagination était surabondante mais elle paralysait sa réflexion et surtout sa capacité de parler.

Obnubilé par cette beauté aux longs cheveux d’or qui descendaient en cascade jusqu’à ses reins, Nezha sentit monter en lui un énorme désir. La naïveté qui se dégageait de la nymphe était également un témoignage de son regard nacré qui plongeait dans l’eau, contemplative émotion. La peau laiteuse paraissait douce et invitait les mains du bûcheron au toucher. Il ne put contenir toutes ses envies et posa son pantalon, puis rejoignit sa déesse, aussi nu qu’elle. Il s’assit à ses côtés, comme un amant rejoint sa partenaire sur un lit d’amour.

-Vous êtes enfin réveillé ? demanda la sublime femme en lui lançant un sourire ravageur, plongeant son regard immaculé dans les émeraudes du garçon.
-Euh… ou… oui, rétorqua-t-il, gêné, en pleine érection sans que cela ne gêne son interlocutrice.
-Je ne sais pas ce qui vous est passé par la tête, mais la folie semblait vous avoir guetté et attrapé lorsque vous avez chuté de cette falaise.
-C’est vous qui m’avez sauvé ?

Elle sourit une fois de plus en détournant son regard.

-Comment vous appelez-vous ? demanda le rouquin.
-Vous pouvez m’appeler Freïa.
-Que faites-vous en plein cœur de cette forêt ?

La curiosité du jeune homme ne trouvait pas de limites, il voulait tout savoir sur elle, la connaître davantage en profondeur.

-Je communie avec la nature. Je me sens en parfaite osmose avec le monde quand je suis dans cet ilôt de sérénité.
-Désolé…

Freïa se retourna vers Nezha.

-Désolé de quoi ? D’avoir perturbé la sérénité de ce lieu ? Je ne vous en veux pas, ne vous inquiétez pas.

Ils restèrent longtemps à parler avec le regard, puis rapidement, le bûcheron voulut parler de nouveau avec sa langue mais d’une autre manière.

Il s’élança lentement vers sa divinité et l’embrassa doucement. La communion se révéla parfaite. Le baiser fut long et passionné, chacun rendant à l’autre tout l’amour qu’ils pouvaient donner.

Les mains de Nezha parcoururent les reliefs charnels de la nymphe. Elles firent une halte du côté des deux collines propres à la féminité, et caressèrent longuement ce qui constituait la partie la plus intime de la femme. Les amants débordaient de désir, et ils ne furent bientôt qu’un, chevauchant avec fougue et passion les ailes du plaisir. La fusion de leurs corps était un doux aperçu du paradis, et l’étreinte bienveillante dura une éternité dans le cœur du jeune homme.

Ils s’endormirent après avoir fait l’amour, après l’avoir transmis à leur moitié.

***

Lorsque Nezha revint à lui, Freïa regardait toujours l’eau, mais son regard était beaucoup plus inquiétant ; il transpirait la haine et le dégoût. De même, l’obscurité habituelle s’était faite prégnante, et une sorte d’amertume planait dans l’air, ce qui découragea le bûcheron. Il se sentit faible, désemparé, et surtout sentit qu’il n’avait rien à faire ici.

-Je crois que je vais rentrer chez moi, Freïa.
-Comme d’habitude, les hommes vous renient après vous avoir fait l’amour, rétorqua la femme d’un ton incisif.
-Je reviendrai…
-Dis-le avec plus de franchise si tu veux m’y faire croire.

Silence.

-Nezha, ta mission n’est pas de rentrer chez toi.

La nymphe fixa le rouquin avec des yeux d’onyx, exhalant un délicieux parfum de rancœur.

-Ta mission est de partir pour Thanatos.
-Thanatos ? C’est à l’autre bout du continent !
-Ecoute-moi, Nezha. Ta destinée n’est pas celle d’un bûcheron mais d’un dieu. Des millénaires après ta mort, ta vie sera encore énoncée avec passion par des générations et des générations d’érotiques et de thanatiens.
-Tu vas bien Freïa ?
-Ne me coupe pas, obéis-moi. Obtempère. Tu dois aller à Thanatos. Les rivages s’assombrissent, les odinistes vont prendre les deux villes à l’assaut.
-Les odinistes ? Et tu veux que j’abandonne ma patrie ?
-Ta patrie n’est pas à l’abandon, puisque ses forces se regroupent depuis peu sous le commandement d’un homme.
-Quel homme a suffisamment d’influence dans Thanatos ?
-Lotus.

La révélation fut un choc pour Nezha. Vous pourrez raconter à votre descendance, bien entendu, que le choc qu’essuya Nezha n’était pas le genre de choc qui fige votre sang mais qui au contraire le fait imploser et exploser à la fois. Vous savez, ce genre de sentiments qui fait fluctuer votre fluide rouge, qui l’accélère et le ralentit. Boum boum. Oui, exactement ça, cette délicieuse alternance entre la peine et la haine. Comme une blessure que vous n’avez pas bien fait cicatriser et qui se déchire littéralement. Une haine féroce combinée à une détresse désespérée. La fabuleuse alchimie des passions humaines les plus tordues ! C’est exactement cela que ressentait Nezha et cette monumentale claque lui valut la phrase suivante :

-Peux-tu répéter ?
-Lotus, ton père, est à la tête des armées érotiques depuis ton départ ce matin.
-Tu mens.
-Je dis vrai.

Nezha se jeta sur Freïa et la plaqua violemment au sol.

-Tu mens ! Pourquoi cet assassin, cet homme qui n’en est pas un serait à Thanatos aussi facilement ? Comment peut-il être là si vite ?
-De deux choses l’une, Nezha : tu me fais mal. Et que sais-tu de ton père ? Tu connais juste de lui sa fougue meurtrière ?
-Il m’a invité à le haïr…
-Tu me fais mal Nezha.

Le bûcheron serra son étreinte.

-Nezha arrête ! Vas-tu faire la même erreur que ton père ?

Cette phrase eut un nouveau type de choc sur Nezha, cette fois-ci ce n’était pas un épanchement de sentiments violents mais une incompréhension insatisfaite.

-Comment connais-tu cet homme ? Comment sais-tu ce qu’il a fait à maman ?
-Tu es un gamin, Nezha, qui ne veut pas voir la vérité en face. Je t’en conjure, pars pour Thanatos et trouve Yamaturga.
-Qui ?
-Yamaturga, un jeune prêtre qui saura t’aider à rassembler une armée pour Thanatos. Elle sera à tes ordres et tu pourras combattre aux côtés de ton père.
-Tu plaisantes ? Et dis-moi ce que tu sais. Je ne suis pas un pion.
-Pour l’instant, si.

La perplexité est un savoureux sentiment, qui joue également sur les cordes de l’incompréhension et de la passion ; d’abord une gamme de questions puis quelques accords de soupçons. Enfin, après une mesure ou deux de tentatives de résolution du système, vous sombrez finalement dans un refrain long et rythmé par des accrochages avec la réalité.

-Je ne comprends pas.
-Va à Thanatos.
-Je ne comprends rien…
-Trouve Yamaturga.
-Comment connais-tu Lotus ?
-Les odinistes vont attaquer.
-Réponds-moi !
-Je t’aime.
-Je ne comprends rien…
-Repose-toi, Nezha. Dors encore un peu. Prends du repos et après cela tu sauras quoi faire. Nezha, écoute-moi. Tu dois m’obéir, tu dois obtempérer. Va à Thanatos, je le veux donc tu le veux aussi.

Le bûcheron n’eut d’autres choix que d’écouter la nymphe. Perdu dans cet océan d’incertitude, il n’avait d’autres choix que de se reposer dessus plutôt que de s’y noyer.

Il se rapprocha de Freïa, l’embrassa, elle lui rendit son baiser et l’attira vers ses seins, où il s’endormit aussitôt, la tête reposée sur les plus agréables des coussins.

Parkko
Parkko
Niveau 38
22 juin 2008 à 13:35:46

Chapitre que je n'avais pas vu ^^

Déjà un petit reproche à faire au niveau des répétitions (tu t'es relu ?) : certaines sont sûremmenst volontaires, mais d'autres un peu lourdes.
Exemple con, le son image revient trois fois en trois formes différentes en moins de trois lignes :
Images
Imaginaient
Imagination

Et un autre reproche, le fils qui aime pas le père :noel: j'espère que ce sera bien exploité car c'est trop facile sinon :rouge:

Sinon chapitre sensuel, court et agréable à lire. J'attends le début des grandes actions :bave:

Desolation
Desolation
Niveau 10
22 juin 2008 à 14:42:02

Oui, je me suis relu, et cette "répétition" qui est surtout une répétition du son, donc n'est pas involontaire, que ça ne plaise pas vraiment je le conçois :$

Tu verras bien comment j'exploiterai ceci, sinon, ah ah :noel: Je n'aime pas les personnages et les relations lisses :$

Début des grandes actions bientôt certainement :coeur: !

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
22 juin 2008 à 14:56:49

Intéressant chapitre. Une très belle écriture de la sensualité, un style fluide, ca passe admirablement bien.

Sinon, quelques petits défauts mais rien de grave, donc je n'en parlerais pas vu que ca ne m'a pas trop gêné. Sur le fond, le chapitre est intéressant parce que Nezha semble réellement être le jouet de son destin, incapable de tracer sa route par lui-même, même s'il le veut. Il tente de résister au courant, mais tout ce qu'il fait n'est qu'illusoire, même s'il veut absolument prouver qu'il est libre (l'inverse de Jacques le Fataliste quoi....)

Intéressant aussi de voir une nymphe omnisciente, mais qui semble aussi avoir des visions prophétiques, à moins qu'elle ne soit qu'une adjuvante d'une force qui veut manipuler Nezha. Quoi qu'il en soit, elle offre deux visages intéressants, et si elle revient, le choix de son camp si elle en choisit un, serait sans doute déterminant.

Quant à ce que l'on apprend, les deux frappadingues, le moine fou purgateur et le taré bûcheron héritier de violences, ensemble, ca va donner des choses sans doute intéressantes :coeur:

Desolation
Desolation
Niveau 10
02 juillet 2008 à 12:15:23

Je te remercie de ton commetnaire, Triple F je n'ai hélas pas grand chose à dire si ce n'est que tu soulèves des points très intéressants, notamment le mystère et l'ambivalence de Freïa. Donc du coup je vous laisse un nouveau chapitre :coeur: .

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Chapitre 4 : De l’autre côté du miroir

Yamaturga pénétra dans une nouvelle salle. Il traînait le prêtre comme on traîne un tissu sans valeurs ; et l’affolement se lisait sur le visage du tatoué, à ceci près que l’obscurité ne permettait de voir son visage et que, de toute manière, son visage était déjà si assombri qu’il était encore plus difficile de le deviner.

Le jeune prêtre leva rapidement une main ce qui alluma comme par magie les bougies d’un candelabre situé en plein milieu de la pièce. Aussitôt, les ombres furent projetées à travers cette dimension éclairée ; aussitôt les contours et les détails se dessinèrent avec précision et profusion. De superbes éléments décoraient cette salle aux couleurs de Thanatos : des crânes étaient accrochés sur les murs froids et ternes, de somptueux tableaux avec pour nomination « La Mort », « L’Instant Funèbre » et autres subtilités joyeuses rythmaient la visite touristique.

Deux éléments attirèrent cependant l’attention de Yamaturga. Le premier était un gigantesque tableau, qui montrait un cavalier trépassé, planant au-dessus de forêts et montagnes, et le monde le suivait. L’androgyne sentit son cœur s’accélérer : il sortait de ce tableau une sensation de patriotisme, de fierté due au fait que le cavalier représentait Thanatos et que le monde le suivait, juste lui. Un élément étrange se dessinait dans l’arrière-plan, inquiétant, étrange, mais indéfini. Une sensation de destruction totale, d’impuissance absolue, bien qu’infondée. Quelque chose dormait là-bas, dans le tableau, au loin, sous ces forêts, sous ces montagnes.

On toqua à la porte. Yamaturga réagit aussitôt en scellant la porte grâce à sa magie ; le premier qui aurait le malheur d’ouvrir la porte se trouverait aussitôt perdu dans une gomme désastreuse, une matière obscure, molle, qui sucerait lentement et avec sadisme la vie de l’insecte qui tomberait dans cette toile d’arraignée.

Il se rendit compte par ailleurs qu’il n’avait plus le temps : on le cherchait et il devait trouver un moyen de s’enfuir. Et de finir son travail, l’aurait-il oublié ? Le prêtre n’était pas mort, juste endormi.

Le sombre invocateur sortit un poignard aiguisé et courbé, un poignard de sacrifice. Même si les sacrifices étaient peu fréquents dans Thanatos, chaque prêtre était tenu de toujours posséder son couteau. « Cela peut sauver des vies », disait-on ironiquement. Yamaturga commença par déchirer méthodiquement et soigneusement la toge de son semblable afin qu’il n’y ait nul obstacle entre le ventre et la lame.

Une deuxième incision, aussi minutieuse, ouvrit l’homme. Yamaturga cessa toute activité lorsqu’il vit une blatte s’extirper de l’incision. Son souffle s’accéléra et il regardait la vermine tourner en rond, cherchant un objectif à sa misérable existence. « Je le savais ! » hurla Yamaturga. Il attaqua aussitôt l’insecte avec son couteau, le tuant sur le coup, mais faisant une entaille profonde dans le corps du prêtre. Au lieu du sang, d’autres cloportes s’échappèrent de ce corps trop étriqué. A l’évidence, le spécimen du jeune androgyne se composait essentiellement de vermines et de vermines. Voyant ces horreurs ramper le long du cadavre, il ne put réprimer son envie de lacérer le prêtre, lui délivrant de superbes entailles, qui ouvraient toujours un peu plus le corps et laissaient s’évader encore plus de cloportes.

Une larme coula. Puis deux. Les fragments d’océan s’écoulaient des yeux et humectaient avec précision ses tatouages. Ces deux chemins noirs semblaient guider les gouttes, et bientôt ils s’illuminèrent d’une lumière bleutée ; la matière gluante et molle, visqueuse et mortelle s’échappa du jeune homme qui ne pouvait contenir ses pleurs. Il avait peur, tellement peur. Et si lui aussi n’était rempli que d’insectes ? Et si en lui grouillait cette monstruosité ? Et si lui aussi il devait finir comme cela ? Et si…

Il devait partir. Malgré sa fierté thanatienne, il ne pouvait prendre le risque de rester dans sa belle cité.

Il s’intéressa alors au deuxième élément de la pièce qui l’avait marqué à son entrée, en plus du tableau : un gigantesque miroir. Il jeta de nouveau un regard au prêtre, qui se faisait dévorer par les insectes et la matière ténébreuse. Yamaturga fut parcouru de frissons avant de se sentir vraiment malade. Il sentait des chatouilles dans le dos, il sentait des petites pattes tourner en rond sur sa nuque, il sentait son corps vibrer à l’intérieur. Il eut un mouvement machinal de la tête sur le côté, et passa un bras dans sa capuche afin d’être sûr qu’il n’y avait aucune vermine.

Horreur ! Il avait senti quelque chose ! Il attrappa et tira avec ardeur la bête qui se cachait dans sa chevelure. La bête qui se trouvait être un nœud de ses propres cheveux, et il le comprit rapidement en même temps que lui parvint la douleur. Il vérifia cependant tous les plis à l’intérieur de sa capuche et de sa toge. Il ne voulait pas de mauvaise surprise.

Lorsqu’il eut achevé son inspection, il se sentait plus confiant et put alors recentrer son attention sur le miroir.

Il lui sembla que son cœur allait le lâcher lorsqu’il vit une tête de cloporte, dévoilant un gouffre béant à la place de la bouche, des pinces sanguinolentes et des antennes à l’affût, une tête dure et noire, grossière, épouvantable, des petits yeux qui reflétaient l’ignorance, l’aspect primitif et sauvage. Le plus amusant dans tout cela était le fait qu’il ne se voyait pas lui, mais qu’il voyait à travers ce miroir un insecte dans une toge, debout, contemplant son reflet.

Yamaturga poussa un cri qui déchira ses entrailles et se gratta vite le ventre comme pour tenter de détruire la vermine qui aurait pu grouiller à l’intérieur. Il s’effondra sous la violence des émotions fortes, et pleura toutes les larmes de son corps, en claquant des dents.

Il se trouvait là, allongé, terrifié, complètement égaré. Que penser ? Les insectes étaient partout ! Devant lui, autour de lui, sur lui, en lui… Une sorte d’obsession complètement maladive… Il lui fallait retrouver ses esprits, car pour qu’il arrive à voir un insecte au lieu de son propre visage, Yamaturga devait être bien fatigué.

Il se rappela soudainement que des gens tentaient d’entrer dans la salle, et le bruit répété des coups donnés à la porte tirèrent le prêtre de sa torpeur.

Il recentra son attention sur le miroir et conserva tout son sang froid. Il avança sa main vers son reflet, et au moment où il aurait dû sentir la matière lisse, froide et solide, sa main passa au travers. Complètement surpris, il retira tout de suite son membre et avec curiosité, il y revint tranquillement, sagement ; d’abord une main, puis le bras, et pour finir, tout le corps.

Le miroir possédait certainement des propriétés magiques puissantes, puisqu’il offrait une deuxième dimension. Là, il faisait noir, incroyablement sombre. Pourtant, c’est au sein de ces ténèbres que Yamaturga se sentait protégé, en sécurité, Il lui semblait être enfermé quelque part, mais il s’en fichait bien ; il préférait la prison à la liberté, le confinement à l’égarement. Cependant, le jeune tatoué dut se lever et marcher, car il devait partir ; Thanatos n’était plus un endroit en sécurité, il lui fallait trouver d’autres solutions pour exterminer plus d’humains.

Il eut alors une réminiscence. Il avait entendu parler d’un certain peuple, résidant au-delà de Ponthos, les Odinistes. Il lui fallait les rejoindre, les convaincre, les éduquer, et leur faire enclencher la guerre. Il ne voyait que cette solution. Regrouper tous les hommes du continent et de les tuer d’un seul coup.

Le corps immobile se mit en branle. Yamaturga se leva, mu par une force invisible qui le rassurait et lui donnait l’immense volonté de poursuivre sa quête.

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
02 juillet 2008 à 13:22:42

Yamaturga me plaît de plus en plus. Sauf qu'on est bercé d'un doute ou deux. Voit-il la vérité ou est-il complètement à l'Ouest et toujours obsédé par ses insectes, à un tel point qu'il en voit de partout?

Intéressant aussi de voir son reflet. Vient alors une question bête: Yamaturga est-il humain, le chapitre me donne un doute... Autre chose, son reflet trahirait-il le fait qu'il se juge lui-même indigne de vivre et qu'on va finir par un suicide?

Bref, le scenario se décide doucement, Yamaturga semble de plus en plus plonger dans la folie et cela sera intéressant de voir Nezha tenter de convaincre Yamaturga d'aider les "insectes".

Parkko
Parkko
Niveau 38
02 juillet 2008 à 20:22:01

"et l’affolement se lisait sur le visage du tatoué, à ceci près que l’obscurité ne permettait de voir son visage et que, de toute manière, son visage était déjà si assombri qu’il était encore plus difficile de le deviner."

A propos des répétitions je suppose que celle-ci est faite exprès parce que bon :rire: ^^

Sinon t'aurais pu me prévenir que y'avait un nouveau chapitre, tu sais bien que je lis avec plaisir :coeur: et me le rapeller je le prendrais pas par "lis le et fou moi un commentaire :merci: " on se connait assez pour ça :coeur: ^^

Sinon, bon chapitre, et j'attends la suite :coeur: le passage du miroir je m'y attendais pas :rire:

crono-clad
crono-clad
Niveau 10
02 juillet 2008 à 22:51:39

Je suis admiratif!

Empereur_Magus
Empereur_Magus
Niveau 10
03 juillet 2008 à 00:20:50

Phraséologie digne d'un BHL :ok:

Cidounnet
Cidounnet
Niveau 10
03 juillet 2008 à 10:36:26

c'est vrai que tes fics étaient des références magus :)

Desolation
Desolation
Niveau 10
07 septembre 2008 à 22:33:56

Merci pour vos commentaires intéressants (ou pas hein Magus :$).
Triple F t'as mis le doigt sur quelque chose de franchement pertinent, mais je te dirai pas ce que c'est :-p
Parkko promis j'te préviens pour les chapitres suivants :$
Bonne lecture !

___________________________________

Chapitre 5 : Chevaucher les vents des astres

Certains réveils ont la faculté surprenante de donner l’impression d’être dans la continuité légitime du rêve. Le réveil de Nezha était noté de cette impression, et il eut même la sensation que son réveil l’amena dans un autre rêve.

En effet, autour du rouquin nu, rien ; Freïa s’était envolée. Disparue. Où était le rêve, donc ? Avant, maintenant, après ? Nezha réfléchit davantage aux paroles de Freïa qu’à son analyse du rêve et de la réalité. Que voulait-elle dire par « Ta destinée n’est pas celle d’un bûcheron mais d’un dieu » ? Ses paroles restaient énigmatiques, mais en les entendant, le jeune homme avait été parcouru de frissons. Et si Freïa était une véritable prophétesse ?

Nezha se levait, motivé. Les voici ses aventures, elles arrivaient, et en plus de cela, son père séjournait pas très loin d’ici, il le reverrait bientôt. Il en était persuadé.

Le jeune bûcheron se leva et se vêtit de ses habits, posés sur la berge, qui avaient séché pendant ce temps. Puis il quitta la forêt. Cette fois-ci, le chemin se trouvait plus accidenté, comme abîmé, douloureux. Il avait l’impression d’être entré un jour d’été, quand l’air est lourd mais la végétation luxuriante et de repartir un jour d’hiver, avec une atmosphère glaciale et des arbres squelettiques.

Des coussins de brumes se faufilaient entre les troncs mais il ne s’agissait pas d’un jour brumeux comme ce fut le cas lors de son arrivée au cœur de la forêt.

Il fut vite arrivé dans la partie externe de la forêt, celle où travaillaient les Burotiques. Il n’y avait personne ; apparemment l’alerte des Odinistes semblait confirmée. Nezha s’extirpa enfin du gigantesque bosquet et il partit directement pour Thanatos, sans se retourner vers Eros.

Sa marche au départ fut difficile, il venait de se réveiller et l’appétit occupait tout son esprit. Peu à peu, Freïa se glissa dans sa conscience et il pensa davantage à elle qu’à son repas. De toute façon, le poisson constituait sa seule nourriture, ce n’est pas sur les terres intérieures du continent qu’il allait en trouver. Il lui fallait penser à autre chose. Freïa.

Nezha marchait en levant les yeux au ciel : les moutons étaient remontés et leur laine se colorait d’un gris menaçant qui virait presque au noir. A sa mémoire, il n’avait jamais oservé des nuages si menaçants, un danger planait-il au-dessus de sa tête ?

Il avait déjà marché sur quelques kilomètres et il lui en restait un grand nombre à parcourir. Il prenait toutefois le temps d’admirer le paysage ; la verdure de ces nombreuses collines, les quelques machines rouillées et hors d’état de marche, ces petits troupeaux d’arbres, et cette pénombre, cette grisaille ambiante. Il aimait ce paysage et rêvait de pouvoir le contempler toute sa vie. Il pensa un instant que s’il existait un dieu qui avait bel et bien façonné le monde, il devait posséder en lui quelque chose d’énormément mélancolique, tant cet assemblage jouissait d’une esthétique de la désolation absolument élégante.

Alors que Nezha s’arrêta au sommet d’une colline qui en surplombait d’autres, il constata un point noir à l’horizon qui soulevait un nuage de poussière. Le bûcheron chercha sa hâche mais ne la retrouva pas ; comment avait-il pu l’oublier ? Traverser le continent sans arme… Sa témérité l’étonnait presque. Ou alors fallait-il blâmer sa maladresse ?

Il fut toutefois soulagé lorsqu’il comprit qu’il s’agissait d’une troupe de cavaliers érotiques, portant l’étendard blanc avec une croix noire, symbôle de la cité. Nezha partit à leur rencontre, confiant.

Paralysé. Nezha était paralysé, simplement. En face de lui, son père, monté sur un cheval magnifique au pelage blanc. Nezha l’avait reconnu du premier coup d’œil losqu’il était trop tard. Son père avait alors levé le bras pour demander le calme aux cavaliers qui l’accompagnaient. Ils montaient tous des étalons blancs, magnifiques, robustes et protégés par des pièces d’armure imposantes mais nacrées, qui exhalaient un délicieux parfum d’espoir.
-Alors nous nous retrouvons, Nezha mon fils.
-Je t’interdis de m’appeler comme ça, grinça le rouquin.
-Me haïrais-tu ?
Nezha ne pouvait répondre. Sa préparation qui avait pris des années et des années afin de lui ressortir toute sa rancœur, de lui dire qu’il n’était qu’un lâche, qu’un faible, qu’il méritait plutôt de crever… Sa préparation semblait avoir disparu comme si elle n’avait jamais existé. Il ne restait rien si ce n’est une âme vide, formatée par de curieux sentiments.
-Que fais-tu là ? demanda le jeune homme, avec difficulté.
-Je pars pour Eros, je viens d’aller donner quelques conseils à Thanatos et leur ai parlé de ta venue. Tu pourras prendre un cheval, si tu le désires, afin de t’y rendre plus facilement. Abend, laisse-lui ta monture.
Le concerné hocha la tête en guise de consentement et descendit de l’équidé, puis monta sur un autre cheval, derrière un de ses compagnons. Nezha regardait sans comprendre.
-Tu… Tu n’as rien d‘autre à me dire ? Après toutes ces années, la seule chose qui t’intéresse est de faire la guerre ? De m’envoyer le plus vite possible ailleurs ?
-Je n’ai pas le temps, Nezha, je pensais que tu comprendrais.
Le bûcheron envoya à son père un regard délicieusement noir et assassin. Ses pensées étaient très claires : à ce moment les mots de Nezha ricochaient dans son esprit : « ordure », « meurtrier », et d’autres qualificatifs plus ou moins polis.
-Je pensais qu’avec le temps, les remords t’auraient tué, cracha le tatoué.
-Nezha, que penses-tu d’un petit pari ? fit alors son père, la mine soudainement assombrie. De nous deux, celui qui est le dernier en vie remporte le pari, d’accord ?
-Qu’est-ce que c’est que ce pari à la noix ? Quel est le sens de ce pari ? C’est n’importe quoi, c’est absurde !
-Accepte ce pari, Nezha. Le premier qui est mort a perdu. Alors, fais tout pour gagner.
Il hurla alors à ses hommes le signal du mouvement et dans la seconde ils étaient partis, dans la minute ils n’étaient plus qu’un point noir sur la ligne de l’horizon.

Nezha restait seul, accompagné du cheval d’Abend. Il ne savait plus quoi penser. Que cherchait son père, à la fin ? Que savait Freïa sur son père ? Il mourrait d’envie de la revoir mais non plus pour elle-même, non, juste pour lui poser des questions et déverser en elle le flot continu d’une curiosité insoutenable.

Peut-être que sa mission, celle de retrouver Yamaturga et de mener l’offensive contre les Odinistes était ce qu’il y avait de plus important. Pour la première fois de sa vie, Nezha se sentit parfaitement serein, malgré tous ses doutes. Il savait quoi faire. Il savait. Il monta sur le cheval d’Abend et partit au galop vers Thanatos.

La chevauchée était longue, mais le cheval rapide. Le paysage défilait à grande vitesse et amplifiait cette sensation qu’éprouvait Nezha : la sensation que les choses ne sont pas pérennes et qu’elles disparaissent. Mais il ne voulait pas que les nuages menaçants se lèvent, que la verdure du continent cesse d’exister. Le défilement du paysage lui conférait ce sentiment d’éphémère, les collines se succédaient et se ressemblaient, mais pourtant elles étaient toutes différentes. Le temps semblait se dilater en même temps que l’espace.

Les collines s’aplanissaient, cela signifiait deux choses : soit qu’il s’était rapproché de Ponthos, soit qu’il arrivait bientôt à Thanatos. Le grondement de l’eau qui s’écoule avec hargne lui apprit qu’il s’agissait de la première option. Il décida de se rapprocher de Ponthos et de se reposer un peu, il parcourait le continent depuis plusieurs heures et ne voulait pas que son cheval mourût de fatigue. Ils arrivèrent rapidement sur la rive du fleuve et le cheval put arrêter de galoper et reprendre quelques forces en broutant cette herbe si verte et certainement appétissante pour n’importe quel herbivore.

Nezha s’assit sur la rive et contempla Ponthos. Sa largeur était démente et le territoire des Odinistes se devinait difficilement ; le rouquin pouvait juste apercevoir de la brume et quelques ombres lointaines en forme de dents acérées : la Chaîne des Démons. Mais tout cela semblait si éloigné… Comment une menace si floue, si distante pouvait-elle autant imprégner leur destin à tous ? Pourquoi le présent tel qu’il était ne pouvait être le reflet d’une éternité de tranquillité ?

Le jeune homme se leva en ayant subitement à l’esprit que s’il avait voulu des aventures ce n’était pas pour les regretter juste après. Le changement était une aventure qu’il expérimentait désormais.

Il se remit en route et arriva après une heure ou deux à Thanatos. La cité d’onyx s’offrait à lui et il conserva à jamais l’image de cette ville en lui. Une gigantesque cathédrale s’élevait en son cœur et, taillée dans un matériau d’un noir étincelant, elle offrait le parfait symbôle de l’aboutissement de toute une civilisation. Cette sensation émut profondément Nezha qui faillit laisser couler une larme.

Il rentra dans la ville et se dirigea naturellement vers la cathédrale. Un homme vêtu d’un aube noir vint à sa rencontre. En voyant ce genre de vêments, un étrange sentiment de déjà-vu s’empara de Nezha.
-Votre père, Lotus, m’a averti de votre arrivée. Votre voyage a dû être long, je vous en prie, reposez-vous avant de poser vos questions. Nous allons nous occuper de votre cheval, mais vous qui avez parcouru tout le continent en une journée, vous devez être exténué.
-J’accepte votre bienveillance… sire… sire comment ?
-Vous pouvez m’appeler Thanatos, en tant que grand prêtre de la ville j’ai hérité de son nom. Faites en sorte que cette question soit la seule de la journée et allez vous reposer, j’insiste.
Nezha descendit de son cheval et ressentit alors toute la lassitude et la fatigue accumulées depuis la veille. Cette journée s’était révélée pleine de surprises, entre la rencontre avec Freïa puis celle avec son père…

On lui présenta une chambre où il se sentit mal à l’aise sans vraiment de raisons. Il vit un insecte ramper près de son lit, et il l’écrasa avec mépris avant de se coucher puis il s’endormit dans la seconde qui suivit.

Parkko
Parkko
Niveau 38
08 septembre 2008 à 10:09:22

C'est dur de se remettre dans la lecture d'une fic deux mois après l'arrêt des chapitres :ok: Enfin bon, j'ai rien à dire de ce côté là je sais :rouge:

Sinon, que dire, a oui le dialogue avec Nezha et son père c'est un peu bizarre le premier truc (enfin non le second :$ c'est "me haïrais-tu" je veux bien croire que certains ne montrent jamais leur émotion et tout, mais bon quand même sortir ça comme ça, ça fait pas du tout naturel :$ même si le fils était pas content qu'il dise qu'il était son fils :$ hmpfff t'as pigé quoi :rouge: )
Et son papa il lance de drôle de pari aussi :$

Hmpfff sinon je pense que le décor est bien planté, vu que là ca y'est les protagonistes sont regroupés, l'action va bientôt commencer, enfin y'en a déjà eu, mais c'était plutôt des chapires pour planter le décor je pense (et tu plantes bien :coeur: )

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
08 septembre 2008 à 21:50:38

Je suis pas d'accord avec Parkko, le "me haïrais tu" passe plutôt bien dans le contexte d'un père qui n'a absolument rien à faire des sentiments de son fils, se consacrant au futur combat. Cela semble même plutôt l'arranger que son fils le haïsse vu le pari lancé. Freïa par contre reste énigmatique, mais surtout dans le comportement sur ce chapitre. La disparition en fait vraiment l'élément le plus surnaturel parmi les personnages...

L'action devrait ne plus tarder, quoiqu'on a pas vu Yamaturga sur ce coup-là. Mais le schmilblick commence à ressembler à quelque chose d'assez intéressant, avec cette haine père-fils qui se transforme en lutte pour la survie (le père serait il darwiniste? Voudrait il voir qui de lui ou son fils est le plus adapté au monde qui arrive?).

Desolation
Desolation
Niveau 10
08 septembre 2008 à 22:39:32

Merci à vous deux pour vos commentaires assidus :coeur: :coeur:

Pour la question du "me haïrais-tu?", je tiens quand même à rappeler que Lotus est un personnage flou qu'on ne connaît qu'à travers le point de vue de Nezha. Je comprends que ça ne fasse pas vraiment naturel, cependant, on ne connaît pas tout du père, notamment ses réelles motivations. Triple F est sur une bonne piste (décidément il dit jamais de choses bêtes :$). Et comme toujours bonne remarque pour Freïa, Triple F !

En tout cas oui, l'action va bientôt démarrer, et merci pour vos remarques et commentaires toujours intéressantes :coeur:
(oui je plante bien Parkko, merci :coeur: )
(et, oui, peut-être que le père de Nezha est darwiniste :rire: )

Parkko
Parkko
Niveau 38
21 septembre 2008 à 09:47:07

Je remonte :coeur: :coeur: :coeur:

Desolation
Desolation
Niveau 10
27 septembre 2008 à 12:21:31

Merci d'avoir remonté Parkko :coeur: Pour la pei_ne je poste le chapitre 6 :coeur: En signalant que j'en ai profité pour écrire le 7ème et le 8ème durant cette quinzaine :coeur: !

Chapitre 6 : Descendre dans le maelström

Yamaturga traînait ses pieds dans la matière froide et soyeuse qui craquait au moindre de ses pas. Il était terrifié à l’idée d’avoir si froid et de ne jamais retrouver la lumière et la chaleur de l’astre solaire, bien que cet astre solaire ne se manifestait que très rarement et évoquait souvent bien plus d’effroi encore. Cependant, ce n’est pas avec cette vue cachée par un brouillard dense qu’il pourrait espérer voir à nouveau l’Ataraxie. Pour couronner le tout, une chute de neige silencieuse entravait sa progression.

Il s’imaginait alors un insecte prisonnier des glaces, qui tentait vainement de réussir l’ascension de cette Chaîne des Démons. Non, il ne pouvait pas être pareil… Il poursuivit sa route et s’empêcha de penser à cela.

Cette partie du continent, au nord de Ponthos, était complètement méconnue des érotiques et des thanatiens pour plusieurs raisons : l’observation directe, en d’autres termes l’exploration était compromise par la pugnacité de son peuple sédentaire. Certains avaient tenté l’observation indirecte mais les moutons semblaient toujours brouter aux paturages de la Chaîne des Démons : un brouillard dense, où la neige tombait depuis toujours. En s’installant au sommet de la cathédrale de Thanatos, on avait un très bel aperçu du continent : on ne pouvait apercevoir Eros mais on pouvait voir le nord du continent traversé par Ponthos : un incroyable manteau immaculé recouvrait tout, enveloppé dans le gris.

Voilà où se trouvait Yamaturga. Un endroit invivable.

Le prêtre avait bien entamé son ascension, certes il ne sentait plus ses mains ni ses pieds, mais avançait encore. Une force invisible le poussait à aller de l’avant et il n’hésitait pas. Il sentit qu’il y avait un destin en lui, une sorte de voie qui l’amènerait loin, très loin, haut, bien plus haut encore, et qu’il pourrait achever sa mission.

Au moment où il pensa cela, le tatoué tomba et resta quelques minutes le visage dans la neige. Il sentit la froideur de la matière molle et immaculée, il se l’imprégna et serra les dents. Il était convaincu que cette terre était hostile à sa présence. Et forcément, si la terre qu’il foulait lui adressait de l’hostilité c’est qu’elle cachait en elle quelque chose qui le craignait. Le prêtre se redressa, leva ses bras vers la Chaîne des Démons et hurla.
-Je sais que tu es là et tu sais que je suis là ! Amène-moi à toi nous règlerons ce conflit !
Aucune réponse. Le néant total en terme de communication. Yamaturga se releva , frustré d’avoir été ignoré et reprit sa marche.

Le froid le mordait davantage, la neige le berçait également, les somnolences passagères se faisaient légions. L’inclinaison de l’ascension croissait, et rendait la tâche d’autant plus ardue. Yamaturga ne pouvait plus résister. Il devait poursuivre son périple, mais ses nerfs lâchaient. Il se laissa tomber sur le dos et attendit un petit moment. Rien qu’un petit moment. Il leva un bras de manière à observer sa main et alors qu’il la voyait violette, il se rendit compte qu’il ne pouvait plus la bouger. Ses doigts semblaient paralysés. Il laissa tomber son bras et songea à s’endormir. Il repensa à son passé, à ce qu’il avait vécu.

Il sourit en repensant à ses nombreuses oraisons. Qu’il lui semblait loin le temps où les thanatiens venaient l’écouter et s’émerveiller… Qu’il semblait loin le temps où…

Qu’il semblait loin…

Yamaturga se releva soudainement, nerveux, perdu. Pourquoi n’avait-il pas d’autres souvenirs ? Il se voyait très bien chanter, mais que faisait-il hors de ses chants ? Pourquoi son passé était-il abstrait à ce point ? Son énervement l’abattit aussitôt et il tomba à genou. Les larmes montèrent rapidement, et il ne les retint pas. Malgré le fait que son visage fût face contre neige, elles ne tombèrent pas, elles suivirent avec docilité les tatouages de son visage. Yamaturga se releva enfin. Les larmes avaient éclairé ses tatouages, ils rayonnaient maintenant d’un bleu étrange, lueur inquiétante qui réveillait les pouvoirs magiques du prêtre. Celui-ci initia une lévitation de quelques mètres et leva les mains au ciel en chantant ses louanges. Une énorme masse noire planait au-dessus du prêtre. Ce dernier se sentait atteint d’une sensation très agréable, il avait trouvé la solution à son problème.

Une chose vint troubler sa plénitude : la flèche qui vint se loger directement dans son bras gauche. La douleur fut d’abord vive, aigüe, puis elle recula un peu avant de revenir en force, atteignant par vagues successives la fragilité des sensations humaines.

Sur tout le continent, à Eros, Thanatos où peut-être même sur un autre continent, on entendit une voix grave, horrifiée, hurler sa douleur. Ce fut un tumulte tonitruant, empli de haine et de crainte.

Le jeune prêtre baissa la tête afin de voir une assemblée de cloportes dans la neige. Ils étaient tous là, prêts à lui décocher une autre salve et une deuxième flèche vint se planter cette fois-ci dans l’autre bras, arrachant au prêtre un autre cri assourdissant. L’amplification de sa voix devait être une conséquence de son incantation magique, mais elle était tout sauf naturelle et son aspect monstrueux resta gravé dans la mémoire des habitants de ce continent, évoquant l’image d’une aberration qui se lamente.

Enfin, Yamaturga acheva sa concentration magique. La matière noire grossit davantage et elle explosa. Le bruit déclenché par cette explosion était en tout point supérieur aux hurlements de détresse du tatoué, et la catastrophe qui s’ensuivit marqua toutes les civilisations. Pour les odinistes, c’était bien évidemment un désastre ; pour les érotiques, pour les thanatiens, il s’agissait d’un profond miracle.

Lentement, la neige recouvrant le nord du continent disparut. La Chaîne des Démons ôtait son manteau immaculé et laissait entrapercevoir un monde totalement désertique, jonché de cailloux et de pierres, sec. L’image d’une quantité extraordinaire de neige qui s’envole calmement vers les fragments de matière noire donna un aspect absolument unique à cette scène. Comme si un long silence se résignait à quitter la scène au profit d’un grand bruit. Le brouillard se dissipa également ; un paysage d’hiver craint depuis la naissance des astres s’évanouit.

Le processus eut un autre incident : les moutons furent avalés à leur tour, apparemment ils étaient le fruit des odinistes et la fuite du troupeau amena le soleil. Un soleil cette fois-ci total. Et alors tous purent découvrir ce que les moutons cachaient ; un immense morceau de terre, raccroché à la Chaîne des Démons par cette chaîne d’acier improbable. Ce continent volant semblait assez haut dans le ciel pour ne pas cacher le soleil. Alors certaines choses s’expliquèrent, notamment ces morceaux de ferrailles tombés du ciel, en adéquation avec une autre époque, une autre culture. Au-dessus d’eux, au-dessus de leur tête, une autre civilisation vivait. Et quelle était cette civilisation ? Des réponses à des mystères entraînaient encore plus de questions.

Pour l’heure, un immense sentiment de bonheur et d’avant-goût de l’indépendance s’empara des érotiques et des thanatiens. Pour les odinistes, le cauchemar démarrait.

Lentement, Yamaturga était resdescendu sur terre, une terre désormais palpable qui semblait n’avoir jamais été recouverte par la neige. Ses tatouages étaient toujours éclairés et son visage demeurait impassible. Les deux flèches ancrées dans ses bras semblaient ne plus le faire souffrir. En face de lui, dix gros scarabées. Yamaturga tendit sa main vers eux et le sol subit une distorsion, il devint noir puis malléable ; les scarabées s’enfoncèrent à l’intérieur, happés par cette matière obscure, en poussant des cris désagréables aux oreilles du prêtre. Une fois ces gros scarabées disparus, le thanatien dissipa sa magie et reprit son ascension.

La côte était désormais praticable, et le chemin se fit sans aucun problème. Il resta de marbre, insensible, le regard vide, qui fixait sa destination. Parfois il croisait quelques groupes de ces énormes scarabées et les tuait sans rechigner. Il procédait à sa mission et sentait qu’il arrivait enfin à son terme.

Il parvint enfin dans une cuvette escarpée, entourée par les pics de la Chaîne, mais suffisamment plate pour que des édifices y soient construits. C’était le cas, par ailleurs, et un mur immense était dressé en plein centre de la cuvette. Sur ce mur on avait gravé des inscriptions illisibles.

Avant de tenter de déchiffrer ces inscriptions, un scarabée vint à côté de lui.
-Je ne sais pas qui tu es, juge infernal, mais nous te demandons humblement de partir.
Alors ces gros insectes dégoûtants semblaient doués de parole ? Yamaturga observa les alentours. Une foule de scarabées l’entourait, timidement, certains étaient cachés derrière des scarabées plus gros qu’eux et d’autres derrière des obstacles plus résistants, tels des murs, de grosses pierres ou des arcs et des épées.

Le silence était grandiose. Quelques reniflements de peur, de crainte, remplissaient le vide, ces lamentations qui sont celles d’un peuple voué à la mort et qui l’avait bien compris.
-Nous ne pouvons te tuer, nous sommes résignés à t’aider mais nous te prions de nous laisser tranquilles.
-Qu’est-il écrit sur ce mur ? demanda enfin Yamaturga.
Ce qui semblait être le chef des scarabées resta silencieux quelques instants, regarda ses confrères, cherchant un appui, un soutien, puis soupira avant de parler.
-Ô divinité étrangère, voici nos mots inscrits sur la grande tablette que tu cherches à comprendre, et que nous vénérons.

« Le grand Odin a parlé. Il a parlé d’un fléau dans notre monde.
Le grand Odin a parlé. Il a parlé d’un fléau qui est en nous.
Odin a parlé d’Hypnos, le faiseur de rêves, qui se sert des hommes pour nourrir ses pouvoirs. Il les attire, il les endort, il prend toutes sortes de formes et manipule les rêves de ses victimes.
Hypnos ne peut mourir par la main d’un humain car il vit en chaque humain et se nourrit de leurs rêves.
Hypnos est un mal absolu, une entité consciente qui est motivé par une volonté de puissance.
Le grand Odin a parlé. »

Le scarabée reprit son souffle et continua.
-Notre mission est de prophétiser le monde afin que Hypnos ne tombe jamais dans l’oubli, hélas il n’est même pas dans les mémoires. Il n’y a qu’une seule manière de tuer Hypnos : détruire un des rêves qu’il a créés avant qu’il ne le détruise lui-même. Car Hypnos détruit toujours ses rêves.

Yamaturga fit un geste de la main. En un instant, tous les scarabées furent soufflés, disparus dans une nouvelle dimension. Aucune trace d’eux.

Yamaturga se sentait imprégné d’un néant chaotique. Il avait l’impression de pouvoir disparaître à n’importe quel moment et sa haine s’éleva au firmament. Il jeta un regard à la chaîne d’acier qui reliait les pics démoniaques avec le continent volant nouvellement dévoilé.

La volonté de destruction du prêtre était sans appel.

Il perdit momentanément l’équilibre lorsqu’il aperçut un gigantesque insecte s’envoler vers la chaîne d’acier. Le prêtre chuta, et sentit se développer une nouvelle crise d’angoisse en lui. Il s’appuyait avec sa main contre le sol dur et poussiéreux, puis la regarda, comme s’il avait senti quelque chose bouger. Il vit alors un cafard qui remuait encore un peu ses jambes. La tête du cafard devint subitement celle de Yamaturga et celui-ci tomba en arrière en hurlant. Il n’en pouvait plus… Il devait mettre un terme à cette folie.

Définitivement.

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
27 septembre 2008 à 20:50:06

Bon, retour sur Yamaturga... J'avoue que c'est un personnage un tantinet plus hermétique dans l'interprétation parce qu'on ne sait jamais s'il délire complètement, s'il est simplement dans une phase de mépris absolu (donc des insectes dans un sens figuré et non littéral).

Sinon, le personnage reste intéressant et se complexifie un peu, ce que j'apprécie énormément. D'une part parce que le bougre semble plus que doué en magie, je doute qu'il s'agisse d'une hallucination, d'autre part parce qu'il commence à se rendre compte de ses propres failles. Encore un peu et tu vas nous en faire une bombe à retardement suicidaire qui ne doit pas exploser sous aucun prétexte!

Sinon, une chose que je n'ai pas trop compris: la prophétie d'Odin concerne le monde actuel qui ne serait qu'une création d'Hypnos et Yamaturga serait Hypnos ou du moins un de ses sbires, voire son Surfer d'Argent? o_O

Desolation
Desolation
Niveau 10
27 septembre 2008 à 21:03:45

Hu hu, j'apprécie grandement tes interventions, Triple F (celles de Parkko aussi :coeur: :coeur: ), mais en tout cas la prophétie d'Odin est quelque chose de très très claire. Evidemment, avec Yamaturga et son délire quasi-incessant, on ne sait pas si cette prophétie existe ou non. J'aime beaucoup le monde créé par son délire, qui vibre sans cesse entre l'allégorie et la banalité.
Enfin, je dirais juste que je n'ai rien à dire, si tu n'as pas bien compris la prophétie, tant pis, hé hé, mais après les évènements à venir elle te semblera peut-être plus claire ?
Pour l'histoire de la bombe à retardement... Certainement, hé hé !

Parkko
Parkko
Niveau 38
28 septembre 2008 à 20:16:37

J'avais pas vu le nouveau chapitre pou pou pou.

Tu nous as fais un mélange de FFVII (Yamaturga qui se rappelle plus de son enfance), du chateau dans le ciel (l'histoire d'une civilisation au dessus :ange: ) et plus original, de Freddy dans les Griffes de la nuit avec Hypsos :ok:

Sinon ça rox :ok: (comme les boulettes de viande).

La vidéo du moment