Tu veux faire du manga...
Bah déjà, il ne faut pas compter que sur le style de dessin. Tu t´entoures de 4 ou 5 assistants, tu travailles ton découpage et ta narration et tu te prépares à pondre 20 à 30 pages par semaine. Le rapport au temps, que ce soit d´un point de vue narration, vitesse de lecture d´un page et élaboration d´une planche est complètement différent du style franco-belge.
Chuis désolé mais le processus de création de BD à l´occidental, de l´élaboration du synopsis à la distribution du produit fini n´a absolument rien à voir avec le manga au Japon. Très peu de prépublication pour accrocher le lectorat, aucun éditeur n´est prêt à débourser 200 euros par planches (grosso modo), pour une BD de 250 pages et ce tous les trois/quatre mois. Regardez à combien d´exemplaires se vendent les mangas en france et à quel prix, faites un rapide calcul sachant qu´une première BD en France est rarement tirée à plus de 5000 exemplaires.
Il n´est certainement pas question de frilosité de la part des éditeurs mais de réalités économiques. Il n´y a pas le public pour un projet de cette envergure et l´éditeur qui s´y frottera ramassera ses dents.
Après, s´il ne s´agit que du dessin "à la manga", il n´y a pas plus d´intérêt qu´un style "franco-belge". Quelques auteurs en France ont un style qui s´en approche (Buchet, Trantkat...), mais çà n´apporte pas grand´chose de plus qu´une BD au dessin plus "classique".
Il y a aussi des auteurs comme Vanyda ou Boilet qui se voient qualifiés plus facilement de mangaka, mais parce qu´ils sont assimilés un peu au manga "underground" de par les sujets choisis plus proches d´un "Journal de mon Père" (de Taniguchi) que d´un Shonen.
C´est un gros pavé çà madame.