L’OM vu par…
24 février 2003 - Aurélien CANOT
Samedi soir, Marseille a obtenu sa quinzième victoire de la saison mais a de nouveau laissé les spécialistes sur leur faim. Plus le temps passe et plus l’OM donne même l’impression de gagner sans convaincre. Trois des plus récents adversaires de Marseille donnent leur version.
Bernard Diomède ( AC Ajaccio, battu 2-0 par l’OM)
« Pour être champion, il ne faut pas uniquement gagner 1-0 et défendre. Il faut un minimum de jeu. Je ne sais donc pas si les Marseillais seront champions mais je les vois dans les quatre premiers. Il y a certains matchs que Marseille a gagné sans particulièrement bien jouer. Mais on ne peut pas dire que l’OM gagne mais ne joue pas bien. Contre une équipe comme Marseille, la moindre erreur se paie cash. C’est le propre des grandes équipes. Pour être champion de France, il faut être solide, notamment défensivement et ils le sont. Ensuite, il faut avoir de la chance. Tout le monde dit qu’ils gagnent sans forcément bien jouer donc c’est une partie de chance aussi. Ils vont avoir à élever leur niveau de jeu lors de certains matchs mais ils vont le faire. Ils ont tout pour être champions mais le championnat est tellement bizarre… Moi, ce que je vois, c’est qu’en jouant bien ou mal, à la fin, l’OM est présent. Une équipe comme Nantes joue peut-être mieux que Marseille au ballon mais derrière, il n’y a pas la même efficacité. »
Grégory Paisley ( Le Havre, battu 3-1 et 2-0 par l’OM)
« On sent que c’est une équipe bien en place et en pleine confiance. Ils sont dans une dynamique très positive et ça fait la différence. Quand tu es en confiance, même si tu enchaînes mal les actions, tu ne mets rien en question et tu arrives toujours à ouvrir le score. Surtout avec les individualités de Marseille. Au match aller, c’était par phases. A certains moments, tu sentais que c’était une bonne machine, difficile à bousculer et vraiment bien en place. Ils possèdent un bon fond de jeu et une bonne disposition tactique. La réussite, ça se provoque. Ils font ce qu’il faut et ce n’est pas un hasard s’ils en sont là. Franchement, l’équipe qui m’a le plus impressionné est Bordeaux. C’est vraiment costaud et, comme ce n’est pas fini… Maintenant, les Marseillais sont bien partis. Ils savent d’où ils viennent et sont conscients des efforts qu’ils ont faits pour arriver là. De toute façon, ils ont un entraîneur qui recadre tout le monde. Il reste dix matchs et le championnat se jouera dans les deux dernières journées. Entre des écuries comme Marseille, Lyon ou Monaco. »
Cédric Varrault ( OGC Nice, vainqueur 2-0 au Stade du Ray et battu 2-0 par l’OM)
« Ils sont costauds et je ne pense pas qu’ils jouent mal lors de tous les matchs qu’ils gagnent. Il y a du jeu. Maintenant, ils ne sont pas vraiment au dessus des autres. Ils ont une bonne équipe mais de là à écraser tout le monde, non. Quand nous sommes allés jouer là-bas, même si nous avons été menés au score, nous aurions pu gagner. Ça va se jouer entre Marseille, Monaco et Auxerre. A l’extérieur, les Marseillais ont plus de difficultés. Au Ray, dans les duels, nous avions montré à l’OM que nous étions là. C’est le piège pour eux. S’ils tombent sur des équipes qui sont plus motivées et ont plus d’envie, cela risque d’être plus difficile pour eux. A dix journées de la fin, être leader ne veut rien dire. Les Marseillais sont premiers et espèrent le rester. Mais rien n’est sûr. »