Le quotidien L´Equipe condamné pour diffamation
S´estimant diffamé dans un article du journal L´Equipe publié en février 2002, Robert Louis-Dreyfus avait fait citer le directeur de la publication devant le tribunal. Un an plus tard, le jugement a été rendu : le quotidien sportif a été condamné.
Le 1er février 2002, au lendemain de la clôture du mercato, L´Equipe publiait "une enquête de la rubrique football" intitulée "Tapie travaille en réseaux". Dans cet article, on pouvait lire le passage suivant : "Comme à son arrivée en 1986, Bernard Tapie s´est renseigné sur les "familles" régnantes dans le milieu marseillais. Dans les années 80, les figures majeures en étaient Gaëtan Zampa et Francis le Belge, qui à la fin du siècle dernier, partageait la table de pokers de Robert Louis-Dreyfus certains soirs de match".
S´estimant diffamé, l´actionnaire majoritaire avait alors fait citer devant le tribunal le directeur de la publication, M. Paul Roussel, afin d´obtenir réparation.
Le 7 février 2003, le tribunal correctionnel a rendu son jugement :
- il condamne Paul Roussel à payer à Robert Louis-Dreyfus la somme de 1 500 euros à titres de dommages et intérêts
- il condamne Paul Roussel à payer à Robert Louis-Dreyfus la somme de 1 000 euros en application de l´article 475-1 du Code de procédure pénale.
Dans sa motivation, le tribunal correctionnel a estimé que le "partage" par Robert Louis-Dreyfus d´une table de poker avec Francis le Belge "à la fin du siècle dernier", "certains soirs de match", constituait bien un fait précis et déterminé, susceptible de preuve.
Cette imputation a été jugée "diffamatoire en ce que la proximité de la partie civile ( Robert Louis-Dreyfus), entretenue immanquablement à la faveur de l´activité ludique citée, avec une personne appartenant, ainsi qu´il est rappelé au sein même du passage incriminé, aux "familles régnantes du milieu marseillais" est attentatoire à son honneur et à sa considération".
Toutefois, le tribunal a rejeté la demande de publication judiciaire de cette décision dans les colonnes de L´Equipe. Ce dont Christophe Bouchet ne manque pas de s´étonner : "Il est troublant de ne pas obtenir la publication du jugement dans le journal au motif de ne pas risquer de "raviver" l´affaire. Il serait tout de même préférable que les lecteurs de cet article puissent connaître le jugement, c´est à dire le fin mot de l´histoire".