J´ai pas trop le temps alors je le balence tel quel.
Interview : Robert Louis-Dreyfus
A la veille de la date anniversaire de son arrivée à l´OM voilà 6 ans, Robert Louis-Dreyfus a rompu le silence et s´est longuement confié à l´hebdomadaire France Football. Une interview où l´actionnaire majoritaire délimite ses erreurs, se félicite de s´être débarrassé de Bernard Tapie et Pierre Dubiton, et évoque les conditions de son désengagement.
"Je ne me sentirai plus indispensable après deux saisons comme celle que nous sommes en train de vivre. Quand on sera régulièrement en haut et que les supporters seront heureux de leur équipe je pourrai songer à me retirer tranquillement", affirme Robert Louis-Dreyfus dans une interview parue dans France Football, vendredi.
Il se félicite également du retour de Bernard Tapie en avril 2001 en avouant pour la première fois qu´il s´agissait d´un "coup monté" de sa part à l´adresse de l´ancien ministre et de Pierre Dubiton.
"Je crois que c´a été mon coup de génie de mettre ensemble Bernard Tapie et Pierre Dubiton" aux commandes de l´OM. "J´ai ainsi pu me débarrasser des deux en même temps (…) Cela m´a permis d´en finir avec toutes les histoires qui parasitaient l´OM. Je sais que c´était très risqué, mais je n´avais pas d´autre solution. N´oubliez pas que je suis joueur et que j´aime bien miser gros de temps en temps…", rappelle-t-il.
Pas de rallonge pour le mercato hivernal
L´actionnaire majoritaire admet vivre "peut être un peu comme une petite revanche personnelle" la bonne saison 2002-03 de l´OM. "J´acceptais mal l´idée de cet échec. J´ai horreur de perdre. Et puis je ne voulais surtout pas laisser ce club que j´aime tant entre de mauvaises mains", dit-il.
Cependant il évoque avec prudence le renouveau actuel : "Je savoure simplement, sans trop me projeter".
Toutefois, il ne prévoie pas d´injecter de l´argent lors du prochain mercato d´hiver, car il "reste persuadé qu´avec un budget aussi élevé (52 M€), on peut jouer les premiers rôles dans le championnat de France" et que les "folies des dernières années n´ont débouché sur aucun titre".
Un effort financier pourrait être accordé en juin prochain, à la condition de "rester sur cette dynamique".
Par ailleurs, Robert Louis-Dreyfus se dit "ravi" du tandem Bouchet-Perrin qu´il a mis en place à la fin de la saison dernière. "D´ici un an, l´OM ce sera eux, plus moi", assure-t-il. "Il se peut très bien qu´ils arrivent à me racheter un jour le club (*). Je n´en ferai pas une question d´argent à partir du moment où je suis assuré de laisser l´OM entre de bonnes mains".
Son erreur ? N´avoir pas su résister à Courbis lors du recrutement 1999-2000
A l´heure actuelle, il définit son rôle à l´OM comme celui d´un "consultant". "Christophe Bouchet gère tout, et il m´appelle quand il veut. (…) Je me tiens à sa disposition pour lui dispenser un avis. Et s´il prend l´avis contraire, il n´y a aucun problème puisque c´est lui le boss désormais", déclare RLD.
Au cours de cet entretien, il tire également un bilan sans concession de sa présidence. Avec beaucoup d´humilité, il reconnaît "s´être aperçu de (s)es limites" : "Je ne suis pas capable de diriger un club de football. Je crois que je me suis fait à cette idée. Je me comportais trop en supporter déraisonnable, irraisonnable même (…) Quand je réfléchissais calmement, je prenais généralement les bonnes décisions. En revanche lorsque tout se précipitait…".
RLD considère avoir commis son erreur majeure à la fin de la saison 1998-99, après la perte du titre de champion : "Sous le coup de la déception, nous avons effectué le plus mauvais recrutement de l´OM depuis que je suis en place (…) J´étais aussi déprimé que Rolland (…) Je n´ai pas eu la force de le freiner dans cette folie dépensière".
Il continue de nourrir des rêves pour l´OM
L´actionnaire majoritaire chiffre à 1,125 milliard de francs (175,51 M€) son investissement depuis son arrivée à la tête du club, il y a tout juste six ans (le 14 décembre 1996, ndlr). "Ca me paraît complètement disproportionné par rapport aux résultats. C´est certainement le plus gros échec financier de ma carrière".
Pour autant, il affirme "ne pas regretter d´être venu à Marseille" et continuer à "rêver" d´une Ligue des Champions pour l´OM. "Et même d´une Coupe intercontinentale", ajoute-t-il.
Enfin, Robert Louis-Dreyfus se dit "écœuré" par les accusations d´enrichissement personnel compte tenu de l´ampleur de son investissement dans l´OM : "C´est d´ailleurs la seule chose qui un jour ait failli me faire abandonner le club".
La perspective d´une éventuelle convocation dans l´enquête sur les comptes "ne (l)´effraie pas", car il estime "n´avoir rien à (se) reprocher". A ce titre, il trouverait "injuste" une éventuelle mise en examen.
- Christophe Bouchet est prioritaire pour racheter les actions de Robert Louis-Dreyfus.