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Fic 2, par Louise et Selestrielle

louise12
louise12
Niveau 10
25 août 2008 à 12:17:05

J'irais pas jusque là francois, mais bon XD

La suite ?

L’arbre était maintenant debout sur ses racines, comme une gigantesque araignée. A une vitesse sidérante pour sa masse, il commença à ramper vers nous, se tenant droit et laissant courir ses racines avec une vélocité qui faisait peur à voir. En le regardant foncer vers nous, je ne pouvais m’empêcher de penser à une énorme mygale. Selene avait du penser à la même chose car elle avait déjà pris les jambes à son cou vers le lac, accompagnée de LeafyFang qui détalait à quatre pattes. Je mourais d’envie de faire la même chose, mais Garrett avait raison : il fallait absolument récupérer la carte si on voulait s’en tirer par la suite. D’autant plus qu’il fallait faire vite, la nuit allait bientôt tomber et l'on serait encore plus vulnérables dans l’obscurité.

Le Maître sur mes talons, je courai vers l’arbre qui galopait toujours. Apparemment, il ne nous avait pas vus et continuait sa course vers la tache rouge qu’était Selene déjà au loin ( elle courait vite ) . A ce moment là, je décidai de mettre à profit l’Éclipse. J’ouvris mon esprit et le fixai sur les racines. Avec un énorme effort de concentration ( allez essayer de vous concentrer sur quelque chose en courant pendant qu’un monstre vous fonce dessus en explosant tout ce qui bouge ), je réussis à en ressentir chaque atome. C’était la confusion totale. L’arbre ne voyait que Selene, Lyam et LeafyFang et sa colère était telle qu’il ne calculait plus ses mouvements, laissant libre cours à sa fureur ; je ne pouvais pas prévoir ses gestes pour éviter de me prendre une racine de plein fouet, il fallait alors faire attention. Mais c’était sans compter que l’arbre m’aurait remarquée. S’arrêtant brusquement, il se cabra comme un animal fou et essaya de m’écraser de tout son poids en s’affaissant lourdement. J’eus à peine le temps de lever les bras au-dessus de ma tête pour me protéger et de fermer les yeux, pensant que j’allais être aplatie comme une crêpe... Ce fut alors que je ressentis une sensation pour le moins étrange : j’eus la brève impression l’impression d’être plongée dans de l’eau chaude. Pendant quelques secondes, je restai là flotter, sans oser ouvrir les yeux. Puis je me décidai enfin à jeter un œil autour. Tout était noir rouge et brun, et de temps en temps quelques particules dorées apparaissaient quelques secondes avant de fondre je ne sais où…Je m’aperçus alors que je n’éprouvais aucune difficulté pour respirer et que j’étais confortablement blottie dans ce qui me semblait vraiment être de l’eau tiède. J’étais bien. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de mon enfance et encore moins de quand j’étais bébé, mais je pense que le ventre de ma mère avait dû être à peu de choses près similaire…
Ma séance d’hypothèse de souvenirs fut vite perturbée par des vagues n’annonçant rien de bon. En levant la tête, je vis à travers l’eau trouble une forme noire s’approcher à ce qui me semblait être grande vitesse. Un peu dépassée par les évènements, je restai tout simplement bêtement plantée là à la regarder arriver, sans trop savoir quoi faire. Mon cerveau restait engourdi par la douce tiédeur qui m’entourait, sans s’alarmer de l’a priori menace imminente. Lorsque la chose me percuta, tout ce que j’avais trouvé à faire c’était de l’accueillir dans mes bras comme c’aurait été avec un ami de longue date, le sourire aux lèvres.

Je n’eus pas conscience de l’onde de choc. Toujours en souriant, je me repliai d’avantage. Je ne sentais pas que l’eau autour de moi ondulait violemment, que les poussières d’or avaient disparu et que tout s’assombrissait rapidement non, tout ce que je percevais c’est cette petite chose qui semblait ronde au toucher, pas plus grosse qu’une prune et entourée d’une épaisse couche de fumée noire. A l’extérieur de mon petit cocon, le monde qui était quelques instants plus tôt doux et rassurant se transformait en un gigantesque siphon sombre et inquiétant. Mon eau si agréablement tiède était maintenant en ébullition, des bulles portées par la rage et tourbillonnant violemment autour de moi. Des déchirures apparues du néant laissaient place à une déferlante d’obscures puissances chargées de haine et de colère.

Puis vint le moment de la rupture. Toute la tension accumulée au cours des dernières minutes se figea, céda brusquement… et ce fut l’apothéose de la destruction. L’Éclipse se mit à hurler, me ramenant à la réalité de ce monde enragé qui partait en lambeaux. La panique qui jusqu’alors m’avait été absente m’envahit et je cherchai fébrilement du regard une sortie ou autre, quelque chose qui pourrait me sauver. Ce fut peine perdue. En une fraction de seconde toutes les agglomérations de furie furent soudainement aspirées par la petite orbe noire. Je n’eus à peine le temps de m’en rendre compte, mais la force de la rencontre entre elle et cette dimension de haine me propulsa en arrière. La seconde d’après, j’étais de retour dans le monde réel, en train de faire un vol plané dans les airs.

Je dus tomber de haut car la chute fut rude ; la violente rencontre avec le sol me coupa le souffle, m’empêchant de crier lorsque je sentis mon épaule faire un * crac * sourd. Je roulai sur quelques bons mètres avant de m’arrêter sur le dos. La douleur m’élançait tout le haut du corps et je n’osais pas bouger mon bras droit de peur de me faire encore plus mal. En essayant de remuer le moins possible, je tendis mon bras gauche par-dessus ma poitrine pour essayer d’atteindre ma main droite. Là, au creux de ma paume, je trouvai la petite sphère encore chaude et la levai à la lumière des quelques rayons de soleil restants pour mieux l’observer. Apparemment, la fumée qui l’entourait avait disparu et semblait maintenant être à l’intérieur ; de délicates volutes sombres entamaient un va-et-vient irrégulier, émergeant de la noirceur du centre de la boule. C’était à la fois élégant et inquiétant.

Des pas de course faisant vibrer le sol vinrent rompre mon tête-à-tête avec l’orbe, et bientôt le visage de Garrett apparut dans mon champ de vision. Je la glissai rapidement dans ma poche et arrêtai de justesse sa main avant qu’elle vienne agripper mon épaule blessée, et il s’empressa de me demander :

- " Leane, ça va ?! Tu as mal quelque part ?!

- J’ai l’épaule démolie, je ne sais pas qui vous êtes et j’ai faim.

- …

- Nah, à part mon épaule droite tout va bien ! fis-je avec un sourire.

- Tu viens de survivre par je ne sais quel miracle alors que tu aurais dû être écrasée, de passer au travers d’un arbre comme s’il s’agissait d’un bête mur d’eau et de tomber d’une dizaine de mètres, et tout ce que tu trouves à dire c’est que TOUT VA BIEN ?! gronda-t-il.

- Bon d’accord d’accord je vous expliquerai tout plus tard, mais…vous dites que je suis passée au travers de l’arbre ? "

Le Maître hocha la tête sans rien dire. Je réfléchis rapidement à ce qui avait pu arriver. A ce moment là, j’avais activé L’Éclipse ; ce qui s’était probablement passé, c’est que j’avais du écarter tous les atomes de l’arbre et entrer en lui au lieu d’être broyée comme un grain de blé sous une meule. Ensuite, par je ne sais quel moyen, j’avais du être expulsée de l’organisme végétal, emportant avec moi cette sphère noire que j’ai trouvée dans ses entrailles. Puis je remarquai que tout autour de nous était anormalement calme ;

- " Au fait, qu’est devenu l’arbre ? m’enquéris-je aussitôt.

- Il s’est arrêté de bouger dès qu’il t’es tombé dessus. Environ deux secondes après, tu… traversais le tronc comme si tu avais été propulsée par une catapulte et t’as atterri ici. Depuis, il n’a pas remué d’un pouce.

- C’est étrange, j’ai eu l’impression de rester à l’intérieur plus longtemps que ça…

- Ne bouge pas, je vais chercher Lyam. Il va te réparer ton épaule en moins de deux. "

Garrett se releva et repartit en courant. Il revint quasiment aussitôt, car les autres avaient déjà commencé à nous rejoindre pour voir ce qui s’était passé. Comme l’avait dit le Maître, Lyam n’eut qu’à tracer un glyphe du bout du doigt sur mon épaule droite pour que je n’aie plus mal. Néanmoins, je dus quand même porter un bandage pour l’immobiliser afin qu’elle se rétablisse d’elle-même.

Plus tard dans la soirée, quand chacun se fut remis de ses émotions et que Garrett et Lyam se mirent à réinstaller le campement, je repartis discrètement à mon poste de méditation, près du lac. A cette heure, le reflet de la lune était divisé en des centaines de petits fragments qui frémissaient tout doucement au rythme de la brise. Assise sur un rocher près du bord de l’eau, je ressortis la boule noire pour encore la regarder. A la lumière de la lune, ses lents tourbillons de fumée formaient d’encore plus beaux dessins s’entrelaçant en de gracieuses spirales, avant de s’enfoncer dans les secrets des profondeurs de la sphère. Absorbée par la contemplation de ce mystérieux spectacle, je n’avais pas remarqué que quelque chose tentait d’entrer en contact avec mon esprit. L’appel se fit plus insistant et m’arracha à mes pensées ; c’était le lac.
Le lac voulait s’exprimer. Je lui ouvris alors la porte de mes sens, laissant entrer en moi la masse froide et liquide. Puis il se mit à me parler. Pas comme des humains, qui communiquent leurs émotions avec des mots, des phrases et des cris…Le lac lui, me parlait d’une manière beaucoup plus abstraite ; il me communiquait ses pensées par de douces vagues d’empathie, me faisant ressentir son éternelle solitude et la tristesse de la perte de son seul ami, l’arbre. Il me fit comprendre par images, sensations et émotions que je l’avais tué en emportant avec moi son cœur, qui avait été atteint il y a de cela des années par la folie qui ronge les vieillards aigris et esseulés. Elle avait détruit toute trace d’amour pour loger en son sein la haine la plus pure qu’il soit. Le lac avait bien tenté de le ramener à la raison, mais c’était peine perdue, l’arbre n’avait plus une once d’humanité en lui, et leur amitié avait été définitivement détruite à jamais…

Ce fut donc en portant la même tristesse du lac que je rentrai au camp cette nuit là. Seul Garrett était encore debout, attendant près du feu les explications que je lui devais. Alors d'une voix un peu tremblante je lui racontai tout depuis le début, le laboratoire, l’Éternel déchu, mon rêve avec Lyam, l’explosion, la boule blanche, mes nouveaux sens, l'histoire du lac, tout...Puis je fondis en larmes. Assis de l'autre coté du feu, le Maître ne disait rien. J'avais fini par m'endormir lorsqu'il me porta jusque dans ma couche, quelques heures avant l'aube.

Walli wallou ! Je pense que le rapport entre les deux boules est plutôt facile à deviner, ca laisse une idée de suite facile à Selestrielle :-)

Encore désolée pour le retard, pour être franche je n'ai pas touché à Word depuis que j'ai posté le chapitre précédent. Mais hier soir j'ai eu une brusque inspiration et ai tout tapé d'une traite :-d
Mais y a un truc que je regrette, c'est que j'aurais du changer plusieurs choses dans ledit chap précédent pour apporter plus de cohérence au récit :-(

Bonne chance Stef, n'hésites pas à me mailer si tu veux en savoir plus sur les deux sphères. Néanmoins, ca serait intéressant de voir ce que tu en fais :-)))

:bye:

2francois2
2francois2
Niveau 8
26 août 2008 à 00:18:53

Han, roxxatif le coeur de l'arbre, toussa.

louise-sensei
louise-sensei
Niveau 6
26 août 2008 à 11:09:36

Merci ^^

Carl_Johnson-CJ
Carl_Johnson-CJ
Niveau 7
26 août 2008 à 14:53:54

Au fait, je sais pas si vous avez vu mais y avait Led Zeppelin à la fermeture des JO ^^

Caremisan
Caremisan
Niveau 10
26 août 2008 à 19:52:26

super :bave: la suite

2francois2
2francois2
Niveau 8
27 août 2008 à 00:13:09

Ouais, on m'a dit.

Caremisan
Caremisan
Niveau 10
08 septembre 2008 à 14:25:18

Selest est en vacances ? non pas pendant les cours ont vas attendre encore un peu

louise-sensei
louise-sensei
Niveau 6
09 septembre 2008 à 17:38:55

Qu'elle prenne son temps, écrire quand on est *opressé* :hum: ca donne pas souvent de bons résultats :-)

Selestrielle
Selestrielle
Niveau 10
10 septembre 2008 à 02:20:14

Youpi youpi me voilà, dsl pas eu le temps de faire très très avancer l'histoire, mais j'ai une coupe d'idées alors je poste un très court chapitre avec une histoire parallèle. Je développerai dans le prochain.

- CHAPITRE 61 -
PAR SELESTRIELLE

Les hautes herbes frissonnaient dans le vent du matin tardif, le ciel avait revêtu un manteau d'ocre et petit à petit, les violettes des versants dévoilaient leurs doux pétales aux yeux des voyageurs silencieux. De honte ou de gêne, nul ne dit mot alors que le sang de la bête se répandait sur le sol. Une tache sombre mêlée à la terre des montagnes, vestiges des colères de la terre mère.

Et pourtant, le vent du nord leur avait commandé de partir, trois jours de cela, sans se retourner, ni dire au revoir à leurs compagnes, car la traque de l'orifère était un chemin vers l'exil et la malédiction. Chacun sentait le poids du destin peser sur leurs épaules et la sagesse de leur peuple les condamner à une éternité d'errance dans la jungle du sud. L'affront aux puissances supérieures était tel que le ciel se couvrait d'un manteau de guerre, une armure menaçante qui, porté aux côtés du soleil, flamboyait dans le jour nouveau.

Un seul d'entre eux avait été désigné pour ramener l'animal au village, afin de nourrir les estomacs vides des veuves et orphelins qui subsistaient depuis des semaines avec les baies des falaises. Il dépeça l'animal toujours dans le plus profond des silences, chargea sa monture et partit au galop sans se retourner vers les hautes montagnes.

Quant aux cinq autres hommes, ils avaient commis le crime ultime. Leur nom ne serait pas prononcé par la bouche d'un inconnu, ils ne seraient plus. Désormais, chacun d'eux était porteur de l'esprit de l'orifère.

S'approchant de la carcasse vidée de sa chair, le premier homme s'empara d'une griffe de l'animal. Elle devait bien être aussi grande que sa main et effraierait le plus grand des chasseurs. Sans plus de cérémonie, il prit le chemin de l'ouest d'un pas rapide.

Vint ensuite le tour du plus âgé et plus vieux d'entre eux. Il détacha un pan de la crinière de l'orifère et, accompagné du vent du nord, pris la direction du sud, vers le désert et les plaines desséchées.

Les troisième et quatrième étaient jumeaux. Ils empoignèrent chacun une corne du gigantesque cadavre et se tournèrent vers le nord, puis ils coururent vers la mer.

Finalement, le cinquième prépara un monticule de bois sec autour de l'orifère, ouvrit sa gueule et détacha une dent longue et mince, mais solide comme du fer. Quand le soleil se fut caché derrière l'armure céleste, il mit feu au brasier et partit dans la direction de la jungle: vers l'est.

louise-sensei
louise-sensei
Niveau 6
11 septembre 2008 à 19:17:00

:bave:

Woaw ca promet pour la suite !!! Hâte, très hâte de voir ca :-d

Caremisan
Caremisan
Niveau 10
20 septembre 2008 à 13:54:03

:ouch2: cool! tu est vraiment a cours d'idées :question:

2francois2
2francois2
Niveau 8
24 septembre 2008 à 04:08:48

Tiens, j'ai dépassé le 1000 jours d'account :O

louise-sensei
louise-sensei
Niveau 6
24 septembre 2008 à 16:13:29

j'ai louise12 depuis 923j :gni:

Selestrielle
Selestrielle
Niveau 10
16 octobre 2008 à 05:37:06

Membre depuis 964 jours quand même !!

Malheureusement pour vous...

La suite prends 4 pages et demi de Word...

Good luck reading ;)

- CHAPITRE 62 -
PAR SELESTRIELLE

Chaque soir, le soleil partait, menaçant, vers les monts abrupts de l'ouest.
Chaque nuit, les étoiles et la lune éclairaient les versants et les hautes herbes qui ondoyaient par secousses au rythme des brises. Ma capuche et ma cape étaient mon seul abri contre les lames du vent.

Suivant la route vers le désert, nous traversions désormais les hautes collines vers le sud-ouest. L'air des montagnes descendait vers nous incessamment. Je plaignais ceux qui pouvaient bien habiter là d'où venaient ces vents. D'ailleurs je commençais à me rendre compte que nous nous rapprochions de la civilisation. Par trois fois nous avions croisé des chaumières abandonnées et bien que le nom d'aucune ville importante n'ait figuré sur notre carte, je sentais dans le plat de la route, dans la forme des nuages et dans la récurrence des plantes comestibles que nous ne pouvions qu'approcher d'un village.

Nous dormîmes dans un bosquet cette journée-là, car nous avions commencé à reprendre le rythme des hors-la-loi que nous étions. Après toute cette route, il n'était pas question de s'enliser dans des histoires de vols et de meurtres. Autrement dit, passer le plus inaperçu possible.

L'ambiance au sein du groupe était plutôt lourde depuis que la moitié de mes camarades connaissaient mon secret. Seuls Selene et Leafyfang ignoraient encore tout de mes nouveaux pouvoirs ainsi que de la sphère sombre qui commençait à pâlir, comme si la fumée sombre à l'intérieur était filtrée et retrouvait sa couleur bleutée originelle. Mis appart ce changement inattendu, la sphère semblait se comporter tout à fait come auparavant. Seulement elle brillait un peu plus pendant la nuit que lorsque je l'avais trouvée la première fois. Si la lumière s'intensifiait encore pendant quelques jours, les épaisseurs de mes vêtements ne pourraient plus la dissimuler totalement et je n'aurais d'autre choix que de tout raconter, une fois de plus, aux deux derniers ignorants de l'affaire.

Le lendemain soir, nous reprîmes la route en direction du village que nous anticipions depuis que nous étions sortis de la vallée de l'arbre meurtrier trois jours plus tôt. Au bout de deux heures environ, nous commençâmes à repérer des lumières, et trois autres heures plus tard, nous arrivâmes à la frontière du village, cerclé d'une épaisse muraille constituée d'immenses troncs d'arbres.

Comme nos réserves de nourriture étaient presque épuisées, nous devions nous arrêter pour refaire le plein, car la route s'annonçait de plus en plus arides et les plantes comestibles allaient se faire rares. Nous trouvâmes la porte d'entrée, gardée par deux gardes armés de lances de fer qui nous barrèrent la route prestement.

Selestrielle
Selestrielle
Niveau 10
16 octobre 2008 à 05:37:29

"-Qui êtes-vous, que venez-vous faire ici? Demanda rapidement le plus jeune des deux.

- Nous sommes des pèlerins, nous voulons acheter de la nourriture pour continuer notre pèlerinage sacré. Pouvez-vous nous indiquer quelle est la direction à prendre pour nous rendre à la boutique la plus proche?"

Selene avait été la plus rapide à parler, son histoire de pèlerins tenait debout et nous faisait passer pour d'innocents voyageurs, mais je devais me mordre la langue pour m'empêcher d'éclater de rire et l'air découragé de Garrett ne m'aidait pas du tout.

Finalement, après avoir échangé quelques informations toutes aussi vraies que Leafyfang savait se servir d'ustensiles pour manger, les gardes nous laissèrent passer. Nous prîmes alors la direction de la chapelle du village, histoire de coller avec notre nouvelle identité.

Nous fûmes accueillis par un homme âgé d'une soixantaine d'années qui se disait prêtre, mais qui selon moi avait tout l'air d'un illuminé à qui on aurait passé une robe de bure. Peu importe, l'homme s'avéra assez charitable pour nous offrir des lits pour nous reposer de noter pèlerinage difficile vers le désert. Après nous avoir invité à prier avec lui au matin, il nous faussa compagnie pour aller je ne sais trop où en nous plantant dans le sous-sol humide de l'église où une douzaine de lits étaient alignés dans l'attente d'éventuels apprentis.

Comme nous étions debout depuis à peine quatre heures, nous partîmes chacun de notre côté pour visiter un peu la ville. Comme à l'habitude, Selene partit faire la tournée des bars avec Leafyfang, Garrett disparut dans l'ombre et je pris le chemin des rues avec Lyam.

Après une ou deux heures à traîner dans les rues désertes, nous avions fait le tour du petit village. Je proposai donc de prendre une pause dans un petit jardin situé au centre de la ville. Étendus dans l'herbe, ni lui-ni moi ne prit la parole, nous étions tous deux un peu mal à l'aise d'être enfin seuls. Il n'y avait plus rien à raconter, plus rien à révéler… plus rien à dire. Je m'attendais à ce qu'il dise quelque chose, lui qui avait toujours été de nature bavarde. Mais les anges passèrent alors que nous regardions la lune presque pleine qui traversait le ciel.

Soudain, je perçus un mouvement léger dans le buisson adjacent. Je me levai d'un bond soutenue par le regard surpris de Lyam, toujours muet. Doucement, j'écartai le feuillage et découvrit la couche d'un homme qui se reposait dans une couverture en peau de je ne sais trop quoi. Il murmurait dans son sommeil des mots inintelligibles et bougeait en sursauts comme si il essayait de repousser des araignées imaginaires. L'homme ne possédait pas de bagage ou de sac et n'avait pas l'air d'un mendiant non plus. Il serrait dans sa main une sorte de couteau recourbé. Curieuse, je déliai ses doigts endormis et m'emparai de la chose. Il s'agissait d'une petite lame mince et effilée d'un peu plus de quinze centimètres de long.

Alors que Lyam examinait la lame étrange, nous entendîmes on bruit sourd provenant d'une des maisons voisines. Leafyfang émergea d'une ruelle avec trois hommes saouls à sa poursuite. Il essaya de les repousser, mais ils semblaient vouloir lui arracher un sac qu'il tenait entre ses mains. Sans réfléchir, je courus lui porter assistance et nous assommâmes les villageois qui de toute façon avaient de la difficulté à se tenir debout.

Selestrielle
Selestrielle
Niveau 10
16 octobre 2008 à 05:39:06

Une fois les corps inconscients cachés dans la ruelle, Lyam nous rejoint pour nous rappeler que le soleil allait se lever dans peu de temps et qu'il fallait retourner à l'église pour dormir afin de ne pas éveiller de soupçons sur notre identité. Il faut dire que les pèlerins qui restaient toute la nuit éveillés étaient assez rares.

Nos finîmes donc la nuit dans le dortoir froid et sombre de l'église. Garrett et Selene nous avaient rejoins sur notre chemin de retour vers la chapelle. Selene s'était fait de nouveaux amis et avait encore une fois un peu trop bu et Garrett avait ramassé assez de provisions pour passer un mois entier dans le désert, ce qui allait être amplement suffisant pour nous rendre à Maricca, la ville juste avant le désert.

À l'aube, nous allâmes rapidement faire semblant de prier pour faire plaisir au prêtre qui n'était pas là de toute façon. Tant mieux, je ne savais pas comment faire semblant de prier… quoi qu'il en soit, nous traversâmes le village et nous reprîmes la route.

Une fois le village hors de notre champ de vision, nous campâmes sur le bord de la route pour finir notre journée de sommeil, mais je dormis à peine deux heures. Je fus réveillée par un sentiment d'être observée. Au départ, j'associai cette impression à mon instinct de voleuse, mais Garrett dormait toujours ou du moins n'était-il pas en état d'alerte. Je devais ce sentiment à mes habiletés surnaturelles. Intriguée, je décidai d'explorer les environs pour passer le temps puisque je ne pouvais plus dormir.

Ainsi, je passai le reste de la journée à tenter de me concentrer au bord d'un étang que j'avais découvert non loin de notre campement. La sensation d'être en proie à un observateur inconnu ne disparut pas de la journée, mais je n'arrivai pas à découvrir la source de cette impression étrange.

Une fois la nuit tombée, nous marchâmes de nouveau sur la route de terre vers le sud. Je sentais Garrett tendu, je savais qu'il pouvait sentir la présence étrange qui nous suivait maintenant sur le chemin, dans chaque ombre, derrière les arbres, dans le feuillage, un inconnu tapi nous guettait.

La lune montait dans le ciel avec les minutes qui s'écoulaient à un rythme effroyablement lent. Malgré l'inconfort que me posait le problème de la présence indésirable derrière nous, quelque chose de plus proche commençait à accaparer mon attention. Je me rendis vite compte que c'était la sphère qui s'était mise à briller intensément dans mes poches. Une lueur bleutée pointait de l'extérieur. Personne ne semblait avoir remarqué pour l'instant alors je l'enfouis plus profondément sous mes vêtements.

Avec une rapidité incroyable, un inconnu surgit de nulle part juste devant nous, prenant Lyam à la gorge avec un couteau rouillé.

"- NE BOUGEZ PAS OU JE LUI TRANCHE LA GORGE!!" Hurla-t-il avec une lueur de violence au fond des yeux.

Nous obtempérâmes donc sans poser de question considérant que Lyam n'avait aucune chance de se sortir lui-même d'une attaque aussi soudaine. Il nous regardait avec des yeux où se mêlaient la peur, la surprise et la colère, l'un après l'autre, dans l'espoir de trouver une main solidaire à son sort. Dans une situation comme celle-là, la diplomatie était la meilleure solution. Nous attendîmes donc que l'inconnu prenne la parole, ce qu'il fit sans tarder.

"- Vous m'avez volé. Vous avez avec vous ma relique sacrée. Au nom de l'orifère, puissant gardien des montagnes, rendez-moi ce qui m'appartient!"

Nous nous regardâmes en silence. De quoi parlait cet homme? Mis à part la nourriture que nous transportions, nous n'avions rien volé la nuit précédente au village et je doutais fort que la relique sacrée dont parlait cet homme était composée e pain ou de légumes…

Les yeux de Lyam s'allumèrent pendant une seconde, puis il se mit à gesticuler entre les mains de l'homme qui le tenait à la gorge en me regardant, il voulait me dire quelque chose, mais il n'arrivait pas à parler et ses mouvements ne faisaient que resserrer l'étau du couteau sur sa gorge. J'essayai de me concentrer sur ce que nous aurions bien pu prendre à qui que ce soit la veille, mais ma jambe droite se mit à brûler. Dans mes poches, je sentais la sphère de cristal qui brûlait ma peau à travers le tissu.

Je tentai de l'extirper des plis de vêtements quand je sentis au fond de ma poche un petit objet pointu. Je sortis donc la petite lame étrange que j'avais prise à l'homme qui dormait la veille dans le parc au village. Voilà! Voilà ce que cet inconnu cherchait. D'ailleurs, dès qu'il entrevit l'éclat de la pleine lune sur l'objet métallique, il lâcha Lyam, l'air abasourdi et se mit à avancer dans ma direction.

C'est le moment que choisit Selene pour lâcher un cri de surprise incroyablement aigu en pointant ma cuisse d'où provenait une forte lueur bleue argentée. Je me jetai au sol, me tenant la jambe. La brûlure de la sphère se faisait de plus en plus insupportable. L'inconnu marchait toujours vers moi, le regard avide, comme si je tenais son âme dans ma main gauche, mais tout ce que je pouvais penser, c'était d'extirper cette foutue boule lumineuse de ma poche avant que mes vêtements ne prennent feu.

Je parvins enfin à la faire sortir de mon pantalon et elle s'envola, montant rapidement dans les airs. La lumière de la pleine lune, maintenant haute dans le ciel, faisait miroiter d'argent la surface translucide de la sphère qui brillait comme un petit soleil. Le vent commençait à se lever, de plus en plus fort, il couchait les herbes et faisait plier les branches des arbres autour de nous.

Je reculai, apeurée, alors qu'une sphère de lumière bleutée faisait son apparition, avec en son centre la sphère qui éclairait les visages de mes camarades, tous pris d'un sentiment indescriptible, ce sentiment que l'on ressent devant un évènement qui nous dépasse et nous effraie en même temps. Je ne pouvais plus voir Lyam, de l'autre côté de la lumière, d'ailleurs, je ne pouvais plus rien voir du tout, mes yeux étaient captivés par la lumière.

On pouvait percevoir un mouvement au centre de la grande sphère où des amas de matière se formaient autour de la boule de verre qui tournait furieusement sur elle-même. On aurait dit une petite boule avec deux gros yeux disproportionnés, puis, comme si elle grandissait, la masse de matière grossit en étouffant peu à peu la lumière en son centre. Des moignons apparurent, puis des membres et avec plus de surprise encore qu'auparavant, je vis la masse de matière se transformer en bébé naissant. À ce stade, la lumière était toujours assez intense pour que j'aie de la difficulté à percevoir le sol sous la plus grande sphère où les vents des quatre coins du monde venaient former cet être étrange.

La chose grandit encore, passant de bébé à jeune enfant alors que ses membres grandissaient à vue d'œil, deux bras, deux jambes et une paire d'ailes aussi longues que l'enfant lui-même. À mesure que ce phénomène se produisait devant nos yeux, la lumière diminuait, non pas en intensité, mais plutôt en rayon, comme si l'enfant absorbait désormais la lumière en lui.

C'est alors que j'aperçus, fonçant vers moi en luttant contre les vents, l'inconnu qui menaçait Lyam quelques minutes avant. Il brandissait vers moi son couteau rouillé, une lueur féroce dans le regard. Avant même que j'eus le temps de réagir, il se précipita sur moi. Je lançai un dernier regard vers le jeune éternel qui grandissait toujours dans la lumière et juste au moment où la lame rougeâtre de l'inconnu allait trancher ma gorge, l'éternel ouvrit les yeux et je pus lire sur ses lèvres un léger "Non!" qui disparut dans les vents violents qui soufflaient toujours.

D'un coup, sans prélude, la lumière brillante s'évanouit et nous laissa tous aveugles dans le scintillement des étoiles. L'inconnu s'effondra sur moi sans bouger. Mon cœur battait comme il n'avait jamais battu. Et je pouvais voir sur le visage des quatre autres que c'était aussi leur cas. Je crois bien que c'était la première fois que je voyais Garrett surpris.

En plongeant mes yeux dans ceux de l'éternel qui me tendait la main pour me relever, une phrase me revint en tête, sans que je sache pourquoi, une phrase qui venait de très loin dans ma mémoire. L'éternel qui l'avait prononcée des centaines d'années gardait alors la citée de verre au dessus de la ville:

" Tu m'as demandé ce que j'étais," avait-il dit, " je suis un ange de passage, je fais partie du peuple invisible, celui de la lune, celui du vent et du ciel, je suis du Peuple des gardiens des âmes: je suis un Éternel."

Sur ce, je perdis connaissance.

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PS: Louise, si t'as besoin d'infos par raport aux éternels pour la suite, call me ;)

PPS: J,en reviens pas, y'a fallu je coupe mon texte parce que j'arrivais pas à poster O_O

louise-sensei
louise-sensei
Niveau 6
18 octobre 2008 à 15:35:39

Grave :

- Louise, tu veux bien me réexlpliquer pour la 14ème fois le sujet d'arts plastiques ?

- " NON. "

- *blam*

- ...( enfin la paix... )

Anyway, j'adore l'idée de l'Eternel renaissant du coeur ! Ca colle super bien avec tout le reste.
Et ouais, un tit e-mail de documentation sur les Eternels pourrait être utile, si t'as le temps send-moi ça :-)))
Quant à l'autre fou là... Je sais pas encore à quelle sauce je vais le manger :-d

louise-sensei
louise-sensei
Niveau 6
22 octobre 2008 à 12:25:51

WHERE THE HELL IS EVERYONE ?!

Selestrielle
Selestrielle
Niveau 10
23 octobre 2008 à 02:39:26

Sont tous morts ;_;

louise-sensei
louise-sensei
Niveau 6
23 octobre 2008 à 17:11:16

...Stef, je t'avais dit d'y aller mollo sur les pulsions meurtrières. Maintenant on n'a plus de public, c'est malin.

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