Roh ca va va...Toutes mes excuses pour le retard, c'est vrai que vous attendez la suite depuis un peu plus d'un mois. Et c'est vrai, j'étais OCCUPÉE...jusqu'a la semaine dernière XD, alors ok j'ai pas d'excuses^^
bref cette semaine j'ai continué à taper ce que j'avais commencé y a trois semaines, mais pour ne pas vous faire attendre plus j'ai coupé la suite en deux chapitres, pour vous poster un des deux tout de suite et éviter de vous faire attendre plus.
Encore
Lyam récupérait vite. Au bout de quelques jours, il retrouva enfin sa perpétuelle bonne humeur et se remit à ânonner le nom de différentes plantes et leurs propriétés qu’il reconnaissait par-ci par-là. D’habitude chacun mourait d’envie de le bâillonner, mais là tout le monde semblait heureux d’entendre à nouveau sa voix.
Nous ne en sommes pas rendus compte, mais durant les semaines pendant lesquelles marchions dans la jungle nous avions continuellement gagné en altitude. A cause de la dense végétation, sûrement. L’entremêlement des arbres, de lianes et de racines avaient dû fausser notre sens de l’orientation, ainsi que le faux plat du chemin. Nous avions donc marché sans le savoir en amont, pendant près de trois semaines.
Tout cela, nous le découvrîmes lorsque nous atteignîmes enfin l’inespérable ; la limite de la jungle ! En fait, un peu avant, mes sens s’étaient brusquement affolés. C’était un peu faible et feutré, comme un signal venant de loin, mais je percevais déjà un formidable fouillis d’activité. Néanmoins, toute mon attention s’était fixée sur ce petit coin de mon cerveau. J’étais consciente que petit à petit, nous nous rapprochions d’une véritable explosion dont je ne recevais que pour l’instant de vagues échos.
Notre balade dans la jungle se finit lorsque nous arrivâmes à un plateau. Devant nous s’étalait une gigantesque vallée de montagne.
C’était immense. Elle était bordée par une boucle de hautes montagnes dont les sommets enneigés se découpaient parfaitement dans le ciel dégagé. On aurait pu compter toutes les arêtes, cols et pics sans aucune difficulté tellement c’était net, on aurait dit un tableau.
Au fond, une cascade due à la fonte des neiges partait d’entre deux sommets. Au fur et a mesure qu’elle descendait, elle se scindait en plusieurs torrents qui serpentaient entre les rochers jusqu'à progressivement devenir de multiples ruisseaux qui se jetaient dans un vaste lac. Et quel lac ! Sa couleur était magnifique, quelque part entre le turquoise foncé et l’indigo qu’ont les eaux de haute montagne. Foncée aux endroits qui devaient être profonds, elle s’éclaircissait en approchant des berges et l’on pouvait voir dans l’eau transparente des galets descendre en pente douce, sous la surface qui palpitait doucement au gré du vent.
Autour, la terre gorgée d’eau donnait à l’herbe qui la recouvrait une éclatante couleur verte, entrecoupée de petits et gros rochers de taille quelconque, qui avaient roulé là depuis les pierriers aux alentours. On était loin, mais je pouvais néanmoins voir des touffes de fleurs violettes, blanches et jaunes poussant dans l’herbe et accrochés aux flancs des rocs. A quelques mètres du lac, un gigantesque arbre au tronc noueux et parsemé de rides se dressait fièrement. A part lui, je n’en voyais pas d’autres.
Pendant que les autres s’émerveillaient de cette vue, j’avais reculé de quelques pas, sonnée. J’avais bien sûr pris la précaution de fermer mon esprit, mais la force de tous ces signaux de vie s’était malgré moi infiltrée dans mon cerveau, déjouant brutalement tous les barrages et me percutant de plein fouet. Assise par terre, je recevais toute la violence de cette avalanche d’informations, des données arrivant pêle-mêle et dans la confusion la plus totale, sans aucune suite logique.
Tantôt je sentais les racines des arbres s’étendre lentement sous le sol, le vent sifflant entre les sommets ou le rugissement de l’eau qui glissait sur les pierres de la cascade ; tantôt les brins d’herbe s’étirer vers le ciel et les poissons nageant sous l’eau. Je percevais le sommeil des pierres comme si c’était flagrant, j’aurais juré avoir vu les rochers gonfler et s’affaisser au rythme de leur lente respiration.
Bien sûr, c’était sans compter tous les animaux, oiseaux mammifères et insectes confondus. Ca fourmillait, grouillait de vie là-dedans. Ni la présence de la marmotte creusant sa galerie ni la mouche dans les airs ne m’échappait.
Les autres avaient déjà commencé à dévaler le sentier qui partait sur la gauche, mis à part le Maître qui marchait lentement derrière. J’eus du mal à repousser tous les signaux pour refermer mon esprit à nouveau, et à me redresser pour courir après le reste du groupe.
Garrett avait décidé d’établir le campement près de l’arbre, nous n’aurions pas le temps de grimper jusqu’au col ce soir-là. J’avais deux heures à tuer avant que la nuit tombe ; autant en profiter pour essayer de maîtriser toute l’activité de la vallée. C’allait être coton, je m’isolai donc du groupe pour m’asseoir au bord du lac essayer de trouver un peau de concentration.
Petit à petit, j’ouvrai à nouveau mon esprit, comme lorsqu’on soulève doucement la porte d’une écluse pour ne pas laisser l’eau entrer trop brutalement. Ce faisant, j’arrivais à faire le tri entre les informations, les sélectionnant selon mon envie. Par curiosité, je voulus m’intéresser au lac, n’ayant étudié jusqu'à présent que l’eau paresseuse et nauséabonde des marais, croupissant entre deux bosquets de roseaux. En soufflant un bon coup, je laissai mes sens converger vers cette vaste étendue d’eau.
J’avais quitté mon corps pour devenir liquide. Bercée au rythme des courants de fond, je ressentais l’immense solitude du lac. Son silence pourtant si éloquent parmi tous ces babillements de vie, sa force tranquille. Sans m’en rendre compte, en partageant son esprit, j’adoptais aussi son lent et glacial rythme de vie. Une minute passée avec lui était en réalité environ un quart d’heure…
Je m’en rendis compte lorsque LeafyFang vint me tirer de ma méditation. L’inquiétude lui déformait les traits et sa voix tremblait légèrement lorsqu’il m’annonça :
-« Euh, Leane ? Je sens quelque chose…Ca arrive vite et c’est très en colère. Les autres sont occupés et je ne pouvais en parler qu’a toi ! ‘Faut réagir ! »
Je restai deux secondes à le regarder, stupéfaite. Puis la mémoire me revint ; j’avais complètement oublié qu’il pouvait parler. Alors je commençai à m’inquiéter à mon tour…Si LeafyFang avait un mauvais pressentiment, c’est que c’était fondé et il fallait vite que je mette en garde les autres. Encore un peu engourdie par mon dialogue muet avec le lac, j’eus un peu de mal à tenir sur mes jambes.
Mais c’était trop tard. A peine avais-je commencé à essayer de piquer un sprint vers le campement que ce que redoutait LeafyFang entra en action. De loin, je vis quelque chose de long et brun surgir du sol dans un immense fracas de bruit et de fumée, projetant de la terre et des cailloux un peu partout. Dans l’ordre, je vis Selene ( en hurlant quelque chose qui ressemblait à « WAARRYYAAAAAAH » ) sortir du nuage de poussière, suivie de Lyam et Garrett. La chose brune que j’avais vue pendant une fraction de seconde réapparut aussitôt, s’abattant sur eux. Cette fois, ils furent projetés par le souffle de l’onde de choc ; Selene atterrit de justesse sur ses talons à ma gauche, le Maître toucha terre comme s’il s’agissait de la chose la plus facile au monde et Lyam s’écrasa à mes pieds. Pendant que je l’aidais à se relever, Garrett m’expliqua rapidement la situation :
-« Ca ressemble à des racines, mais elles ont l’air d’être beaucoup trop épaisses pour qu’on puisse les trancher. L’arbre doit être là depuis des décennies pour qu’elles soient aussi grosses !
- On n’a qu’a s’éloigner hors de leur portée, tant pis pour les affaires.
- Impossible, la carte est restée là-bas ! C’est bien si on s’en tire vivants, après encore faut-il arriver à sortir des montagnes et on n’arrivera pas à trouver le chemin si on ne l’a pas ! »
Je n’eus pas le temps de répondre. Cette fois, deux autres racines étaient apparues, mais quelque chose d’autre avait attiré mon attention. Je sentis mes cheveux se dresser sur ma tête lorsque je vis le tronc de l’arbre remuer, puis lentement sortir de terre en faisant trembler le sol.
Voilà. La suite est en cours d'écriture
PS : Selestrielle, j'ai essayé ton truc aux dés et c'est tombé sur le gros monstre, alors basta XD