Millzéxciouz pour l'énormissime retard, voici la suite :
Mes sens ne répondaient qu'à moitié. Les lucioles dansaient devant mes yeux, m'invitant à suivre leur douce lueur verte.
Au hasard, mon regard visitait la pièce où je me trouvais. Ses murs circulaires étaient décorés de fresques aussi vieilles que belles. Ils soutenaient un plafond assez haut, sous lequel flottait un petit nuage phosphorescent qui éclairait juste assez pour que je puisse distinguer au centre de la salle deux tables d'opération, tout un arsenal médical et une cage aussi richement décorée que les murs, reliée au matériel de chirurgie par d'imposants câbles et fils transparents où coulaient un liquide rouge. Je m'avançai un peu plus ; la forme sombre de quelqu'un, ou quelque chose, se découpait à l'intérieur.
A mon approche, deux mains tremblantes et ensanglantées agrippèrent les barreaux. Un gémissement rauque où était teintée toute la tristesse du monde s'éleva des ténèbres de la cage, et une des mains saisit ma cheville. En me dégageant, je butai contre quelqu’un : un homme relativement grand en blouse blanche se tenait derrière moi. Des mèches rouge sang s’échappaient de sous un masque inexpressif aussi blanc et immaculé que la blouse.
Lentement, il prit mon bras et m’invita à m’allonger sur une des tables d’opération. Je me laissai faire sans opposer quelconque résistance ; de toute façon je n’aurais rien pu faire. Il m’attacha les membres ainsi que la tête avec des sangles en cuir imprégnées d’une forte odeur de sang avant de se retourner vers la cage. Il ouvrit la porte, plongea la main dans les ombres. J’étais trop engourdie pour réagir à ce qu’il tira par les cheveux ; un Éternel qui n’avait plus rien d’humain et aux moignons d’ailes sanguinolents fut lui aussi forcé à s’allonger sur l’autre table d’opération.
L’homme masqué se dirigea sur la table de matériel et choisit avec une extrême minutie un scalpel fin comme une plume. En le tenant du bout des doigts, il se pencha sur mon visage et le pointa vers mon crâne. Je jetai un dernier regard vers l’Éternel qui essayait faiblement d’arracher ses sangles...
Je n’ai pas de souvenir de ce qui s’est passé après. C’est comme si un brouillard épais avait soudainement envahi la salle.
Le feuillage sombre des arbres fut la première chose que je vis lorsque je rouvris les yeux. Il faisait toujours nuit noire et les autres n’étaient pas encore réveillés. Avais-je rêvé ? J’avais la nausée et du mal à bouger. La théorie du rêve fut vite écartée quand je touchai ma tête ; sous les cheveux, mes doigts rencontrèrent les contours d’une cicatrice qui partait du haut de mon crâne jusqu’a derrière mon oreille.
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Et vive les histoires capillo-tractées !
Louise-Sensei