Et voila petit passage en coup de vent pour poster la suite (si des gens la lisent encore) !
Sinon je reviens samedi.
Je suis partie me coucher après avoir récupéré un LeafyFang en pleurs du haut de la vigie. L’attente et le chagrin l’avaient épuisé, et il s’était endormi dans mes bras. Je l’avais porté dans sa cabine où je l’ai allongé aux cotés de Selene, toujours inconsciente.
Le lendemain, le Maître me réveilla tôt. Il m’expliqua rapidement qu’il avait décidé qu’on allait accoster aujourd’hui dans le port de Newlight, une ville dont je n’avais jamais entendu parler. Après qu’il fut sorti de ma cabine, je m’extirpai de mon lit pour m’habiller puis aller vérifier les voiles, comme tous les matins depuis que nous avions embarqué. Alors que je resserrais des nœuds, je remarquai un point blanc à l’horizon. Etincelante dans le soleil matinal, Newlight se dressait fièrement sur la côte. Au fur et à mesure que nous nous rapprochions d’elle, je pouvais distinguer les citadins vaquer à leurs occupations quotidiennes ; certains ouvraient les stores de leurs boutiques, d’autres attelaient des chevaux à de grandes charrettes remplies de marchandises, les curés sonnaient la cloche annonçant la messe, les forgerons attisaient le feu dans le foyer…Newlight crépitait, foisonnait, débordait d’énergie à peine le soleil levé. Cette ville avait quelque chose de si attrayant !
Notre bateau entra dans les hauts murs blancs du port aux environs de onze heures. Jugeant qu’il n’était plus utile, Garrett le revendit au premier venu et notre petit groupe partit en quête d’un endroit où loger jusqu´au jour suivant. Le Maître opta pour une auberge non loin des quartiers riches, auxquels il pourrait rendre quelques petites visites cette nuit. Il paya d’avance les chambres avec l’argent du bateau (pas avec des cailloux cette fois) et nous annonça qu’on avait notre après-midi de libre. Lyam partit à la recherche d’une librairie, Selene et LeafyFang s’en allèrent visiter les quartiers populaires et moi…je ne savais pas trop quoi faire. J’errai au hasard dans les rues, dérobant à mon habitude quelques bourses par-ci par-là. Mes pas me menèrent devant une grande église dont la porte était non en bois, mais faite avec des vitraux. Sans savoir pourquoi, je poussai la porte multicolore et entrai dans l’obscurité de l’église.
Lorsque mes yeux s’habituèrent à la pénombre, je distinguai un autel faiblement éclairé par des cierges. Il n’y avait personne. Je fis quelques pas et m’assis sur un banc de bois, puis j’avisai la grande statue de marbre qui trônait derrière l’autel. Elle était haute de plusieurs mètres, en position assise. C’était un vieillard au visage empreint de bonté, mais il y avait quelque chose d’inquiétant que je ne pouvais cerner. Je pensai aux dieux des Païens et des Marteleurs, à comment deux religions ennemies avaient pu détruire ma vie. Au fond, la religion n’a été inventée par l’Homme que pour se donner de l’espoir. Pour pouvoir résister aux difficultés de la vie, il a du inventer quelque chose en quoi il pourrait trouver refuge et se dire que les dieux l’aideront. Face aux grands périls, c’est toujours rassurant de croire que quelque chose, quelque part, nous soutient. C’est sur ces idées que la religion est née.
Perdue dans mes pensées, je n’avais pas remarqué qu’un prêtre s’était approché de moi. Je sursautai légèrement lorsqu’il posa ma main sur mon épaule. Avec un grand sourire, il me demanda :
-« Tu cherches quelque chose, mon enfant ? Es-tu venue pour prier Herphasion ?
-Euh…non. A vrai dire, je suis athée…dis-je un peu gênée.
-Tu devrais te convertir. Le Nouveau Dieu apporte joie et bonheur à ses fidèles !
-Non merci, la religion ne m’intéresse pas. Et puis, je dois y aller…
-Eh bien au revoir, et que Herphasion te protège ! »
J’esquissai un signe de main et tournai les talons. Une fois à l’air libre, je clignai plusieurs fois des yeux pour me réhabituer à la lumière du soleil. Je m’aperçus soudainement que je mourais je faim et j’entrai dans la taverne la plus proche. Après avoir commandé, je promenai mes yeux sur le comptoir. Il était en bois poli, ce qui me donnait un indice sur la prospérité de Newlight. Mon regard s’arrêta sur un calendrier en pierre et je vis qu’on approchait des ides de mai. Brusquement, une pensée me frappa : j’avais failli oublier qu’aujourd’hui était mon propre anniversaire…
Et voilaaa ! A samedi !
