Et hop passage en coup de vent pour poster la suite
Je m’étais assoupie sans m’en rendre compte. Le matin, ce furent les mouettes qui m’ont tirée du sommeil. Le feu était éteint, seules quelques braises rougeoyaient faiblement dans l’âtre. En regardant le soleil par la fenêtre, j’en déduisis qu’il devait être aux alentours de 9h. Je regardai Selene, étendue à plat ventre sur sa couche, le visage masqué par ses boucles blondes. Leafyfang était roulé en boule au pied du lit, profondément endormi lui aussi. Je me levai de mon siège pour m’étirer avant d’enfiler mes bottes. Je devais profiter de la matinée pour trouver un bâtiment à toit vert.
J’avançais tranquillement dans ce qu’on pourrait définir comme la rue principale de ce village de pécheurs. En dérobant une bourse par ci par là, je jetais des coups d’œil sur les étalages des boutiques ; il n’y avait essentiellement que du matériel de pêche ou du poisson, bref rien qui pourrait m’intéresser.
En fin de matinée, je finis enfin par trouver le hangar au toit vert, près de la plage. Je toquai à la porte, ce qui n’était pas vraiment mon genre, mais il était bientôt midi et la rue était très fréquentée à cette heure-ci. Au bout de quelques minutes, Paulo vint m’ouvrir la porte, le sourire aux lèvres. Il me fit visiter son hangar : des dizaines d’hommes travaillaient sur des pièces de bateaux, qu’il amenaient ensuite sur la plage pour les monter ensemble. Paulo passa devant des kyrielles d’ateliers divers avant de me faire entrer dans son bureau. Pour un pauvre village de pécheurs, je trouvai qu’il était assez luxueux : les meubles étaient en ébène, des bibelots de valeur garnissaient les étagères et un feu flambait dans la cheminée de marbre blanc. Les murs étaient couverts de bibliothèques remplies de livres aux noms compliqués, tels que « La science des vents » et « Étude approchée du bois marin » ou encore « Le recueil de la Mer et ses caprices ». Pendant que je dévorais des yeux une maquette de navire en or massif, Paulo s’était assis à son bureau et attendait tranquillement que je finisse ma contemplation. Réalisant soudain, qu’il m’observait, je détournai les yeux du précieux bibelot et allai m’asseoir dans un fauteuil en face de Paulo. Devinant ma question, il dit :
- " Surprenant, n’est-ce pas ? Un tel luxe dans ce bled pourri…À vrai dire je tire toute ma fortune de mon commerce de bateaux, car pécheur est le métier majoritaire par ici et je suis le seul fournisseur de matériel marin. Maintenant, dites moi quel genre de bateau vous voulez.
-C’est pour une longue traversée, avec 5 personnes.
-Votre destination ?
-J’en sais strictement rien. "
Paulo croisa les bras et se mit à réfléchir. Au bout de quelques instants il leva la tête me tendit un papier et me dit :
- " J’ai ce qu’il vous faut. Sur ce papier il y a le numéro correspondant à votre bateau, que vous trouverez sur les quais. Vous paierez sur place, et pour un petit supplément nous vous fournissons les provisions.
-Merci beaucoup ", dis-je en empochant la feuille de papier.
Quelques heures plus tard, après avoir tout raconté à Garrett, nous nous retrouvâmes tous sur les Quais, bagages en main. Notre bateau était le numéro 12. C’était un sloop, un petit rafiot à mat unique. Un petit homme rabougri se tenait devant. Voyant le papier numéroté dans ma main, il s’approcha de nous et nous réclama 10,000 pièces d’or. Sans broncher, Garrett lui lança une bourse en velours noir. Nous embarquâmes, Lyam hissa les voiles et le vent nous poussa doucement hors du port. Un sourire flottait sur mes lèvres : à l’heure qu’il est, Paulo à du découvrir que sa maquette de navire en or avait disparu. Mon larcin me fit penser à l’indifférence de Garrett lors du paiement du bateau. Plus tard j’ai appris qu’en fait la bourse était remplie de cailloux.
J’étais descendue dans ma cabine depuis un petit moment quand on frappa à ma porte. Aussitôt, Leafyfang entra. Il avait l’air inquiet et regardait nerveusement autour de lui. Puis il leva la tête vers moi et me dit dans un chuchotement pressé :
- " Leane…Est-ce que tu as 2 minutes ? J’ai à te parler… "
Mouhahahahaaaa !! ! Depuis quand Leafyfang sait-il parler ? Qu´a-t-il de si important a Leane ? Ou est-ce que Garrett décidera d´accoster ? La suite est entre les mains de Selestrielle !! ! *suspens américain pourri*
