Tant qu´à faire, j´ai changé quelques mots dans ton chapitre et ça ne parrait plus. Je poste avec le mien, mais je suis en feu yeah!!
- CHAPITRE 29 -
PAR LOUISE12
Cette fois, c´en était trop. Dans un geste de rage, je jetai le morceau de verre le plus loin possible. Lyam posa sa main sur mon épaule, mais je me dégageai violemment. Tout en courant en direction de la Résidence, je fulminais contre cette Ville et ses maudites factions, je détestais ses habitants, ses miliciens et surtout, surtout Garrett pour tout ce qu´il avait provoqué en volant ce fichu livre qu´il revendiquait "de son plein droit". À cause de lui, la Ville tombait en ruine. Il était évidement que les Éternels avaient quitté la ville, sûrement à cause de la guerre, je n´avais plus aucun espoir d´obtenir de leur aide. Cette fois, l´indifférence de Garrett m´avait plongée dans une fureur profonde. J´entrai en trombe dans la Résidence sans remarquer que Garrett m´attendait assis à une table. À mon arrivée, il se leva, ne fuyant pas mon regard furieux. Dans un soupir d´agacement je récupérai mes affaires traînant ici et là, dans des tiroirs de la commode, sous mon lit... Le Maître me regarda sans dire un mot mais lorsque je m´apprêtai à franchir la porte avec mon bagage, il s´interposa entre moi et la sortie. Furieuse je lui lançai :
-Laissez moi sortir.
-Non, dit-il calmement.
-Pardon ?
-Non.
Dans un élan de colère je sortis ma dague de ma botte et la pointai sur lui.
-Je le dis une dernière fois. Laissez moi sortir !
Garrett fut si rapide que je n´eus pas le temps de voir son déplacement. En moins de deux secondes, je fus allongée sur le ventre par terre, le dos immobilisé par son genou et mon bras était fermement tenu en une clé anglaise. En redressant la tête, je m´aperçus que ma dague était toujours serrée dans mes doigts et sa pointe acérée piquait ma nuque. Il était très calme mais une pointe de colère perçait dans le son de sa voix.
-Comment oses-tu, dit-il, de menacer celui qui t´a nourrie, logée, appris les secrets du vol, celui qui t´a appris a lire et a écrire, celui qui s´est occupé de toi comme de son propre enfant ? Celui qui t´a sauvée d´une existence misérable dans les rues crasseuses et dangereuses de la Ville ? Te rends-tu compte Leane, jusqu´a quel point ton caractère te mène ? Alors maintenant pars si tu veux, mais je trouve que je mérite ne serait-ce qu´une infime marque de respect venant de toi.
Puis il se releva et sauta par la fenêtre. Le revoilà reparti pour une autre nuit de chasse à l´or. Son discours avait peut-être été bref, mais il avait fait son petit effet. Les yeux dans le vague, je n´avais pas remarqué Lyam s´asseoir a coté de moi. Il me chuchota :
-Tu sais, quand on était dans le passé, j´ai lu un livre sur le Monde. Dedans, il était cité que d´autres Éternels existaient. Le bouquin disait que par delà les mers, les plaines, les montagnes et les forêts, il existait une ville exilée à la limite où commence l´infini désertique. Ce serait au dessus de cette cité que les autres Éternels auraient bâti un autre palais de verre...On pourrait aller leur demander de l´aide.
Allongée sur le parquet poussiéreux, je regardais les flammes danser dans l´âtre, réfléchissant à ce que Lyam venait de dire. En me tendant la main pour m´aider à me relever, je compris qu´il allait faire partie de l´expédition. Je me dirigeai vers une vielle étagère et je pris un bout de parchemin effiloché avec une plume et un peu d´encre. Je rédigeai un petit mot rapide expliquant mon départ en n´oubliant pas de m´excuser a propos de mon attitude. Puis je me pris mon sac a dos en cuir et je rejoignis Lyam qui m´attendait dehors.
Nous avions à peine franchi les portes de la Ville que Lyam s´arrêta pour contempler le spectacle qu´offrait l´ancienne fière citée. Mêlées aux lumières des fenêtres des habitations, des explosions rouges et vertes apparaissaient un peu partout. Un bruit de fouillis dans les arbres m´arracha à ma rêverie. Venant d´en haut, une voix familière m´apostropha :
-Tu ne croyais quand même pas que tu allais partir sans moi ?
Garrett était perché sur une branche d´arbre, un sourire jusqu´aux oreilles. Souplement, il sauta a terre. Alors que je m´apprêtais à parler, il leva le doigt pour m´en empêcher et me tourna le dos, pour suivre le chemin qui se perdait dans les collines et la forêt. Renonçant à poser mes questions, je haussai les épaules et je lui emboîtai le pas, suivie par Lyam.
- CHAPITRE 30 -
PAR SELESTRIELLE
Nous étions en territoire Païen, nous devions être discrets. Même pour moi, habituellement aussi discrète qu´un chat, il était difficile de marcher sur le sol de terre dans faire craquer une branche ou sans faire voler des feuilles. Alors pour Lyam, ce fut un vrai calvaire. Garrett révisa bien vite son offre de lui enseigner la maîtrise des ombres. Aussi silencieux qu´une explosion dans la nuit, Lyam, à chaque pas, faisait voler un paquet de feuille, réveillant toute la forêt sur son passage, mais ingénieux comme il était, il trouva bien vite une solution et trouva une place entre les branches rapprochées des arbres de la forêt.
Ainsi, nous avançâmes pendant trois jours, nous enfonçant de plus en plus profondément dans la forêt Païenne et dans le Continent. Je n´avais jamais voyagé à l´extérieur de la Ville et connaissait bien peu les autres citées au bord de la Mer. Il était pour moi impensable de trouver d´autres Villes à l´intérieur du continent, que l´on disait peuplé de bêtes féroces et de sorciers maudits. Je me doutais que ce n´était que des histoires pour faire peur aux enfants, et pourtant, il me semblait à chaque ombre reconnaître le profil d´un de ces monstres de la brume.
Je profitai du voyage pour demander à Lyam de m´expliquer qui était cette Gamall et pour enfin savoir le fin mot de l´histoire. Malheureusement, vu sa situation plutôt arboricole, je ne compris pas tout et bientôt, ce fut le héros en personne qui racontait son histoire devant moi. Je sentais qu´il me cachait certaines choses, mais après tout, chacun ses secrets. C´est de cette manière que j´appris qui étaient Constantine et Victoria, Karras, Truart, Orland, Artemus et Gamall. Enfin, superficiellement du moins, un jour je saurais tout.
Au quatrième jour de marche, nous avions dépassé de loin les limites du territoire Païen et s´étendait devant nous une étendue vierge. Lyam, à l´aide de la carte qu´il avait apporté, nous guidait dans la forêt. Nous arrivâmes bientôt dans une petite clairière couverte de hautes herbes. Tout près, il y avait un lac immense et au bord de celui-ci, une petite chapelle abandonnée. C´est à cet endroit que nous passâmes la nuit. Je sentais pourtant que quelque chose clochait que je m´étendis sur une paillasse abandonnée, mais les longues heures de marche eurent raison de ma vigilance. J´aurais pourtant dû écouter mon pressentiment...