Partie 4 : L´âme vengeresse
La lumière tamisée que prodiguait les torches de la chambre ne suffisait pas à calmer son anxiété. Le vieil homme se retournait, s´agitait, essayant en vain de trouver une position agréable pour trouver le sommeil mais ce-dernier ne venait pas. Depuis près de vingt-ans il se dérobait à lui.
L´insomnie était pour le guerrier une échappatoire, un moyen de fuir les images le hantant depuis le jour ou... Ce jour ou toute sa vie avait basculé, et surtout celui ou une partie de lui s´en alla avec sa mère. Il sentait encore l´odeur des cendres, le foulard rose de celle qui l´avait élevé s´envoler de l´édifice en proie aux flammes, les cris des paysans avides de sang. La noirceur de l´âme humaine ne semblait pas avoir de limite...
Le vieil homme resta couché, fixant le plafond et écoutant les piaillements des chauve-souris logeant à l´étage supérieur, dans le grenier. Il se remémora son existence dans le but d´en déceler le sens mais se heurta toujours au même mur d´incompréhension : Malgrè ses nombreuses compagnes, ses exploits de guerrier et le statut de général dont il jouissait, il ne trouvait toujours pas le bonheur.
En effet, il avait été nommé dirigeant des armées du Royaume Gore, un Empire puissant ou plutôt une dictature sous la poigne de fer du Roi Morgh souverain de ces terres désolées, l´homme savait bien que celui-ci l´avait choisit pour son passé violent et non pour ses autres compétences. Il avait dirigé un petit peloton de fantassins, avait envahi une place forte de Twin et devait le lendemain commencer l´invasion, le vétéran avait donc prouver sa valeur.
Il restait tout de même sceptique, l´alliance de Gore avec ces êtres maléfiques venus d´on ne sait ou le laissait inquiet, mais il avait vu ces créatures à l´oeuvre et les considèrait avec respect, de véritables prédateurs, des machines à tuer. On les nommait courramment démons.
Le soleil se levait, le temps lui avait encore pris une nuit. Il se leva et s´habilla de sa tenue rituelle, c´est à dire un pourpoint marron classique, un pantalon en peau de Margolle, la célèbre tortue à double carapace, et d´une armure dorée ornée du cobra vert, symbole de Gore. Il enfilait ses bottes de cuir quand un soldat en uniforme bleu entra précipitamment dans la pièce. C´était un jeune homme des plus banal, mince et à la mine triste, l´exemple typique de la victime de la guerre.
-M´sieur ! M´sieur ! fit-il essouflé. Il y´a une...
Il se figea net en voyant le visage de son interlocuteur, son expression passant de la fatigue au dégoût pronnoncé. L´intéressé ne s´en vexa pas, il ne souhaitait à personne son sort et comprenait la réaction du petit. complètement stigmaté et balafré, sa face n´était plus qu´un momunent en l´honeur de ses combats. Griffures, lacérations, coups, blessures, se disputaient une place sur ce champ de bataille. Seulement des yeux d´un vert profond permettait de dire qu´il s´agissiat véritablement d´un être vivant et non d´un macabé.
-Euh, on a capturé une rebelle, Messire Turik. reprit le soldat avec hésitation.
Morai se saisit de son sabre papillon, témoin de son parcours ensanglanté et gagna la cours principale en quelques minutes. Au centre de l´immense cercle de sable se tenait une jeune femme attachée par des chaînes, fixant l´horizon avec un air de défi.
A suivre...
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