J´ôtais de ma tête l´idée du suicide, car je devais tenté encore une fois de survivre. Je pointais le canon de mon fusil en direction du monstre et, d´un geste sûr, pressais la détente. Le serpent n´avait pas l´air touché par la douleur, malgré les plombs qui lui étaient rentrés dans la peau, et d´autres qui avaient ricochés. Je recommençais à lui tirer dessus jusqu´à ne plus avoir de balles. Le reptile se décida enfin à attaquer. Il vint vers moi et tenta de m´attraper à l´aide de ses deux longues dents crochus, j´esquvais la chose sans difficulté et, en me cachant derrière une des poutres qui maintenait le plafond, rechargeais en vitesse mon arme. Il se déplaça une seconde fois dans ma direction. Il était maintenant en face de moi. Il pencha sa tête sur le coté et renouvela l´action précédemment raté. Mon réflexe premier fut de me baisser, mais par manque d´équilibre surement dû à la peur, je tombais. C´est d´ailleurs ce qui me sauva la vie : les dents de la guivre qui auraient dû me lacérer, allèrent se planter dans l´énorme pilier qui m´avait servit de protection.
Il semblait bloqué, c´était le moment où jamais de sortir d´ici. Je me précipitais aussi vite que je pouvais jusqu´à la porte de tout à l´heure, malgré le poids des armes qui me ralentissais. Quand j´y pense, si je lui avais tiré dans les yeux, j´aurais peut-être déguerpis plus vite, mais de toutes façons, comme je le disais tout à l´heure, la terreur m´empêchais de réfléchir. Et à mon avis, le bougre doit avoir plus d´un tour dans son sac, notamment l´ouïe très dévellopé et d´autres techniques dont seuls les serpents connaissent le secret. Si je sors vivante de cet enfer, il faudra que je pense à m´instruire, en autres, sur ces fascinantes créatures.
J´étais à moins de cent mètres de la porte lorsque mes oreilles me fîrent comprendre que le reptile avait réussit à se dégager de la poutre, mais pas sans mal : il avait tiré sa tête d´un coup sec et avait arraché le pilier en question qui servait à soutenir le plafond.
Une partie de celui-ci partit en décombre et s´écrasa lourdement sur le monstre qui poussa un hurlement de douleur. Je sentis quelque chose de dur tomber sur mon épaule. Puis un autre. Et encore un autre. Je levais la tête et constatais avec effarement que le plafond se fissurait et tombait de plus en plus en morceaux. Je pense que le pilier qui reste arrivera à retenir le plafond encore un peu. Mais c´est en voulant sortir qu´un réel problème se posa : avant même que j´eus le temps d´ouvrir la porte, un coup de feu fut tiré et le centre de celle-ci explosa. Le reste se brisa suite à de violents coups de pieds, pour enfin voler au fond de la pièce et glisser sur le sol. A présent, il n´y avait plus de porte, et l´auteur de cet acte débarqua en trombe, fusil à la main.
C´était Richard. Il avait surement dû être alerté par les cartouches que j´avais tirés et était venu m´aider. Mais il ne fallait pas rester là. Le serpent était sortit des décombres et n´allait pas tardé à nous attaquer.
- Allé Richard, dépéchons nous de sortir d´ici !
Nous courions vers la sortie, et arrivions aux petits escaliers qui nous permettaient de rejoindre le couloir. Mais à peine avions nous commencé notre course que Richard, qui était derrière moi, se fit aggriper la jambe et trainé jusque dans le grenier.
- Jill, aides moi !! ! Hurla-t-il. Aides moi !! !
Mais c´était trop tard, la bête l´avait déjà entrainé loin et le plafond continuait de s´écrouler. Je ne pouvais que affreusement contempler le combat entre les deux protagonistes.
Richard, qui était en plein centre du grenier, se retourna de façon à être sur le dos, face au serpent. Mais la geule du reptile fut teinté d´un noir foncé, lorsqu´il arracha la jambe de Richard. Lorsque la teinture noirâtre coulait, on distinguait du sang. Beaucoup de sang. C´était pour ça que la surdose d´hémoglobine, qui était évidemment rouge, en s´accumulant devenait noir.
Richard en était également imbibé. La jambe avec laquelle il fut trainé, était à présent dans l´estomac de son assaillant. Il restait même quelques morceaux du membre sur le sol. L´être zombifié se dressa majestueusement en l´air, malgré le plafond qui s´écroulait, et fonça sur Richard pour le bouffer lui aussi. Richard qui sentait de plus en plus la douleur l´envahir, hurla de toute ses forces. Un hurlement qui était lié à la douleur, mais aussi à la peur. Non, plutôt à la terreur.
Il pointa son fusil en direction d´un des yeux du serpent et, tout en tirant, accompagnait ses hurlements de jurons.
- Aaaaaaaaah !! ! Fils de pute !! ! Fils de pute !! ! Fils de pute !! ! Fils de pute !! ! Fils de pute !! !
Il n´hésitait pas à presser la détente à plusieurs reprises, malgré le puissant reculs du fusil qui le faisait bouger dans tous les sens. Mais un " clic " ce fit entendre, puis un autre, et encore un autre. Ses insultes s´arrêtèrent net. Il fixait de ses yeux exorbités son fusil, et comprit. Comprit qu´il n´avait plus de balle. Comprit que c´était la fin. Et comprit enfin que son adversaire se tordait de douleur et poussait des cris stridents suite aux balles qui lui avaient fait explosés un oeil. Du sang giclait du globe oculaire maintenant vide, ou presque, et ne manquait pas de faire quelques tracés ensanglantés le long des parois du grenier.
Richard en profita pour tenté de fuir. Il posa le canon de son fusil sur le sol où une flaque de sang s´étalait irrégulièrement autour de lui, et se servit de la crosse comme appuit pour son bras. Il avait perdu énormément de sang, il avait le teint pâle et à cause de l´hémoragie et à sa jambe arraché, il avait du mal à tenir debout.
Il n´était plus très loin de moi. Mais lorsque je voulus m´approché de lui pour l´aider, un morceau de plafond parmit tant d´autres, tomba à coté de lui et lui fit perdre l´équilibre. Le fusil, glissa sur le sang et vint terminer sa course à mes pieds. Je le pris et retourna en vitesse de là où je venais, c´est à dire en sécurité. Mais Richard, qui était à nouveau au sol, eu moins de chance que moi. Beaucoup moins de chance même. Le serpent se précipita une nouvelle fois vers lui. Mais au lieu de l´engloutir rapidement, il se dressa de nouveau et, ouvrit grand sa geule pour lui espèrger quelque chose comme du venin. Je cru d´abord au même poison que tout à l´heure, mais non. C´était bien pire que ça. Cela ressemblait à une sorte d´acide qui partait en jet, de je ne sais où dans la geule du bestiaux, et qui s´étalait à toute allure sur Richard. Ce dernier hurlait et se débattait. Sa peau partait en lambeaux sur le sol ou contre les murs, il y eu même un bloc de pierre provenant encore du plafond, qui s´écrasa sur son bras gauche où l´on pouvait distinguer quelques os et nerfs. Il se tourna une dernière fois vers moi, sa machoire se détacha de ce que l´on pouvait appeler sa tête, puis du sang coula à flot. J´aurais voulus l´aider, mais, comme je le disais tout à l´heure, je ne pouvais que contempler avec effroie.
Pour conclure, la bête le croqua et l´avala en deux fois. J´entendis même le craquement des os. Il " mangea " d´abord la première partie qu´il avait arraché : les jambes. Puis il enchaina avec la dernière partie du corps : le thorax et la tête. Je savais maintenant que je devais fuir si je ne voulait pas y passer. Je lachais le fusil que j´avais trouvé au rez-de-chaussée gardais celui de Richard, et courais jusque dans la pièce où ce dernier était allongé auparavant. Je ne saurais dire combien de temps c´était écoulé depuis.
J´entendis les derniers restes du plafond s´écrouler. J´étais choqué par ce que je venais de voir, peut-être même plus que toutes les autres horreurs de ce manoir, et à mon avis, je pense que d´autres choses encore m´attendaient, et que je n´étais pas au bout de mes mauvaises surprises.