De retour au présent.
Je sursaute.
Je suis allongée sur un matelas poussiéreux. Deux membres de l’équipe Bravo sont là. Je reconnais Enrico, le chef de cette équipe. Un bandage trempé est noué au dessus de l’articulation de son bras droit. Il tient un pistolet.
La nouvelle est à coté de lui. Elle s’appelle Rebecca, si je me souviens bien. Je crois que c’est sa première mission.
Je me relève et m’aperçois que je suis entourée de plusieurs bandes blanches ressemblants à de grands pansements. Je n’ai plus mal.
- Tu n’as plus rien à craindre maintenant, Jill. Enrico et moi t’avons trouvé dans l’autre partie du manoir où tu t’étais évanouie. On t’as ramené ici et je t’es soigné.
Je me demande comment elle fait pour garder le sourire.
- Visiblement, ceux qui t’on tiré dessus n’étaient pas très expérimentés; avec les armes et l’équipement qu’ils avaient, un seul aurait put te tuer vingt fois. Ajoute-elle.
Je me lève. Je cherche mon flingue. Rebecca me le donne.
- Tiens, voila ton arme.
Je les remercie d’un mouvement de la tête. J’aurai aimé sourire, mais malheureusement je ne peux pas.
- Mais pourquoi est-ce qu’ils m’ont tirés dessus ? Demande-je.
Personne ne répond.
- J’ai peut-être la réponse à ta question, fit Enrico en sortant un document écrit d’une de ses poches. Lis ça, ajoute-il.
CONFIDENTIEL
A : Responsable de la sécurité
Date : 22 juillet 1998 2h13
Le jour J approche. Exécutez les procédures suivantes sous huitaine.
Mesure immédiates exigées.
1. Faire venir les membres des S.T.A.R.S. sur le domaine et obtenir des données de combat brutes sur les performances des « Armes biologiquement modifiées » contre les membres des S.T.A.R.S.
2. Recueillir deux embryons de chaque spécimen mutant, à l’exception du Tyran. Eliminer le Tyran.
3. S’assurer de la destruction complète du laboratoire Arklay, ainsi que de son personnel et de ses cobayes. Faire passer leur mort pour un accident.
Une fois les procédures ci-dessus exécutées, contacter le quartier général pour de nouvelles instructions.
Si, pour une raison quelconque, vous vous trouvez dans l’incapacité de mener à bien la procédure dans le délai indiqué, informez-nous en immédiatement. En cas d’urgence, appelez directement le poste 5691.
Bonne chance.
Le quartier général d’Umbrella
Umbrella Inc.
- Mais… qu’est-ce que c’est-ce ça veut dire ? C’est quoi ce putain de bordel ?
- Une manipulation. Une foutue putain de manipulation d’Umbrella ! Ils nous ont choisis pour tester leurs armes biologiques. Les meurtres dans les montagnes sur lesquels on devait enquêter, tout ça, c’est des conneries !
Rebecca sursaute. Elle ne sourit plus comme tout à l’heure. Non. Des larmes commencent à couler sur ses joues.
- Umbrella veut notre mort depuis le début. Ajoute Enrico. Il va falloir qu’on se batte.
Je hoche la tête.
- Il y a deux grandes portes pas loin d’ici dans le hall du manoir…
Il plaque un plan contre la porte.
…Jill, j’ai vu que tu avais deux objets octogonaux, on va en avoir besoin pour ouvrir ces deux portes. Une fois là-bas, je pense qu’on trouvera une solution pour se barrer d’ici.
- D’accord, allons-y. Dis-je en rechargeant mon Colt Python.
Rebecca, ne dit rien. Elle range son matériel de secours.
- Une dernière chose, Jill…
Il amorce son pistolet.
- …reste sur tes gardes, je suis persuadé qu’il y a un traître parmi les S.T.A.R.S.
C’est vrai que je me pose la question aussi, mais je me demande, qui, selon Enrico cela pourrait bien être. J’ai bien quelques soupçons sur certains membres.
Quatre coups de feu retentissent.
Je lève mon arme. Trop tard.
Enrico qui s’apprêtait à ouvrir la porte deux secondes plus tôt, s’est fait tirer dessus par quelqu’un qui était derrière.
Il est mort.
Rebecca se précipite sur lui, trousse de secours en main. Elle commence à préparer son matériel. Elle pleure.
- Rebecca.
Elle ne me répond pas. Je ne sais même pas si elle m’a entendu.
Je l’attrape par le bras et la regarde dans les yeux.
- C’est fini, Rebecca. Il est mort. Tu ne pourras rien faire pour lui.
Il n’y a plus un bruit.
Elle essuie ses larmes et fait un signe de la tête pour me dire qu’elle a comprit.
Tout ça, c’est la faute d’Umbrella. Je vengerai Enrico et tout les autres.
Rebecca et moi traversons des couloirs. Nous utilisons nos armes chaque fois que cela est nécessaire. C’est-à-dire souvent. Très souvent.
Nous arrivons finalement devant les deux portes en questions. Rebecca pointe son Beretta devant, au cas où ça tournerait mal.
J’insère les deux objets.
Les portes s’ouvrent.
Nous descendons les marchent qui se trouvent derrière.
En bas, il y a un passage, large, sans murs ni barrières sur les côtés. On dirait une sorte de pont. C’est tellement haut qu’on ne voit pas le fond.
Barry est là.
Nos regard se croisent. Rebecca a rangé son arme.
Barry à toujours son flingue en main. Moi aussi.
D’un geste simple, attentif, et réfléchit, il lève son bras. Au bout de ce dernier une main. Sa main. Au bout de cette dernière : son flingue. Un 357 Magnum chargé à bloc de munitions 38 spécial.
- Désolé, Jill.
- Pose ça, Barry.
Rebecca s’apprête à sortir son arme.
- Ne fais pas ça Rebecca. Cela risquerait de mal tourner. Lui dit Barry, tout en gardant son arme pointée sur moi.
Pourquoi est-ce qu’il fait ça ? Pourquoi ?
- Barry, il serait temps que tu m’expliques ce que tu es en train de faire.
Il ne réponds pas. Il s’approche de plus en plus.
- Barry ! Réponds moi !
- Je n’ai pas le choix. Sinon, c’est ma famille qui va payer.
Un hurlement résonne, nous obligeant à retourner nos armes sur la chose qui s’approche de nous. On dirait un être humain. Celui-ci n’a pas muté comme les autres. Il semble plus puissant, plus résistant. Chaque parties de son corps plus estropiés les unes que les autres, s’ajoute à ça, une sorte de poids en pierre accroché à ses poignets, maintenus peut être par la haine, la vengeance.
Et pourtant, je sens quelque chose de différent dans cette créature. Comme si elle avait gardé encore un peu d’humanité.
Elle s’approche de nous.
Ses bras se lèvent et retombent lourdement sur le sol, laissant une marque, un cratère, créant un choc violent, suivit d’éclats de pierres.
Barry fait trois pas vers elle. Lui, tire. Elle, continue d’avancer. Il ne l’avait pas prévu. Non, il avait prévu beaucoup de choses mais pas ça. Maintenant face à face, le gagnant ne sera pas le plus rapide, mais le plus puissant.
Une seconde.
Un coup.
Barry suspendu par une main. Sa main accrochant le sol et le vide attirant ses pieds.
Le voici en position de faiblesse, entre la vie et la mort.
A mon tour, je tire sur la créature. Les morceaux de chairs tendues et abîmées, explosent et s’arrachent pour retomber sur le sol déjà jonché de sang.
Nous tirons, jusqu’à ce que nos chargeurs soient vides, jusqu’à ce qu’elle s’écroule.
Et se relève.
Rebecca et moi allons vers Barry. Nous arrivons à l’aider. À peine sur pieds, il remet son flingue en avant. Son flingue qu’il n’a pas lâché, même dans le vide.
La créature a arrêté d’avancer. Elle s’est mise face au vide.
Mon Colt Python et mon Beretta n’ont plus de munitions.
Rebecca non plus.
Barry recharge son arme.
La créature hurle un mot incompréhensible et se jette dans l’abîme. Le résonnement s’éloigne de plus en plus. Pour ne laisser place qu’au silence.
Personne ne parle.
Je vois Barry ramassé une photo de sa famille. Celle qu’il garde depuis le début de la mission.
Et lorsqu’il se relève, je le vois, en joue, son arme en face de moi et de Rebecca.
- Je suis désolé. Il va falloir que vous me suiviez.