Chapitre 11 : Ardkia
Kamisana regarde par la fenêtre de la voiture, et voit tous ces morts-vivants, ensanglantés, leurs vies sont devenues transparentes comme l’enfant au fond de la classe qui est là, mais que personne ne voit, comme cette femme qui crie à la mort mais que personne n’entend, et qui sombre dans l’autre monde sans que l’on s’en aperçoive. Kami médite là dessus et se dit qu’il était bon le temps des rigolades, des joies, des fois où elles jouait avec ses camarades de classe, elle se demande aujourd’hui si elle va ou non revivre ces sentiments qui paraissent tellement bénin dans une vie mais lorsque l’on perd cette habitude de plaisir gratuit, toute notre vie est chamboulée. On ne se rends pas vraiment compte de la chance que l’on a d’être en vie si l’on a pas un jour perdu un proche ou caresser la mort, c’est après des événement comme ceux-ci que l’on profite de chaque bouffée d’air. Kami est jeune certes, mais elle sait maintenant la chance qu’elle a de pouvoir profiter du temps, elle est encore en vie, c’est pour cela qu’elle va se battre jusqu’à la fin pour ne pas plier l’échine, rester forte et debout, voilà l’ambition de cette fillette.
Il est de ces jours où rien ne va, où l’on voudrait tout envoyé baladé, où l’on se demande le but réel de notre existence. C’est ce que ressentent nos héros dans la voiture, ils émettent chacun des soupirs, les uns après les autres. Laury est attentif, il regarde attentivement la route, zig-zag entre les zombis comme il peut, même si il doit des fois faire marcher ses essuies-glace car le pare brise est plein de sang, ce qui effraye un peu Kami.
« - Il ne faudrait pas confondre les dos d’âne et le dos de zombis, car pour eux je ne ralentirais pas » dit-il avec un large sourire.
Ceci apaisa les passagers, mais Kami n’entend pas, elle n’entend plus, car Laury viens d’entrer dans sa rue, elle lui demande :
« - Laury ?
- Oui Kami ? Que se passe-t-il ?
- Peux tu t’arrêter si il te plait ? dit-elle
- Pourquoi ça ? tu sais que c’est dangereux ici… rétorque David
- Oui mais nous sommes dans ma rue, et j’aimerais voir si mes parents y sont.
- Dans ce cas, il n’y a pas de problème, ils sont sûrement en vie…
- Oui, dit Kami, Papa est un homme brave, il saura protéger Maman… »
C’est alors que la fillette montre du doigt sa maison, une toute petite maison entre deux magasins, un de vidéo et une boulangerie, cette dernière dans laquelle elle avait tenté quelques minutes auparavant d’y acheté son goûter…
Laury s’arrête, et David sort en premier, pour ouvrir le passage, car étant le plus téméraire, il n’a pas hésité une seconde à aider la petite.
« - La rue est libre, crie David, dépêchons nous avant que les monstres rappliquent, les entends au loin ! »
Kami descend du véhicule, regarde sur sa droite, sur sa gauche : personne. Elle sait désormais que David est un homme de confiance, il lui propose de l’accompagner dans sa maison, ce qu’elle accepte sans hésitations. Elle pousse le pas de la porte, et voit le salon vide, sûrement sont-ils encore en train de dormir, s’est-elle dit. Elle monte les escaliers, un par un, et se retrouve sur la mezzanine, elle y voit la chambre de ses parents, et leur porte mi-ouverte, David brandit son arme, prêt à tirer…
L’enfant voit alors son père et sa mère, à genoux, en train de dévorer le chien de la gamine, un petit chiot qu’elle a eu en guise de cadeau pour son anniversaire qui était il y a douze jours…
Elle comprit vite quelles choses était arrivé à ses parents, David cria :
« - Kami ! pousse toi !
- Non, ne tire pas, je t’en prie, dit-elle.
- Mais ils vont nous dévorez si ils se relèvent… Que veux-tu ?
- Seulement les voir une seule et dernière fois, me rappeler d’un morceau de leur visage.
- Mais…
Mais ce qui reste de la mère de Kami se relève, et commence à se diriger vers nos deux héros. La poigne de David qu’il applique sur son arme n’a jamais été aussi ferme. Kami commence a fondre en larme, et demande des excuses a sa mère, ainsi qu’à son père, sachant qu’elle les voyaient pour la dernière fois…
L’enfant ferme les yeux, et ce qui reste de ses parents se figent, comme possédés, ils se réunissent tous deux au milieu de la pièce, David est étonner de voir un tel spectacle, ils sont face a la petite, le corps raide, les habits tâchés de sang et quelques marques visibles de morsures…
La fillette réouvre les yeux, et demandant un dernier pardon, et demande à David :
« - David ? peux-tu mettre ce drap sur eux si il te plait ?
- Mais pourquoi ? demande David.
- Tu verras…
- Ils ne vont pas bouger ?
- Non, fait moi confiance.
David s’applique, il met le drap sur le corps des parents encore debout et immobiles, et s’éloigne. Kami referme ses yeux, et nous entendons un grand bruit comme un craquement d’os… En effet, elle avait fait exploser la tête de ses parents, comme elle avait fait précédemment avec les autres zombis… Elle réouvre les yeux, se les frottes, et commence à sortir de la pièce. David se demanda pourquoi elle avait mit ces draps sur leurs corps, et finit par le demander à Kami.
Elle lui répondit :
« - Deux raison explique cette volonté : la première, je ne voulait pas voir la tête de mes parents éclater, car lorsque j’ai les yeux fermer, j’ai une autre vision de ma vue naturelle, je peux voir le flux sanguin de ton corps par exemple, mais les vêtement inhibent ceci, la deuxième, et que j’ai déjà vu aux informations que les virus se transmettaient par le sang, alors si nous avons le malheur d’en être recouvert, c’est comme si nous nous laissons mordre… »
David comprend maintenant que cette fillette, en plus d’être extraordinaire avec son pouvoir, est en plus intelligente. Ils descendent des escaliers, et Kami se dirige dans la placard, elle y prend son sac à dos, et y met des provisions, pour se nourrir. David y voit accrocher la carte de la ville, il demande à la fillette si il peux lui empreinté, elle n’y voit aucun inconvénient.
Elle passe également au toilettes. Une fois cela fini, elle sort de la maison et David la suit, ils remontent tout deux dans la voiture, sans dire mots…
Laury demande si cela s’était bien passé, mais aucun d’eux ne réponds, ils se regardent dans les yeux, et après une minute, Kami dit :
« - Nous ne pouvons plus rien pour mes parents, continuons notre chemin. »
C’est alors que Laury redémarre sa voiture et repart de plus belle…