Je n’en reviens pas ! La sueur perle sur mon visage comme une source.
Je vis là un véritable choc. Cette fille nous a accueillit avec ce ton inspirant la naissance d’un véritable espoir, et la seule chose que je distingue encore d’elle est son sang qui gicle et coule du plafond.
Jason vide alors un chargeur en direction de la créature. Les éclaboussures provoquées par ses balles semblent dérisoires face à cet amas de chair flétrie d’une taille considérable.
« Les armes !! ! » me dit-il alors violemment.
La tétanie s’étant emparée de moi face à cette vision d’horreur son hurlement plein de furie me fit instantanément réagir. Après un sursaut d’horreur je me mets à le suivre alors qu’il slalome entre les étagères de livres. Je suis en nage et peine à suivre cet homme d’action entraîné. J’entends au loin des bruits semblables à des gargouillis intestinaux mis à part leur puissance sonores. Je ne me retourne pas. La seule chose qui m’importe n’est pas de savoir ce qui me poursuit ni pourquoi, mais bel et bien d’assurer notre protection via des armes pouvant rivaliser avec cette chose possédant un bras tentaculaire d’au moins cinq mètres.
Jason court encore et toujours, et les mains en tenailles sur mon fusil j’ose alors m’offrir un aperçu de ce qui me poursuit. Tout en courant je tourne la tête quand tout à coup : BOOM.
Je suis par terre allongé et du sang coulant à flot se mêle à la sueur imprégnant mon visage. Je sens à peine mon corps mais une douleur atroce et affreusement aigue me lance au niveau du nez. Il est sûrement caché mais là je n’ai pas vraiment le temps pour analyser la situation comme j’aime le faire.
Je me relève alors et une douleur lourde me rempli le corps. Le visage ensanglanté et dégoulinant je la voit alors arriver. Je pense à Jason. Pourvu qu’il vienne à mon secours et surtout pourvu que je survive.
Les étagères bougent et deux d’entre elles chutent dans un fracas impressionnant. Les tentacules suintantes apparaissent. J’en dénombre quatre et comme tout à l’heure, sans que je ne puisse m’en rendre compte la peur me paralyse.
La chose fait bien deux mètres de haut. Les quatre membres sont liés à un amas de chair central en forme de boule développant une dizaine d’yeux et une mâchoire effroyable.
Je prend alors l’initiative de faire quelque chose, mais quoi ?
J’arme mon fusil au plus vite et je fait feu. Le premier coup à partir me rappelle alors qu’un fusil déchargeant de la chevrotine fait mal mais pas à vingt mètres de distance.
La solution la plus envisageable est désormais la fuite.
Je me mets alors à courir alors que la créature se met à ma poursuite. Elle pousse alors un hurlement qui me glace le sang, et moi-même je me mets à hurler. Je n’y vois pas grand-chose. En effet le sang m’emplit les yeux et mon nez me fait terriblement souffrir.
Soudain, devant moi, elle apparaît. Comment m’a-t-elle dépassé ? On s’en moque. Une chose et une seule compte : ma survie. Je suis désormais en train d’alterner la course et l’esquive. Chaque distance que je parcours, la bête me pose problème. J’ai beau utilisé mon fusil, je croîs que je ne fais que l’exacerber un peu plus. Je cours encore et là, l’hypothèse d’une mort inéluctable ne m’a jamais paru aussi probable.
J’ai beau hurler et me débattre, un bras horrifiant m’a déjà cerné à la taille. Je vois alors ces rangées de dents tranchantes s’agiter de haut en bas. En l’espace d’une seconde, me voilà à un mètre de cet orifice voulant m’offrir un aller simple pour l’au-delà. Je pense alors à hacher cette bouche à la chevrotine mais un ‘clic’ m’informe que mon fusil est déchargé.
pooOOOOOoooow….
C’est le grand blanc. Je n’y vois plus rien du tout et je sens que je tombe. Je m’écrase sur le sol et une souffrance de plus me martyrise.
La lumière et les couleurs reviennent et je le vois, là à coté de moi. Il appuie sur un bouton juché sur un entremellage de fils entourant des bâtons de dynamite.
Je n’ai pas la force de me lever, mes forces m’abandonnent. Je le sens alors me porter et courir. Je savais qu’il courait vite mais même avec un petit chinois sur le dos il y allait bon train.
Je lève la tête et j’aperçois ce qui aurait pu être définit comme mon bourreau. La créature bande ses membres comme pour bondir et soudain, un bip retentit.
Jason se jette et me jette avec lui dans une petite pièce et ferme la porte. L’édifice tremble de toute sa structure et je sens la chaleur augmenter.
Cela devait arriver, je cois qu’il n’y aurait pas pu avoir de façon plus épique pour y arriver, Jason Tyler m’a sauvé la vie.
Après que nous ayons constaté l’étendu des dégâts Jason m’expliqua comment il s’y était pris. Dans une course folle, il avait atteint la cachette des munitions et s’était muni de TNT et de grenades flashantes. C’est avec cet équipement qu’il m’a évité la mort de justesse.
Une fois son récit achevé, mon nez était embaumé par mon herbe et je décidais de rouler une cigarette avec celle-ci. Rien ne me fait alors plus plaisir que de la savourer en appréciant sa saveur ainsi que ses vertus réparatrices.
Je remercie de nouveau mon sauveur qui, dans une modestie exemplaire,me répond que ce n’est rien et que j’aurais fait la même chose pour lui (ce qui est inconcevable).
Je m’allonge en posant ma tête sur mon sac, je ferme les yeux, mon nez me fait de moins en moins mal, et , dans un bien être infini, je m’endors.