Chapitre 11 : Une nuit orageuse
-Aaaaaaaaah, j´ai parfaitement bien dormi, dit Léon. Quelle heure est-il ? Et mon petit déjeuner, ça vient, oui ou non ?
Léon se releva et parcoura la pièce d´un regard ahuri.
-Bah j´ai dormi sans couette ?
C´est alors qu´il se rappela les périples qui l´avaient mené jusqu´ici, et se souvint qu´un horrible monstre sanguinaire était à sa poursuite. Il se leva d´un bond, courut à la fenêtre et lança un coup d´oeil inquiet au dehors. Rien.
-Ouf, je l´ai semé, dit-il.
Léon décida de sauvegarder sa partie avant de quitter la cabane où il se trouvait. Dehors, la pluie tombait inlassablement, et des grondements de tonnerre se faisaient entendre au loin.
-Heureusement que je suis dans un jeu vidéo, sinon je commencerais à avoir peur là.
Léon aperçut, à l´autre bout du lac, deux torches qui semblaient éclairer une grotte. Pensant que Del Lago devait dormir quand il faisait nuit, Léon remonta dans la barque, bien décidé à acheter une arme puissante pour pouvoir enfin se débarasser de cette horreur aquatique.
Il prit soin d´éviter d´allumer le moteur, ce qui aurait eu pour conséquence une nouvelle mort indésirable, et se laissa glisser sur l´eau en s´aidant de ses bras.
Après quelques minutes, il pénétra dans la grotte et descendit de sa barque tout en oubliant de l´attacher.
-Welcome, stranger ! Que veux-tu acheter ?
-Eh bien, l´arme la plus puissante que vous avez. Tiens, ça, par exemple, dit-il en désignant un lance-pierre.
-Je pense que ceci irait beaucoup mieux, répondit le marchand.
Il posa sur le comptoir un lance-roquettes, avec une étiquette à côté, indiquant : 30 000 ptas.
Léon, fasciné par l´objet, sortit un petit coffre de sa mallette et le tendit au marchand.
-Tenez, gardez la monnaie, dit-il. Bon, voyons comment ça marche, cet engin.
-Euh, stranger, il n´y a pas assez. Vous ne m´avez donner que 500 ptas.
-C´est pas grave, répondit Léon, tout en examinant son lance-roquettes. Avec ça, je vais exploser cet imbécile qui vit dans ce lac pourri.
C´est alors que Léon appuya par inadvertance sur le déclencheur du missile.
-NO ! STRANGER...
BAAAoooOAOOoooouUM
-Comment vous voulez que je me concentre s´il y a des explosions qui retentissent derrière moi, s´indigna Léon. A moins que...
Il se retourna, et une vision d´horreur s´offrit à ses yeux. Tenant son lance-roquettes dans le mauvais sens, il venait de pulvériser littéralement le marchand ainsi que tout son arsenal.
-Merde ! Merde ! Merde ! cria Léon. Qu´est-ce que j´ai fait ! Vite, fuir avant que la police n´arrive !
Il courut sur le ponton où devait attendre son embarcation, mais à sa grande surprise, elle avait disparu, et il plongea donc sans demander son reste.
Il nagea pendant des kilomètres, aperçevant de temps à autre un poisson qui se baladait tranquillement, avalant parfois de la vase qu´il recrachait aussitôt, puis il atteignit enfin la rive qu´il avait quitté aupravant. A son grand soulagement, aucun crocodile géant ne l´avait lâchemen attaqué.
-Comment vais-je faire sans ce bon vieux marchand... se lamenta Léon. Ah mais, je sais ! Vite, start ! Alors... charger partie... voilà...
CHARGEMENT
-Aaaaaaaaaah, j´ai fait un horrible cauchemar, pensa Léon. J´ai rêvé que j´avais tué le marchand... Bon, en route, il me reste Ashley à secourir.
Léon quitta une nouvelle fois la cabane et se retrouva trempé jusqu´aux os.
-Tiens, des torches là-bas, on dirait comme une grotte. Si j´allais acheter un lance-roquettes au marchand ? Nan j´rigole ahahahaha.
Et il poursuivit son chemin jusqu´à une porte, qu´il ouvrit d´un seul doigt. Parvenu de l´autre côté, il voulut avancer mais une cinématique l´en empêcha.
-Waoh, comme au cinéma ! dit Léon.
Et il commença à faire des commentaires très intéressants...
-Ah on voit un mec qui avance... très lentement d´ailleurs... tiens, il a les yeux rouges... qu´est-ce qu´il se passe il se convulse tout d´un coup. Eh bonhomme on dirait que t´as quelque chose dans le corps qui cherche à s´enfuir ahahaha............. PUTAIN... sa tête a explosé, mon Dieu c´est horriblement affreux ! Va-t-en ! Ah, merde, ptain il a un truc à la place de la tête...
La cinématique finie, Léon constata que c´était lui, le héros qui devait se battre contre la chose qui s´avançait péniblement vers lui. Il fouilla dans sa malette et trouva une flash grenade qu´il lança au sol. Malheureusement, il oublia de se cacher les yeux et il resta aveuglé un bon quart d´heure.
Retrouvant peu à peu la vue, Léon ramassa les pesetas laissés par le villageois contaminé puis poursuivit son chemin, inquiet des éventuelles cinématiques qui pourraient pertruber son avancée parmi les éléments déchaînés.