Rarement jeu déchaîna autant de passion avant sa sortie, et usa autant les claviers après... en tous cas je vais dénoter avec les posts précédents...
En ayant testé la première mouture NGC au début de l’année 2005, ma décision s’imposa d’elle-même : ne pratiquant que le survival-horror, ce jeu n’avait rien à faire dans ma ludothèque car de toute évidence il ne répondait à aucun des critères du genre: à savoir, ce mélange difficile à équilibrer d’énigmes ,de recherche, de combinaison d‘objets, de gestion de l’approvisionnement, de combats effrayants et d’inattendus retournements de situation, ou prime l´ambiance sur l´action, l´angoisse sur la terreur, et souvent bénéficie de décors fixes, aux angles de vues parfois surprenants, parfois délibérément malcommodes, qui le font ressembler à un film.
L’année passa et vint sa parution sur PS2 ; mon fils l’eut pour Noël et j´assistai donc à de longs extraits qui me confirmèrent dans ma prise de position première. Je n´avais vu que villages, chemins et forêts, mais le pire restait à venir: les châteaux! Je ne sais ce qui est le plus ridicule : voir Léon combattre des dragons en carton-pâte qui crachent du feu au dessus d’une mer de lave ? Le voir fuir devant une statue de pierre qui jongle dans le vide avec ses mains comme un de ces bonshommes en papier mâché qu’on voit encore dans les dernières foires, témoins d’une époque révolue ? Ou shooter des corbeaux, réunis en rond dans une basse-cour, qui en mourant défèquent des grenades ?
Ensuite vint le bonus PS2, les missions « Separate Ways », où dès le premier niveau la clé permettant de le débloquer est littéralement pondu par une poule sur le toit d’une ferme, après quoi Ada joue à Batgirl…
J ’ai donc assisté à ce naufrage de la saga avec une tristesse mêlée d’amertume. Comment peut-on appeler cette pathétique mascarade un « Resident Evil » ? Parce qu’il y en a trois personnages ? Dans « Marvel vs Capcom » il y en a beaucoup plus _ Jill, Tyrant, des zombies éteints et enflammés, des corbeaux et des cerbères, pourtant à ma connaissance personne n’a prétendu que c’en était un !
Dussé-je vivre des siècles et des millénaires, je crains de ne jamais comprendre pourquoi c´est pourquoi CAPCOM, dont les lettres de noblesse sont d´avoir inventé un genre _ le survival-horror _ l´a délibérément sabordé pour le remplacer par un vulgaire jeu d´action des plus convenus. Et qu´on ne vienne pas me parler d´évolution du concept: évolution sous-entend amélioration et continuité, or là on n´a ni l´un ni l´autre _ juste un jeu d´aventure certes très beau et maniable mais sans trouvailles, sans originalité, et qui a encore moins de rapport avec ses prédécesseurs que la premier "Gun survivor". Quant à l’irruption du marchand, certainement censée procurer au jeu un petit aspect RPG pour séduire une clientèle toujours plus large, elle achève de la dénaturer _ aux antipodes du mélange des genres réalisée 4 ans auparavant par Square avec son « Parasite Eve 2 ».
En conclusion : pour moi, "Resident Evil", c´est fini...