Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais là, c´ets plutôt vous qui faîtes une fixation sur Heather et moi! Bon, la suite!
-8-
Et la voiture arriva devant un bâtiment. Ses phares balayèrent la façade de celui-ci. C’était un entrepôt. Nous nous garâmes juste bien que le stationnement y était interdit. La rue était déserte, aucun être humain à l’horizon. Hormis nous bien sur. La porte arrière s’ouvrit, je parvins à m’extirper hors de la bagnole. Mon dos me faisait toujours mal et il me fallut m’aider du panneau de custode pour me redresser.
Whitness s’avance vers la porte du dépôt. Celle-ci est composée de deux lourds battants en bois. Un solide cadenas la verrouille. Whitness avance de quatre pas tandis que moi je n’en fais qu’un. J’avance comme un vieillard sénile, la main sur mon dos courbé. Whitness arrive sans surprise premier et il ouvre le cadenas avec une petite clé métallique. Les deux battants s’écartent pour laisser place à une immense salle, vide de tout mobilier hormis une table sur laquelle est exposé divers produits. Acide nitrique, acide sulfurique, glycérine, coton, sels de magnésie, jerrican d’essence, cannette de coca light. L’attirail parfait du petit terroriste. J’avais oublié un objet, un Beretta neuf millimètres.
Il y avait une autre personne dans l’entrepôt. Une personne du sexe féminin. Je ne l’aperçus pas au premier abord car elle était plongée dans la pénombre. Mais lorsqu’elle sortit des ténèbres, je pus la voir. A peu prés un mètre soixante-dix pour cinquante kilos. Chevelure rousse tombant jusqu’aux épaules. Petites lèvres charnues, nez ténu, yeux marrons dans lesquels brillent une lueur maligne. Elle était vêtu d’un jean bleu et d’une chemise blanche d’homme mettant en avant ses formes plutôt avantageuses.
Dès que je croisai son regard, quelque chose en moi changea. L’amour. Ce continent inconnu que j’aborde. Où plutôt c’est ce continent inconnu qui m’a abordé, parce que moi, je n’ai rien demandé. Amour. Vous savez, ce mot signifiant une affection instantanée pour une personne de l’autre sexe. Certains disent que l’amour est le langage du cœur. Foutaise. Le cœur n’est qu’un instrument de notre corps, nous permettant de vivre en pompant le sang. L’amour provient comme presque toutes choses de notre cerveau. Le gros chou-fleur rosâtre qui trouve comique la mort d’une personne. Vivement que mes activités cérébrales cessent, mon cerveau ne pourra plus me contrôler et ne pourra plus me faire faire des choses que moi-même je n’arrive pas à expliquer. Le cerveau mort, je serai libre.
Bref, en voyant cette femme j’avais envie d’être courageux, fidèle, sincère, tout ça pour elle. Je serai prêt au plus grand sacrifice pour elle. Sans même m’avoir dit un mot, elle a déjà le contrôle de mon corps et de mon esprit. Elle peut me manipuler comme elle le souhaite. Ses lèvres s’entrouvrent pour déverser quelques paroles.
_ Beau costume.
Une voix douce et pénétrante. De quel costume parle t-elle? Je m’examine et constate que je porte la blouse blanche de l’hôpital.
_ Notre ami a dû se presser pour nous rejoindre.
Whitness répond à ma place, chose qui deviendra une habitude par la suite.
_ Il est plutôt mignon en tout cas.
Mignon? Moi? Je crois bien que c’est la première fille qui me fasse un compliment. Hormis peut être ma dentiste qui avait dit un jour que j’avais de belles dents bien entretenues et bien alignées. Faut dire aussi que je ne rencontre pas beaucoup de filles.
_ Je ne suis pas si beau que ça.
Ma voix tremblote, je suis à la limite du bégaiement. Elle s’approche de moi. J’ai envie de reculer mais je suis comme paralysé.
_ Modeste en plus, je t’aimes bien petit.
Petit? Un vent de révolte commence à souffler à l’intérieur de moi. Je ne suis pas petit. La rébellion s’arrête dés que je croise les yeux de la déesse. Déesse est le mot employé car je fais déjà le culte d’elle. Je tourne prestement la tête, intimidé. Mon regard accroche celui de Whitness. Celui-ci a un grand sourire aux lèvres.
_ Qu’est ce qu’il y a?
Ne l’ayant jamais vu sourire auparavant, j’étais en droit de me poser des questions.
_ Rien, rien du tout.
Qu’est ce qui l’avait tellement fait sourire?
_ Tu es sur?
A force de persister, il me répondra peut être. Ce ne fut cependant pas le cas.
_ Oui, il n’y a rien. Bon, c’est pas tout ça, mais nous avons à faire.
Le voilà qui change de sujet de façon à ce qu’on ne revienne plus dessus. Je le suis dans le nouveau sujet que nous allons aborder.
_ Et qu’est ce que nous allons faire?
_ Te venger.
Me venger, mais de quoi? Il vit ma mine étonnée et me répondit avant même que je ne pose la question.
_ Interflora, tu te souviens?
Bien sur que je m’en souviens, cette saleté d’entreprise qui me vira de mon poste. J’acquiesçai.
_ Dans ce cas, voilà le topo. Nous avons toute la nuit et la journée de demain pour fabriquer de la nitroglycérine. Cette nitroglycérine sera ensuite mélangé aux cotons et aux sels minéraux.
Il me dit ça en me montrant les éléments concernés sur la table.
_ Et le coca light on le mélange à l’essence pour en faire du napalm.
J’avais bien appris la leçon.
_ Non, le coca c’est pour boire quand tu auras soif, et l’essence était le seul objet qui se trouvait dans cet entrepôt lorsque nous l’avons emprunté.
Avouez que vu comme ça, c’est beaucoup moins marrant.
La déesse s’avança et la voix douce et pénétrante vibra à l’intérieur de moi.
_ Et lui, il ne se change pas?
Whitness m’observa.
_ C’est vrai qu’il est pas très sortable, je vais me débrouiller pour lui trouver des vêtements portables.
Sur ce, Whitness alla vers la sortie de l’entrepôt, mais la déesse l’interrompit.
_ Attends, on a pas de glace pour faire de la nitro.
_ T’inquiètes je vais te trouver ça aussi.
Cette fois il partit, me laissant seul avec elle.