-13-
Max me libéra donc, comme prévu. Il m’accompagna chez David et insista pour que je lui montre l’équipe que j’avais mis en place. Étant donné qu’il m’avait libéré à deux reprises, je ne pouvais pas lui refuser cela. Sarah était sur le perron, m’attendant. Je restai à ses côtés tandis que Max pénétrait dans la maison.
_Tu vas bien?
Je hochai la tête.
_Ouais, juste un peu mal à une ou deux côtes, mais ça va aller. Les autres ont mieux réussi la mission que moi?
_Oui, oui.
Elle passa une main dans ses cheveux, soulevant sa crinière rousse avant de reprendre.
_David a eu le droit de faire un plongeon dans la rivière tandis que Chester c’est un peu fait amoché. Et Alexandra quant à elle s’en est particulièrement bien tiré.
Elle se pencha un peu en avant pour se rapprocher de moi et baissa le ton de sa voix.
_En parlant d’elle, je crois bien qu’elle a un petit faible pour toi.
Je posai ma main sur l’épaule de Sarah et lui répondit le sourire aux lèvres.
_Tu sais bien que ce n’est pas elle que je désire.
Et sur cette phrase, je lui faussai compagnie pour rejoindre Max à l’intérieur. Je vois alors le flic en train de bavarder avec un David pas très enjoué à l’idée de devoir répondre aux questions de son interlocuteur. Je vole à son secours en tant que bon protecteur.
_Alors mec, je t’ai manqué?
Bon, question conne, mais bon… Un vague air de reconnaissance semble animer son visage inerte, mais cette expression s’effaça rapidement.
_Je vois que tu as fait la connaissance de Max.
L’interressé en question s’incruste naturellement dans la conversation.
_Oui, et je trouve ton ami très amusant.
David, amusant? Cet homme rit et ne sourit pratiquement jamais, je ne vois pas comment on peut confondre à ce point austérité et comique. Quoiqu’il en soit, je préfère couper court à la conversation, sans outre forme de procès.
_Bon, et si on se faisait un repas pour fêter l’Opération Market Garden?
En ouvrant la porte du frigo, je trouvai de quoi substanter notre petite troupe. Il y avait des cuisses de dinde à réchauffer, du jambon et un truc ressemblant vaguement à des haricots dans une boîte en plastique. Et ce fut pendant ce repas qu’un miracle se produisit. En effet, pendant que j’étais tranquillement à table, contant les exploits d’un ami qui c’est tranché la jugulaire à la petite cuillère, que Sarah se leva et me demanda de la rejoindre, pour parler soit disant d’une prochaine mission, dans un lieu tranquille. Elle me conduisit donc ainsi jusqu’à la chambre de David. Sarah, celle que je n’ai jamais parvenu à toucher, veut me faire l’amour. Je me l’imagine, nue, gémissant tandis que je m’active au dessus d’elle. Cela paraît trop beau pour être vrai. Elle s’assit sur le lit et je vins à ses côtés. Que dois-je faire? La basculer en arrière sur la literie ou attendre qu’elle fasse le premier geste?
Je m’apprêtai à lui poser une main sur la cuisse, lorsqu’elle prit la parole.
_Whitness, j’ai une idée.
Hein? Que veut-elle sous-entendre par là? Qu’elle souhaite me faire quelque chose de particulier, ou bien que je lui fasse quelque chose de particulier?
_Pour la prochaine mission, j’ai pensé que…
Je l’interromps.
_Tu veux dire que tu m’as emmené ici juste pour parler de ça?
Elle acquiesce.
_Bien sur, je te l’avais préciser à table, que pensais-tu que j’allais te demander d’autre?
Elle joue à la naïve, mais je suis sur qu’elle a compris immédiatement mes intentions en rentrant dans cette chambre. Je baisse les yeux sur le parquet.
_Rien, rien du tout, continu.
_Très bien, donc, pour la prochaine mission, je pensais faire un braquage de banque. Un faux, hein. Je connais un directeur qui pourra s’organiser pour que l’on puisse faire le hold-up dans sa banque. Qu’en penses-tu?
C’est assez astucieux, on pourra voir ce que valent les autres dans une situation comme celle-ci. En tout cas, moi je suis entièrement prêt à organiser ceci.
Nous retournâmes dans la salle à manger, David nous regardait bizarrement, comme si il se demandait si nous avions fait des trucs dans son lit, ou non.