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Il s’est pris une balle. Ce con, il se promenait dans la rue et il arrive à se prendre une balle. Vraiment fort ce mec. Il est tombé au sol, inconscient, le sang s’écoulant sur le trottoir et il fut transporter d’urgence en ambulance. Je me rendis donc à l’hôpital, cela tombait bien, car, j’avais un petit quelque chose à y faire aussi. Un travail pour Bob. C’est dans le hall d’entrée que je rencontre Max, en uniforme de service.
_Qu’est ce que tu fous là?
Un de ses collègues avait dû se prendre une balle et il s’inquiète car le commissariat est pour lui sa seconde famille. A moins que ce ne soit sa première… dure à dire, je ne le connais pas assez pour n’affirmer que des hypothèses.
_Un mec m’a sauvé la vie en interceptant une balle qui m’était destinée.
C’est tout lui ça. Il s’interpose héroïquement pour sauver le flic. Un pur produit d’Hollywood, Il faudrait qu’un jour, je lui dise que ce qu’on voit dans les films, on a beau essayer de les réaliser, ça marche pratiquement jamais. Et là, on se dit, notre vie n’est pas assez réaliste, alors qu’en fait, c’est le film qui se vaut être trop éloigné de nous, c’est à lui de se rapprocher de nous, pas le contraire.
_Il est dans quel chambre ton sauveur?
_312, pourquoi, tu le connais?
_Disons qu’il s’agit d’un ami.
En y repensant, Max ayant été sauvé par l’autre gugusse s’amusant à s’attirer les balles, celui-ci est responsable de Max à jamais car il lui a sauvé la vie. Une autre belle coutume diffusé à travers nos écrans de télévision.
_Au fait, tu connais son nom?
_Non, pourquoi, il y a un problème?
_Il n’avait aucun papier sur lui, pas de portefeuilles, nada. Pour le moment, c’est moi qui paye les soins, mais au vu de mon misérable salaire, j’espère sérieusement qu’il est en mesure de me rembourser au moins en partie.
Je ne lui répond pas et monte à la chambre 312 via de belles marches en marbre. Quand on pense que tout le monde utilise l’ascenseur, confiant sa vie à de machines. De toute façon, dans un hôpital, la vie est toujours entre les mains des machines, sans elle, il n’y aurait pas eu de progrès dans la médecine.
J’ouvre la porte de la chambre portant donc le numéro 312 et je le vois, allongé sur le lit d’hosto, un gros bandage blanc immaculé à l’épaule. Je l’interpelle d’office.
_Tu sais que tu n’avais aucun papier sur toi, heureusement, quelqu’un a payé tes soins à ta place.
Son visage jusqu’ici ne reflétant aucune expression exprime désormais une sorte d’étonnement.
_Qui est-ce?
_Le flic que t’as sauvé.
_Sympa.
Et maintenant, abordons le sujet du dédommagement. Quelque chose me dit que ce sera moins agréable à attendre.
_Pas si sympa que ça justement. Il a parlé d’un éventuel remboursement de ta part.
_Je dois avoir de quoi payer.
Je n’arrive pas à croire qu’il est prêt à rembourser un flic qui en plus, travaille pour une sorte de mafia pour arrondir ses fins de mois. Il lui suffit juste de s’enfuir, personne ne connaît son identité. Faut encore que tonton Whitness lui enseigne des trucs apparemment.
_Mais t’as rien à craindre. Tu ne débourseras aucun sou. Je te sortirai d’ici avant que ce flic ne vienne te rendre visite.
Sur ce, je me dois de partir. Premièrement parce qu’une infirmière m’annonce que les visites sont terminées, et deuxièmement parce que je dois faire le petit travail de Bob. Celui-ci consiste à parler à un chirurgien répondant au nom d’Antoine. C’est un ami de Bob. Il doit me dire où se trouve les produits que je dois remmener à la chambre funéraire. Bob m’a prévenu qu’une petite diversion serait utile. Voilà pourquoi, j’avais un peu de nitroglycérine dans mon coffre.
_Tout est mis dans un petit sac à l’endroit où l’on stocke les médicaments.
Antoine me dit aussi qu’il n’a pas pu faire sortir les médicaments car parmis ceux-ci se trouvent de la morphine et que les entrées et les sorties de ce produit sont extrêmement surveillées.
_Dans ce cas, j’aurais du mal à le faire sortir aussi.
Il acquiesce devant mon implacable logique.
_Vous pouvez m’aider à faire une petite diversion?
Il accepte, alors je le mène à ma voiture et je lui montre la nitroglycérine. Il est d’accord à condition que les dégâts ne soient pas trop important. Ce sera le cas, juste un début d’incendie pour faire évacuer une partie de l’hosto.
A 21 heures, Antoine et moi-même profitons que le personnel de nuit prenne la place du personnel de jour pour placer les explosifs dans des endroits discrets, on allait pas les foutre au beau milieu du couloir non plus. Je jette un coup d’œil à ma montre, plaquée or soit dit au passage et j’amorce les bombes. Le chirurgien m’indique où se trouve le sac que je dois récupérer. Un garde en tenue d’infirmier surveille l’entrée de cet endroit. Il me regarde d’un air suspect lorsque je rentre avec mon camouflage constitué d’une blouse, mais il me laisse entrer. C’est sûrement à la sortie qu’il va me fouiller. En tout cas, je trouve facilement le sac. Je l’ouvre et tombe sur divers produits dont la fameuse morphine, ainsi que de multiples perfusions. A quoi cela allait-il servir à Bob? Aucune idée, mais ce ne sont pas mes affaires. Je mets la sacoche en bandoulière et je sors. Comme je m’y attendais, le garde-infirmier m’arrête en me barrant la route avec son bras droit tendu. Grosse erreur. Il ne faut jamais tendre complètement son bras, en cas d’attaque, cela facilite le cassage de ce membre. J’aurais donc pu le lui péter, mais dans ma clémence infinie, je ne fais que le basculer avant de m’enfuir en courant dans les couloirs à l’odeur de formol de l’hôpital.
Je pénètre dans une chambre, la 312. La nitroglycérine va pas tarder à exploser. Le mec est toujours là, dans le lit, avec son gros bandage à l’épaule. Je m’approche de lui et lui chuchote au creux de l’oreille.
_ Prends de l’acide nitrique fumant concentré à quatre-vingt-dix-huit pour cent et ajoute trois fois sa dose d’acide sulfurique. Faut opérer dans un bain de glace. Ensuite tu ajoutes la glycérine goutte à goutte et tu obtiens de la nitroglycérine. Mélange ça à de la sciure ou de la paraffine pour avoir un petit explosif bien sympa.
Puis je garde un œil fixé sur ma monde tout en faisant un décompte.
_5.
_4.
_3.
_2.
_1.
Je maintiens le 1 jusqu’à ce que l’explosion ait lieu.