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Le sang gicle sur mon visage. Ce sang, est-ce le mien? J’ai été touché? Où? Je ne ressens aucune douleur. J’ouvre les yeux. Sarah aurait pu être là, un revolver au canon fumant en main, et m’étant à me relever avant de me serrer dans ses bras et de me donner un langoureux baiser romantique, mais il en est rien. Auparavant, il y avait Whitness me braquant avec un pistolet. Là, il y a Whitness allongé au sol, un trou dans la tête. La rupture d’un anévrisme de l’aorte entraîne la mort. La balle que Whitness a reçu dans le frontal, lui a aussi causé la mort. Mort. Il est mort. Je ne ris pas. Whitness était mon ami.
_Je ne pouvais pas te laisser faire.
Le mec qui a dit ça a un Mossberg dans sa main droite. C’est l’assassin de Whitness, et il dit qu’il est désolé, mais qu’il ne pouvait faire autrement. Le meurtrier a un visage rugueux et il arbore une crête verte pas voyante du tout. Il lâche son flingue qui émet un cliquetis métallique lorsqu’il touche le sol. Il pleure et il continu à dire qu’il est désolé. Moi aussi, je suis désolé, je n’ai pas suivi Whitness alors que l’on était si prêt du but. Et puis l’autre me dit de partir. J’obéis, jetant un dernier regard sur la dépouille de Whitness. Mon ami désormais mort.
Dix minutes. Foutre j’avais complètement oublié cette bombe. Il ne faut pas la desamorcer, cela aurait été le dernier vœu de Whitness, et qui plus est, je ne saurai pas l’éteindre. Je pars, me fondant dans la nuit, laissant Alexandra, Max et Aaron sur la parking. Derrière moi, ça explose. Un boum retentissant qui se répercute dans toute la ville. Je ne saurais dire si le bâtiment est détruit ou non, car je ne me retourne pas. Continuant à marcher, la pleine lune en face de moi. I’m a poor lonesome Cow-boy and a long way from home…
-Épilogue-
Il y a des gens, ils me disent que c’est une happy end. Je ne suis pas d’accord. Le jour où Whitness a posé sa main sur mon épaule, j’avais tout perdu pour retrouver deux choses nouvelles: l’amour et la liberté. L’amour, c’était Sarah. Je n’ai même pas cherché à la revoir, elle ne faisait plus partie de moi, comment? je ne saurais le dire. Quand à la liberté, elle n’existait pas, ce n’était qu’une illusion car Whitness nous manipulait. C’était un manipulateur, mais c’était aussi mon ami. Ce n’est pas une happy end car j ’ai perdu un ami. Mon seul ami, mon meilleur ami. Whitness est mort, j’ai assisté à ses funérailles, de loin. Je savais que Sarah y était, mais je ne l’ai pas recherché. J’étais derrière une pierre tombale, regardant le trou qui sera la dernière demeure de Whitness. Je ne m’étais ni changé, ni lavé, ni rasé depuis sa mort. Je devais ressembler à un fonctionnaire en pleine dépression. La chemise blanche maculée de tâches diverses et de poussière dépassant du pantalon, je m’étais rendu à mon refuge aux tuiles vertes.
Il y avait eu trois mort à l’interieur. Tout d’abord Providence, puis, par la suite, Jésus et Franck ’Dead’ Erzengel s’étaient entretués. Je m’étais rendu dans la chambre de Whitness et j’ai pleuré en voyant les maigres affaires de celui-ci. Il était mort et il ne m’enseignerait plus jamais rien. Ensuite, j’avais pris des bidons d’essence et j’avais aspergé leur contenu dans la maison. J’avais mis une bougie dans une des flaques de cet essence, et j’avais allumé la mèche. Mon passé sera alors consumé.
Pour tout ceux qui se demande, ce que je suis désormais, je peux vous dire que maintenant, je ne suis plus en Amerique, mais au Tibet. J’étais resté trois jours à l’entrée d’un temple bouddhiste, sans manger. C’était un test. Je devais rester ainsi, et après j’aurais l’aurorisation de les rejoindre. C’est dans ce temple que j’ai trouvé ma véritable raison de vivre.
Ceci n’est pas une happy end, il n’y a pas de happy end dans la vie réelle…
-Remerciements-
A UnReal qui a été, il faut le dire, le facteur déclenchant de ce texte.
A Masterbow, fidèle depuis le début.
A Heather, ma raison de vivre supplémentaire.
A Halvorc qui m’a fait découvrir Mayhem.
A DragonNoir pour ses commentaires qui me permettront de m’améliorer.
A Schyzo qui m’a donné une petite idée pour la fin.
A Marie, la première qui a pu lire le texte dans son entier en version manuscrit.
A tout ceux qui adulent Fight Club.
A mon crayon papier qui m’a été fidèle jusqu’au bout.
Aux arbres ayant servi à faire le papier sur lequel j’ai écris.
Aux gauchistes et aux anarchistes.
Aux psychopathes entassés dans leurs putains de prisons.
A tout les aliénés qui se jettent contre les murs matelassés.
A moi-même.
Aux vietnammiens.
Aux sataniques et aux athées.
A tout les mégalomanes.
Au comité contre le langage SMS et les fautes volontaires.
Un grand merci à tout ceux qui m’ont lu.
Salutations
A ceux qui daignent lire jusqu’à la fin…
Achevé d’écrire le 1er Septembre 2004 à 23h31.