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C’était dans le journal. Le patron d’une chambre funéraire soupçonné de trafic d’armes, la descente de la police se déroule mal. Puis après, en plus petit, il est indiqué qu’il y a eu deux morts. Le premier était Bob. Le second aurait dû être moi, mais ce fut Chester.
C’était Bob qui nous fournissait le matériel pour fabriquer nos explosifs, et Whitness m’avait demandé d’aller le voir pour aller chercher de la paraffine. Une flemme incommensurable m’avait alors envahi. Comme j’aime le dire, la fainéantise est le plus grand fléau de notre génération. J’avais pas envie d’y aller. J’avais pas envie de bouger. Alors, j’ai envoyé Chester à ma place. Et maintenant, il est mort. A ma place qui plus est. Tant pis pour lui. Tant mieux pour moi.
L’article disait que suite à l’attaque de l’acolyte du patron de la chambre funéraire, la police a dû ouvrir le feu. J’imagine très bien Chester se prenant une balle et continuait à avancer vers les policiers sans broncher sous la douleur. Comme les zombies de Resident Evil. Il s’appelait Chester Winterson et il est mort. Il s’appelait Robert H. Sullivan et il est mort également. L’article dit que Bob avait riposté avec du calibre 12 et s’était planqué derrière un cercueil contenant un client. Les flics n’ont pas fait dans la finesse. Ils ont vidés leurs chargeurs sur Bob et sa protection improvisée. Il a reçu au moins six balles dans le corps. Le reste a dû se perdre dans le bois du cercueil, dans le macchabée qu’il y avait dedans ou dans le mur.
Robert H. Sullivan est mort. Je n’ai plus d’emploi. Whitness n’a plus de fournisseur. D’une pierre deux coups. Ils sont forts les flics de nos jours.
_Nous sommes foutu.
_Non.
Et Whitness est parti sur cette négation. Il ne reste donc que Jésus, Aaron, Nuria, Alexandra, la déesse Sarah et moi-même. Max, lui, essaye de faire en sorte que l’on ne remonte pas jusqu’à Whitness et nous.
Lorsque Whitness revint, il dit que tout a été arrangé. Tout quoi? Il avait trouvé un nouveau fournisseur? Whitness ne me répondit pas. C’est frustrant de ne pas avoir de réponses à ses questions. Mais avec Whitness, j’y suis habitué. Nous eûmes alors le droit à une seconde mission. Celle-ci était pour le compte de Max. Le coffre 1754 contenait une preuve compromettante pour le flic. Il nous fallait donc la récupérer en faisant un braquage. Trois braqueurs et un conducteur furent donc désignés. Je faisais parti de la catégorie braqueur avec Aaron et Whitness. Sarah quant à elle sera la conductrice.
Max nous avait fourni des flingues. Trois Beretta neuf millimètres.
_On va vraiment s’en servir?
J’ai pas vraiment envie de tuer quelqu’un moi. Cela doit faire une drôle d’impression. Ôter la vie en appuyant sur une simple gâchette.
_Non, on en aura pas besoin, du moins, je l’espère.
Whitness jeta un regard en biais vers Aaron. Il espérait que les voix n’allaient pas lui dire de commettre un crime. Quatre cagoules noires fut également mises à notre disposition.
Nous montâmes dans une Volkswagen fraîchement volé et allâmes donc à la banque. Sarah se gara devant, laissant le moteur tourner, prêt à repartir. Nous descendîmes, tous vêtu d’une cagoule et ayant l’arme au poing, et nous pénétrâmes dans la banque.
Hurlements de panique, intimidations lancées par Whitness. Tout va très vite. Pour ma part, je brandis mon arme d’une main tremblotante vers les clients allongés au sol. C’était Whitness qui leur avait dit de s’allonger. Tout le monde avait obéi docilement. Il est facile de domestiquer des gens avec une arme à feu. Whitness demandait gentiment au directeur de lui ouvrir la salle des coffres. Celui-ci refusa. Alors Whitness fut moins gentil. Il prit violemment le directeur et lui cogna la tête contre un mur. Il colla ensuite son arme sur la tempe de l’homme et reposa sa question avec toujours cette pointe de gentillesse dans la voix. Cette fois le directeur obéit. Whitness partit donc dans la salle des coffres, me laissant avec Aaron, les clients et les employés de la banque. Ceux-ci étaient tous au sol, certains d’entre eux sanglotaient, d’autres plus habitué à des braquage se taisaient et attendaient que ça passe.
Au bout de trois minutes, Whitness revint avec un porte-documents dans la main. Il s’excusa auprès du directeur pour l’avoir dérangé, puis, après avoir donné une poignée de main à l’homme qui n’en croyait pas ses yeux, nous partîmes. Sarah démarra en trombe, mais cela ne servit à rien, l’alarme n’avait pas été donné, les flics ne nous poursuivaient pas.
Max attendait devant ma porte d’entrée d’un air assez inquiet. Douterait-il de nous? En tout cas, il est rassuré lorsque Whitness lui tend la serviette.
_ Je comprends pourquoi Vincent te fais autant confiance.
Pourquoi Max dit-il cela? Qui est Vincent? Toujours aucune réponse. Frustrant.