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Vingt-trois heures, quartier général d’Interflora. Notre commando avance discrètement dans le parking. Notre paquetage bourré d’explosifs sur le dos. Vu l’état de ma colonne vertébrale, je m’en serais passé. Heureusement, Whitness me soutient tandis que Sarah est devant en éclaireuse. Son but est de trouver les trois piliers servant de soutien au bâtiment. Ceux-ci détruit, Interflora s’écroulera sur elle même, comme un château de cartes.
Pour ceux qui se demandent comment on a pénétré dans le parking, Sarah est en fait technicienne de surface chez Interflora. Technicienne de surface c’est le mot employé pour dire femme de ménage, mais en moins vulgaire. Donc Sarah possédait les clés et nous permis à Whitness et à moi de pénétrer dans le parking souterrain. La hasard fait bien les choses. J’ai comme l’impression que Whitness a pris Sarah avec lui uniquement pour ça, pour lui ouvrir la porte.
Premier pilier. Je place mon sac d’explosifs au pied de celui-ci. Whitness avait installé un détonateur et il avait relié celui-ci à la nitroglycérine avec des fils recouvert de plastique bleu, vert et même rouge. Il c’est isolé pour faire les trois détonateurs, je ne pourrais donc pas vous dire comment il a fait. Sarah me dit d’appuyer sur le bouton rouge pour activer la minuterie qui est de vingt minutes. Mon doigt se bloque au contact de celui-ci.
_ Qu’est ce que tu as? Ne me dis pas que tu abandonnes.
Pourquoi ce doigt ne veux pas presser le bouton. Je le veux pourtant, mais je ne peux pas. Encore une fois, je ne suis pas maître de moi-même.
_ Qu’est ce que tu as?
La question à un million de dollars. Et je n’avais pas la réponse.
_ Pense à tout ce qu’Interflora t’as fait subir. L’altercation des mots du bouquet qui a conduit à ta démission.
Comment savait-il cela? Il me semblait ne lui avoir jamais raconté cette histoire. Je dois sans doute me tromper.
_ Venge toi, ne laisse pas cette occasion s’envoler, ou tu le regretteras.
Whitness avait raison, je veux faire exploser ce putain de bâtiment. Le problème c’est que mon doigt s’y refuse.
_ Fais le pour moi.
Le charme de Sarah opère. Elle prononce cette formule, et comme par magie, le félonie de mon doigt s’estompe et il enclenche le minuteur.
Deuxième pilier. La déesse met ses explosifs en marche. Un quart d’heure avant l’explosion du premier sac. Troisième pilier. Whitness amorce à son tour la bombe. Dix minutes avant la première explosion, quinze avant la seconde.
On sort du parking souterrain. Quatre minutes avant que la première bombe explose. Neuf minutes avant la seconde. Quatorze minutes avant la dernière. Je sais, notre progression a été lente, mais faut dire qu’avec mon dos, je fais office de boulet que doivent traîner Sarah et Whitness. On grimpe dans notre bagnole. Whitness prend alors la parole.
_ Le problème c’est que l’explosion n’est pas contenue, elle peut aussi bien se répandre dans le parking et détruire la cage d’escalier au lieu de faire exploser la cible voulue.
Et ensuite Whitness explique qu’on aurait dû mettre des sacs de sable autour des piliers et des bombes pour que l’explosion ne se répande pas.
Trois secondes. Une vague de douleur envahit de nouveau mon dos. Deux secondes. Je souffre, il me faudrait une seconde injection de morphine. Une seconde.
Grand boum, le pilier numéro un se transforme en petit fragment de ciment et la partie est du bâtiment s’écroule. Cinq minutes après, la seconde détonation entraîne la plus grande partie du bâtiment dans la déchéance. Seul le dernier pilier reste debout. La déflagration s’est propagée et c’est la façade qui a pris tout les dégâts. Quoiqu’il en soit, notre opération est un succès, quelques millions de dollar détruit en si peu de temps. Et encore quelques millions pour tout réparer. Et nous, on est content, frétillant de joie comme des patates dans une friteuse.