Phil, ton humour vaut tous les topics de ce forum et a ceci de génial qu´il associe grosse poilade et coup de gourdin dans la gueule ! ! héhé
Aujourd´hui encore, nous avons repris les chemins du ciel. Le tryptique que nous formons CDR, Sylde et moi commence à prendre forme et nos vols deviennent de plus en plus agréables.
Rendez vous comme d´habitude vers 21h sur le parking d´un aéroport. Ce soir nous partons de Rennes et, déjà, il y a du monde. On sent qu´on est vendredi et que demain c´est repos. On dépose nos plans de vol pour nous rendre à Charles de Gaulle et on obtient chacun notre clearance pour ce vol IFR. Le départ se fera suivant une procédure TABIL 1V, à 32000 pieds. Le contrôleur nous autorise à décoller rapidement les uns à la suite des autres pour que nous tentions de voler en formation. Du coup on grille la priorité à tous les autres appareils qui attendent au parking pour rejoindre le point d´arrêt !
Malgré tout, il faut quand même pas mal de temps pour que la piste soit libre, entre les avions qui se posent et ceux qui étaient avant nous au point d´arrêt. A 22h25 le vol AF972 ( piloté par Sylde) s´élance et annonce " AF972 à 1000 pieds dans l´axe". Aussitôt CDR177 est autorisé à s´aligner et à décoller. Il annonce " Airborn" à 22h27, heure à laquelle je m´aligne et m´élève à mon tour. A 22h31 le contrôleur entend mon " airborn".
Avec nos avions ( B737 pour Sylde et Antoine, A320 pour moi), Paris n´est pas loin de Rennes. En quelques dizaines de minutes nous franchissons la distance qui nous sépare de la zone couverte par Paris contrôle. Nous basculons donc sur cette fréquence, qui nous indique un cap ainsi qu´une nouvelle altitude, en descente.
5 Minutes plus tard nous passons sur la fréquence de De Gaulle approche et arrivons au milieu d´un brouhaha d´une vingtaine d´appareils, les uns en approches, les autres au départ. Sylde a un peu d´avance sur nous et est donc le premier à entamer la procédure d´approche, qui consiste à contourner Roissy par le sud, puis à effectuer un virage au nord pour venir intercepter l´ILS de la 26R.
Toutefois, il est vraiment dur de s´imaginer l´encombrement de notre fréquence sans y avoir été ! C´est bien simple, sans exagérer, il n´y avait pratiquement pas de pause. A aucun moment ou presque on ne cessait d´entendre soit le controleur qui donnait ses instructions, soit un avion demandant ou collationnant un ordre. Alors, pour se faire entendre, faut être patient et arriver à saisir les quelques infimes instants de silence afin de prendre la parole. Quand on a l´habitude d´IVAO ça va à peu près...Mais quand on débute sur le réseau et qu´on hésite encore un peu, bien naturellement d´ailleurs, sur la phraséologie, c´est nettement moins évident. Aussi, noter pauvre Antoine, qui avait déjà décédé hier dans un crach mystérieux en Polynésie, a connu des sueurs froides aujourd´hui encore, aux alentours de Roissy. Néanmoins, je tiens à lui tirer mon chapeau car il s´est débrouillé comme un chef. Jugez plutôt : alors que nous avons réussi à nous poser Sylde et moi, et que nous avons rejoint le parking, CDR n´a toujours pas réussi à se faire entendre du contrôleur et tourne toujours, un peu au feeling, autour de Paris. Ca donnait à peu près ça :
-"Charlie Delta Roméo, je s....."
-"Delta Yankee cap 215, break break, Fox Oscar vous réduisez 200 noeuds, vous êtes numéro 2 derrière Uniforme Bravo, break break, DElta Yankee rappelez piste dégagée"
-"Charlie Delta Rom..."
-"Delta Yankee on prend le cap 215"
-"Charlie Delta R..."
-"Fox Oscar, vous avez bien reçu ? "
-"Charl..."
-"Delta Yankee piste dégagée"
Mais, finallement, CDR a vaincu, et d´une voix pleine d´autorité, a réussi à faire prendre conscience au contrôleur débordé qu´il était au beau mileu du traffic depuis un bon moment. Ce dernier lui donne un cap et repart aussitôt régler d´autres problèmes avec d´autres avions.
Le seul problème c´est qu´Antoine était tellement surpris qu´enfun il ait pu prendre la parole, qu´il en vient à avoir des doutes sur le cap. Etait-ce le 115 ou le 150. Je dois bien confesser que je ne l´ai pas aidé sur le coup car, moi aussi, j´avais le même doute. Je lui conseille alors ( sur msn) de redemander confirmation au contrôleur, lui assurant qu´il n´allait pas se faire manger tout cru ! A force de ténacité, il parvient à reprendre la parole et à redemander le cap au contrôleur :
-"Qu´est ce que je vous ai donné comme cap tout à l´heure ? "
-"Vous m´avez donné le 115, Charlie Delta Roméo"
-"Eh bien si je vous ai donné le 115, c´est que c´est le 115"
C´était la première fois que nous voyions un contrôleur aussi sec et peu aimable. il faut dire, à sa décharge, qu´il était réellement débordé et qu´un tel contrôle doit être épuisant. Mais il n´empêche qu´on ne parle pas comme ça sur IVAO ! Tout le monde est tellement sympa d´habitude que ça choque presque d´entendre quelqu´un s´envoyer promener de la sorte.
Mais enfin, il donne bientôt un nouveau cap à CDR qui se retrouve en finale sur la 27L et qui, à 23h50, réussit un tres bel atterrissage, d´autant plus admirable qu´il l´a réalisé sans l´aide de l´ILS.
Encore une fois Antoine, Sylvain et moi te félicitons pour ton vol de ce soir, tu t´es vraiment super bien débrouillé. Tu es un vrai pilote maintenant !
Nous voilà donc tous les trois sur un parking de Charles de Gaulle. CDR doit s´arrêter ici ( pour de sombres raisons familliales, une sorte d´accord avec ses géniteurs qui ne l´autorisent pas à veiller toute la nuit sur l´ordinateur ! )
Mais Sylde et moi sommes encore chauds et on se dit qu´il serait bête de s´arrêter à Paris alors que Marseille n´est pas si loin.
On bidouille donc un plan de vol sur Fsnav, nous l´envoyons au contrôleur qui nous donne bientôt une clearance pour ce nouveau vol. A noter que la procédure de départ donnée par le contrôleur était exactement la même que celle qu´FsNav nous avait calculée. Au point d´intersection près ! ! Il s´agira donc un départ MOULIN 9A, avec une altitude initiale au niveau 140 puis un niveau de vol au 320.
Nous roulons donc vers la 27L en demandant au contrôleur s´il nous autorise à décoller rapidement l´un après l´autre pour se remettre en formation. Fidèle à son amabilité légendaire, notre ami refuse. Bon, tant pis. Merci quand même, grrrr.
A 00h45 je décolle, suivi, deux minutes plus tard, par Sylde et son 737 rutillant. A peine en l´air, je réalise que je n´ai pas pensé à remettre du fuel dans mon A320 plein de fougue. A 1h00, il me reste exactement 2600 kg de carburant dans mes réservoirs. Ca me parait bien peu mais on décide de continuer. On contacte l´approche de Marseille à 1h15 qui nous affirme fermer dans une trentaine de minutes. La situation est critique : on a décollé il y a un quart-d´heures de Paris, on est très limite en fuel et l´aéroport rique de fermer avant que l´on arrive. Il va falloir ne pas traîner !
A 1h25, on passe verticale Moulin. Deux minutes plus tard, on est à Roanne. A 1h30, on domine le stade Geoffroy Guichard de Saint Etienne et on trace comme des balles vers le sud.
A1h39, on survole Montélimar. Il reste une tonne de carburant. C´est chaud.
On passe sur la fréquence de Marseille approche à 1h43. Le contrôleur nous demande de descendre au niveau 80 et de réduire la vitesse à 200 noeuds. Je l´informe de mon carburant tres limite et il me fait passer numéro un. Heureusement que la piste en service est la 14, ça nous évite d´avoir à faire des virages pour nous mettre dans l´axe. Afin de nous espacer un peu, le contrôleur demande à sylde de réduire à 180 noeuds.
A 1h44, il reste 961 kg de fuel. La minute d´apres, on a l´étang de Berre en vue.
A 1h45, je suis à 6400 peids, à 30 nautiques des installations. Il ne reste plus que 853 kg dans les réservoirs.
1h50 : 3800 pieds, 200 noeuds, 649 kg.
J´informe le contrôleur que ça va être VRAIMENT juste. Il décide alors de nous faire atterrir, Sylde et moi, sur deux pistes différentes. Dans un soucis de sécurité Sylde se posera sur la 14R et moi sur la 14L.
A 1h57 je touche enfin cette benite piste 14 gauche. Il ne reste que 254 kg de carburants, sylde est à 6 nautiques du seuil de piste. Je commence à taxier mais je me trompe de direction et part dans le sens opposé à celui qui devrait me mener au terminal !
A 2h04 Sylde pose son vol AF972. Au même moment, mes moteurs se coupent, faute de carburant ! Mais l´essentiel est assuré : nous avons rejoint notre destination !
Sylde a même le droit aux félicitations du contrôleur qui avoue avoir rarement vu un aussi bel atterrissage ! Je souligne que c´est la première fois que j´entends un contrôleur féliciter un pilote. C´est vraiment que Sylde a du faire un touching velouting absolument Phildiosyldien !
Sylde regagne le parking tout guilleret pendant que je le rejoins à pieds, en laissant mon A320 en plein milieu du taxiway. On dit bonsoir au contrôleur et on quitte enfin la fréquence et notre FS préféré après 5 heures d´affilée passées dans nos cockpits.
Une nouvelle fois ce fut excellent. Je me répète mais ça aurait été encore mieux si quelques uns d´entre vous nous avaient rejoints. Dommage que vous n´essayiez pas, je suis persuadé que ça vous plairait beaucoup. Demandez à Antoine : après seulement quelques vols, il es déjà fan d´IVAO.
ZHB a bien essayé de venir avec nous, on l´a vu sur le parking à Rennes. Mais il est malheureusement resté planté là-bas, en raison de problèmes techniques. Ce sera pour la prochaine fois !
On va sûrement se refaire prochaimenent un vol dans les îles avec nos petits Baron 58. Cette fois je prends les devants et vous en informe bien à l´avance. Peut-être qu´ainsi on sera plus nombreux !
Voilà, j´espère qu´à travers ce petit récit j´ai réussi à vous faire ressentir le plaisir qu´on éprouve en volant sur IVAO entre potes. Si ce n´est pas le cas ce n´est pas grave car, comme dit l´adage, ça ne se raconte pas...ça se vit.