Tu nous a vus Packers, tu aurais du venir nous rejoindre pour ce vol à travers la Polynésie, au milieu des îles de la Société, qui était vraiment génial. En voici un petit compte-rendu.
Vers 21 h, nous nous sommes retrouvés Sylde ( AF972), CDR ( CDR177) et moi ( F-VINC) sur le parking de l´aéroport de Bora Bora, la perle du Pacifique comme aiment dire les agences de voyage. Sylde dans son Mooney, CDR et moi dans un Baron 58 ( un chacun, pas un pour deux. On a les moyens ! )
La première partie de notre voyage va nous amener à Maupiti, à quelque 20 minutes de Bora. CDR part le premier, règle son transpondeur sur 7101 comme lui suggère le contrôleur. Il prend un cap 265 et laisse le champ libre à Sylde pour décoller à son tour. Sylde prend le même cap et je les rejoins bientôt en l´air.
Le premier problème ne tarde pas à arriver. En effet, après quelques minutes de vol on perd CDR. Pour d´obscures raisons que le BEA devra approfondir, il disparait corps et biens, ne laissant de lui qu´une inscription sur nos écrans : " CDR177 a quitté la session".
Un peu tristes, nous décidons de poursuivre le vol, en sa mémoire. Le contrôleur nous demande de faire une verticale de la NBD Maupiti, ce que nous affectuons de bonne grâce. Soudain, il réalise la disparition du vol CDR177 sur son radar. Il s´inquiète de cette absence et nous demande si rien de grave n´est arrivé. On répond qu´on n´en sait rien. Entre temps, de nombreux avions ont rejoint le parking de Bora Bora. L´un d´eux propose de décoller et de ratisser la zone à la recherche de l´épave de CDR. Il décolle pendant que nous sommes en vent arrière pour un atterrissage à Maupiti.
Sylde sera numéro un et je le suivrai de près. Il se présente en finale, un peu décallé par rapport à l´axe de piste mais bien décidé à se poser. Son Mooney ne lui permet cependant pas une utilisation efficace de l´ADF et, au dernier moment, il est contraint d´annoncer une remise des gaz. Voilà un exemple à suivre : Sylde a bien vu que son atterrissage allait être tragique s´il s´obstinait ; il a alors sagement préféré refaire un tour et se représenter pour une nouvelle approche plutôt que de prendre le risque de tout casser.
Pendant qu´il reprend de l´altitude et se remet en vent arrière, je me présente en courte finale et me pose à Maupiti. Je me gare au parking pour attendre Sylde. Un autre appareil se pose puis Sylde arrive en finale. Le contrôleur l´autorise à atterrir et je contemple l´arrivée du vol AF972. Bon, pour êter franc, je me suis bien marré. Je l´ai vu passer au dessus de ma tête, un peu en battant des ailes, je l´imaginait bien en train de lutter avec son manche pour remettre déséspérement l´avion sur l´axe de la piste. Finallemnt, il pose son Mooney et regagne le parking, le dos trempé de sueurs apres tant d´efforts. A 22h15, on se remet de nos émotions, épuisés de chaleur ( le contrôleur nous a annoncé 30° au sol) quand on entend sur la fréquence " Romeo Tango, toujours aucune trace de Charlie Delta Romeo, on poursuit les recherches au sud de Bora Bora". Alors là, je dis chapeau IVAO ! ! Alors que nous avons lâchement continué notre route à deux, un type était tout seul dans son avion en train de rechercher les restes de CDR ! Si c´est pas beau ça !
Rassurés de constater que tout est fait pour retrouver Antoine, nous redécollons de Maupiti en direction de Huahine. Je décolle en premier, monte à 5000 pieds en conservant une petite vitesse pour que Sylde me rejoigne. Ce qu´il fait rapidement pour venir se coller à mon aile gauche. On adopte des altitudes et des vitesses identiques et sur Fsnav nos appareils sont pratiquement confondus. Le contrôleur s´en aperçoit et nous demande de veiller à notre sécurité. On lui dit de ne pas s´en faire. On repasse au dessu de Bora Bora où, sur la parking, s´agglutine une bonne quinzaine d´avions venant d´atterrir ou en attente d´une prochain départ.
A l´approche de Huahine on bascule sur la fréquence de Huahine tour qui nous invite a nous placer en vent arrière et a réduire notre altitude pour rejoindre 1000 pieds. Là encore, nous ne sommes pas les seuls à vouloir nous poser puisque deux ou trois autres appareils sont en même temps que nous dans le circuit d´aéroport. Nos Baron 58 ( ah oui, j´oubliais de préciser que Sylde avait profité de l´étape à Maupiti pour troquer son Mooney contre un Baron) touchent le sol avec légèreté et allégresse. On rejoint une nouvelle fois un parking et on souffle un instant.
C´est pas fini !
On est courageux et on se dit qu´Antoine aurait aimé qu´on finisse ce vol. Alors, on dépose un nouveau plan de vol, à destination de Tahiti Faaa. Le contrôleur s´en étonne : " Tahiti ? Mais c´est loin, il vous faudra trois bons quarts d´heures". " Qu´à celà ne tienne" lui répondons-nous, " nous partons quand même".
A 23h15 nous obtenons donc la clearance pour un vol VFR à destination de NTAA. Notre altitude sera de 15000 pieds. Sylde part le premier, sous les regards admiratifs de 6 pilotes au parking. Je décolle juste apres et m´aperçois que Sylde part bien vite, monte correctement...mais dans la direction opposée à notre destination ! ! Il fait un joli demi tour et prend le bon cap.
A 23h30 nous sommes libérés par le contrôle de huahine et passons sur la fréquence de Raiatea qui nous indique de faire une verticale VOR HHN. On parvient tant bien que mal à se rapprocher l´un de l´autre mais je connais de terribles problèmes pour conserver ma vitesse tout en prenant de l´altitude. Quand Sylde atteint les 13000 pieds, j´ai du mal à dépasser les 10000. Mais bon, on est braves et on fait avec.
On passe ensuite sur la fréquence de Tahiti approche qui nous indique un cap direct sur la NDB MO ( sur l´île de Moorea).
A 00h05 nous commencons notre descente pour passer MO à 2500 pieds. A la verticale MO, le contrôle nous demande d´intégrer en vent arrière main gauche pour la 04. Sylde me précède de quelques nautiques et, sous le coup de la fatigue, zappe l´instruction du contrôleur. Au lieu de faire une vent arrière, il procède direct sur le terrain. A 00h17 il annonce :
- " AF972, on interrompt l´approche, on passe numéro deux derrière Novembre Charlie ( c´est à dire moi ! )"
Le contrôleur répond donc :
- " Air France 972 c´est bien reçu. Novembre Charlie vous êtes numéro 1 pour l´atterrissage, vous rappelez dernier virage".
C´est à mon tour de parler. J´entame mon dernier virage :
- " Novembre Charlie en étape de base"
Le contrôleur me demande de rappeler en finale, ce que je fais tout en me calant sur le LOC.
- " Novembre Charlie en finale"
- " Novembre Charlie, vous êtes autorisé à l´atterrisage sur la 04, les derniers vents sont nuls, vous rappelez vitesse contrôlée, piste dégagée".
Je poursuis mon approche pendant que Sylde effectue son dernier virage et se présente en finale.
A 00h30 je suis sur le parking, j´ai coupé les moteurs et je contemple l´atterrissage parfait de Sylde. Un veloutage aux petits oignons digne de la beauté de la région dans laquelle nous nous trouvons.
Nous quittons nos avions après plus de trois heures de vol, un peu fatigués mais plus que contents d´avoir passé un aussi bon moment.
Mise à part la disparition mystérieuse de CDR ( qui n´a finallement pas été retrouvé), tout été réuni pour assurer une excellente soirée : des paysages merveilleux, des étapes agréables, des contrôleurs ultra sympas, quelques consignes techniques faisant réfléchir un peu, des procédures d´approche permettant de travailler et réviser ses bases, plein d´autres traffics autour de nous, bref : le pied.
Il ne manquait en fait que votre présence à vous tous qui, je le souhaite tres sincèrement, nous rejoindrez pour le prochain voyage.
Voilà voilà, c´est tout pour aujourd´hui.
Vince