CHAPITRE V
Cela faisait six heures qu´ils étaient arrivés au complexe 344/6, mais déjà le soldat Nik sentait que quelque chose ne tournait pas rond. Quelque chose de grave allait arriver, il en était persuadé.
Les Phyriens étaient en train de charger des caisses dans les camions de transport derrière les siols, à l´ombre des soleils jumeaux qui commençaient à cogner dur sur les casques en métal des pauvres soldats. Le sergent Syra Gallo jeta une caisse de plus entre les mains de Nink.
" Tu veux pas la fermer un peu, tu nous fera des vacances. Evidemment que quelque chose va arriver, espèce de crétin ! C´est pour ça qu´on aide ces culs-terreux à évacuer leur planète et qu´on se casse le dos à fourrer toutes ces maudites caisses dans ces foutus camions ! "
Nink regarda le visage tout rouge du sergent et eut l´impression qu´il allait exploser.
" Me r´garde pas comme ça, sacré nom de nom. Ni aucun d´entre vous ! " Le sergent jeta un regard circulaire sur les hommes du Quatrième Régiment qui s´étaient tous arrêtés pour regarer.
" Par l´Empereur, arrêtez de geindre comme des bonnes femmes, on est des gardes impériaux, quand même ! On est ici parce que quelque chose va mal ! J´ve dire qu´le Maître de Guerre ne s´est pas dit :«Tiens... Pourquoi ne pas déployer trente mille Phyriens sur Malvolion, après tout, il ne se passe jamais rien sur cette planète, non ? »
Est-ce qu´il a dit un truc pareil, hein ? Evidemment qu´il a pas dit une nullerie de ce genre ! On est là parce qu´on est des gardes impériaux, les gens nous aiment pour ça. Les femmes se jetent à notre cou juste parce qu´on est là quand il faut, vous croyiez quand même pas qu´elle font ça par plaisir, vous avez vu vos têtes ? Allez, magnez-vous ! Mettez-moi toutes ces maudites caisses dans ce camion et laissez-moi vous dire une bonne chose..."
Gallo arrêta de crier et grimaça en regardant ses hommes. " On est des Phyriens du Quatrième Régiment. On est des tueurs. Y´a intérêt que c´qui arrive soit salement méchant, parce qu´une fois qu´y va s´pointer ici, il va nous trouver et on va lui botter le derrière tellement de fois qu´il va souhaiter ne jamais être né ! "
La clameur monta un peu partout, même Nink cria de fierté. Il était fort le sergent pour les discours ! Les colons de Malvolion qui passaient dans les parages se demandaient ce qui se passait, mais de toute manière, ils étaient bien trop tristes pour se mêler à la joie des Phyriens.
Mais en son for intérieur, Gallo aurait voulu savoir pourquoi il avait été débarqué dans ce trou paumé, comme tous les autres.
" On reçoit des siqnaux répétés du QG de Nacine," cria l´officier de communiquation Binal au sergent, " Ouais, ouais, j´arrive..."
" C´est le général en personne, sergent. Il voudrait savoir pourquoi on est pas encore partis et il a pas l´air content du tout..."