Au loin, résonnaient des bruits de bagarres, confus, tourmentés; des rugissements et des éclats de métal.
Ils se battaient, ses fiers alliés, se battaient avec toute la hargne que pouvaient leur octroyer l´arme qu´ils tenaient chacun à bout de bras; ne cherchant que carnage et desctruction, que gloire et renommée.
La chasse nourrissait la célébrité auprès des braves gens, qui regardaient,yeux écarquillés et bouches entrouvertes, le défilement de ces guerriers et guerrières qui quelquefois ne revenaient pas; et suivaient chacun des cliquetis de leurs armures avec une âpre jalousie inconsciente mêlée de soulagement euphorique.
Car les chassuers nourrissaient les rêves futurs, et devenaient les flambeaux d´un espoir profondément enfoui depuis les attaques de wywerns. Eux seuls pouvaient les exterminer, étendre leur domination sur la race draconique.
Le mystérieux chasseur, juché sur un plateau herbeux des zones à risques, méditait sur la construction de son monde. Les dragons étaient les plus forts, mais pas les plus nombreux. Voilà la situation telle qu´elle l´était.
Sophia, en contrebas, hurla de tous ses poumons; un cri strident, terrifié, qui se perdit rapidement entre les crocs fumant du Rathalos, lequel grognait de satisfaction. Elle était morte face au terrible monstre, et Zeke la rejoindrait tantôt.
Mais pas lui, pas cet épéiste au destin si prometteur. Les autres n´étaient que des sots, pour oser attaquer ce Rathalos : dès le départ de la quete ils manifestaient une certaine nervosité, une peur inavouable face à la chitineuse bestiole aux mâchoires ardentes. Il ne lui en fallu pas plus pour leur fausser compagnie.
Zeke hurla à son tour : il crépitait comme une torche humaine, et le Rathalos reprit son envol.
Il ne restait plus que lui, seul face à la gargantuesque menace. Il entra dans le nid de la wywern, et abattit froidement toute la portée de jeunes wywerns qui piaillaient au centre d´un amas d´ossements : ils couinèrent comme des grenouilles.
Puis le souffle rauque de la Rathian se fit entendre, un vélocipray mourant entre ses pattes. Sa réaction fut aussi rapide qu´instinctive, et elle chargea tête en avant.
Le mystérieux chasseur eut pitié de sa condition de mère naturelle, et pendant un instant se demanda s´il ne préférait pas mourir entre ses crocs, pour réparer l´injustice. Puis il se souvint de sa propre famille, entièrement brûlée vive dans une chaumière, à cause d´une boule de feu reptilienne; et dégaina sa lourde épée d´Ore.
Voilà qu´elle était la situation. Deux de ses amis étaient morts, mais c´est une famille de wywerns qui allait s´éteindre grâce à eux.
La Rathian allait mourir elle-aussi, car c´était l´unique loi de cette terre.
C´était chasser ou être chassé.