Voilà voilà
Chapitre XVII : un rétablissement total et des informations intéressantes
Pendant que l’on entendait le blondinet en train de hurler de douleur pendant que l’infirmière poussait le brancard dans le couloir, une infirmière blonde plutôt jolie vint vers nous.
« Que puis-je pour vous ? »
Je quittais Wod du regard pour la regarder. Elle était vêtue d’une robe blanche d’infirmière avec le blason de Maanselkä : une montagne avec un drapeau sur fond noir. Une sorte de chimère semblait être dessinée dans les airs. Un Kusha.
« Euh bonsoir » commença Plasma avant que je puisse commencer quoique ce soit. En fait on cherche des soins pour la demoiselle qui nous accompagne. » Continua-t-il, les yeux plein d’espoir.
« D’accord, suivez-moi. »
Plasma se retourna vers Kud et Yami.
« Pouah t’as vu comment elle m’a regardé ! »
« Ouai ouai… Bon en attendant si on la suivait ? » Répondit Yami.
Plasma était surexcité, fier de sa performance de drague directe. Il fut vite calmé par un gabarit au dessus.
« Plasma, je peux te parler ? » murmura Cronos, derrière nous. On continua à avancer, devinant que ce n’était pas nos oignons.
« On va se mettre d’accord. Cette fille, c’est ma femme, t’y touche, je te coupe les bijoux de famille. On est d’accords ? »
Plasma déglutit avec difficulté. Il fit un signe de tête en guise d’appréhension, et nous rejoignit, abattu.
« Bah alors Plasmi, ça va pas ? » lança Ekud, le sourire aux lèvres.
« Ta gueule. »
« Yeah ! »
J’esquissais un sourire. Cette bande là, elle était irrécupérable. Cronos avait rejoint devant nous l’infirmière. Ils nous emmenaient dans des dédales de couloirs, passant dans différents secteurs comme « Secteur des Soins de blessures causées par les Wyverns de petite taille » ou « Secteur des Soins face aux brûlures causées par les Wyverns volcaniques ». On entra dans le Secteur des Blessures conventionnelles. Il était beaucoup moins actif que les autres.
L’infirmière nous fit patienter dans une salle confortable, pendant qu’elle emmenait Yuri aux soins.
« Nous serons de retour d’ici un quart d’heure. Cronos, tu les occupe? »
« Pas de problèmes. »
« Kali, tu peux prendre Oriane pendant ce temps ? » me demanda Yuri.
J’acquiesçais, et elle me fit un clin d’œil. Puis elle suivit l’infirmière. Je me sentais enfin en sécurité dans cette ville. Plasma, abattu, contemplait ses souliers. Cronos le regarda d’un air anxieux. Il s’en voulait à mon avis. Il s’approcha de lui et lui tapota l’épaule.
« Tu sais Plasma, faut pas faire la tronche pour ce que je t’ai dis. J’ai dis ça en rigolant, mais c’est juste que nous avons je pense tous peur de ces choses là. Tu ne crois pas ? Je préférais te dire ça maintenant plutôt que tu te fasses de faux espoirs. »
« Non mais je ne t’en veux pas. Juste que j’en ai marre, j’ai l’impression que je vais pourrir seul là, ça me bande. »
Il eût droit à un superbe bouzon facial général. Je m’approchais de lui pour finir assis à ses cotés.
« Plasma, le monde tourne autour de l’Amour. Si tu vois autant de jeunes déprimés, c’est sans aucun doute en partie à cause de ça. Mais si tu te dis ça, ne t’étonne pas d’échouer si souvent. Dans toutes les relations, il y a des hauts et des bas. Même si tu sens que celle-ci va être spéciale, tu ne seras jamais à l’abri d’un accident. Même si tout semble concorder, si tu sais que c’est la femme de ta vie, n’importe quoi peut t’attendre au virage. Alors plutôt que de baisser les bras avant d’avoir commencé, marche sur ta route, et attend le prochain carrefour. »
Un silence suivit mes paroles. Un papillon grilla ses ailes dans la lampe à pétrole posée sur la table de chevet de la pièce.
« Bon bah voilà. C’est dit » finis-je en lui tapotant gentiment l’épaule. Il esquissa un sourire, et me fit une accolade. Pendant que j’avais parlé, les autres avaient quitté la pièce, pensant que nous laisser tous les deux seraient une meilleure idée. Lorsque nous les rejoignis, je vis Yami et Ekud interroger Cronos sur la nature de ces propos. Ce dernier semblait débattre sur sa position.
« Yuri est revenu ? » demandé Plasma, le sourire aux lèvres.
Ils se retournèrent.
« Euh… Non » répondit Yami, qui semblait s’interroger sur son changement brutal d’attitude.
« Bon bah on n’a plus qu’à attendre » déclarais-je.
Ekud me tira à l’écart.
« Tu lui as dis quoi pour le changer comme ça ? »
« Beuh… Rien, je lui expliquais ma vision de l’Amour. »
« Ca m’intéresse, depuis quand tu te mets à philosopher toi ? »
« Depuis toujours. »
« Tsss… »
Une porte derrière nous s’ouvrit, et Yuri entra dans la pièce suivie de l’infirmière.
« Voilà, la demoiselle n’aura plus aucun problèmes à l’avenir, dans trois jours elle ne sentira plus rien. Au fait, c’est bien « demoiselle » n’est-ce pas ? » Me fit-elle.
« Hein ? Ah ! Euh oui oui, enfin pour le moment hé hé » répondis-je en rougissant.
Elle me fit un sourire et rejoignit les bras de Cronos. Yuri me rejoignit de même. Elle prit Oriane dans ses bras, et lui redonna du sein.
On rejoignit l’accueil, sous un climat plus jovial. Je m’arrêtais sur le seuil de la sortie, me rappelant d’une chose.
« Deux secondes, je veux juste me renseigner sur un truc. »
Je me dirigeais vers le comptoir, pour m’adresser à la secrétaire.
« Vous pourriez me renseigner sur une personne s’il vous plaît ? »
« Ca dépend. De qui s’agit-il ? »
« Wod. Ou Wodryu si vous préférez. J’aurais aimé savoir ce qui lui était arrivé. »
« Alors attendez, je regarde ça de suite »
Yuri m’avait rejoins, ainsi qu’ Ekud.
« Ah voilà. Alors il est aux soins des blessures graves causées par les grosses Wyverns. Vous êtes au courant de ce que nous avons fais ces derniers temps ? »
« Euh… Non » répondit Yuri.
« Nous avons envoyé une escouade pour chasser le Kusha des montagnes. Il causait trop de problèmes à la ville, provoquant des avalanches du sommet jusqu’ici. Une dizaine de chasseurs est partie le chasser, et Wod est le seul à être revenu, le bras en charpie. Il hurlait des choses, personne ne comprenait, mais ce que je peux vous dire c’est qu’il parlait de « chimères en groupe ».
Je regardais l’infirmière fixement, visualisant la scène dans ma tête.
« C’est possible d’avoir une rencontre avec lui ? »
« Le connaissant, il devrait s’en remettre assez vite. On a des soins très efficaces ici, et Wod est un de nos meilleurs chasseurs. Il n’y a pas meilleur poudrier que lui ! »
Je me rappelais en effet de ces jets de bombes en tout genre, certaines confectionnée par lui-même.
« Eh bien merci, faites lui passer le message comme quoi Kali et d’autres chercheurs sont passés, et qu’il peut nous rejoindre à l’auberge, nous allons rester deux jours tout au plus en ville, histoire de nous préparer à la traversée du sommet. »
« Vous comptez traverser le Pic Ancestral ? Je vous le déconseille, avec l’hiver les le Kusha qui rode, vous êtes mal barrés. De plus, s’il n’est pas seul, je vous plains… »
J’esquissais un sourire, et sortis de l’hôpital, les autres à mes côtés.