Je savais que Gus Van Sant allait provoquer un petit débat^^
Il me reste surtout Mala Noche, son premier film, en noir et blanc, à propos de prostitués (homos, pour changer^^).
Bah j'ai rien à ajouter à vrai dire, j'ai tout dit dans mon premier post, c'est un cinéma qu'on aime ou qu'on déteste viscéralement, qui a vraiment un parti prit qui laissera un grand nombre de gens complètement hermétiques.
Je trouve que Gus Van Sant décrit extrêmement bien sa vision du cinéma dans une interview qu'il a donné aux Inrocks et qu'on trouve dans le livret du DVD. Morceaux choisis :
"C'est en jouant avec la structure, en la manipulant sans cesse, que l'on obtient des choses intéressantes, une certaine musicalité du montage"
"L'essentiel du travail de montage consiste en cela: altérer la matière issue du tournage, la faire tendre vers quelque chose de différent afin qu'elle aille dans le sens du film"
"Les cinéastes qui surintellectualisent la conception de leurs films et cherchent sans cesse des métaphores ou des signes à envoyer aux spectateurs passent souvent à coté de ce qui pourrait survenir d'intéressant dans un plan [...]. Les films deviennent intéressant lorsque l'on parvient à atteindre un certain état d'inconscience, qui permet aux choses d'advenir naturellement. Lorsque l'on s'ouvre aux milliers de possibles poétiques contenus par une image, il est est beaucoup plus aisé d'en saisir quelque chose que lorsqu'on entreprend de fabriquer la poésie de toute pièce"
"J’ai lu une chose assez fascinante à propos de spécialistes des intelligences artificielles qui dédient leurs recherches à la simulation de parties d’échecs. Pour reproduire aussi fidèlement que possible le génie humain appliqué au jeu, ces programmateurs parmi les plus talentueux au monde travaillent précisément à cela : permettre à l’ordinateur d’accéder à cette espèce d’état d’inconscience que je recherche dans la pratique du cinéma. Si quelqu’un me demande sur le plateau quel type d’image je cherche pour tel plan, il m’est très difficile de répondre, parce que les possibilités sont trop nombreuses, de la même façon qu’aux échecs il est quasi impossible de procéder par anticipation lorsque l’on joue face à un joueur génial ou un ordinateur. Quelqu’un qui travaille hors de cet état d’absence dans lequel je m’abîme sur mes tournages peut très bien réaliser des films – bons ou mauvais – mais nous ne faisons certainement pas le même cinéma. "