Par la suite , je me rendis à proximité de l'immense baie vitrée ouvrant sur les luxurieux jardins de la propriété.
Une femme d'âge mûr, très élégante, regardait avec exaltation la perfection verte qui se profilait devant elle.
Je mis longtemps à la reconnaître.
Madeleine, mon premier amour, avait fort changé.
Sa longue robe de soie noire créait un étrange mais attirant contraste avec son teint d'une blanc surprenant.
La vision de sa peau plissée et ridée m'évoquait d'anciennes pensées,des réminiscences délicieuses qui me faisaient ressentir la passion des jours passés.
Son cou que j'aimais tant embrasser était maintenant dissimulés derrière une longue écharpe bleu océan.
Je devinais derrière cet artifice que la fermeté et la vigueur d'antan n'étaient plus que de très lointains souvenirs.
Madeleine me faisait aujourd'hui penser à toute ces femmes, courtisé tout au long de leur vie par des hommes riches et importants, qui se doivent de vieillir d'une manière très noble.
Son regard, autrefois insouciant , avait gagné une assurance extrème, l'assurance d'une femme désabusé et prête a partir.
Ses yeux par contre n'avaient pas changé.
D'un bleu foncé intense, ils semblaient capable de sonder l'esprit d'un homme en quelques instants.
C'est d'ailleurs ce qui m'avait frappé lors de notre première rencontre.
Jadis très claire, sa longue chevelure blonde était peu à peu devenu blanche.
Madeleine essayait du mieux qu'elle pouvait de se tenir droite et y parvenait plutôt bien. Je ressentais cependant sa difficultée, son combat contre la fuite du temps.
Malgré ses efforts, son dos menacait sans cesse de se vouter telle une fleur posé sur un support éternellement déséquilibré.
Je n'aurais jamais pensé que ce dos que je caressais si fermement aurait pu un jour présenter une telle fragilitée.
Ses lèvres, désormais sèche et pâle, semblaient fatiguées d'avoir aimer,détester puis une nouvelle fois aimer.
Malgré sa vraisemblable vieillesse, je trouvais Madelaine toujours très attirante et sa détermination la rendait plus intriguante que jamais.
Elle portait sur elle les vestiges de sa vie et dégagait un aura de bienveillance extraordinaire.
A la manière de la plus belle des bougies, elle illuminait son entourage tout en sachant bien qu'elle fin l'attendait.
Sa flamme tendait peu à peu à s'éteindre mais Madeleine faisait preuve d'une mirifique et infaillible foi.
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Voilà,il manque un long passage que j'ai du écrire "en improvisant" en doutant de la suffisante longévité de mon travail !